Le SĂ©nĂ©gal est une rĂ©publique dominĂ©e par un pouvoir exĂ©cutif fort. En fĂ©vrier 2019, les Ă©lecteurs ont réélu Macky Sall Ă la prĂ©sidence pour un second mandat de cinq ans lors dâĂ©lections que les observateurs locaux et internationaux considĂ©raient gĂ©nĂ©ralement libres et Ă©quitables. La police et les gendarmes sont chargĂ©s du maintien de lâordre public. LâarmĂ©e partage cette responsabilitĂ© dans des cas exceptionnels, comme lors de lâĂ©tat dâurgence. Le SĂ©nĂ©gal a Ă©tĂ© sous Ă©tat dâurgence du 23 mars au 30 juin. La police nationale fait partie du ministĂšre de lâIntĂ©rieur et opĂšre dans les grandes villes. La gendarmerie fait partie du ministĂšre de la DĂ©fense et opĂšre principalement en dehors des grandes villes. LâarmĂ©e relĂšve Ă©galement du ministĂšre de la DĂ©fense. Les autoritĂ©s civiles ont gĂ©nĂ©ralement maintenu un contrĂŽle effectif sur les forces de sĂ©curitĂ©. Des membres des forces de sĂ©curitĂ© ont commis des exactions.
Parmi les questions importantes relatives aux droits de lâhomme, mentionnons : les homicides illĂ©gaux ou arbitraires, y compris les exĂ©cutions extrajudiciaires commis par ou au nom du gouvernement; la torture et les cas de traitements ou de chĂątiments cruels, inhumains ou dĂ©gradants infligĂ©s par ou au nom du gouvernement; des conditions de dĂ©tention difficiles et potentiellement mortelles; arrestations ou dĂ©tentions arbitraires; graves problĂšmes dâindĂ©pendance du pouvoir judiciaire; de graves restrictions Ă la libertĂ© dâexpression, Ă la presse et Ă Internet, y compris les lois pĂ©nales sur la diffamation et la diffamation; des actes graves de corruption dans le pouvoir judiciaire, la police et le pouvoir exĂ©cutif; lâabsence dâenquĂȘte et de responsabilisation Ă lâĂ©gard de la violence Ă lâĂ©gard des femmes; la traite des personnes; les crimes impliquant de la violence ou des menaces de violence contre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuĂ©es; lâexistence ou lâutilisation de lois criminalisant les comportements sexuels consensuels entre personnes du mĂȘme sexe entre adultes; et lâexistence des pires formes de travail des enfants.
Le gouvernement a pris des mesures pour identifier, enquĂȘter, poursuivre et punir les fonctionnaires qui ont commis des exactions, que ce soit dans les forces de sĂ©curitĂ© ou ailleurs au gouvernement, mais lâimpunitĂ© pour les abus existait.
Dans le sud de la Casamance, situĂ©e entre la Gambie et la GuinĂ©e-Bissau, une insurrection de bas niveau entre les forces de sĂ©curitĂ© et les sĂ©paratistes armĂ©s sâest poursuivie. Des incidents sporadiques de violence se sont produits en Casamance impliquant des individus associĂ©s Ă diverses factions du Mouvement sĂ©paratiste des forces dĂ©mocratiques de la Casamance. Il y a eu plusieurs escarmouches entre ces sĂ©paratistes et les forces militaires et policiĂšres. Les efforts de mĂ©diation se sont poursuivis Ă la recherche dâune rĂ©solution nĂ©gociĂ©e du conflit, qui a dĂ©butĂ© en 1982. Il y a eu plusieurs incidents liĂ©s Ă la rĂ©colte illĂ©gale de bois par le Mouvement des forces dĂ©mocratiques des sĂ©paratistes de Casamance, alors que les forces de sĂ©curitĂ© du gouvernement ont intensifiĂ© leurs efforts pour mettre fin au commerce illicite. Le gouvernement enquĂȘtait rĂ©guliĂšrement sur ces incidents et les poursuivait en justice.
Au moins deux rapports ont été signalés selon que le gouvernement ou ses agents ont commis des homicides arbitraires ou illégaux.
Le 11 mars, les autoritĂ©s ont inculpĂ© trois policiers de la mort dâun motocycliste Ă Fatick. Lâhomme aurait Ă©tĂ© porteur de drogues illicites lorsquâil a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la police. AprĂšs son arrestation, les policiers auraient emmenĂ© lâhomme Ă la plage oĂč ils lâauraient battu Ă mort.
Le 2 mai, un dĂ©tenu de la prison de Diourbel a succombĂ© Ă ses graves blessures. Trois policiers et un agent de sĂ©curitĂ© et de sensibilisation communautaire du poste de police de Mbacke lâauraient frappĂ©. Les autoritĂ©s ont inculpĂ© les auteurs prĂ©sumĂ©s de sa mort.
Aucune disparition nâa Ă©tĂ© signalĂ©e par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.
La Constitution et la loi interdisent de telles pratiques. Les organisations de dĂ©fense des droits de lâhomme ont relevĂ© des exemples de violences physiques commises par les autoritĂ©s, notamment un usage excessif de la force ainsi que des traitements cruels et dĂ©gradants dans les prisons et les centres de dĂ©tention. Ils ont notamment critiquĂ© les mĂ©thodes de fouille Ă nu et dâinterrogatoire. La police aurait forcĂ© des dĂ©tenus Ă dormir Ă pieds nus, leur aurait adressĂ© des lumiĂšres vives, les aurait frappĂ©s Ă coups de matraque et les aurait gardĂ©s dans des cellules oĂč lâaccĂšs Ă lâair frais Ă©tait minimal. Toutefois, les enquĂȘtes Ă©taient souvent trop longues et se soldaient rarement par des accusations ou des actes dâaccusation.
LâimpunitĂ© pour de tels actes est un problĂšme important. Parmi les bureaux chargĂ©s dâenquĂȘter sur les abus figuraient le MinistĂšre de la justice et lâObservateur national des lieux de privation de libertĂ©.
Le 24 mars, au cours de la premiĂšre nuit dâun couvre-feu national liĂ© au COVID-19, des vidĂ©os montraient la police balançant des bĂątons de nuit sur des personnes en fuite. Dans un communiquĂ©, la police sâest excusĂ©e pour ses « interventions excessives » et a promis de punir les policiers impliquĂ©s.
Selon le portail en ligne Conduct in UN Field Missions, une allĂ©gation dâexploitation et dâabus sexuels par des casques bleus sĂ©nĂ©galais dĂ©ployĂ©s Ă la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en HaĂŻti, impliquant apparemment une relation dâexploitation avec un adulte, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e. En septembre, le gouvernement sĂ©nĂ©galais et les Nations Unies enquĂȘtaient sur cette allĂ©gation.
Certaines conditions de dĂ©tention Ă©taient difficiles et mettant leur vie en danger en raison de pĂ©nuries alimentaires, de surpopulation, dâinstallations sanitaires mĂ©diocres et de soins mĂ©dicaux inadĂ©quats.
Conditions physiques : Le surpeuplement Ă©tait endĂ©mique. Par exemple, le principal Ă©tablissement pĂ©nitentiaire de Dakar, Rebeuss, dĂ©tenait plus du double du nombre de dĂ©tenus pour lequel il a Ă©tĂ© conçu. Les dĂ©tenues avaient gĂ©nĂ©ralement de meilleures conditions que les dĂ©tenus de sexe masculin. Les dĂ©tenus avant le procĂšs nâĂ©taient pas toujours sĂ©parĂ©s des prisonniers condamnĂ©s. Les mineurs dĂ©tenus Ă©taient souvent dĂ©tenus avec des hommes ou autorisĂ©s Ă se dĂ©placer librement avec des hommes pendant la journĂ©e. Les filles Ă©taient dĂ©tenues avec des femmes. Les nourrissons et les nouveau-nĂ©s Ă©taient souvent maintenus en prison avec leur mĂšre jusquâĂ lâĂąge dâun an, sans cellules spĂ©ciales, sans provisions mĂ©dicales supplĂ©mentaires, ni rations alimentaires supplĂ©mentaires.
Outre la surpopulation, lâOrganisation nationale des droits de lâhomme, une organisation non gouvernementale (ONG), a identifiĂ© le manque dâassainissement adĂ©quat comme un problĂšme majeur. La nourriture pauvre et insuffisante, lâaccĂšs limitĂ© aux soins mĂ©dicaux, la chaleur Ă©touffante, le mauvais drainage et les infestations dâinsectes Ă©taient Ă©galement des problĂšmes dans lâensemble du systĂšme carcĂ©ral. Le 20 fĂ©vrier, un dĂ©tenu est dĂ©cĂ©dĂ© Ă la prison de Mbour. Selon les rapports officiels, il a subi une crise dâasthme aiguĂ« en raison dâĂȘtre dĂ©tenu dans une cellule surpeuplĂ©e tenant 87 autres dĂ©tenus.
Selon les derniĂšres statistiques gouvernementales disponibles, 31 dĂ©tenus sont morts dans les prisons et les centres de dĂ©tention en 2019, soit six de plus quâen 2018. Les statistiques gouvernementales nâont pas fourni la cause du dĂ©cĂšs. Bien que les auteurs, y compris le personnel pĂ©nitentiaire et dâautres prisonniers, aient pu faire lâobjet de sanctions disciplinaires internes, aucune poursuite ou autre action publique nâa Ă©tĂ© engagĂ©e contre eux.
Administration : Les autoritĂ©s nâont pas toujours mener dâenquĂȘtes crĂ©dibles sur les allĂ©gations de mauvais traitements. Des ombudsmans Ă©taient disponibles pour rĂ©pondre aux plaintes, mais les prisonniers ne savent pas comment y accĂ©der ou dĂ©poser des rapports. Les autoritĂ©s ont autorisĂ© les prisonniers et les dĂ©tenus Ă dĂ©poser des plaintes auprĂšs des autoritĂ©s judiciaires sans censure et Ă demander une enquĂȘte sur des allĂ©gations crĂ©dibles de conditions inhumaines, mais rien nâindique que les autoritĂ©s ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi.
Surveillance indĂ©pendante : Le gouvernement a autorisĂ© les visites en prison par des groupes locaux de dĂ©fense des droits humains, qui fonctionnaient tous de maniĂšre indĂ©pendante, et par des observateurs internationaux. LâObservateur national des centres de dĂ©tention avait un accĂšs complet et sans entrave Ă toutes les prisons et centres de dĂ©tention civils, mais pas aux installations militaires et de renseignement. Lâobservateur national nâa pas Ă©tĂ© en mesure de surveiller les prisons dans tout le pays. Il avait dĂ©jĂ publiĂ© un rapport annuel, mais les rapports pour 2015-2019 nâavaient pas Ă©tĂ© publiĂ©s Ă la fin de lâannĂ©e.
Des membres du Comité international de la Croix-Rouge se sont rendus dans les prisons de Dakar et de la Casamance.
Améliorations : En avril, le Président Sall a gracié 2 036 détenus afin de contrÎler la propagation du COVID-19 dans le systÚme carcéral.
La Constitution et la loi interdisent les arrestations et la dĂ©tention arbitraires; toutefois, le gouvernement nâa pas toujours observĂ© ces interdictions. Les dĂ©tenu·e·s sont lĂ©galement autorisĂ©s Ă contester devant les tribunaux le fondement juridique ou arbitraire de leur dĂ©tention et Ă obtenir une libĂ©ration et une indemnisation rapides sâils sont dĂ©tenus illĂ©galement; toutefois, cela sâest rarement produit en raison de lâabsence dâun avocat adĂ©quat. Dans une directive politique de janvier 2019, le ministre de la Justice a demandĂ© aux procureurs de se rendre rĂ©guliĂšrement dans les centres de dĂ©tention afin dâidentifier les dĂ©tenus ayant des dossiers criminels en instance afin de minimiser le recours Ă la dĂ©tention Ă des fins non officielles et extrajudiciales.
Le gouvernement ne avait pas de mĂ©canismes efficaces pour punir les abus et la corruption. Le DĂ©partement des enquĂȘtes criminelles (DIC) est chargĂ© dâenquĂȘter sur les abus de la police, mais nâa pas Ă©tĂ© en mesure de lutter contre lâimpunitĂ© ou la corruption (voir lâarticle 4, Corruption). Une loi dâamnistie couvre la police et dâautres membres du personnel de sĂ©curitĂ© impliquĂ©s dans des « crimes politiques » commis entre 1983 et 2004, Ă lâexception des meurtres de « sang froid ». Le Tribunal rĂ©gional de Dakar comprend un tribunal militaire compĂ©tent pour les crimes commis par des militaires. Un tribunal est composĂ© dâun juge civil, dâun procureur civil et de deux assistants militaires pour conseiller le juge, dont lâun doit ĂȘtre de rang Ă©gal Ă celui de lâaccusĂ©. Un tribunal ne peut juger des civils que sâils Ă©taient impliquĂ©s dans des militaires qui ont violĂ© le droit militaire. Un tribunal militaire accorde les mĂȘmes droits quâun tribunal pĂ©nal civil.
Ă moins quâun crime ne soit « flagrant » (qui vient dâĂȘtre commis ou dĂ©couvert peu de temps aprĂšs avoir Ă©tĂ© commis), la police doit obtenir un mandat dâarrĂȘt ou de dĂ©tention dâun suspect. La police traite la plupart des cas comme des infractions « flagrantes » et procĂ©dĂ© Ă des arrestations sans mandat, invoquant des pouvoirs de dĂ©tention provisoire. Le DIC peut retenir les personnes jusquâĂ 24 heures avant de les relĂącher ou de les charger. Les autoritĂ©s nâont pas rapidement informĂ© de nombreux dĂ©tenus des charges retenues contre eux. Les policiers, y compris les fonctionnaires du DIC, peuvent doubler la pĂ©riode de dĂ©tention de 24 Ă 48 heures sans inculpation sâils dĂ©montrent des motifs substantiels dâun futur acte dâaccusation et si un procureur lâautorise. Si une telle dĂ©tention prolongĂ©e est autorisĂ©e, le dĂ©tenu doit ĂȘtre traduit devant le procureur dans les 48 heures suivant sa dĂ©tention. Pour les infractions particuliĂšrement graves, les enquĂȘteurs peuvent demander Ă un procureur de doubler cette pĂ©riode Ă 96 heures. Les autoritĂ©s ont le pouvoir de dĂ©tenir des suspects de terrorisme pendant 96 heures initiales, et avec des renouvellements pour un maximum de 12 jours. La pĂ©riode de dĂ©tention ne commence pas officiellement tant que les autoritĂ©s nâont pas dĂ©clarĂ© officiellement quâune personne Ă©tait dĂ©tenue, une pratique qui, selon Amnesty International, entraĂźne de longues dĂ©tentions.
La mise en libertĂ© sous caution Ă©tait rarement disponible, et les fonctionnaires nâont gĂ©nĂ©ralement pas permis lâaccĂšs Ă la famille. Par la loi, les avocats de la dĂ©fense peuvent avoir accĂšs Ă des suspects dĂšs le moment de lâarrestation et peuvent ĂȘtre prĂ©sents pendant lâinterrogatoire; cette disposition nâa toutefois pas Ă©tĂ© observĂ©e rĂ©guliĂšrement. La loi prĂ©voit une reprĂ©sentation juridique aux frais du public dans les affaires criminelles Ă tous les accusĂ©s criminels qui nâen ont pas les moyens aprĂšs la pĂ©riode initiale de dĂ©tention. Dans de nombreux cas, cependant, lâavocat dĂ©signĂ© se prĂ©sente rarement, surtout en dehors de Dakar. Les accusĂ©s indigents nâavaient pas toujours des avocats dans des affaires de dĂ©lit. Un certain nombre dâONG ont fourni une assistance juridique ou des conseils aux personnes accusĂ©es de crimes. Le ministĂšre de la Justice a publiĂ© en 2018 une directive dâorientation exigeant lâavocat des accusĂ©s au dĂ©but de lâinterrogatoire.
Arrestation arbitraire : Le 21 juin, la gendarmerie a arrĂȘtĂ© un ancien fonctionnaire aprĂšs avoir publiĂ© une lettre ouverte au prĂ©sident Sall dans la presse dĂ©nonçant la mauvaise gestion prĂ©sumĂ©e du pays par Sall. Les autoritĂ©s lâont relĂąchĂ© le lendemain.
DĂ©tention provisoire : Selon les statistiques de lâONU de 2018, 45 % de la population carcĂ©rale Ă©tait composĂ©e de dĂ©tenus avant le procĂšs. Fin 2019, les autoritĂ©s du pays ont indiquĂ© que ce pourcentage Ă©tait de 42 pour cent. La majoritĂ© des accusĂ©s en attente de jugement sont dĂ©tenus. La loi stipule quâun accusĂ© ne peut pas ĂȘtre dĂ©tenu en dĂ©tention provisoire pendant plus de six mois pour des crimes mineurs; toutefois, les autoritĂ©s ont rĂ©guliĂšrement placĂ© des personnes en dĂ©tention jusquâĂ ce quâun tribunal ordonne leur libĂ©ration. Les arriĂ©rĂ©s judiciaires et lâabsentĂ©isme des juges ont entraĂźnĂ© un dĂ©lai moyen de deux ans entre le dĂ©pĂŽt des accusations et le dĂ©but dâun procĂšs. Dans les affaires de meurtre, de menaces Ă la sĂ©curitĂ© de lâĂtat et de dĂ©tournement de fonds publics, la durĂ©e de la dĂ©tention provisoire nâĂ©tait pas limite. Dans de nombreux cas, les dĂ©tenus avant le procĂšs ont Ă©tĂ© dĂ©tenus plus longtemps que la durĂ©e de la peine imposĂ©e par la suite.
Le 30 juin, lâAssemblĂ©e lĂ©gislative a adoptĂ© deux lois autorisant la surveillance Ă©lectronique (EM) comme solution de rechange Ă lâincarcĂ©ration. Une fois opĂ©rationnel, le systĂšme de SE est conçu pour permettre aux tribunaux pĂ©naux de libĂ©rer certains accusĂ©s en attente de procĂšs et dâautres dĂ©linquants condamnĂ©s pour la premiĂšre fois pour des crimes Ă faible risque en dĂ©tention Ă domicile, oĂč des bracelets Ă©lectroniques surveilleraient leurs dĂ©placements. Le systĂšme des bracelets vise Ă soulager les dĂ©pendances chroniques liĂ©es Ă la dĂ©tention provisoire et ainsi Ă rĂ©duire la population carcĂ©rale.
Bien que la constitution et la loi prĂ©voient un systĂšme judiciaire indĂ©pendant, le pouvoir judiciaire a fait lâobjet de corruption et dâinfluence gouvernementale. Les magistrats ont notĂ© une charge de travail accablante, un manque dâespace et de bureaux adĂ©quats et un transport inadĂ©quat, et ils ont ouvertement remis en question lâengagement du gouvernement Ă lâĂ©gard de lâindĂ©pendance judiciaire. Le pouvoir judiciaire est formellement indĂ©pendant, mais le prĂ©sident contrĂŽle les nominations au Conseil constitutionnel, Ă la Cour dâappel et au Conseil dâĂtat. Les juges sont enclins Ă faire pression sur le gouvernement sur des affaires de corruption et dâautres affaires impliquant des hauts fonctionnaires.
