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🔮Droit de l’homme : Le DĂ©partement amĂ©ricain charge le SĂ©nĂ©gal