A plusieurs reprises, lâUnion des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais sâest plainte de lâinfluence de lâexĂ©cutif sur le pouvoir judiciaire, en particulier de la prĂ©sence du prĂ©sident et du ministre de la Justice au Haut Conseil de la magistrature, qui gĂšre la carriĂšre des juges et des procureurs. Les membres du Haut Conseil de la magistrature avaient dĂ©jĂ dĂ©missionnĂ© en signe de protestation, dĂ©clarant que le pouvoir exĂ©cutif ne devrait pas avoir la capacitĂ© de sâimmiscer dans les affaires judiciaires. En aoĂ»t, les autoritĂ©s judiciaires ont sommairement rĂ©trogradĂ© un prĂ©sident de tribunal de district, ce qui a suscitĂ© des spĂ©culations selon laquelle il aurait Ă©tĂ© puni pour avoir dĂ©tenu un chef religieux dans une affaire criminelle. LâUnion des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais a publiĂ© une lettre ouverte condamnant la rĂ©trogradation et a engagĂ© un avocat pour dĂ©fendre le juge en appel. Le 2 septembre, un quotidien de Dakar a publiĂ© une liste de 20 magistrats qui, selon lui, ont Ă©tĂ© rĂ©trogradĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie en reprĂ©sailles Ă des dĂ©cisions de justice impopulaires. La rĂ©trogradation en aoĂ»t du prĂ©sident du tribunal de district a suscitĂ© de vives critiques Ă lâĂ©gard du ministre de la Justice dans les mĂ©dias et les milieux juridiques et relancĂ© les appels Ă la rĂ©forme de la justice, y compris la reconstitution du Haut Conseil des magistrats. Les autoritĂ©s ont respectĂ© et exĂ©cutĂ© les ordonnances des tribunaux.
La Constitution prĂ©voit que tous les accusĂ©s ont droit Ă un procĂšs Ă©quitable et public, et Ă un pouvoir judiciaire indĂ©pendant pour faire respecter ce droit. Les accusĂ©s jouissent dâune prĂ©somption dâinnocence et ont le droit dâĂȘtre informĂ©s rapidement et en dĂ©tail des accusations portĂ©es contre eux. Ils ont droit Ă un procĂšs en temps opportun, dâĂȘtre prĂ©sents devant les tribunaux pendant leur procĂšs et dâavoir un avocat aux frais du public si nĂ©cessaire dans les affaires criminelles (bien que les commentateurs juridiques notent que la fourniture dâavocats est incohĂ©rente) et ils ont le droit dâinterjeter appel. Ils ont Ă©galement le droit dâavoir suffisamment de temps et dâinstallations pour prĂ©parer leur dĂ©fense, et de recevoir une interprĂ©tation gratuite au besoin Ă partir du moment oĂč ils sont inculpĂ©s par tous les appels. Les dĂ©fendeurs jouissent du droit de confronter et de prĂ©senter des tĂ©moins et de prĂ©senter leurs propres tĂ©moins et tĂ©moignages.
Bien que les accusĂ©s ne soient pas obligĂ©s de tĂ©moigner contre eux-mĂȘmes ou dâavouer leur culpabilitĂ©, la pratique de longue date du pays est que les accusĂ©s fournissent des renseignements aux enquĂȘteurs et tĂ©moignent pendant les procĂšs. En outre, les arriĂ©rĂ©s de cas, le manque de conseillers juridiques (en particulier dans les rĂ©gions en dehors de Dakar), lâinefficacitĂ© judiciaire et la corruption, et la longue dĂ©tention provisoire ont portĂ© atteinte Ă bon nombre des droits des accusĂ©s.
Les audiences de preuve peuvent ĂȘtre fermĂ©es au public et Ă la presse. Bien quâun dĂ©fendeur et un avocat puissent prĂ©senter des Ă©lĂ©ments de preuve devant un juge dâinstruction qui dĂ©cide sâil y a lieu de renvoyer une affaire au procĂšs, la police ou les procureurs peuvent limiter leur accĂšs Ă des Ă©lĂ©ments de preuve contre lâaccusĂ© avant le procĂšs. Un panel de juges prĂ©side les tribunaux ordinaires dans les affaires civiles et pĂ©nales.
Le droit dâappel existe dans tous les tribunaux, Ă lâexception de la Haute Cour de justice, la cour dâappel finale. Ces droits sâĂ©tendent Ă tous les citoyens. Le 15 juin, le plus grand syndicat de greffiers du pays a dĂ©clarĂ© la grĂšve, provoquant dâimportantes perturbations des procĂ©dures judiciaires, y compris des procĂšs retardĂ©s et des dĂ©cisions judiciaires inaccessibles et des formalitĂ©s administratives. Le 1er septembre, le syndicat a suspendu la grĂšve aprĂšs que le ministĂšre de la Justice a acceptĂ© de nĂ©gocier.
Aucun prisonnier politique ou dĂ©tenu nâa Ă©tĂ© signalĂ©.
Les citoyens peuvent demander la cessation et la rĂ©paration des violations des droits de lâhomme devant des tribunaux administratifs ou judiciaires ordinaires. Les citoyens peuvent Ă©galement demander des rĂ©parations administratives en dĂ©posant une plainte auprĂšs de lâombudsman, une autoritĂ© indĂ©pendante. La corruption et le manque dâindĂ©pendance ont entravĂ© le traitement judiciaire et administratif de ces affaires. En ce qui concerne les droits de lâhomme, les individus et les organisations peuvent interjeter appel de dĂ©cisions dĂ©favorables devant la Cour de justice de la CommunautĂ© Ă©conomique des Ătats de lâAfrique de lâOuest.
La Constitution et la loi interdisent de telles actions, et il y a eu au moins un rapport que le gouvernement nâa pas respectĂ© ces interdictions.
Le 1er juin, la police a arrĂȘtĂ© la militante Assane Diouf aprĂšs avoir brisĂ© la porte de sa maison. Diouf a diffusĂ© en direct sur sa page Facebook une vidĂ©o dans laquelle il insulte les autoritĂ©s, dont le prĂ©sident Macky Sall, et dĂ©nonce une pĂ©nurie dâeau en cours dans la banlieue de Dakar. Diouf Ă©tait toujours en dĂ©tention provisoire Ă la fin de lâannĂ©e.
Le cessez-le-feu de facto en Casamance est en vigueur depuis 2012, et le prĂ©sident Sall a poursuivi ses efforts pour rĂ©soudre le conflit vieux de 38 ans entre sĂ©paratistes et forces de sĂ©curitĂ© gouvernementales. Le gouvernement et diverses factions du Mouvement des forces dĂ©mocratiques de la Casamance (MFDC) ont acceptĂ© les efforts de mĂ©diation menĂ©s par des partis neutres. Les progrĂšs vers une rĂ©solution politique du conflit sont restĂ©s progressifs. Le 30 juin, lâarmĂ©e a lancĂ© une campagne pour bombarder les bases rebelles du MFDC dans la forĂȘt de Mbissine aprĂšs que des rebelles armĂ©s du MFDC 1 auraient attaquĂ© des villages de cette rĂ©gion. Deux soldats sont morts des mines terrestres au cours de la campagne dâun mois et plusieurs soldats ont Ă©tĂ© blessĂ©s. Depuis juillet, le conflit sâest dissipĂ© et aucune autre action militaire nâa eu lieu.
Meurtres : Aucun homicide nâa Ă©tĂ© signalĂ© par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.
EnlÚvements : Il y a eu plusieurs incidents liés à des actes de banditisme attribués aux rebelles du MFDC au cours duquel ils ont détenu ou blessé des civils.
La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© dâexpression, y compris pour la presse, mais le gouvernement limitait parfois ces libertĂ©s.
Liberté dâexpression : Le 14 mai, le rappeur et militant Abdou Karim Gueye a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă trois mois de prison pour avoir insultĂ© le chef de lâEtat, provoquĂ© un rassemblement armĂ© et insultĂ© un officier. Le militant avait publiĂ© une vidĂ©o dĂ©nonçant la fermeture des mosquĂ©es en raison de la pandĂ©mie du COVID-19, et appelant tous les musulmans Ă briser les restrictions Ă lâĂ©tat dâurgence pour prier dans les mosquĂ©es fermĂ©es. Le 8 juillet, aprĂšs des demandes rĂ©pĂ©tĂ©es de libĂ©ration, les autoritĂ©s lâont libĂ©rĂ© provisoirement.
Liberté de la presse et des médias , y compris les médias en ligne : Des journalistes indépendants critiquaient réguliÚrement le gouvernement sans représailles. Des publications indépendantes privées et des médias affiliés au gouvernement étaient disponibles à Dakar, bien que leur distribution dans les zones rurales soit irréguliÚre.
La radio Ă©tait le moyen dâinformation de masse et la source dâinformation les plus importants en raison du taux Ă©levĂ© dâanalphabĂ©tisme. Il y avait environ 200 stations de radio commerciales communautaires, publiques et privĂ©es. Bien quâune loi administrative rĂ©glemente les affectations de radiofrĂ©quences, les opĂ©rateurs de radio communautaire ont affirmĂ© un manque de transparence dans le processus.
Bien que le gouvernement ait continuĂ© dâinfluencer lâinformation et lâopinion tĂ©lĂ©visĂ©es locales par lâintermĂ©diaire de Radio TĂ©lĂ©vision SĂ©nĂ©gal (RTS), plus de 10 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es diffusent indĂ©pendamment. En vertu de la loi, le gouvernement dĂ©tient une participation majoritaire dans RTS, et le prĂ©sident contrĂŽlait directement ou indirectement la sĂ©lection de tous les membres du personnel exĂ©cutif deLe SĂ©nĂ©gal est une rĂ©publique dominĂ©e par un pouvoir exĂ©cutif fort. En fĂ©vrier 2019, les Ă©lecteurs ont réélu Macky Sall Ă la prĂ©sidence pour un second mandat de cinq ans lors dâĂ©lections que les observateurs locaux et internationaux considĂ©raient gĂ©nĂ©ralement libres et Ă©quitables.
La police et les gendarmes sont chargĂ©s du maintien de lâordre public. LâarmĂ©e partage cette responsabilitĂ© dans des cas exceptionnels, comme lors de lâĂ©tat dâurgence. Le SĂ©nĂ©gal a Ă©tĂ© sous Ă©tat dâurgence du 23 mars au 30 juin. La police nationale fait partie du ministĂšre de lâIntĂ©rieur et opĂšre dans les grandes villes. La gendarmerie fait partie du ministĂšre de la DĂ©fense et opĂšre principalement en dehors des grandes villes. LâarmĂ©e relĂšve Ă©galement du ministĂšre de la DĂ©fense. Les autoritĂ©s civiles ont gĂ©nĂ©ralement maintenu un contrĂŽle effectif sur les forces de sĂ©curitĂ©. Des membres des forces de sĂ©curitĂ© ont commis des exactions.
Parmi les questions importantes relatives aux droits de lâhomme, mentionnons : les homicides illĂ©gaux ou arbitraires, y compris les exĂ©cutions extrajudiciaires commis par ou au nom du gouvernement; la torture et les cas de traitements ou de chĂątiments cruels, inhumains ou dĂ©gradants infligĂ©s par ou au nom du gouvernement; des conditions de dĂ©tention difficiles et potentiellement mortelles; arrestations ou dĂ©tentions arbitraires; graves problĂšmes dâindĂ©pendance du pouvoir judiciaire; de graves restrictions Ă la libertĂ© dâexpression, Ă la presse et Ă Internet, y compris les lois pĂ©nales sur la diffamation et la diffamation; des actes graves de corruption dans le pouvoir judiciaire, la police et le pouvoir exĂ©cutif; lâabsence dâenquĂȘte et de responsabilisation Ă lâĂ©gard de la violence Ă lâĂ©gard des femmes; la traite des personnes; les crimes impliquant de la violence ou des menaces de violence contre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuĂ©es; lâexistence ou lâutilisation de lois criminalisant les comportements sexuels consensuels entre personnes du mĂȘme sexe entre adultes; et lâexistence des pires formes de travail des enfants.
Le gouvernement a pris des mesures pour identifier, enquĂȘter, poursuivre et punir les fonctionnaires qui ont commis des exactions, que ce soit dans les forces de sĂ©curitĂ© ou ailleurs au gouvernement, mais lâimpunitĂ© pour les abus existait.
Dans le sud de la Casamance, situĂ©e entre la Gambie et la GuinĂ©e-Bissau, une insurrection de bas niveau entre les forces de sĂ©curitĂ© et les sĂ©paratistes armĂ©s sâest poursuivie. Des incidents sporadiques de violence se sont produits en Casamance impliquant des individus associĂ©s Ă diverses factions du Mouvement sĂ©paratiste des forces dĂ©mocratiques de la Casamance. Il y a eu plusieurs escarmouches entre ces sĂ©paratistes et les forces militaires et policiĂšres. Les efforts de mĂ©diation se sont poursuivis Ă la recherche dâune rĂ©solution nĂ©gociĂ©e du conflit, qui a dĂ©butĂ© en 1982. Il y a eu plusieurs incidents liĂ©s Ă la rĂ©colte illĂ©gale de bois par le Mouvement des forces dĂ©mocratiques des sĂ©paratistes de Casamance, alors que les forces de sĂ©curitĂ© du gouvernement ont intensifiĂ© leurs efforts pour mettre fin au commerce illicite. Le gouvernement enquĂȘtait rĂ©guliĂšrement sur ces incidents et les poursuivait en justice.
Au moins deux rapports ont été signalés selon que le gouvernement ou ses agents ont commis des homicides arbitraires ou illégaux.
Le 11 mars, les autoritĂ©s ont inculpĂ© trois policiers de la mort dâun motocycliste Ă Fatick. Lâhomme aurait Ă©tĂ© porteur de drogues illicites lorsquâil a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la police. AprĂšs son arrestation, les policiers auraient emmenĂ© lâhomme Ă la plage oĂč ils lâauraient battu Ă mort.
Le 2 mai, un dĂ©tenu de la prison de Diourbel a succombĂ© Ă ses graves blessures. Trois policiers et un agent de sĂ©curitĂ© et de sensibilisation communautaire du poste de police de Mbacke lâauraient frappĂ©. Les autoritĂ©s ont inculpĂ© les auteurs prĂ©sumĂ©s de sa mort.
Aucune disparition nâa Ă©tĂ© signalĂ©e par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.
La Constitution et la loi interdisent de telles pratiques. Les organisations de dĂ©fense des droits de lâhomme ont relevĂ© des exemples de violences physiques commises par les autoritĂ©s, notamment un usage excessif de la force ainsi que des traitements cruels et dĂ©gradants dans les prisons et les centres de dĂ©tention. Ils ont notamment critiquĂ© les mĂ©thodes de fouille Ă nu et dâinterrogatoire. La police aurait forcĂ© des dĂ©tenus Ă dormir Ă pieds nus, leur aurait adressĂ© des lumiĂšres vives, les aurait frappĂ©s Ă coups de matraque et les aurait gardĂ©s dans des cellules oĂč lâaccĂšs Ă lâair frais Ă©tait minimal. Toutefois, les enquĂȘtes Ă©taient souvent trop longues et se soldaient rarement par des accusations ou des actes dâaccusation.
LâimpunitĂ© pour de tels actes est un problĂšme important. Parmi les bureaux chargĂ©s dâenquĂȘter sur les abus figuraient le MinistĂšre de la justice et lâObservateur national des lieux de privation de libertĂ©.
Le 24 mars, au cours de la premiĂšre nuit dâun couvre-feu national liĂ© au COVID-19, des vidĂ©os montraient la police balançant des bĂątons de nuit sur des personnes en fuite. Dans un communiquĂ©, la police sâest excusĂ©e pour ses « interventions excessives » et a promis de punir les policiers impliquĂ©s.
Selon le portail en ligne Conduct in UN Field Missions, une allĂ©gation dâexploitation et dâabus sexuels par des casques bleus sĂ©nĂ©galais dĂ©ployĂ©s Ă la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en HaĂŻti, impliquant apparemment une relation dâexploitation avec un adulte, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e. En septembre, le gouvernement sĂ©nĂ©galais et les Nations Unies enquĂȘtaient sur cette allĂ©gation.
Certaines conditions de dĂ©tention Ă©taient difficiles et mettant leur vie en danger en raison de pĂ©nuries alimentaires, de surpopulation, dâinstallations sanitaires mĂ©diocres et de soins mĂ©dicaux inadĂ©quats.
Conditions physiques : Le surpeuplement Ă©tait endĂ©mique. Par exemple, le principal Ă©tablissement pĂ©nitentiaire de Dakar, Rebeuss, dĂ©tenait plus du double du nombre de dĂ©tenus pour lequel il a Ă©tĂ© conçu. Les dĂ©tenues avaient gĂ©nĂ©ralement de meilleures conditions que les dĂ©tenus de sexe masculin. Les dĂ©tenus avant le procĂšs nâĂ©taient pas toujours sĂ©parĂ©s des prisonniers condamnĂ©s. Les mineurs dĂ©tenus Ă©taient souvent dĂ©tenus avec des hommes ou autorisĂ©s Ă se dĂ©placer librement avec des hommes pendant la journĂ©e. Les filles Ă©taient dĂ©tenues avec des femmes. Les nourrissons et les nouveau-nĂ©s Ă©taient souvent maintenus en prison avec leur mĂšre jusquâĂ lâĂąge dâun an, sans cellules spĂ©ciales, sans provisions mĂ©dicales supplĂ©mentaires, ni rations alimentaires supplĂ©mentaires.
Outre la surpopulation, lâOrganisation nationale des droits de lâhomme, une organisation non gouvernementale (ONG), a identifiĂ© le manque dâassainissement adĂ©quat comme un problĂšme majeur. La nourriture pauvre et insuffisante, lâaccĂšs limitĂ© aux soins mĂ©dicaux, la chaleur Ă©touffante, le mauvais drainage et les infestations dâinsectes Ă©taient Ă©galement des problĂšmes dans lâensemble du systĂšme carcĂ©ral. Le 20 fĂ©vrier, un dĂ©tenu est dĂ©cĂ©dĂ© Ă la prison de Mbour. Selon les rapports officiels, il a subi une crise dâasthme aiguĂ« en raison dâĂȘtre dĂ©tenu dans une cellule surpeuplĂ©e tenant 87 autres dĂ©tenus.
Selon les derniĂšres statistiques gouvernementales disponibles, 31 dĂ©tenus sont morts dans les prisons et les centres de dĂ©tention en 2019, soit six de plus quâen 2018. Les statistiques gouvernementales nâont pas fourni la cause du dĂ©cĂšs. Bien que les auteurs, y compris le personnel pĂ©nitentiaire et dâautres prisonniers, aient pu faire lâobjet de sanctions disciplinaires internes, aucune poursuite ou autre action publique nâa Ă©tĂ© engagĂ©e contre eux.
Administration : Les autoritĂ©s nâont pas toujours mener dâenquĂȘtes crĂ©dibles sur les allĂ©gations de mauvais traitements. Des ombudsmans Ă©taient disponibles pour rĂ©pondre aux plaintes, mais les prisonniers ne savent pas comment y accĂ©der ou dĂ©poser des rapports. Les autoritĂ©s ont autorisĂ© les prisonniers et les dĂ©tenus Ă dĂ©poser des plaintes auprĂšs des autoritĂ©s judiciaires sans censure et Ă demander une enquĂȘte sur des allĂ©gations crĂ©dibles de conditions inhumaines, mais rien nâindique que les autoritĂ©s ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi.
Surveillance indĂ©pendante : Le gouvernement a autorisĂ© les visites en prison par des groupes locaux de dĂ©fense des droits humains, qui fonctionnaient tous de maniĂšre indĂ©pendante, et par des observateurs internationaux. LâObservateur national des centres de dĂ©tention avait un accĂšs complet et sans entrave Ă toutes les prisons et centres de dĂ©tention civils, mais pas aux installations militaires et de renseignement. Lâobservateur national nâa pas Ă©tĂ© en mesure de surveiller les prisons dans tout le pays. Il avait dĂ©jĂ publiĂ© un rapport annuel, mais les rapports pour 2015-2019 nâavaient pas Ă©tĂ© publiĂ©s Ă la fin de lâannĂ©e.
Des membres du Comité international de la Croix-Rouge se sont rendus dans les prisons de Dakar et de la Casamance.
Améliorations : En avril, le Président Sall a gracié 2 036 détenus afin de contrÎler la propagation du COVID-19 dans le systÚme carcéral.
La Constitution et la loi interdisent les arrestations et la dĂ©tention arbitraires; toutefois, le gouvernement nâa pas toujours observĂ© ces interdictions. Les dĂ©tenu·e·s sont lĂ©galement autorisĂ©s Ă contester devant les tribunaux le fondement juridique ou arbitraire de leur dĂ©tention et Ă obtenir une libĂ©ration et une indemnisation rapides sâils sont dĂ©tenus illĂ©galement; toutefois, cela sâest rarement produit en raison de lâabsence dâun avocat adĂ©quat. Dans une directive politique de janvier 2019, le ministre de la Justice a demandĂ© aux procureurs de se rendre rĂ©guliĂšrement dans les centres de dĂ©tention afin dâidentifier les dĂ©tenus ayant des dossiers criminels en instance afin de minimiser le recours Ă la dĂ©tention Ă des fins non officielles et extrajudiciales.
Le gouvernement ne avait pas de mĂ©canismes efficaces pour punir les abus et la corruption. Le DĂ©partement des enquĂȘtes criminelles (DIC) est chargĂ© dâenquĂȘter sur les abus de la police, mais nâa pas Ă©tĂ© en mesure de lutter contre lâimpunitĂ© ou la corruption (voir lâarticle 4, Corruption). Une loi dâamnistie couvre la police et dâautres membres du personnel de sĂ©curitĂ© impliquĂ©s dans des « crimes politiques » commis entre 1983 et 2004, Ă lâexception des meurtres de « sang froid ». Le Tribunal rĂ©gional de Dakar comprend un tribunal militaire compĂ©tent pour les crimes commis par des militaires. Un tribunal est composĂ© dâun juge civil, dâun procureur civil et de deux assistants militaires pour conseiller le juge, dont lâun doit ĂȘtre de rang Ă©gal Ă celui de lâaccusĂ©. Un tribunal ne peut juger des civils que sâils Ă©taient impliquĂ©s dans des militaires qui ont violĂ© le droit militaire. Un tribunal militaire accorde les mĂȘmes droits quâun tribunal pĂ©nal civil.
Ă moins quâun crime ne soit « flagrant » (qui vient dâĂȘtre commis ou dĂ©couvert peu de temps aprĂšs avoir Ă©tĂ© commis), la police doit obtenir un mandat dâarrĂȘt ou de dĂ©tention dâun suspect. La police traite la plupart des cas comme des infractions « flagrantes » et procĂ©dĂ© Ă des arrestations sans mandat, invoquant des pouvoirs de dĂ©tention provisoire. Le DIC peut retenir les personnes jusquâĂ 24 heures avant de les relĂącher ou de les charger. Les autoritĂ©s nâont pas rapidement informĂ© de nombreux dĂ©tenus des charges retenues contre eux. Les policiers, y compris les fonctionnaires du DIC, peuvent doubler la pĂ©riode de dĂ©tention de 24 Ă 48 heures sans inculpation sâils dĂ©montrent des motifs substantiels dâun futur acte dâaccusation et si un procureur lâautorise. Si une telle dĂ©tention prolongĂ©e est autorisĂ©e, le dĂ©tenu doit ĂȘtre traduit devant le procureur dans les 48 heures suivant sa dĂ©tention. Pour les infractions particuliĂšrement graves, les enquĂȘteurs peuvent demander Ă un procureur de doubler cette pĂ©riode Ă 96 heures. Les autoritĂ©s ont le pouvoir de dĂ©tenir des suspects de terrorisme pendant 96 heures initiales, et avec des renouvellements pour un maximum de 12 jours. La pĂ©riode de dĂ©tention ne commence pas officiellement tant que les autoritĂ©s nâont pas dĂ©clarĂ© officiellement quâune personne Ă©tait dĂ©tenue, une pratique qui, selon Amnesty International, entraĂźne de longues dĂ©tentions.
La mise en libertĂ© sous caution Ă©tait rarement disponible, et les fonctionnaires nâont gĂ©nĂ©ralement pas permis lâaccĂšs Ă la famille. Par la loi, les avocats de la dĂ©fense peuvent avoir accĂšs Ă des suspects dĂšs le moment de lâarrestation et peuvent ĂȘtre prĂ©sents pendant lâinterrogatoire; cette disposition nâa toutefois pas Ă©tĂ© observĂ©e rĂ©guliĂšrement. La loi prĂ©voit une reprĂ©sentation juridique aux frais du public dans les affaires criminelles Ă tous les accusĂ©s criminels qui nâen ont pas les moyens aprĂšs la pĂ©riode initiale de dĂ©tention. Dans de nombreux cas, cependant, lâavocat dĂ©signĂ© se prĂ©sente rarement, surtout en dehors de Dakar. Les accusĂ©s indigents nâavaient pas toujours des avocats dans des affaires de dĂ©lit. Un certain nombre dâONG ont fourni une assistance juridique ou des conseils aux personnes accusĂ©es de crimes. Le ministĂšre de la Justice a publiĂ© en 2018 une directive dâorientation exigeant lâavocat des accusĂ©s au dĂ©but de lâinterrogatoire.
Arrestation arbitraire : Le 21 juin, la gendarmerie a arrĂȘtĂ© un ancien fonctionnaire aprĂšs avoir publiĂ© une lettre ouverte au prĂ©sident Sall dans la presse dĂ©nonçant la mauvaise gestion prĂ©sumĂ©e du pays par Sall. Les autoritĂ©s lâont relĂąchĂ© le lendemain.
DĂ©tention provisoire : Selon les statistiques de lâONU de 2018, 45 % de la population carcĂ©rale Ă©tait composĂ©e de dĂ©tenus avant le procĂšs. Fin 2019, les autoritĂ©s du pays ont indiquĂ© que ce pourcentage Ă©tait de 42 pour cent. La majoritĂ© des accusĂ©s en attente de jugement sont dĂ©tenus. La loi stipule quâun accusĂ© ne peut pas ĂȘtre dĂ©tenu en dĂ©tention provisoire pendant plus de six mois pour des crimes mineurs; toutefois, les autoritĂ©s ont rĂ©guliĂšrement placĂ© des personnes en dĂ©tention jusquâĂ ce quâun tribunal ordonne leur libĂ©ration. Les arriĂ©rĂ©s judiciaires et lâabsentĂ©isme des juges ont entraĂźnĂ© un dĂ©lai moyen de deux ans entre le dĂ©pĂŽt des accusations et le dĂ©but dâun procĂšs. Dans les affaires de meurtre, de menaces Ă la sĂ©curitĂ© de lâĂtat et de dĂ©tournement de fonds publics, la durĂ©e de la dĂ©tention provisoire nâĂ©tait pas limite. Dans de nombreux cas, les dĂ©tenus avant le procĂšs ont Ă©tĂ© dĂ©tenus plus longtemps que la durĂ©e de la peine imposĂ©e par la suite.
Le 30 juin, lâAssemblĂ©e lĂ©gislative a adoptĂ© deux lois autorisant la surveillance Ă©lectronique (EM) comme solution de rechange Ă lâincarcĂ©ration. Une fois opĂ©rationnel, le systĂšme de SE est conçu pour permettre aux tribunaux pĂ©naux de libĂ©rer certains accusĂ©s en attente de procĂšs et dâautres dĂ©linquants condamnĂ©s pour la premiĂšre fois pour des crimes Ă faible risque en dĂ©tention Ă domicile, oĂč des bracelets Ă©lectroniques surveilleraient leurs dĂ©placements. Le systĂšme des bracelets vise Ă soulager les dĂ©pendances chroniques liĂ©es Ă la dĂ©tention provisoire et ainsi Ă rĂ©duire la population carcĂ©rale.
Bien que la constitution et la loi prĂ©voient un systĂšme judiciaire indĂ©pendant, le pouvoir judiciaire a fait lâobjet de corruption et dâinfluence gouvernementale. Les magistrats ont notĂ© une charge de travail accablante, un manque dâespace et de bureaux adĂ©quats et un transport inadĂ©quat, et ils ont ouvertement remis en question lâengagement du gouvernement Ă lâĂ©gard de lâindĂ©pendance judiciaire. Le pouvoir judiciaire est formellement indĂ©pendant, mais le prĂ©sident contrĂŽle les nominations au Conseil constitutionnel, Ă la Cour dâappel et au Conseil dâĂtat. Les juges sont enclins Ă faire pression sur le gouvernement sur des affaires de corruption et dâautres affaires impliquant des hauts fonctionnaires.
A plusieurs reprises, lâUnion des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais sâest plainte de lâinfluence de lâexĂ©cutif sur le pouvoir judiciaire, en particulier de la prĂ©sence du prĂ©sident et du ministre de la Justice au Haut Conseil de la magistrature, qui gĂšre la carriĂšre des juges et des procureurs. Les membres du Haut Conseil de la magistrature avaient dĂ©jĂ dĂ©missionnĂ© en signe de protestation, dĂ©clarant que le pouvoir exĂ©cutif ne devrait pas avoir la capacitĂ© de sâimmiscer dans les affaires judiciaires. En aoĂ»t, les autoritĂ©s judiciaires ont sommairement rĂ©trogradĂ© un prĂ©sident de tribunal de district, ce qui a suscitĂ© des spĂ©culations selon laquelle il aurait Ă©tĂ© puni pour avoir dĂ©tenu un chef religieux dans une affaire criminelle. LâUnion des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais a publiĂ© une lettre ouverte condamnant la rĂ©trogradation et a engagĂ© un avocat pour dĂ©fendre le juge en appel. Le 2 septembre, un quotidien de Dakar a publiĂ© une liste de 20 magistrats qui, selon lui, ont Ă©tĂ© rĂ©trogradĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie en reprĂ©sailles Ă des dĂ©cisions de justice impopulaires. La rĂ©trogradation en aoĂ»t du prĂ©sident du tribunal de district a suscitĂ© de vives critiques Ă lâĂ©gard du ministre de la Justice dans les mĂ©dias et les milieux juridiques et relancĂ© les appels Ă la rĂ©forme de la justice, y compris la reconstitution du Haut Conseil des magistrats. Les autoritĂ©s ont respectĂ© et exĂ©cutĂ© les ordonnances des tribunaux.
La Constitution prĂ©voit que tous les accusĂ©s ont droit Ă un procĂšs Ă©quitable et public, et Ă un pouvoir judiciaire indĂ©pendant pour faire respecter ce droit. Les accusĂ©s jouissent dâune prĂ©somption dâinnocence et ont le droit dâĂȘtre informĂ©s rapidement et en dĂ©tail des accusations portĂ©es contre eux. Ils ont droit Ă un procĂšs en temps opportun, dâĂȘtre prĂ©sents devant les tribunaux pendant leur procĂšs et dâavoir un avocat aux frais du public si nĂ©cessaire dans les affaires criminelles (bien que les commentateurs juridiques notent que la fourniture dâavocats est incohĂ©rente) et ils ont le droit dâinterjeter appel. Ils ont Ă©galement le droit dâavoir suffisamment de temps et dâinstallations pour prĂ©parer leur dĂ©fense, et de recevoir une interprĂ©tation gratuite au besoin Ă partir du moment oĂč ils sont inculpĂ©s par tous les appels. Les dĂ©fendeurs jouissent du droit de confronter et de prĂ©senter des tĂ©moins et de prĂ©senter leurs propres tĂ©moins et tĂ©moignages.
Bien que les accusĂ©s ne soient pas obligĂ©s de tĂ©moigner contre eux-mĂȘmes ou dâavouer leur culpabilitĂ©, la pratique de longue date du pays est que les accusĂ©s fournissent des renseignements aux enquĂȘteurs et tĂ©moignent pendant les procĂšs. En outre, les arriĂ©rĂ©s de cas, le manque de conseillers juridiques (en particulier dans les rĂ©gions en dehors de Dakar), lâinefficacitĂ© judiciaire et la corruption, et la longue dĂ©tention provisoire ont portĂ© atteinte Ă bon nombre des droits des accusĂ©s.
Les audiences de preuve peuvent ĂȘtre fermĂ©es au public et Ă la presse. Bien quâun dĂ©fendeur et un avocat puissent prĂ©senter des Ă©lĂ©ments de preuve devant un juge dâinstruction qui dĂ©cide sâil y a lieu de renvoyer une affaire au procĂšs, la police ou les procureurs peuvent limiter leur accĂšs Ă des Ă©lĂ©ments de preuve contre lâaccusĂ© avant le procĂšs. Un panel de juges prĂ©side les tribunaux ordinaires dans les affaires civiles et pĂ©nales.
Le droit dâappel existe dans tous les tribunaux, Ă lâexception de la Haute Cour de justice, la cour dâappel finale. Ces droits sâĂ©tendent Ă tous les citoyens. Le 15 juin, le plus grand syndicat de greffiers du pays a dĂ©clarĂ© la grĂšve, provoquant dâimportantes perturbations des procĂ©dures judiciaires, y compris des procĂšs retardĂ©s et des dĂ©cisions judiciaires inaccessibles et des formalitĂ©s administratives. Le 1er septembre, le syndicat a suspendu la grĂšve aprĂšs que le ministĂšre de la Justice a acceptĂ© de nĂ©gocier.
Aucun prisonnier politique ou dĂ©tenu nâa Ă©tĂ© signalĂ©.
Les citoyens peuvent demander la cessation et la rĂ©paration des violations des droits de lâhomme devant des tribunaux administratifs ou judiciaires ordinaires. Les citoyens peuvent Ă©galement demander des rĂ©parations administratives en dĂ©posant une plainte auprĂšs de lâombudsman, une autoritĂ© indĂ©pendante. La corruption et le manque dâindĂ©pendance ont entravĂ© le traitement judiciaire et administratif de ces affaires. En ce qui concerne les droits de lâhomme, les individus et les organisations peuvent interjeter appel de dĂ©cisions dĂ©favorables devant la Cour de justice de la CommunautĂ© Ă©conomique des Ătats de lâAfrique de lâOuest.
La Constitution et la loi interdisent de telles actions, et il y a eu au moins un rapport que le gouvernement nâa pas respectĂ© ces interdictions.
Le 1er juin, la police a arrĂȘtĂ© la militante Assane Diouf aprĂšs avoir brisĂ© la porte de sa maison. Diouf a diffusĂ© en direct sur sa page Facebook une vidĂ©o dans laquelle il insulte les autoritĂ©s, dont le prĂ©sident Macky Sall, et dĂ©nonce une pĂ©nurie dâeau en cours dans la banlieue de Dakar. Diouf Ă©tait toujours en dĂ©tention provisoire Ă la fin de lâannĂ©e.
Le cessez-le-feu de facto en Casamance est en vigueur depuis 2012, et le prĂ©sident Sall a poursuivi ses efforts pour rĂ©soudre le conflit vieux de 38 ans entre sĂ©paratistes et forces de sĂ©curitĂ© gouvernementales. Le gouvernement et diverses factions du Mouvement des forces dĂ©mocratiques de la Casamance (MFDC) ont acceptĂ© les efforts de mĂ©diation menĂ©s par des partis neutres. Les progrĂšs vers une rĂ©solution politique du conflit sont restĂ©s progressifs. Le 30 juin, lâarmĂ©e a lancĂ© une campagne pour bombarder les bases rebelles du MFDC dans la forĂȘt de Mbissine aprĂšs que des rebelles armĂ©s du MFDC 1 auraient attaquĂ© des villages de cette rĂ©gion. Deux soldats sont morts des mines terrestres au cours de la campagne dâun mois et plusieurs soldats ont Ă©tĂ© blessĂ©s. Depuis juillet, le conflit sâest dissipĂ© et aucune autre action militaire nâa eu lieu.
Meurtres : Aucun homicide nâa Ă©tĂ© signalĂ© par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.
EnlÚvements : Il y a eu plusieurs incidents liés à des actes de banditisme attribués aux rebelles du MFDC au cours duquel ils ont détenu ou blessé des civils.
La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© dâexpression, y compris pour la presse, mais le gouvernement limitait parfois ces libertĂ©s.
Liberté dâexpression : Le 14 mai, le rappeur et militant Abdou Karim Gueye a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă trois mois de prison pour avoir insultĂ© le chef de lâEtat, provoquĂ© un rassemblement armĂ© et insultĂ© un officier. Le militant avait publiĂ© une vidĂ©o dĂ©nonçant la fermeture des mosquĂ©es en raison de la pandĂ©mie du COVID-19, et appelant tous les musulmans Ă briser les restrictions Ă lâĂ©tat dâurgence pour prier dans les mosquĂ©es fermĂ©es. Le 8 juillet, aprĂšs des demandes rĂ©pĂ©tĂ©es de libĂ©ration, les autoritĂ©s lâont libĂ©rĂ© provisoirement.
Liberté de lapresse et des médias , y compris les médias en ligne : Des journalistes indépendants critiquaient réguliÚrement le gouvernement sans représailles. Des publications indépendantes privées et des médias affiliés au gouvernement étaient disponibles à Dakar, bien que leur distribution dans les zones rurales soit irréguliÚre.
La radio Ă©tait le moyen dâinformation de masse et la source dâinformation les plus importants en raison du taux Ă©levĂ© dâanalphabĂ©tisme. Il y avait environ 200 stations de radio commerciales communautaires, publiques et privĂ©es. Bien quâune loi administrative rĂ©glemente les affectations de radiofrĂ©quences, les opĂ©rateurs de radio communautaire ont affirmĂ© un manque de transparence dans le processus.
Bien que le gouvernement ait continuĂ© dâinfluencer lâinformation et lâopinion tĂ©lĂ©visĂ©es locales par lâintermĂ©diaire de Radio Television SĂ©nĂ©gal (RTS), plus de 10 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es diffusent indĂ©pendamment. En vertu de la loi, le gouvernement dĂ©tient une participation majoritaire dans RTS, et le prĂ©sident contrĂŽlait directement ou indirectement la sĂ©lection de tous les membres du personnel exĂ©cutif de rts. Au-delĂ de la RTS, les membres du parti au pouvoir du prĂ©sident Sall, nommĂ©s par le prĂ©sident, contrĂŽlaient tous les autres mĂ©dias publics, y compris lâAgence de presse sĂ©nĂ©galaise et le quotidien Le Soleil; les rapports de ces points de vente portaient souvent un parti pris progouvernemental.
Censure ou restrictions de contenu : Les journalistes pratiquent occasionnellement lâautocensure, en particulier dans les mĂ©dias contrĂŽlĂ©s par le gouvernement. Le 8 juillet, les autoritĂ©s ont interdit Ă la presse nationale de couvrir le procĂšs du militant Abdou Karim Gueye.
Lois sur la diffamation et la diffamation : Des lois sur le blasphÚme et la diffamation sont en place et ont parfois été appliquées.
La loi accorde Ă lâAutoritĂ© sĂ©nĂ©galaise de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©communications et de la poste et aux fournisseurs dâaccĂšs internet existants la possibilitĂ© de limiter ou de bloquer lâaccĂšs Ă certains sites en ligne et rĂ©seaux sociaux.
Il nây avait aucune restriction gouvernementale Ă la libertĂ© acadĂ©mique ou aux Ă©vĂ©nements culturels.
Le gouvernement limitait parfois la libertĂ© de rĂ©union pacifique, mais respectait gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© dâassociation, sauf en ce qui concerne les organisations lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuĂ©es (LGBTI). Le ministĂšre de lâIntĂ©rieur doit approuver les manifestations Ă lâavance.
Les autoritĂ©s ont refusĂ© dâautoriser plusieurs manifestations tout au long de lâannĂ©e. Certains groupes se sont Ă©galement plaints de retards indus en rĂ©ponse aux demandes dâautorisation de manifestations publiques. Les autoritĂ©s ont systĂ©matiquement invoquĂ© la loi interdisant les manifestations dans certaines parties du centre-ville de Dakar pour interdire les manifestations.
Le 18 janvier, la police a arrĂȘtĂ© 15 membres de No Lank No Ban qui menaient une campagne de sensibilisation concernant lâaugmentation des prix de lâĂ©lectricitĂ©. Les autoritĂ©s ont libĂ©rĂ© les personnes arrĂȘtĂ©es aprĂšs 48 heures de dĂ©tention.
Le 23 juin, les autoritĂ©s ont arrĂȘtĂ© des membres du mouvement de protestation gilets rouges pour avoir organisĂ© une manifestation non autorisĂ©e pour la libĂ©ration du militant Abdou Karim Gueye.
En novembre 2019, la police a arrĂȘtĂ© Guy Marius Sagna, membre du collectif dâopposition No Lank No Ban, pour avoir protestĂ© contre une hausse des prix de lâĂ©lectricitĂ© devant la porte du palais prĂ©sidentiel, et lâa libĂ©rĂ© trois mois plus tard. Le 10 aoĂ»t, les autoritĂ©s lâont de nouveau arrĂȘtĂ© devant le bureau de lâadministrateur de Dakar aprĂšs quâil a dĂ©posĂ© une demande de marche le 14 aoĂ»t, lâaccusant dâavoir participĂ© Ă un rassemblement illĂ©gal sur la voie publique et dâavoir Ă©tĂ© rassemblĂ© sans autorisation. Les autoritĂ©s lâont remis en libertĂ© le mĂȘme jour.
En novembre 2019, les autoritĂ©s ont fermĂ© un certain nombre dâorganisations LGBTI aprĂšs la publication dâune liste de ces organisations par un groupe privĂ© (voir la section 6, Actes de violence, criminalisation et autres abus fondĂ©s sur lâorientation sexuelle et lâidentitĂ© de genre).
Consultez le Rapport international sur la libertĂ© religieuse du DĂ©partement dâĂtatĂ www.state.gov/religiousfreedomreport/.
La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© de mouvement interne, les voyages Ă lâĂ©tranger, lâĂ©migration et le rapatriement, et le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement respectĂ© ces droits. Le gouvernement a continuĂ© dâautoriser le rapatriement gĂ©nĂ©ralement non supervisĂ© et en grande partie informel des rĂ©fugiĂ©s de Casamance revenant de Gambie et de GuinĂ©e-Bissau.
Voyages Ă lâĂ©tranger : La loi exige que certains fonctionnaires obtiennent lâapprobation du gouvernement avant de quitter le pays. Seuls les militaires et les autoritĂ©s judiciaires ont toutefois appliquĂ© cette loi pour leurs employĂ©s.
Au cours des 38 annĂ©es de conflit en Casamance, jusquâĂ 20 000 personnes ont quittĂ© les villages de la rĂ©gion en raison des combats, des enlĂšvements forcĂ©s et des mines terrestres, selon les estimations des agences internationales dâaide humanitaire. Les rĂ©fugiĂ©s et les personnes dĂ©placĂ©es Ă lâintĂ©rieur du pays ont continuĂ© de retourner dans leurs villages.
Le gouvernement a coopĂ©rĂ© avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) et dâautres organisations humanitaires pour fournir une protection et une assistance aux personnes dĂ©placĂ©es Ă lâintĂ©rieur du pays, aux rĂ©fugiĂ©s, aux demandeurs dâasile, aux apatrides ou Ă dâautres personnes prĂ©occupantes.
AccĂšs Ă lâasile : La loi prĂ©voit lâoctroi de lâasile ou du statut de rĂ©fugiĂ©, et le gouvernement a mis en place un systĂšme de protection des rĂ©fugiĂ©s. Puisque le prĂ©sident doit approuver chaque cas, les retards de plusieurs annĂ©es dans lâoctroi du statut de rĂ©fugiĂ© sont restĂ©s un problĂšme. Les dĂ©fenseurs des rĂ©fugiĂ©s ont signalĂ© que le gouvernement accordait rarement le statut de rĂ©fugiĂ© ou lâasile. Toutefois, le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© les personnes en instance et certaines personnes ayant rejetĂ© leur demande dâasile Ă rester dans le pays.
Le gouvernement nâa pas offert Ă tous les demandeurs dâasile une procĂ©dure rĂ©guliĂšre ou la sĂ©curitĂ©, puisque le mĂȘme comitĂ© qui a examinĂ© les appels dĂ©posĂ©s par les demandeurs dâasile dĂ©boutĂ©s avait examinĂ© leurs cas originaux. La police nâa pas arrĂȘtĂ© les demandeurs dâasile dĂ©boutĂ©s pour avoir sĂ©journĂ© illĂ©galement dans le pays. La police a arrĂȘtĂ© des demandeurs dâasile sâils commettent des crimes, mais les autoritĂ©s ont gĂ©nĂ©ralement contactĂ© le HCR dans de tels cas pour vĂ©rifier leur statut dâasile et Ă©viter dâexpulser une personne ayant une demande en instance.
Solutions durables : Depuis 1989, le pays offre une protection aux rĂ©fugiĂ©s mauritaniens, qui ont Ă©tĂ© dispersĂ©s sur une grande zone de la vallĂ©e du fleuve SĂ©nĂ©gal le long de la frontiĂšre mauritanienne et qui jouissaient de la libre circulation Ă lâintĂ©rieur du pays. Selon le HCR, la plupart des rĂ©fugiĂ©s mauritaniens restants ont manifestĂ© le dĂ©sir de rester dans le pays de façon permanente.
Protection temporaire : Le gouvernement nâa pas accordĂ© officiellement de protection temporaire, bien que le gouvernement ait gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© ceux qui avaient des demandes dâasile en instance et parfois refusĂ©es Ă rester dans le pays.
La constitution et la loi permettent aux citoyens de choisir leur gouvernement lors dâĂ©lections pĂ©riodiques libres et Ă©quitables tenues au scrutin secret et fondĂ©es sur un suffrage universel et Ă©gal.
Ălections rĂ©centes : En fĂ©vrier 2019, le prĂ©sident Macky Sall a obtenu sa réélection, remportant 58 % des voix au premier tour de scrutin. Les observateurs Ă©lectoraux ont convenu que lâĂ©lection Ă©tait gĂ©nĂ©ralement libre et Ă©quitable, malgrĂ© des cas isolĂ©s oĂč les Ă©lecteurs nâĂ©taient pas en mesure de voter.
Participation des femmes etdes membres des groupes Minorit y : Aucune loi ne limite la participation des femmes ou des membres de groupes minoritaires au processus politique, et elles y ont participĂ©. La loi exige que les listes de candidats des partis politiques contiennent un nombre Ă©gal dâhommes et de femmes pour des postes Ă©lus Ă tous les niveaux, des conseils municipaux Ă lâAssemblĂ©e nationale. Bien que le nombre de femmes Ă des postes Ă©lus ait augmentĂ©, la loi nâa pas considĂ©rablement Ă©largi leur rĂŽle dans lâexercice de lâautoritĂ© politique puisquâelle ne sâapplique pas aux postes de direction des partis ou Ă dâautres organes dĂ©cisionnels importants, comme le Cabinet et le pouvoir judiciaire. Certains observateurs croyaient que les facteurs traditionnels et culturels empĂȘchaient les femmes de participer au processus politique dans la mĂȘme mesure que les hommes. Les femmes Ă©lues au pouvoir font souvent face Ă des pressions supplĂ©mentaires pour maintenir des rĂŽles traditionnels de genre asservissants, ce qui rend difficile la confrontation entre les dirigeants masculins et la domination dans la sphĂšre politique.
La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la corruption officielle, mais le gouvernement nâa souvent pas appliquĂ© la loi efficacement. Les fonctionnaires se livraient frĂ©quemment Ă des pratiques de corruption en toute impunitĂ©. Au cours de lâannĂ©e, des informations ont fait Ă©tat de corruption gouvernementale.
Corruption : La Commission nationale anticorruption (OFNAC) a conclu en 2016 que la corruption, le dĂ©tournement, lâabus dâautoritĂ© et la fraude demeuraient rĂ©pandus au sein des institutions gouvernementales, en particulier dans les ministĂšres de la SantĂ© et de lâĂducation, des services postaux et du ministĂšre des Transports. En janvier, lâOFNAC a publiĂ© des rapports en retard sur ses activitĂ©s pour 2017 et 2018 et a prĂȘtĂ© serment devant six nouveaux cadres, ce qui a portĂ© son conseil dâadministration Ă un effectif complet pour la premiĂšre fois depuis plusieurs annĂ©es. Les rapports de corruption allaient de la recherche de loyers par des bureaucrates impliquĂ©s dans les approbations publiques, aux marchĂ©s publics opaques, Ă la corruption dans le systĂšme judiciaire et la police. Certains hauts responsables de lâadministration du prĂ©sident Sall auraient Ă©tĂ© impliquĂ©s dans des affaires de corruption. Le gouvernement a fait quelques progrĂšs dans ses efforts de lutte contre la corruption, en dĂšmessant les enquĂȘtes sur la corruption contre plusieurs fonctionnaires (principalement les rivaux politiques du prĂ©sident) et a obtenu plusieurs condamnations (voir lâarticle 1.d.).
Divulgation financiĂšre : La loi exige que le prĂ©sident, les ministres, le prĂ©sident et chef des finances de lâAssemblĂ©e nationale et les gestionnaires de fonds publics de plus dâun milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) divulguent leurs actifs Ă lâOFNAC. Le dĂ©faut de se conformer peut entraĂźner une pĂ©nalitĂ© Ă©quivalant Ă un quart du salaire mensuel dâune personne jusquâĂ ce que les formulaires soient dĂ©posĂ©s. Le prĂ©sident peut licencier les personnes nommĂ©es qui ne se conforment pas. Ă lâexception des divulgations faites par le prĂ©sident, les divulgations faites en vertu de la loi sont confidentielles et la divulgation non autorisĂ©e de renseignements sur des biens est une infraction criminelle. Le 13 juillet, le prĂ©sident Macky Sall a lancĂ© un ultimatum dâun mois aux ministres du gouvernement pour quâils suivent les lignes directrices de lâOFNAC relatives Ă la dĂ©claration de patrimoine. Tous sauf un se sont conformĂ©s Ă la date limite.
Une grande variĂ©tĂ© de groupes nationaux et internationaux de dĂ©fense des droits humains opĂ©raient gĂ©nĂ©ralement sans restriction gouvernementale, enquĂȘtant et publiant leurs conclusions sur les affaires de droits de lâhomme. Les reprĂ©sentants du gouvernement ont Ă©tĂ© quelque peu coopĂ©ratifs, mais ont rarement pris des mesures pour rĂ©pondre Ă leurs prĂ©occupations.
Organismes gouvernementaux des droits de lâhomme : Le ComitĂ© national des droits de lâhomme du gouvernement comprenait des reprĂ©sentants du gouvernement, des groupes de la sociĂ©tĂ© civile et des organisations indĂ©pendantes de dĂ©fense des droits humains. Le comitĂ© avait le pouvoir dâenquĂȘter sur les abus, mais il manquait de crĂ©dibilitĂ©, ne menait pas dâenquĂȘtes et a publiĂ© pour la derniĂšre fois un rapport annuel en 2001.
Viol et violence domestique : La loi interdit le viol, mais ne traite pas du sexe des victimes. La loi ne porte pas non plus sur le viol conjugal. Un amendement au code pĂ©nal adoptĂ© en dĂ©cembre 2019 a augmentĂ© les peines pour viol, maltraitance dâenfants et pĂ©dophilie. Elle a reçu un large soutien populaire de la part de groupes de femmes et de la sociĂ©tĂ© civile indignĂ©s par des viols flagrants. Les dĂ©linquants qui avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă des peines de cinq Ă dix ans risquaient de 10 Ă 20 ans de prison, avec des peines dâemprisonnement Ă perpĂ©tuitĂ© possibles dans des situations aggravĂ©es. Les experts ont notĂ© que le gouvernement devrait former davantage de gynĂ©cologues et de psychologues pour aider les victimes et sensibiliser les acteurs clĂ©s de la sociĂ©tĂ©, y compris la police, les juges, les chefs religieux et les mĂ©dias.
Le gouvernement nâa pas pleinement appliquĂ© les lois existantes, en particulier lorsque la violence sâest produite au sein des familles. Bien que la violence domestique qui cause des blessures durables soit passible dâune peine dâemprisonnement de 10 Ă 20 ans et dâune peine dâemprisonnement Ă perpĂ©tuitĂ© pour meurtre, la police nâest gĂ©nĂ©ralement pas intervenue dans les conflits familiaux. Plusieurs groupes de femmes et le ComitĂ© de lutte contre la violence Ă lâĂ©gard des femmes et des enfants (CLVF) ont signalĂ© une augmentation de la violence Ă lâĂ©gard des femmes.
Les ONG, y compris le CLVF, ont notĂ© que certains juges nâappliquaient pas les lois sur la violence familiale, citant des cas dans lesquels les juges affirmaient que lâabsence de preuves adĂ©quates Ă©tait une raison de rendre des peines clĂ©mentes. Les ONG ont Ă©galement notĂ© que le gouvernement nâavait pas permis aux associations dâapporter des poursuites au nom des victimes et lâabsence de lois sur le bouclier pour le viol.
Le nombre dâincidents de violence familiale, que de nombreux citoyens considĂ©raient comme une partie normale de la vie, Ă©tait beaucoup plus Ă©levĂ© que le nombre de cas signalĂ©s. Le MinistĂšre de la justice est chargĂ© de lutter contre la violence domestique, mais il nâa entrepris aucun programme de lutte contre le viol et la violence domestique. Le Centre Ginddi, gĂ©rĂ© par le gouvernement Ă Dakar, a fourni un abri aux femmes et aux filles qui ont survĂ©cu Ă des viols ou Ă des enfants, Ă des mariages prĂ©coces et forcĂ©s ainsi quâĂ des enfants des rues.
Le 20 fĂ©vrier, un juge a placĂ© un enseignant coranique en dĂ©tention pour le viol prĂ©sumĂ© de mineurs de moins de 13 ans, Ă la suite dâaccusations selon lesquelles il aurait abusĂ© dâun certain nombre de jeunes Ă©lĂšves frĂ©quentant son Ă©cole religieuse.
Mutilations gĂ©nitales fĂ©minines/excision (MGF/E) : La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la perpĂ©tration de MGF/E sur les femmes et les filles, mais les autoritĂ©s nâont engagĂ© aucune poursuite. Les MGF/E ont Ă©tĂ© pratiquĂ©es dans le pays avec une prĂ©valence moyenne de 25 pour cent, avec des variations spectaculaires entre les rĂ©gions et les groupes ethniques, y compris des taux aussi Ă©levĂ©s que 80 pour cent dans certaines rĂ©gions, selon lâUNICEF et des enquĂȘtes locales.
HarcĂšlement sexuel : La loi prĂ©voit des peines dâemprisonnement de cinq mois Ă trois ans et des amendes modestes Ă substantielles pour harcĂšlement sexuel, mais le problĂšme Ă©tait gĂ©nĂ©ralisĂ©. Le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement la loi.
Coercition dans le contrĂŽle de la population : Il nây a eu aucun rapport dâavortement forcĂ© ou de stĂ©rilisation involontaire de la part des autoritĂ©s gouvernementales.
Discrimination : La loi prĂ©voit le mĂȘme statut juridique et les mĂȘmes droits pour les femmes que pour les hommes, bien quâil existe des restrictions lĂ©gales Ă lâemploi des femmes, y compris des limitations des professions et des tĂąches, mais pas des heures de travail. NĂ©anmoins, les femmes sont confrontĂ©es Ă une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, en particulier dans les zones rurales oĂč les coutumes traditionnelles et les rĂšgles discriminatoires en matiĂšre dâhĂ©ritage sont les plus strictes.
La dĂ©finition des droits paternels par la loi demeurait Ă©galement un obstacle Ă lâĂ©galitĂ© entre les hommes et les femmes. La loi considĂšre les hommes comme des chefs de famille, empĂȘchant les femmes dâassumer la responsabilitĂ© lĂ©gale de leurs enfants. De plus, toutes les prestations pour enfants sont versĂ©es au pĂšre. Les femmes ne peuvent devenir le chef lĂ©gal du mĂ©nage que si le mari renonce formellement Ă son autoritĂ© devant les autoritĂ©s ou sâil nâest pas en mesure dâagir en tant que chef de famille.
Bien que les femmes aient lĂ©galement un accĂšs Ă©gal Ă la terre, les pratiques traditionnelles rendent difficile lâachat de biens par les femmes dans les zones rurales. De nombreuses femmes nâavaient accĂšs Ă la terre que par lâintermĂ©diaire de leur mari, et la sĂ©curitĂ© de leurs droits dĂ©pendait du maintien de leurs relations avec leur mari. Les lois et les politiques discriminatoires limitaient Ă©galement lâaccĂšs et le contrĂŽle des femmes au capital.
Le MinistĂšre de la femme, des affaires familiales et du genre a une direction de lâĂ©galitĂ© des sexes qui a mis en Ćuvre des programmes de lutte contre la discrimination.
Enregistrement des naissances : La citoyennetĂ© est acquise par naissance sur le territoire national ou par naturalisation. La loi prĂ©voit lâĂ©galitĂ© des droits pour les mĂšres et les pĂšres de transmettre automatiquement la citoyennetĂ© Ă leurs enfants. La loi ne rend pas obligatoire la dĂ©claration de naissance. Lâenregistrement des naissances exigeait le paiement dâune petite taxe et le dĂ©placement vers un centre dâenregistrement, ce qui Ă©tait difficile pour de nombreux rĂ©sidents des zones rurales.
Ăducation : La loi prĂ©voit une Ă©ducation gratuite et obligatoire pour les enfants ĂągĂ©s de 6 Ă 16 ans, bien quâenviron un tiers de ces enfants nâaient pas Ă©tĂ© scolarisĂ©s. Certains nây ont pas assistĂ© pour des raisons religieuses. Alors que les enfants pouvaient gĂ©nĂ©ralement aller Ă lâĂ©cole primaire sans certificat de naissance, ils en avaient besoin pour passer des examens nationaux. Les Ă©lĂšves devaient souvent payer leurs propres livres, uniformes et autres fournitures scolaires.
Les filles ont eu plus de difficultĂ©s Ă poursuivre leurs Ă©tudes au-delĂ du niveau Ă©lĂ©mentaire. Le manque dâeau courante, le manque dâassainissement, les grossesses prĂ©coces, les longues distances parcourues et le harcĂšlement sexuel du personnel scolaire ont contribuĂ© Ă ce que les filles quittent lâĂ©cole. Lorsque les directeurs dâĂ©cole Ă©taient au courant du harcĂšlement ou de lâexploitation sexuels, ils essayaient gĂ©nĂ©ralement de rĂ©soudre la situation par eux-mĂȘmes sans la signaler aux autoritĂ©s supĂ©rieures ou Ă la police et stigmatisaient et prochaient souvent le comportement des filles plutĂŽt que de lâenseignant. Les filles nâĂ©taient gĂ©nĂ©ralement pas sĂ»res de ce qui constituait le consentement et le harcĂšlement et ne savaient pas oĂč signaler lâexploitation. Si les filles tombaient enceintes, elles abandondaient lâĂ©cole et Ă©taient souvent boudĂ©es par leur famille.
De nombreux parents ont choisi de garder leurs filles dâĂąge moyen et secondaire Ă la maison pour travailler ou se marier plutĂŽt que de les envoyer Ă lâĂ©cole. Ces derniĂšres annĂ©es, cependant, les disparitĂ©s entre les sexes au niveau des collĂšges et des lycĂ©es se sont considĂ©rablement attĂ©nuĂ©es.
Maltraitance des enfants : Les mauvais traitements infligĂ©s aux enfants demeuraient frĂ©quents, en particulier chez les garçons envoyĂ©s Ă Dakar et dans dâautres villes pour mendier sous la menace dâune punition. Les parents ont envoyĂ© beaucoup de ces garçons Ă©tudier dans les daaras (Ă©coles religieuses coraniques). Ă certains daaras, les instructeurs coraniques exploitaient, maltraitaient physiquement et força les enfants Ă mendier dans la rue. Selon Human Rights Watch en 2019, plus de 100 000 Ă©tudiants vivaient Ă Daaras Ă travers le pays.
Le 18 fĂ©vrier, un Ă©lĂšve coranique de 13 ans de Louga est mort aprĂšs avoir Ă©tĂ© rouĂ© de coups par son professeur coranique. Les autoritĂ©s nâont pas enquĂȘtĂ© ni portĂ© plainte contre lâenseignant.
Mariage prĂ©coce et forcĂ© : en vertu de la loi, les femmes ont le droit de choisir quand et qui elles Ă©pousent, mais les pratiques traditionnelles limitaient souvent le choix dâune femme. La loi interdit le mariage des filles de moins de 16 ans, mais cette loi nâa gĂ©nĂ©ralement pas Ă©tĂ© appliquĂ©e dans la plupart des communautĂ©s oĂč des mariages ont Ă©tĂ© organisĂ©s. Sous certaines conditions, un juge peut accorder une dispense spĂ©ciale Ă un homme pour Ă©pouser une fille de moins de lâĂąge du consentement.
Selon les groupes de dĂ©fense des droits des femmes et les responsables du MinistĂšre de la femme, de la famille et du genre, les mariages prĂ©coces et forcĂ©s Ă©taient un problĂšme important, en particulier dans les zones plus rurales du sud, de lâest et du nord-est. Le ministĂšre a menĂ© des campagnes dâĂ©ducation pour sâattaquer au problĂšme. Selon les statistiques du Fonds des Nations Unies pour la population, 33 % des femmes Ă©taient mariĂ©es avant lâĂąge de 18 ans et 12 % avant lâĂąge de 15 ans.
Exploitation sexuelle des enfants : La loi interdit lâexploitation, la vente et lâoffre sexuelles commerciales dâenfants Ă des fins de prostitution et de pratiques liĂ©es Ă la pornographie. Les agresseurs sexuels reconnus coupables de traite dâenfants sont condamnĂ©s Ă des peines dâemprisonnement de cinq Ă dix ans et Ă une amende. Si le dĂ©linquant est un membre de la famille, le maximum est appliquĂ©. Lâachat dâun mineur pour prostitution est passible dâune peine dâemprisonnement de deux Ă cinq ans et dâamendes modestes Ă substantielles. Si le crime implique une victime de moins de 13 ans, la peine maximale est appliquĂ©e. La loi nâa pas Ă©tĂ© appliquĂ©e efficacement, mais lorsque les cas ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s aux autoritĂ©s, ils ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi. LâĂąge minimum des rapports sexuels consensuels est de 18 ans.
La pornographie impliquant des enfants de moins de 16 ans est considĂ©rĂ©e comme de la pĂ©dophilie et passible dâune peine pouvant aller jusquâĂ deux ans dâemprisonnement et dâune amende.
Lâexploitation des femmes et des filles dans la prostitution et le trafic sexuel est un problĂšme, en particulier dans la rĂ©gion aurifĂšre de KĂ©dougou, dans le sud-est du pays. Bien quâil nây ait pas eu de rapports sur le tourisme sexuel des enfants, le pays a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une destination pour le tourisme sexuel des enfants pour les touristes de France, Belgique et Allemagne, entre autres pays.
Infanticide ou infanticide dâenfants handicapĂ©s : Lâinfanticide continuait dâĂȘtre un problĂšme, gĂ©nĂ©ralement dĂ» Ă la pauvretĂ© ou Ă lâembarras. Dans certains cas, les familles des femmes leur ont fait honte en tuant leurs bĂ©bĂ©s. Les travailleuses domestiques et les femmes rurales travaillant dans les villes tuaient parfois leurs nouveau-nĂ©s sâils ne pouvaient pas sâoccuper dâeux. Selon lâAssemblĂ©e africaine pour la dĂ©fense des droits de lâhomme, lâinfanticide sâest Ă©galement produit lorsquâune femme est tombĂ©e enceinte de lâenfant dâun homme dâune caste professionnelle interdite. Si la police dĂ©couvrait lâidentitĂ© de la mĂšre, elle risquait dâĂȘtre arrĂȘtĂ©e et poursuivie pour infanticide.
Enfants dĂ©placĂ©s : De nombreux enfants dĂ©placĂ©s par le conflit de Casamance vivaient avec des membres de leur famille Ă©largie, des voisins, dans des foyers pour enfants ou dans la rue. Selon les ONG de casamance, les enfants dĂ©placĂ©s souffraient des effets psychologiques des conflits, de la malnutrition et de la mauvaise santĂ©. En mai, le MinistĂšre de la femme, de la famille, du genre, de lâenfance et de la protection sociale a lancĂ© une troisiĂšme phase de son projet « ZĂ©ro enfant dans la rue ». Elle a cherchĂ© Ă renvoyer 10 000 enfants des rues Ă Dakar en les renvoyant dans leurs familles. Le programme dâun milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) visait Ă©galement Ă supprimer 10 000 francs CFA supplĂ©mentaires dâautres rĂ©gions.
EnlĂšvements internationaux dâenfants : Le pays nâest pas partie Ă la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de lâenlĂšvement international dâenfants. Voir le rapport annuel du DĂ©partement dâĂtat sur lâenlĂšvement international dâenfants par les parents https://travel.state.gov/content/travel/en/International-Parental-Child-Abduction/for-providers/legal-reports-and-data.html.
Il y avait environ 100 rĂ©sidents juifs dans le pays; aucun acte antisĂ©mite nâa Ă©tĂ© signalĂ©.
Voir le rapport du DĂ©partement dâĂtat sur la traite des personnes à  https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.
La loi interdit la discrimination Ă lâĂ©gard des personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement nâa pas appliquĂ© adĂ©quatement ces dispositions. La loi impose Ă©galement lâaccessibilitĂ© aux personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement la loi.
Le gouvernement a accordĂ© des subventions, gĂ©rĂ© la formation professionnelle dans les centres rĂ©gionaux et offert des fonds aux personnes handicapĂ©es pour crĂ©er des entreprises. En raison dâun manque de formation en Ă©ducation spĂ©ciale pour les enseignants et dâinstallations accessibles aux enfants handicapĂ©s, les autoritĂ©s nâont inscrit que 40 pour cent de ces enfants Ă lâĂ©cole primaire. Le soutien aux personnes ayant une dĂ©ficience mentale nâĂ©tait gĂ©nĂ©ralement pas disponible, et les incidents de violence Ă lâĂ©gard des personnes ayant une dĂ©ficience mentale Ă©taient frĂ©quents.
Les personnes handicapĂ©es ont Ă©prouvĂ© de la difficultĂ© Ă sâinscrire pour voter et Ă accĂ©der aux bureaux de vote, en raison dâobstacles physiques comme les escaliers et de lâabsence de dispositions telles que les bulletins de vote en braille ou les interprĂštes gestuels pour les personnes ayant une dĂ©ficience visuelle ou auditive ou incapables de parler. La loi rĂ©serve 15 pour cent des nouveaux postes de la fonction publique aux personnes handicapĂ©es, mais ce quota nâa jamais Ă©tĂ© appliquĂ©. Dans les rĂ©gions en dehors de Dakar, en particulier, les personnes handicapĂ©es Ă©taient encore effectivement exclues de lâaccĂšs Ă ces postes.
Le MinistĂšre de la santĂ© et de lâaction sociale est chargĂ© de protĂ©ger les droits des personnes handicapĂ©es.
Les groupes ethniques coexistaient généralement pacifiquement.
La discrimination Ă lâĂ©gard des individus des castes infĂ©rieures sâest poursuivie, et les intellectuels ou les hommes dâaffaires des castes infĂ©rieures ont souvent essayĂ© de dissimuler leur identitĂ© de caste.
LâactivitĂ© sexuelle consensuelle entre adultes, qualifiĂ©e en droit dâ« acte contre nature », est une infraction criminelle, et les peines vont de un Ă cinq ans dâemprisonnement et dâamendes; toutefois, la loi Ă©tait rarement appliquĂ©e. Aucune loi nâempĂȘche la discrimination fondĂ©e sur lâorientation sexuelle ou lâidentitĂ© de genre, et il nâexiste pas non plus de lois sur les crimes haineux qui pourraient ĂȘtre utilisĂ©es pour poursuivre les crimes motivĂ©s par des prĂ©jugĂ©s Ă lâencontre des personnes LGBTI.
Les personnes LGBTI Ă©taient confrontĂ©es Ă une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, Ă une intolĂ©rance sociale et Ă des actes de violence. Les personnes LGBTI ont fait lâobjet de menaces frĂ©quentes, dâattaques de la foule, de vols, dâexpulsions, de chantage et de viols; les autoritĂ©s ont parfois tolĂ©rĂ© ou tolĂ©rĂ© ces abus. Des militants LGBTI se sont Ă©galement plaints de discrimination dans lâaccĂšs aux services sociaux. Le gouvernement et les attitudes culturelles demeuraient fortement biaisĂ©s Ă lâĂ©gard des personnes LGBTI.
En octobre 2019, les autoritĂ©s du cimetiĂšre de Touba ont refusĂ© dâautoriser lâinhumation dâun homme au cimetiĂšre de Bakhia sur la base dâun rapport sur le statut LGBTI du dĂ©funt.
En novembre 2019, une importante organisation anti-LGBTI a publiĂ© une liste dâassociations LGBTI et de leurs dirigeants qui avaient reçu le statut dâorganisation non gouvernementale de la part du gouvernement. La publication de la liste a suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions publiques contre ces organisations, ce qui a entraĂźnĂ© la fermeture des autoritĂ©s.
La loi interdit toute forme de discrimination Ă lâĂ©gard des personnes vivant avec le VIH/sida, et le gouvernement et les ONG ont menĂ© des campagnes de sensibilisation au VIH/sida afin dâaccroĂźtre lâacceptation sociale des personnes vivant avec le VIH ou le sida et dâaccroĂźtre le dĂ©pistage du VIH et le counseling Ă lâĂ©chelle nationale. NĂ©anmoins, des militants des droits humains ont signalĂ© que les personnes sĂ©ropositives et celles atteintes de maladies liĂ©es au sida souffraient de stigmatisation sociale en raison de la croyance rĂ©pandue quâun tel statut indiquait lâhomosexualitĂ©. Les hommes sĂ©ropositifs sâabstenaient parfois de prendre des mĂ©dicaments antirĂ©troviraux parce quâils craignaient que leur famille ne dĂ©couvre leur orientation sexuelle.
La loi prĂ©voit le droit des travailleurs de former et dâadhĂ©rer Ă des syndicats indĂ©pendants, Ă lâexception des membres des forces de sĂ©curitĂ©, y compris les policiers et les gendarmes, les douaniers et les juges. Les syndicats ont le droit de nĂ©gocier collectivement et de faire grĂšve, avec certaines restrictions. La loi permet aux fonctionnaires de former et dâadhĂ©rer Ă des syndicats. Avant quâun syndicat puisse exister lĂ©galement, le code du travail nĂ©cessite lâautorisation du ministĂšre de lâIntĂ©rieur. Les syndicats nâont aucun recours juridique si le ministre refuse lâenregistrement, bien que lâautorisation soit rarement refusĂ©e. En vertu de la loi, dans le cadre du processus de reconnaissance syndicale, le ministĂšre a le pouvoir de vĂ©rifier la moralitĂ© et lâaptitude des candidats Ă des postes de fonctionnaires syndicaux. Toute modification aux rĂšglements administratifs dâun syndicat doit ĂȘtre signalĂ©e et examinĂ©e par lâinspecteur du travail et le procureur. En outre, la loi prĂ©voit que les mineurs (tant en tant que travailleurs quâen tant quâapprentis) ne peuvent adhĂ©rer Ă un syndicat sans lâautorisation parentale. Le procureur de la RĂ©publique peut dissoudre et dissoudre les syndicats par ordonnance administrative si les administrateurs syndicaux ne suivent pas les rĂšglements gouvernementaux sur les obligations dâun syndicat Ă ses membres.
La loi interdit la discrimination antisyndicale et permet aux syndicats de mener leurs activitĂ©s sans ingĂ©rence. Les Ă©trangers ne peuvent occuper des fonctions syndicales que sâils vivent dans le pays depuis cinq ans et seulement si leur pays accorde le mĂȘme droit aux citoyens sĂ©nĂ©galais. Les conventions collectives couvraient environ 44 p. 100 des travailleurs de lâĂ©conomie officielle. Les syndicats peuvent engager des poursuites judiciaires contre toute personne ou entitĂ© qui porte atteinte aux droits de nĂ©gociation collective des membres du syndicat, y compris la cessation dâemploi.
La loi prĂ©voit le droit de grĂšve; toutefois, certains rĂšglements restreignent ce droit. Selon les militants syndicaux, la Constitution porte atteinte au droit de grĂšve en stipulant quâune grĂšve ne doit pas porter atteinte Ă la libertĂ© de travailler ou mettre en pĂ©ril une entreprise. La loi stipule que les lieux de travail ne peuvent pas ĂȘtre occupĂ©s pendant une grĂšve et ne peuvent violer la libertĂ© de travail des non-clients ou entraver le droit de la direction dâentrer dans les locaux de lâentreprise. Cela signifie que les piquets de grĂšve, les ralentissements, le travail pour gouverner et les grĂšves de sit-down sont interdits. Les syndicats reprĂ©sentant les membres de la fonction publique doivent informer le gouvernement de leur intention de faire grĂšve au moins un mois Ă lâavance; les syndicats du secteur privĂ© doivent aviser le gouvernement trois jours Ă lâavance. Le gouvernement nâa aucune obligation lĂ©gale de sâengager avec des groupes qui prĂ©voient faire grĂšve, mais le gouvernement a parfois engagĂ© un dialogue avec ces groupes. Le gouvernement peut Ă©galement rĂ©quisitionner des travailleurs pour remplacer ceux qui sont en grĂšve dans tous les secteurs, y compris les secteurs des « services essentiels ». Un travailleur qui participe Ă une grĂšve illĂ©gale peut ĂȘtre licenciĂ© sommairement. Le gouvernement a effectivement appliquĂ© les lois applicables sur le droit de grĂšve. Les peines pour non-conformitĂ© comprennent une amende, une peine dâemprisonnement ou les deux. Des sanctions Ă©taient suffisantes pour dissuader les violations. Le code du travail ne sâapplique pas au secteur informel et exclut ainsi la majoritĂ© de la main-dâĆuvre, y compris les agriculteurs de subsistance, les travailleurs domestiques et ceux employĂ©s dans de nombreuses entreprises familiales. Le gouvernement a appliquĂ© les lois applicables. Les peines Ă©taient proportionnelles Ă celles pour des infractions similaires.
Le gouvernement et les employeurs respectaient gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© dâassociation et le droit Ă la nĂ©gociation collective avec restrictions. Les travailleurs exerçaient le droit de former ou dâadhĂ©rer Ă des syndicats, mais le sentiment anti union au sein du gouvernement Ă©tait fort. Les syndicats sâorganisent Ă lâĂ©chelle de lâindustrie, ce qui est trĂšs semblable Français systĂšme dâorganisation syndicale. Aucun rapport de discrimination antisyndicale nâa Ă©tĂ© confirmĂ©.
La loi interdit toute forme de travail forcĂ© ou obligatoire. Toutefois, de nombreuses dispositions de la loi imposent lâemprisonnement assorti dâun travail pĂ©nitentiaire obligatoire comme peine pour non-respect de certaines pratiques, telles que la participation Ă des grĂšves dans des « services essentiels », lâoccupation du lieu de travail ou de son environnement immĂ©diat pendant les grĂšves, ou la violation de la discipline du travail considĂ©rĂ©e comme mettant en danger les navires ou la vie ou la santĂ© des personnes Ă bord. Les peines pour travail forcĂ© Ă©taient proportionnelles aux peines pour dâautres crimes graves.
Le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement les lois applicables contre le travail forcĂ©, et de telles pratiques ont continuĂ© de se produire dans les domaines de la servitude domestique, de la prostitution forcĂ©e, du travail agricole et de lâexploitation miniĂšre artisanale. Le travail forcĂ© des enfants sâest produit, y compris la mendicitĂ© forcĂ©e par les enfants dans certaines Ă©coles coraniques (voir la section 6). Certains enfants de ces Ă©coles Ă©taient maintenus dans des conditions de servitude; ont Ă©tĂ© forcĂ©s de travailler tous les jours, gĂ©nĂ©ralement dans la rue mendier; et devaient respecter un quota quotidien dâargent (ou parfois de sucre ou de riz) fixĂ© par leurs enseignants. Le Groupe de travail national sur la lutte contre le problĂšme et lâUnitĂ© spĂ©ciale pour la protection de lâenfance ont continuĂ© de sâattaquer Ă ces questions dans lâensemble du pays. Toutefois, lorsque les fonctionnaires ont identifiĂ© un cas potentiel de mendicitĂ© forcĂ©e, ils nâont souvent pas engagĂ© de poursuites conformĂ©ment aux lignes directrices prĂ©cĂ©demment prescrites en matiĂšre de peine minimale.
Voir Ă©galement le rapport du DĂ©partement dâĂtat sur la traite des personnes Ă Â https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.
Les rĂšglements sur le travail des enfants fixent lâĂąge minimum de travail Ă 15 ans, le travail Ă©tant considĂ©rĂ© comme « dangereux » interdit jusquâĂ lâĂąge de 18 ans. La loi interdit de nombreuses formes de travail dangereux des enfants, mais comprend des exceptions. Dans le secteur agricole, par exemple, les enfants dĂšs lâĂąge de 12 ans sont autorisĂ©s Ă travailler dans un environnement familial. La loi permet Ă©galement aux garçons de moins de 16 ans de travailler dans des mines souterraines et des carriĂšres faisant du « travail lĂ©ger ». En raison de la nature des dangers associĂ©s Ă lâexploitation miniĂšre, les activitĂ©s de « travail lĂ©ger » nâempĂȘchent pas lâexposition aux dangers.
Les inspecteurs du ministĂšre du Travail sont chargĂ©s dâenquĂȘter et dâintenter des poursuites dans des affaires de travail des enfants. Les enquĂȘteurs du ministĂšre peuvent se rendre dans nâimporte quelle institution pendant les heures de travail pour vĂ©rifier et enquĂȘter sur le respect du droit du travail et peuvent donner des conseils aux syndicats ou aux citoyens ordinaires. Les peines pour travail des enfants Ă©taient souvent non imposĂ©es et nâĂ©taient pas proportionnelles aux peines pour dâautres crimes graves.
Le ministĂšre du Travail a envoyĂ© des enquĂȘteurs pour enquĂȘter sur les lieux de travail formels, mais ils nâont pas Ă©tĂ© adĂ©quatement formĂ©s pour faire face aux problĂšmes de travail des enfants. La Division du travail des enfants du ministĂšre du Travail Ă©tait en sous-effectif. Les inspecteurs nâont pas suivi adĂ©quatement le secteur informel, et aucun cas de travail des enfants nâa Ă©tĂ© identifiĂ© dans le secteur formel. En outre, de nombreuses zones oĂč les abus sont rĂ©pandus sont Ă©loignĂ©es, et les inspecteurs ne sont situĂ©s que dans les grandes villes. Il nâexiste pas de systĂšme spĂ©cifique pour signaler les violations du travail des enfants, en grande partie en raison des efforts insuffisants de la Division du travail des enfants et du ministĂšre du Travail. Le ministĂšre sâest plutĂŽt appuyĂ© sur les syndicats pour signaler les contrevenants. Le gouvernement a organisĂ© des sĂ©minaires avec des responsables locaux, des ONG et la sociĂ©tĂ© civile pour sensibiliser le public aux dangers du travail des enfants, de la mendicitĂ© et de lâexploitation en ligne des enfants.
La plupart des cas de travail des enfants se sont produits dans lâĂ©conomie informelle oĂč la rĂ©glementation du travail nâĂ©tait pas appliquĂ©e. Les pressions Ă©conomiques et les possibilitĂ©s dâĂ©ducation inadĂ©quates ont souvent poussĂ© les familles rurales Ă mettre lâaccent sur le travail par rapport Ă lâĂ©ducation de leurs enfants. Le travail des enfants Ă©tait particuliĂšrement frĂ©quent dans les rĂ©gions de Tambacounda, Louga et Fatick, oĂč jusquâĂ 90 pour cent des enfants travaillaient. Le travail des enfants Ă©tait rĂ©pandu dans de nombreux secteurs informels et familiaux, tels que lâagriculture (millet, maĂŻs et arachides), la pĂȘche, lâextraction artisanale de lâor, les garages, les dĂ©charges, les abattoirs, la production de sel, les carriĂšres de roches et les ateliers de mĂ©tallurgie et de menuiserie. Dans le vaste secteur minier artisanal informel et non rĂ©glementĂ©, des familles entiĂšres, y compris des enfants, Ă©taient engagĂ©es dans des travaux miniers artisanaux. Les laveuses dâor pour enfants, ĂągĂ©es de 10 Ă 14 ans, travaillaient environ huit heures par jour Ă lâaide dâagents toxiques comme le mercure sans formation ni Ă©quipement de protection. On a Ă©galement signalĂ© que des enfants travaillaient dans des fermes familiales ou Ă©levaient du bĂ©tail. Les enfants travaillaient Ă©galement comme domestiques, dans des ateliers de couture, dans des stands de fruits et lĂ©gumes et dans dâautres secteurs de lâĂ©conomie informelle.
Selon lâOrganisation internationale du Travail, 28 pour cent des enfants ont participĂ© Ă la population active. Un type prĂ©dominant de travail forcĂ© des enfants Ă©tait la mendicitĂ© forcĂ©e des enfants envoyĂ©s vivre et Ă©tudier sous la supervision dâenseignants coraniques (voir les articles 6 et 7.b.).
Voir aussi les conclusions du département du Travail sur lespires formesdetravaildesenfants à www.dol.gov/ilab/reports/child-labor/findings/  .
Le droit du travail interdit la discrimination dans lâemploi et la profession fondĂ©e sur lâorigine nationale, la race, le sexe, le handicap et la religion; les contrevenants sont officiellement soumis Ă des amendes et Ă des peines dâemprisonnement, mais ces lois nâont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement, et les peines nâont pas suffi Ă dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. La loi nâinterdit pas explicitement la discrimination fondĂ©e sur lâorientation sexuelle ou lâidentitĂ© de genre. Le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement les dispositions antidiscrimination de la loi. La discrimination fondĂ©e sur le sexe dans lâemploi et la profession sâest produite et Ă©tait la forme de discrimination la plus rĂ©pandue. Les hommes et les femmes ont les mĂȘmes droits de postuler Ă un emploi, bien que les femmes soient confrontĂ©es Ă certaines restrictions sur les professions et les tĂąches. Les femmes ont Ă©tĂ© victimes de discrimination dans lâemploi et lâexploitation dâentreprises (voir la section 6).
Le salaire horaire minimum national Ă©tait supĂ©rieur au taux de revenu de pauvretĂ© estimĂ©. Le ministĂšre du Travail est responsable de lâapplication du salaire minimum. Les syndicats ont Ă©galement agi en tant que chiens de garde et ont contribuĂ© Ă la mise en Ćuvre effective du salaire minimum dans le secteur formel. Les dispositions relatives au salaire minimum sâappliquent Ă©galement aux travailleurs Ă©trangers et migrants.
Pour la plupart des professions du secteur formel, la loi prĂ©voit une semaine de travail normale de 40 Ă 48 heures, soit environ 2 100 heures par annĂ©e, avec au moins une pĂ©riode de repos de 24 heures par semaine, un mois par annĂ©e de congĂ© annuel, lâinscription aux rĂ©gimes gouvernementaux de sĂ©curitĂ© sociale et de retraite, les normes de sĂ©curitĂ© et dâautres mesures. Le travail de nuit est dĂ©fini comme une activitĂ© entre 22 .m et 5 .m. ; les travailleurs de nuit devraient recevoir un taux supplĂ©mentaire de 60 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es et de 100 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es pendant les vacances. La loi nâinterdit pas les heures supplĂ©mentaires excessives ou obligatoires dans le secteur formel.
La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires nâest exigĂ©e que dans le secteur formel. Il existe des rĂšglements juridiques sur la sĂ©curitĂ© et la santĂ© au travail appropriĂ©s Ă lâindustrie, et le gouvernement Ă©tablit les normes. Les employĂ©s ou leurs reprĂ©sentants ont le droit de proposer tout ce quâils supposent pour assurer leur protection et leur sĂ©curitĂ© et de renvoyer les propositions Ă lâautoritĂ© administrative compĂ©tente au cas oĂč les employeurs refuseraient.
Le ministĂšre du Travail, par lâintermĂ©diaire du Bureau dâinspection du travail, est responsable de lâapplication des normes du travail dans le secteur formel; ceux qui enfreignent les normes sont officiellement passibles dâamendes et dâemprisonnements, mais les normes du travail nâont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement et insuffisantes pour dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. Lâapplication de la norme de la semaine de travail Ă©tait irrĂ©guliĂšre. Les inspecteurs du travail avaient de mauvaises conditions de travail et nâavaient pas de transport pour mener Ă bien leur mission. Le nombre dâinspecteurs du travail Ă©tait insuffisant pour faire respecter la loi. Les inspecteurs du travail avaient le pouvoir dâorganiser des inspections inopinĂ©es et dâimposer des sanctions. Les violations des normes salariales, des heures supplĂ©mentaires et des normes de sĂ©curitĂ© et de santĂ© au travail Ă©taient courantes. En raison dâun chĂŽmage Ă©levĂ© et dâun systĂšme juridique lent, les travailleurs exerçaient rarement leur droit nominal de se soustraire Ă des situations mettant en danger la santĂ© ou la sĂ©curitĂ©. Selon les statistiques du Conseil national du patronat, il y a eu 1 700 cas liĂ©s Ă des accidents du travail en 2017 contre environ 1 900 en 2016 (dont la majoritĂ© Ă Dakar); les militants syndicaux affirment que ce nombre Ă©tait faible puisque la statistique officielle ne tient pas compte du grand nombre dâaccidents du travail dans le secteur informel.
ĂTIQUETTESBureau des affaires africainesBureau de la dĂ©mocratie, des droits de lâhomme et du travailSĂ©nĂ©galAfghanistanAlbaniaAlgeriaAndorraAngolaAntigua and BarbudaArgentinaArmeniaAustraliaAustriaAzerbaijanBahamasBahrainBangladeshBarbadosBelarusBelgiumBelizeBeninBhutanBoliviaBosnia and HerzegovinaBotswanaBrazilBruneiBulgariaBurkina FasoBurmaBurundiCabo VerdeCambodiaCameroonCanadaCentral African RepublicChadChileChina (Includes Hong Kong, Macau, and Tibet)ColombiaComorosCosta RicaCĂŽte dâIvoireCroatiaCubaCyprusCzech RepublicDemocratic Republic of the CongoDenmarkDjiboutiDominicaDominican RepublicEcuadorEgyptEl SalvadorEquatorial GuineaEritreaEstoniaEswatiniEthiopiaFijiFinlandFranceGabonGambiaGeorgiaGermanyGhanaGreeceGrenadaGuatemalaGuineaGuinea-BissauGuyanaHaitiHondurasHungaryIcelandIndiaIndonesiaIranIraqIrelandIsrael, West Bank and GazaItalyJamaicaJapanJordanKazakhstanKenyaKiribatiKosovoKuwaitKyrgyzstanLaosLatviaLebanonLesothoLiberiaLibyaLiechtensteinLithuaniaLuxembourgMadagascarMalawiMalaysiaMaldivesMaliMaltaMarshall IslandsMauritaniaMauritiusMexicoMicronesiaMoldovaMonacoMongoliaMontenegroMoroccoMozambiqueNamibiaNauruNepalNetherlandsNew ZealandNicaraguaNigerNigeriaNorth KoreaNorth MacedoniaNorwayOmanPakistanPalauPanamaPapua New GuineaParaguayPeruPhilippinesPolandPortugalQatarRepublic of the CongoRomaniaRussiaRwandaSaint Kitts and NevisSaint LuciaSaint Vincent and the GrenadinesSamoaSan MarinoSĂŁo TomĂ© and PrĂncipeSaudi ArabiaSenegalSerbiaSeychellesSierra LeoneSingaporeSlovakiaSloveniaSolomon IslandsSomaliaSouth AfricaSouth KoreaSouth SudanSpainSri LankaSudanSurinameSwedenSwitzerlandSyriaTaiwanTajikistanTanzaniaThailandTimor-LesteTogoTongaTrinidad and TobagoTunisiaTurkeyTurkmenistanTuvaluUgandaUkraineUnited Arab EmiratesUnited KingdomUruguayUzbekistanVanuatuVenezuelaVietnamYemenZambiaZimbabweSĂ©nĂ©gal
. Au-delĂ de la RTS, les membres du parti au pouvoir du prĂ©sident Sall, nommĂ©s par le prĂ©sident, contrĂŽlaient tous les autres mĂ©dias publics, y compris lâAgence de presse sĂ©nĂ©galaise et le quotidien Le Soleil; les rapports de ces points de vente portaient souvent un parti pris progouvernemental.
Censure ou restrictions de contenu : Les journalistes pratiquent occasionnellement lâautocensure, en particulier dans les mĂ©dias contrĂŽlĂ©s par le gouvernement. Le 8 juillet, les autoritĂ©s ont interdit Ă la presse nationale de couvrir le procĂšs du militant Abdou Karim Gueye.
Lois sur la diffamation et la diffamation : Des lois sur le blasphÚme et la diffamation sont en place et ont parfois été appliquées.
La loi accorde Ă lâAutoritĂ© sĂ©nĂ©galaise de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©communications et de la poste et aux fournisseurs dâaccĂšs internet existants la possibilitĂ© de limiter ou de bloquer lâaccĂšs Ă certains sites en ligne et rĂ©seaux sociaux.
Il nây avait aucune restriction gouvernementale Ă la libertĂ© acadĂ©mique ou aux Ă©vĂ©nements culturels.
Le gouvernement limitait parfois la libertĂ© de rĂ©union pacifique, mais respectait gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© dâassociation, sauf en ce qui concerne les organisations lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuĂ©es (LGBTI). Le ministĂšre de lâIntĂ©rieur doit approuver les manifestations Ă lâavance.
Les autoritĂ©s ont refusĂ© dâautoriser plusieurs manifestations tout au long de lâannĂ©e. Certains groupes se sont Ă©galement plaints de retards indus en rĂ©ponse aux demandes dâautorisation de manifestations publiques. Les autoritĂ©s ont systĂ©matiquement invoquĂ© la loi interdisant les manifestations dans certaines parties du centre-ville de Dakar pour interdire les manifestations.
Le 18 janvier, la police a arrĂȘtĂ© 15 membres de No Lank No Ban qui menaient une campagne de sensibilisation concernant lâaugmentation des prix de lâĂ©lectricitĂ©. Les autoritĂ©s ont libĂ©rĂ© les personnes arrĂȘtĂ©es aprĂšs 48 heures de dĂ©tention.
Le 23 juin, les autoritĂ©s ont arrĂȘtĂ© des membres du mouvement de protestation gilets rouges pour avoir organisĂ© une manifestation non autorisĂ©e pour la libĂ©ration du militant Abdou Karim Gueye.
En novembre 2019, la police a arrĂȘtĂ© Guy Marius Sagna, membre du collectif dâopposition No Lank No Ban, pour avoir protestĂ© contre une hausse des prix de lâĂ©lectricitĂ© devant la porte du palais prĂ©sidentiel, et lâa libĂ©rĂ© trois mois plus tard. Le 10 aoĂ»t, les autoritĂ©s lâont de nouveau arrĂȘtĂ© devant le bureau de lâadministrateur de Dakar aprĂšs quâil a dĂ©posĂ© une demande de marche le 14 aoĂ»t, lâaccusant dâavoir participĂ© Ă un rassemblement illĂ©gal sur la voie publique et dâavoir Ă©tĂ© rassemblĂ© sans autorisation. Les autoritĂ©s lâont remis en libertĂ© le mĂȘme jour.
En novembre 2019, les autoritĂ©s ont fermĂ© un certain nombre dâorganisations LGBTI aprĂšs la publication dâune liste de ces organisations par un groupe privĂ© (voir la section 6, Actes de violence, criminalisation et autres abus fondĂ©s sur lâorientation sexuelle et lâidentitĂ© de genre).
Consultez le Rapport international sur la libertĂ© religieuse du DĂ©partement dâĂtatĂ www.state.gov/religiousfreedomreport/.
La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© de mouvement interne, les voyages Ă lâĂ©tranger, lâĂ©migration et le rapatriement, et le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement respectĂ© ces droits. Le gouvernement a continuĂ© dâautoriser le rapatriement gĂ©nĂ©ralement non supervisĂ© et en grande partie informel des rĂ©fugiĂ©s de Casamance revenant de Gambie et de GuinĂ©e-Bissau.
Voyages Ă lâĂ©tranger : La loi exige que certains fonctionnaires obtiennent lâapprobation du gouvernement avant de quitter le pays. Seuls les militaires et les autoritĂ©s judiciaires ont toutefois appliquĂ© cette loi pour leurs employĂ©s.
Au cours des 38 annĂ©es de conflit en Casamance, jusquâĂ 20 000 personnes ont quittĂ© les villages de la rĂ©gion en raison des combats, des enlĂšvements forcĂ©s et des mines terrestres, selon les estimations des agences internationales dâaide humanitaire. Les rĂ©fugiĂ©s et les personnes dĂ©placĂ©es Ă lâintĂ©rieur du pays ont continuĂ© de retourner dans leurs villages.
Le gouvernement a coopĂ©rĂ© avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) et dâautres organisations humanitaires pour fournir une protection et une assistance aux personnes dĂ©placĂ©es Ă lâintĂ©rieur du pays, aux rĂ©fugiĂ©s, aux demandeurs dâasile, aux apatrides ou Ă dâautres personnes prĂ©occupantes.
AccĂšs Ă lâasile : La loi prĂ©voit lâoctroi de lâasile ou du statut de rĂ©fugiĂ©, et le gouvernement a mis en place un systĂšme de protection des rĂ©fugiĂ©s. Puisque le prĂ©sident doit approuver chaque cas, les retards de plusieurs annĂ©es dans lâoctroi du statut de rĂ©fugiĂ© sont restĂ©s un problĂšme. Les dĂ©fenseurs des rĂ©fugiĂ©s ont signalĂ© que le gouvernement accordait rarement le statut de rĂ©fugiĂ© ou lâasile. Toutefois, le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© les personnes en instance et certaines personnes ayant rejetĂ© leur demande dâasile Ă rester dans le pays.
Le gouvernement nâa pas offert Ă tous les demandeurs dâasile une procĂ©dure rĂ©guliĂšre ou la sĂ©curitĂ©, puisque le mĂȘme comitĂ© qui a examinĂ© les appels dĂ©posĂ©s par les demandeurs dâasile dĂ©boutĂ©s avait examinĂ© leurs cas originaux. La police nâa pas arrĂȘtĂ© les demandeurs dâasile dĂ©boutĂ©s pour avoir sĂ©journĂ© illĂ©galement dans le pays. La police a arrĂȘtĂ© des demandeurs dâasile sâils commettent des crimes, mais les autoritĂ©s ont gĂ©nĂ©ralement contactĂ© le HCR dans de tels cas pour vĂ©rifier leur statut dâasile et Ă©viter dâexpulser une personne ayant une demande en instance.
Solutions durables : Depuis 1989, le pays offre une protection aux rĂ©fugiĂ©s mauritaniens, qui ont Ă©tĂ© dispersĂ©s sur une grande zone de la vallĂ©e du fleuve SĂ©nĂ©gal le long de la frontiĂšre mauritanienne et qui jouissaient de la libre circulation Ă lâintĂ©rieur du pays. Selon le HCR, la plupart des rĂ©fugiĂ©s mauritaniens restants ont manifestĂ© le dĂ©sir de rester dans le pays de façon permanente.
Protection temporaire : Le gouvernement nâa pas accordĂ© officiellement de protection temporaire, bien que le gouvernement ait gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© ceux qui avaient des demandes dâasile en instance et parfois refusĂ©es Ă rester dans le pays.
La constitution et la loi permettent aux citoyens de choisir leur gouvernement lors dâĂ©lections pĂ©riodiques libres et Ă©quitables tenues au scrutin secret et fondĂ©es sur un suffrage universel et Ă©gal.
Ălections rĂ©centes : En fĂ©vrier 2019, le prĂ©sident Macky Sall a obtenu sa réélection, remportant 58 % des voix au premier tour de scrutin. Les observateurs Ă©lectoraux ont convenu que lâĂ©lection Ă©tait gĂ©nĂ©ralement libre et Ă©quitable, malgrĂ© des cas isolĂ©s oĂč les Ă©lecteurs nâĂ©taient pas en mesure de voter.
Participation des femmes etdes membres des groupes Minorit y : Aucune loi ne limite la participation des femmes ou des membres de groupes minoritaires au processus politique, et elles y ont participĂ©. La loi exige que les listes de candidats des partis politiques contiennent un nombre Ă©gal dâhommes et de femmes pour des postes Ă©lus Ă tous les niveaux, des conseils municipaux Ă lâAssemblĂ©e nationale. Bien que le nombre de femmes Ă des postes Ă©lus ait augmentĂ©, la loi nâa pas considĂ©rablement Ă©largi leur rĂŽle dans lâexercice de lâautoritĂ© politique puisquâelle ne sâapplique pas aux postes de direction des partis ou Ă dâautres organes dĂ©cisionnels importants, comme le Cabinet et le pouvoir judiciaire. Certains observateurs croyaient que les facteurs traditionnels et culturels empĂȘchaient les femmes de participer au processus politique dans la mĂȘme mesure que les hommes. Les femmes Ă©lues au pouvoir font souvent face Ă des pressions supplĂ©mentaires pour maintenir des rĂŽles traditionnels de genre asservissants, ce qui rend difficile la confrontation entre les dirigeants masculins et la domination dans la sphĂšre politique.
La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la corruption officielle, mais le gouvernement nâa souvent pas appliquĂ© la loi efficacement. Les fonctionnaires se livraient frĂ©quemment Ă des pratiques de corruption en toute impunitĂ©. Au cours de lâannĂ©e, des informations ont fait Ă©tat de corruption gouvernementale.
Corruption : La Commission nationale anticorruption (OFNAC) a conclu en 2016 que la corruption, le dĂ©tournement, lâabus dâautoritĂ© et la fraude demeuraient rĂ©pandus au sein des institutions gouvernementales, en particulier dans les ministĂšres de la SantĂ© et de lâĂducation, des services postaux et du ministĂšre des Transports. En janvier, lâOFNAC a publiĂ© des rapports en retard sur ses activitĂ©s pour 2017 et 2018 et a prĂȘtĂ© serment devant six nouveaux cadres, ce qui a portĂ© son conseil dâadministration Ă un effectif complet pour la premiĂšre fois depuis plusieurs annĂ©es. Les rapports de corruption allaient de la recherche de loyers par des bureaucrates impliquĂ©s dans les approbations publiques, aux marchĂ©s publics opaques, Ă la corruption dans le systĂšme judiciaire et la police. Certains hauts responsables de lâadministration du prĂ©sident Sall auraient Ă©tĂ© impliquĂ©s dans des affaires de corruption. Le gouvernement a fait quelques progrĂšs dans ses efforts de lutte contre la corruption, en dĂšmessant les enquĂȘtes sur la corruption contre plusieurs fonctionnaires (principalement les rivaux politiques du prĂ©sident) et a obtenu plusieurs condamnations (voir lâarticle 1.d.).
Divulgation financiĂšre : La loi exige que le prĂ©sident, les ministres, le prĂ©sident et chef des finances de lâAssemblĂ©e nationale et les gestionnaires de fonds publics de plus dâun milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) divulguent leurs actifs Ă lâOFNAC. Le dĂ©faut de se conformer peut entraĂźner une pĂ©nalitĂ© Ă©quivalant Ă un quart du salaire mensuel dâune personne jusquâĂ ce que les formulaires soient dĂ©posĂ©s. Le prĂ©sident peut licencier les personnes nommĂ©es qui ne se conforment pas. Ă lâexception des divulgations faites par le prĂ©sident, les divulgations faites en vertu de la loi sont confidentielles et la divulgation non autorisĂ©e de renseignements sur des biens est une infraction criminelle. Le 13 juillet, le prĂ©sident Macky Sall a lancĂ© un ultimatum dâun mois aux ministres du gouvernement pour quâils suivent les lignes directrices de lâOFNAC relatives Ă la dĂ©claration de patrimoine. Tous sauf un se sont conformĂ©s Ă la date limite.
Une grande variĂ©tĂ© de groupes nationaux et internationaux de dĂ©fense des droits humains opĂ©raient gĂ©nĂ©ralement sans restriction gouvernementale, enquĂȘtant et publiant leurs conclusions sur les affaires de droits de lâhomme. Les reprĂ©sentants du gouvernement ont Ă©tĂ© quelque peu coopĂ©ratifs, mais ont rarement pris des mesures pour rĂ©pondre Ă leurs prĂ©occupations.
Organismes gouvernementaux des droits de lâhomme : Le ComitĂ© national des droits de lâhomme du gouvernement comprenait des reprĂ©sentants du gouvernement, des groupes de la sociĂ©tĂ© civile et des organisations indĂ©pendantes de dĂ©fense des droits humains. Le comitĂ© avait le pouvoir dâenquĂȘter sur les abus, mais il manquait de crĂ©dibilitĂ©, ne menait pas dâenquĂȘtes et a publiĂ© pour la derniĂšre fois un rapport annuel en 2001.
Viol et violence domestique : La loi interdit le viol, mais ne traite pas du sexe des victimes. La loi ne porte pas non plus sur le viol conjugal. Un amendement au code pĂ©nal adoptĂ© en dĂ©cembre 2019 a augmentĂ© les peines pour viol, maltraitance dâenfants et pĂ©dophilie. Elle a reçu un large soutien populaire de la part de groupes de femmes et de la sociĂ©tĂ© civile indignĂ©s par des viols flagrants. Les dĂ©linquants qui avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă des peines de cinq Ă dix ans risquaient de 10 Ă 20 ans de prison, avec des peines dâemprisonnement Ă perpĂ©tuitĂ© possibles dans des situations aggravĂ©es. Les experts ont notĂ© que le gouvernement devrait former davantage de gynĂ©cologues et de psychologues pour aider les victimes et sensibiliser les acteurs clĂ©s de la sociĂ©tĂ©, y compris la police, les juges, les chefs religieux et les mĂ©dias.
Le gouvernement nâa pas pleinement appliquĂ© les lois existantes, en particulier lorsque la violence sâest produite au sein des familles. Bien que la violence domestique qui cause des blessures durables soit passible dâune peine dâemprisonnement de 10 Ă 20 ans et dâune peine dâemprisonnement Ă perpĂ©tuitĂ© pour meurtre, la police nâest gĂ©nĂ©ralement pas intervenue dans les conflits familiaux. Plusieurs groupes de femmes et le ComitĂ© de lutte contre la violence Ă lâĂ©gard des femmes et des enfants (CLVF) ont signalĂ© une augmentation de la violence Ă lâĂ©gard des femmes.
Les ONG, y compris le CLVF, ont notĂ© que certains juges nâappliquaient pas les lois sur la violence familiale, citant des cas dans lesquels les juges affirmaient que lâabsence de preuves adĂ©quates Ă©tait une raison de rendre des peines clĂ©mentes. Les ONG ont Ă©galement notĂ© que le gouvernement nâavait pas permis aux associations dâapporter des poursuites au nom des victimes et lâabsence de lois sur le bouclier pour le viol.
Le nombre dâincidents de violence familiale, que de nombreux citoyens considĂ©raient comme une partie normale de la vie, Ă©tait beaucoup plus Ă©levĂ© que le nombre de cas signalĂ©s. Le MinistĂšre de la justice est chargĂ© de lutter contre la violence domestique, mais il nâa entrepris aucun programme de lutte contre le viol et la violence domestique. Le Centre Ginddi, gĂ©rĂ© par le gouvernement Ă Dakar, a fourni un abri aux femmes et aux filles qui ont survĂ©cu Ă des viols ou Ă des enfants, Ă des mariages prĂ©coces et forcĂ©s ainsi quâĂ des enfants des rues.
Le 20 fĂ©vrier, un juge a placĂ© un enseignant coranique en dĂ©tention pour le viol prĂ©sumĂ© de mineurs de moins de 13 ans, Ă la suite dâaccusations selon lesquelles il aurait abusĂ© dâun certain nombre de jeunes Ă©lĂšves frĂ©quentant son Ă©cole religieuse.
Mutilations gĂ©nitales fĂ©minines/excision (MGF/E) : La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la perpĂ©tration de MGF/E sur les femmes et les filles, mais les autoritĂ©s nâont engagĂ© aucune poursuite. Les MGF/E ont Ă©tĂ© pratiquĂ©es dans le pays avec une prĂ©valence moyenne de 25 pour cent, avec des variations spectaculaires entre les rĂ©gions et les groupes ethniques, y compris des taux aussi Ă©levĂ©s que 80 pour cent dans certaines rĂ©gions, selon lâUNICEF et des enquĂȘtes locales.
HarcĂšlement sexuel : La loi prĂ©voit des peines dâemprisonnement de cinq mois Ă trois ans et des amendes modestes Ă substantielles pour harcĂšlement sexuel, mais le problĂšme Ă©tait gĂ©nĂ©ralisĂ©. Le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement la loi.
Coercition dans le contrĂŽle de la population : Il nây a eu aucun rapport dâavortement forcĂ© ou de stĂ©rilisation involontaire de la part des autoritĂ©s gouvernementales.
Discrimination : La loi prĂ©voit le mĂȘme statut juridique et les mĂȘmes droits pour les femmes que pour les hommes, bien quâil existe des restrictions lĂ©gales Ă lâemploi des femmes, y compris des limitations des professions et des tĂąches, mais pas des heures de travail. NĂ©anmoins, les femmes sont confrontĂ©es Ă une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, en particulier dans les zones rurales oĂč les coutumes traditionnelles et les rĂšgles discriminatoires en matiĂšre dâhĂ©ritage sont les plus strictes.
La dĂ©finition des droits paternels par la loi demeurait Ă©galement un obstacle Ă lâĂ©galitĂ© entre les hommes et les femmes. La loi considĂšre les hommes comme des chefs de famille, empĂȘchant les femmes dâassumer la responsabilitĂ© lĂ©gale de leurs enfants. De plus, toutes les prestations pour enfants sont versĂ©es au pĂšre. Les femmes ne peuvent devenir le chef lĂ©gal du mĂ©nage que si le mari renonce formellement Ă son autoritĂ© devant les autoritĂ©s ou sâil nâest pas en mesure dâagir en tant que chef de famille.
Bien que les femmes aient lĂ©galement un accĂšs Ă©gal Ă la terre, les pratiques traditionnelles rendent difficile lâachat de biens par les femmes dans les zones rurales. De nombreuses femmes nâavaient accĂšs Ă la terre que par lâintermĂ©diaire de leur mari, et la sĂ©curitĂ© de leurs droits dĂ©pendait du maintien de leurs relations avec leur mari. Les lois et les politiques discriminatoires limitaient Ă©galement lâaccĂšs et le contrĂŽle des femmes au capital.
Le MinistĂšre de la femme, des affaires familiales et du genre a une direction de lâĂ©galitĂ© des sexes qui a mis en Ćuvre des programmes de lutte contre la discrimination.
Enregistrement des naissances : La citoyennetĂ© est acquise par naissance sur le territoire national ou par naturalisation. La loi prĂ©voit lâĂ©galitĂ© des droits pour les mĂšres et les pĂšres de transmettre automatiquement la citoyennetĂ© Ă leurs enfants. La loi ne rend pas obligatoire la dĂ©claration de naissance. Lâenregistrement des naissances exigeait le paiement dâune petite taxe et le dĂ©placement vers un centre dâenregistrement, ce qui Ă©tait difficile pour de nombreux rĂ©sidents des zones rurales.
Ăducation : La loi prĂ©voit une Ă©ducation gratuite et obligatoire pour les enfants ĂągĂ©s de 6 Ă 16 ans, bien quâenviron un tiers de ces enfants nâaient pas Ă©tĂ© scolarisĂ©s. Certains nây ont pas assistĂ© pour des raisons religieuses. Alors que les enfants pouvaient gĂ©nĂ©ralement aller Ă lâĂ©cole primaire sans certificat de naissance, ils en avaient besoin pour passer des examens nationaux. Les Ă©lĂšves devaient souvent payer leurs propres livres, uniformes et autres fournitures scolaires.
Les filles ont eu plus de difficultĂ©s Ă poursuivre leurs Ă©tudes au-delĂ du niveau Ă©lĂ©mentaire. Le manque dâeau courante, le manque dâassainissement, les grossesses prĂ©coces, les longues distances parcourues et le harcĂšlement sexuel du personnel scolaire ont contribuĂ© Ă ce que les filles quittent lâĂ©cole. Lorsque les directeurs dâĂ©cole Ă©taient au courant du harcĂšlement ou de lâexploitation sexuels, ils essayaient gĂ©nĂ©ralement de rĂ©soudre la situation par eux-mĂȘmes sans la signaler aux autoritĂ©s supĂ©rieures ou Ă la police et stigmatisaient et prochaient souvent le comportement des filles plutĂŽt que de lâenseignant. Les filles nâĂ©taient gĂ©nĂ©ralement pas sĂ»res de ce qui constituait le consentement et le harcĂšlement et ne savaient pas oĂč signaler lâexploitation. Si les filles tombaient enceintes, elles abandondaient lâĂ©cole et Ă©taient souvent boudĂ©es par leur famille.
De nombreux parents ont choisi de garder leurs filles dâĂąge moyen et secondaire Ă la maison pour travailler ou se marier plutĂŽt que de les envoyer Ă lâĂ©cole. Ces derniĂšres annĂ©es, cependant, les disparitĂ©s entre les sexes au niveau des collĂšges et des lycĂ©es se sont considĂ©rablement attĂ©nuĂ©es.
Maltraitance des enfants : Les mauvais traitements infligĂ©s aux enfants demeuraient frĂ©quents, en particulier chez les garçons envoyĂ©s Ă Dakar et dans dâautres villes pour mendier sous la menace dâune punition. Les parents ont envoyĂ© beaucoup de ces garçons Ă©tudier dans les daaras (Ă©coles religieuses coraniques). Ă certains daaras, les instructeurs coraniques exploitaient, maltraitaient physiquement et força les enfants Ă mendier dans la rue. Selon Human Rights Watch en 2019, plus de 100 000 Ă©tudiants vivaient Ă Daaras Ă travers le pays.
Le 18 fĂ©vrier, un Ă©lĂšve coranique de 13 ans de Louga est mort aprĂšs avoir Ă©tĂ© rouĂ© de coups par son professeur coranique. Les autoritĂ©s nâont pas enquĂȘtĂ© ni portĂ© plainte contre lâenseignant.
Mariage prĂ©coce et forcĂ© : en vertu de la loi, les femmes ont le droit de choisir quand et qui elles Ă©pousent, mais les pratiques traditionnelles limitaient souvent le choix dâune femme. La loi interdit le mariage des filles de moins de 16 ans, mais cette loi nâa gĂ©nĂ©ralement pas Ă©tĂ© appliquĂ©e dans la plupart des communautĂ©s oĂč des mariages ont Ă©tĂ© organisĂ©s. Sous certaines conditions, un juge peut accorder une dispense spĂ©ciale Ă un homme pour Ă©pouser une fille de moins de lâĂąge du consentement.
Selon les groupes de dĂ©fense des droits des femmes et les responsables du MinistĂšre de la femme, de la famille et du genre, les mariages prĂ©coces et forcĂ©s Ă©taient un problĂšme important, en particulier dans les zones plus rurales du sud, de lâest et du nord-est. Le ministĂšre a menĂ© des campagnes dâĂ©ducation pour sâattaquer au problĂšme. Selon les statistiques du Fonds des Nations Unies pour la population, 33 % des femmes Ă©taient mariĂ©es avant lâĂąge de 18 ans et 12 % avant lâĂąge de 15 ans.
Exploitation sexuelle des enfants : La loi interdit lâexploitation, la vente et lâoffre sexuelles commerciales dâenfants Ă des fins de prostitution et de pratiques liĂ©es Ă la pornographie. Les agresseurs sexuels reconnus coupables de traite dâenfants sont condamnĂ©s Ă des peines dâemprisonnement de cinq Ă dix ans et Ă une amende. Si le dĂ©linquant est un membre de la famille, le maximum est appliquĂ©. Lâachat dâun mineur pour prostitution est passible dâune peine dâemprisonnement de deux Ă cinq ans et dâamendes modestes Ă substantielles. Si le crime implique une victime de moins de 13 ans, la peine maximale est appliquĂ©e. La loi nâa pas Ă©tĂ© appliquĂ©e efficacement, mais lorsque les cas ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s aux autoritĂ©s, ils ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi. LâĂąge minimum des rapports sexuels consensuels est de 18 ans.
La pornographie impliquant des enfants de moins de 16 ans est considĂ©rĂ©e comme de la pĂ©dophilie et passible dâune peine pouvant aller jusquâĂ deux ans dâemprisonnement et dâune amende.
Lâexploitation des femmes et des filles dans la prostitution et le trafic sexuel est un problĂšme, en particulier dans la rĂ©gion aurifĂšre de Kedougou, dans le sud-est du pays. Bien quâil nây ait pas eu de rapports sur le tourisme sexuel des enfants, le pays a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une destination pour le tourisme sexuel des enfants pour les touristes de France, belgique et Allemagne, entre autres pays.
Infanticide ou infanticide dâenfants handicapĂ©s : Lâinfanticide continuait dâĂȘtre un problĂšme, gĂ©nĂ©ralement dĂ» Ă la pauvretĂ© ou Ă lâembarras. Dans certains cas, les familles des femmes leur ont fait honte en tuant leurs bĂ©bĂ©s. Les travailleuses domestiques et les femmes rurales travaillant dans les villes tuaient parfois leurs nouveau-nĂ©s sâils ne pouvaient pas sâoccuper dâeux. Selon lâAssemblĂ©e africaine pour la dĂ©fense des droits de lâhomme, lâinfanticide sâest Ă©galement produit lorsquâune femme est tombĂ©e enceinte de lâenfant dâun homme dâune caste professionnelle interdite. Si la police dĂ©couvrait lâidentitĂ© de la mĂšre, elle risquait dâĂȘtre arrĂȘtĂ©e et poursuivie pour infanticide.
Enfants dĂ©placĂ©s : De nombreux enfants dĂ©placĂ©s par le conflit de Casamance vivaient avec des membres de leur famille Ă©largie, des voisins, dans des foyers pour enfants ou dans la rue. Selon les ONG de casamance, les enfants dĂ©placĂ©s souffraient des effets psychologiques des conflits, de la malnutrition et de la mauvaise santĂ©. En mai, le MinistĂšre de la femme, de la famille, du genre, de lâenfance et de la protection sociale a lancĂ© une troisiĂšme phase de son projet « ZĂ©ro enfant dans la rue ». Elle a cherchĂ© Ă renvoyer 10 000 enfants des rues Ă Dakar en les renvoyant dans leurs familles. Le programme dâun milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) visait Ă©galement Ă supprimer 10 000 francs CFA supplĂ©mentaires dâautres rĂ©gions.
EnlĂšvements internationaux dâenfants : Le pays nâest pas partie Ă la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de lâenlĂšvement international dâenfants. Voir le rapport annuel du DĂ©partement dâĂtat sur lâenlĂšvement international dâenfants par les parents https://travel.state.gov/content/travel/en/International-Parental-Child-Abduction/for-providers/legal-reports-and-data.html.
Il y avait environ 100 rĂ©sidents juifs dans le pays; aucun acte antisĂ©mite nâa Ă©tĂ© signalĂ©.
Voir le rapport du DĂ©partement dâĂtat sur la traite des personnes à  https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.
La loi interdit la discrimination Ă lâĂ©gard des personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement nâa pas appliquĂ© adĂ©quatement ces dispositions. La loi impose Ă©galement lâaccessibilitĂ© aux personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement la loi.
Le gouvernement a accordĂ© des subventions, gĂ©rĂ© la formation professionnelle dans les centres rĂ©gionaux et offert des fonds aux personnes handicapĂ©es pour crĂ©er des entreprises. En raison dâun manque de formation en Ă©ducation spĂ©ciale pour les enseignants et dâinstallations accessibles aux enfants handicapĂ©s, les autoritĂ©s nâont inscrit que 40 pour cent de ces enfants Ă lâĂ©cole primaire. Le soutien aux personnes ayant une dĂ©ficience mentale nâĂ©tait gĂ©nĂ©ralement pas disponible, et les incidents de violence Ă lâĂ©gard des personnes ayant une dĂ©ficience mentale Ă©taient frĂ©quents.
Les personnes handicapĂ©es ont Ă©prouvĂ© de la difficultĂ© Ă sâinscrire pour voter et Ă accĂ©der aux bureaux de vote, en raison dâobstacles physiques comme les escaliers et de lâabsence de dispositions telles que les bulletins de vote en braille ou les interprĂštes gestuels pour les personnes ayant une dĂ©ficience visuelle ou auditive ou incapables de parler. La loi rĂ©serve 15 pour cent des nouveaux postes de la fonction publique aux personnes handicapĂ©es, mais ce quota nâa jamais Ă©tĂ© appliquĂ©. Dans les rĂ©gions en dehors de Dakar, en particulier, les personnes handicapĂ©es Ă©taient encore effectivement exclues de lâaccĂšs Ă ces postes.
Le MinistĂšre de la santĂ© et de lâaction sociale est chargĂ© de protĂ©ger les droits des personnes handicapĂ©es.
Les groupes ethniques coexistaient généralement pacifiquement.
La discrimination Ă lâĂ©gard des individus des castes infĂ©rieures sâest poursuivie, et les intellectuels ou les hommes dâaffaires des castes infĂ©rieures ont souvent essayĂ© de dissimuler leur identitĂ© de caste.
LâactivitĂ© sexuelle consensuelle entre adultes, qualifiĂ©e en droit dâ« acte contre nature », est une infraction criminelle, et les peines vont de un Ă cinq ans dâemprisonnement et dâamendes; toutefois, la loi Ă©tait rarement appliquĂ©e. Aucune loi nâempĂȘche la discrimination fondĂ©e sur lâorientation sexuelle ou lâidentitĂ© de genre, et il nâexiste pas non plus de lois sur les crimes haineux qui pourraient ĂȘtre utilisĂ©es pour poursuivre les crimes motivĂ©s par des prĂ©jugĂ©s Ă lâencontre des personnes LGBTI.
Les personnes LGBTI Ă©taient confrontĂ©es Ă une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, Ă une intolĂ©rance sociale et Ă des actes de violence. Les personnes LGBTI ont fait lâobjet de menaces frĂ©quentes, dâattaques de la foule, de vols, dâexpulsions, de chantage et de viols; les autoritĂ©s ont parfois tolĂ©rĂ© ou tolĂ©rĂ© ces abus. Des militants LGBTI se sont Ă©galement plaints de discrimination dans lâaccĂšs aux services sociaux. Le gouvernement et les attitudes culturelles demeuraient fortement biaisĂ©s Ă lâĂ©gard des personnes LGBTI.
En octobre 2019, les autoritĂ©s du cimetiĂšre de Touba ont refusĂ© dâautoriser lâinhumation dâun homme au cimetiĂšre de Bakhia sur la base dâun rapport sur le statut LGBTI du dĂ©funt.
En novembre 2019, une importante organisation anti-LGBTI a publiĂ© une liste dâassociations LGBTI et de leurs dirigeants qui avaient reçu le statut dâorganisation non gouvernementale de la part du gouvernement. La publication de la liste a suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions publiques contre ces organisations, ce qui a entraĂźnĂ© la fermeture des autoritĂ©s.
La loi interdit toute forme de discrimination Ă lâĂ©gard des personnes vivant avec le VIH/sida, et le gouvernement et les ONG ont menĂ© des campagnes de sensibilisation au VIH/sida afin dâaccroĂźtre lâacceptation sociale des personnes vivant avec le VIH ou le sida et dâaccroĂźtre le dĂ©pistage du VIH et le counseling Ă lâĂ©chelle nationale. NĂ©anmoins, des militants des droits humains ont signalĂ© que les personnes sĂ©ropositives et celles atteintes de maladies liĂ©es au sida souffraient de stigmatisation sociale en raison de la croyance rĂ©pandue quâun tel statut indiquait lâhomosexualitĂ©. Les hommes sĂ©ropositifs sâabstenaient parfois de prendre des mĂ©dicaments antirĂ©troviraux parce quâils craignaient que leur famille ne dĂ©couvre leur orientation sexuelle.
La loi prĂ©voit le droit des travailleurs de former et dâadhĂ©rer Ă des syndicats indĂ©pendants, Ă lâexception des membres des forces de sĂ©curitĂ©, y compris les policiers et les gendarmes, les douaniers et les juges. Les syndicats ont le droit de nĂ©gocier collectivement et de faire grĂšve, avec certaines restrictions. La loi permet aux fonctionnaires de former et dâadhĂ©rer Ă des syndicats. Avant quâun syndicat puisse exister lĂ©galement, le code du travail nĂ©cessite lâautorisation du ministĂšre de lâIntĂ©rieur. Les syndicats nâont aucun recours juridique si le ministre refuse lâenregistrement, bien que lâautorisation soit rarement refusĂ©e. En vertu de la loi, dans le cadre du processus de reconnaissance syndicale, le ministĂšre a le pouvoir de vĂ©rifier la moralitĂ© et lâaptitude des candidats Ă des postes de fonctionnaires syndicaux. Toute modification aux rĂšglements administratifs dâun syndicat doit ĂȘtre signalĂ©e et examinĂ©e par lâinspecteur du travail et le procureur. En outre, la loi prĂ©voit que les mineurs (tant en tant que travailleurs quâen tant quâapprentis) ne peuvent adhĂ©rer Ă un syndicat sans lâautorisation parentale. Le procureur de la RĂ©publique peut dissoudre et dissoudre les syndicats par ordonnance administrative si les administrateurs syndicaux ne suivent pas les rĂšglements gouvernementaux sur les obligations dâun syndicat Ă ses membres.
La loi interdit la discrimination antisyndicale et permet aux syndicats de mener leurs activitĂ©s sans ingĂ©rence. Les Ă©trangers ne peuvent occuper des fonctions syndicales que sâils vivent dans le pays depuis cinq ans et seulement si leur pays accorde le mĂȘme droit aux citoyens sĂ©nĂ©galais. Les conventions collectives couvraient environ 44 p. 100 des travailleurs de lâĂ©conomie officielle. Les syndicats peuvent engager des poursuites judiciaires contre toute personne ou entitĂ© qui porte atteinte aux droits de nĂ©gociation collective des membres du syndicat, y compris la cessation dâemploi.
La loi prĂ©voit le droit de grĂšve; toutefois, certains rĂšglements restreignent ce droit. Selon les militants syndicaux, la Constitution porte atteinte au droit de grĂšve en stipulant quâune grĂšve ne doit pas porter atteinte Ă la libertĂ© de travailler ou mettre en pĂ©ril une entreprise. La loi stipule que les lieux de travail ne peuvent pas ĂȘtre occupĂ©s pendant une grĂšve et ne peuvent violer la libertĂ© de travail des non-clients ou entraver le droit de la direction dâentrer dans les locaux de lâentreprise. Cela signifie que les piquets de grĂšve, les ralentissements, le travail pour gouverner et les grĂšves de sit-down sont interdits. Les syndicats reprĂ©sentant les membres de la fonction publique doivent informer le gouvernement de leur intention de faire grĂšve au moins un mois Ă lâavance; les syndicats du secteur privĂ© doivent aviser le gouvernement trois jours Ă lâavance. Le gouvernement nâa aucune obligation lĂ©gale de sâengager avec des groupes qui prĂ©voient faire grĂšve, mais le gouvernement a parfois engagĂ© un dialogue avec ces groupes. Le gouvernement peut Ă©galement rĂ©quisitionner des travailleurs pour remplacer ceux qui sont en grĂšve dans tous les secteurs, y compris les secteurs des « services essentiels ». Un travailleur qui participe Ă une grĂšve illĂ©gale peut ĂȘtre licenciĂ© sommairement. Le gouvernement a effectivement appliquĂ© les lois applicables sur le droit de grĂšve. Les peines pour non-conformitĂ© comprennent une amende, une peine dâemprisonnement ou les deux. Des sanctions Ă©taient suffisantes pour dissuader les violations. Le code du travail ne sâapplique pas au secteur informel et exclut ainsi la majoritĂ© de la main-dâĆuvre, y compris les agriculteurs de subsistance, les travailleurs domestiques et ceux employĂ©s dans de nombreuses entreprises familiales. Le gouvernement a appliquĂ© les lois applicables. Les peines Ă©taient proportionnelles Ă celles pour des infractions similaires.
Le gouvernement et les employeurs respectaient gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© dâassociation et le droit Ă la nĂ©gociation collective avec restrictions. Les travailleurs exerçaient le droit de former ou dâadhĂ©rer Ă des syndicats, mais le sentiment antisunion au sein du gouvernement Ă©tait fort. Les syndicats sâorganisent Ă lâĂ©chelle de lâindustrie, ce qui est trĂšs semblable Français systĂšme dâorganisation syndicale. Aucun rapport de discrimination antisyndicale nâa Ă©tĂ© confirmĂ©.
La loi interdit toute forme de travail forcĂ© ou obligatoire. Toutefois, de nombreuses dispositions de la loi imposent lâemprisonnement assorti dâun travail pĂ©nitentiaire obligatoire comme peine pour non-respect de certaines pratiques, telles que la participation Ă des grĂšves dans des « services essentiels », lâoccupation du lieu de travail ou de son environnement immĂ©diat pendant les grĂšves, ou la violation de la discipline du travail considĂ©rĂ©e comme mettant en danger les navires ou la vie ou la santĂ© des personnes Ă bord. Les peines pour travail forcĂ© Ă©taient proportionnelles aux peines pour dâautres crimes graves.
Le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement les lois applicables contre le travail forcĂ©, et de telles pratiques ont continuĂ© de se produire dans les domaines de la servitude domestique, de la prostitution forcĂ©e, du travail agricole et de lâexploitation miniĂšre artisanale. Le travail forcĂ© des enfants sâest produit, y compris la mendicitĂ© forcĂ©e par les enfants dans certaines Ă©coles coraniques (voir la section 6). Certains enfants de ces Ă©coles Ă©taient maintenus dans des conditions de servitude; ont Ă©tĂ© forcĂ©s de travailler tous les jours, gĂ©nĂ©ralement dans la rue mendier; et devaient respecter un quota quotidien dâargent (ou parfois de sucre ou de riz) fixĂ© par leurs enseignants. Le Groupe de travail national sur la lutte contre le problĂšme et lâUnitĂ© spĂ©ciale pour la protection de lâenfance ont continuĂ© de sâattaquer Ă ces questions dans lâensemble du pays. Toutefois, lorsque les fonctionnaires ont identifiĂ© un cas potentiel de mendicitĂ© forcĂ©e, ils nâont souvent pas engagĂ© de poursuites conformĂ©ment aux lignes directrices prĂ©cĂ©demment prescrites en matiĂšre de peine minimale.
Voir Ă©galement le rapport du DĂ©partement dâĂtat sur la traite des personnes Ă Â https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.
Les rĂšglements sur le travail des enfants fixent lâĂąge minimum de travail Ă 15 ans, le travail Ă©tant considĂ©rĂ© comme « dangereux » interdit jusquâĂ lâĂąge de 18 ans. La loi interdit de nombreuses formes de travail dangereux des enfants, mais comprend des exceptions. Dans le secteur agricole, par exemple, les enfants dĂšs lâĂąge de 12 ans sont autorisĂ©s Ă travailler dans un environnement familial. La loi permet Ă©galement aux garçons de moins de 16 ans de travailler dans des mines souterraines et des carriĂšres faisant du « travail lĂ©ger ». En raison de la nature des dangers associĂ©s Ă lâexploitation miniĂšre, les activitĂ©s de « travail lĂ©ger » nâempĂȘchent pas lâexposition aux dangers.
Les inspecteurs du ministĂšre du Travail sont chargĂ©s dâenquĂȘter et dâintenter des poursuites dans des affaires de travail des enfants. Les enquĂȘteurs du ministĂšre peuvent se rendre dans nâimporte quelle institution pendant les heures de travail pour vĂ©rifier et enquĂȘter sur le respect du droit du travail et peuvent donner des conseils aux syndicats ou aux citoyens ordinaires. Les peines pour travail des enfants Ă©taient souvent non imposĂ©es et nâĂ©taient pas proportionnelles aux peines pour dâautres crimes graves.
Le ministĂšre du Travail a envoyĂ© des enquĂȘteurs pour enquĂȘter sur les lieux de travail formels, mais ils nâont pas Ă©tĂ© adĂ©quatement formĂ©s pour faire face aux problĂšmes de travail des enfants. La Division du travail des enfants du ministĂšre du Travail Ă©tait en sous-effectif. Les inspecteurs nâont pas suivi adĂ©quatement le secteur informel, et aucun cas de travail des enfants nâa Ă©tĂ© identifiĂ© dans le secteur formel. En outre, de nombreuses zones oĂč les abus sont rĂ©pandus sont Ă©loignĂ©es, et les inspecteurs ne sont situĂ©s que dans les grandes villes. Il nâexiste pas de systĂšme spĂ©cifique pour signaler les violations du travail des enfants, en grande partie en raison des efforts insuffisants de la Division du travail des enfants et du ministĂšre du Travail. Le ministĂšre sâest plutĂŽt appuyĂ© sur les syndicats pour signaler les contrevenants. Le gouvernement a organisĂ© des sĂ©minaires avec des responsables locaux, des ONG et la sociĂ©tĂ© civile pour sensibiliser le public aux dangers du travail des enfants, de la mendicitĂ© et de lâexploitation en ligne des enfants.
La plupart des cas de travail des enfants se sont produits dans lâĂ©conomie informelle oĂč la rĂ©glementation du travail nâĂ©tait pas appliquĂ©e. Les pressions Ă©conomiques et les possibilitĂ©s dâĂ©ducation inadĂ©quates ont souvent poussĂ© les familles rurales Ă mettre lâaccent sur le travail par rapport Ă lâĂ©ducation de leurs enfants. Le travail des enfants Ă©tait particuliĂšrement frĂ©quent dans les rĂ©gions de Tambacounda, Louga et Fatick, oĂč jusquâĂ 90 pour cent des enfants travaillaient. Le travail des enfants Ă©tait rĂ©pandu dans de nombreux secteurs informels et familiaux, tels que lâagriculture (millet, maĂŻs et arachides), la pĂȘche, lâextraction artisanale de lâor, les garages, les dĂ©charges, les abattoirs, la production de sel, les carriĂšres de roches et les ateliers de mĂ©tallurgie et de menuiserie. Dans le vaste secteur minier artisanal informel et non rĂ©glementĂ©, des familles entiĂšres, y compris des enfants, Ă©taient engagĂ©es dans des travaux miniers artisanaux. Les laveuses dâor pour enfants, ĂągĂ©es de 10 Ă 14 ans, travaillaient environ huit heures par jour Ă lâaide dâagents toxiques comme le mercure sans formation ni Ă©quipement de protection. On a Ă©galement signalĂ© que des enfants travaillaient dans des fermes familiales ou Ă©levaient du bĂ©tail. Les enfants travaillaient Ă©galement comme domestiques, dans des ateliers de couture, dans des stands de fruits et lĂ©gumes et dans dâautres secteurs de lâĂ©conomie informelle.
Selon lâOrganisation internationale du Travail, 28 pour cent des enfants ont participĂ© Ă la population active. Un type prĂ©dominant de travail forcĂ© des enfants Ă©tait la mendicitĂ© forcĂ©e des enfants envoyĂ©s vivre et Ă©tudier sous la supervision dâenseignants coraniques (voir les articles 6 et 7.b.).
Voir aussi les conclusions du département du Travail sur lespires formesdetravaildesenfants à www.dol.gov/ilab/reports/child-labor/findings/  .
Le droit du travail interdit la discrimination dans lâemploi et la profession fondĂ©e sur lâorigine nationale, la race, le sexe, le handicap et la religion; les contrevenants sont officiellement soumis Ă des amendes et Ă des peines dâemprisonnement, mais ces lois nâont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement, et les peines nâont pas suffi Ă dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. La loi nâinterdit pas explicitement la discrimination fondĂ©e sur lâorientation sexuelle ou lâidentitĂ© de genre. Le gouvernement nâa pas appliquĂ© efficacement les dispositions anti-discrimination de la loi. La discrimination fondĂ©e sur le sexe dans lâemploi et la profession sâest produite et Ă©tait la forme de discrimination la plus rĂ©pandue. Les hommes et les femmes ont les mĂȘmes droits de postuler Ă un emploi, bien que les femmes soient confrontĂ©es Ă certaines restrictions sur les professions et les tĂąches. Les femmes ont Ă©tĂ© victimes de discrimination dans lâemploi et lâexploitation dâentreprises (voir la section 6).
Le salaire horaire minimum national Ă©tait supĂ©rieur au taux de revenu de pauvretĂ© estimĂ©. Le ministĂšre du Travail est responsable de lâapplication du salaire minimum. Les syndicats ont Ă©galement agi en tant que chiens de garde et ont contribuĂ© Ă la mise en Ćuvre effective du salaire minimum dans le secteur formel. Les dispositions relatives au salaire minimum sâappliquent Ă©galement aux travailleurs Ă©trangers et migrants.
Pour la plupart des professions du secteur formel, la loi prĂ©voit une semaine de travail normale de 40 Ă 48 heures, soit environ 2 100 heures par annĂ©e, avec au moins une pĂ©riode de repos de 24 heures par semaine, un mois par annĂ©e de congĂ© annuel, lâinscription aux rĂ©gimes gouvernementaux de sĂ©curitĂ© sociale et de retraite, les normes de sĂ©curitĂ© et dâautres mesures. Le travail de nuit est dĂ©fini comme une activitĂ© entre 22 .m et 5 .m. ; les travailleurs de nuit devraient recevoir un taux supplĂ©mentaire de 60 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es et de 100 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es pendant les vacances. La loi nâinterdit pas les heures supplĂ©mentaires excessives ou obligatoires dans le secteur formel.
La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires nâest exigĂ©e que dans le secteur formel. Il existe des rĂšglements juridiques sur la sĂ©curitĂ© et la santĂ© au travail appropriĂ©s Ă lâindustrie, et le gouvernement Ă©tablit les normes. Les employĂ©s ou leurs reprĂ©sentants ont le droit de proposer tout ce quâils supposent pour assurer leur protection et leur sĂ©curitĂ© et de renvoyer les propositions Ă lâautoritĂ© administrative compĂ©tente au cas oĂč les employeurs refuseraient.
Le ministĂšre du Travail, par lâintermĂ©diaire du Bureau dâinspection du travail, est responsable de lâapplication des normes du travail dans le secteur formel; ceux qui enfreignent les normes sont officiellement passibles dâamendes et dâemprisonnements, mais les normes du travail nâont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement et insuffisantes pour dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. Lâapplication de la norme de la semaine de travail Ă©tait irrĂ©guliĂšre. Les inspecteurs du travail avaient de mauvaises conditions de travail et nâavaient pas de transport pour mener Ă bien leur mission. Le nombre dâinspecteurs du travail Ă©tait insuffisant pour faire respecter la loi. Les inspecteurs du travail avaient le pouvoir dâorganiser des inspections inopinĂ©es et dâimposer des sanctions. Les violations des normes salariales, des heures supplĂ©mentaires et des normes de sĂ©curitĂ© et de santĂ© au travail Ă©taient courantes. En raison dâun chĂŽmage Ă©levĂ© et dâun systĂšme juridique lent, les travailleurs exerçaient rarement leur droit nominal de se soustriser Ă des situations mettant en danger la santĂ© ou la sĂ©curitĂ©. Selon les statistiques du Conseil national du patronat, il y a eu 1 700 cas liĂ©s Ă des accidents du travail en 2017 contre environ 1 900 en 2016 (dont la majoritĂ© Ă Dakar); les militants syndicaux affirment que ce nombre Ă©tait faible puisque la statistique officielle ne tient pas compte du grand nombre dâaccidents du travail dans le secteur informel.
La thĂšse du meurtre semble se prĂ©ciser dans lâaffaire du jeune homme retrouvĂ© mort dansâŠ
SUNU Bank SĂ©nĂ©gal recrute : · Un (01) Vendeur en salle de marchĂ©s (F/H) DateâŠ
Le gouvernement engage une vaste opĂ©ration de rationalisation du secteur parapublic, avec en ligne deâŠ
La diplomatie sĂ©nĂ©galaise sâenrichit dâun nouveau chapitre avec la nomination, mercredi en Conseil des ministres,âŠ
LâUnion europĂ©enne franchit une nouvelle Ă©tape dans son partenariat stratĂ©gique avec le SĂ©nĂ©gal en mobilisantâŠ
Le SĂ©nĂ©gal a enregistrĂ© en dĂ©cembre 2025 lâune des meilleures performances de son commerce extĂ©rieurâŠ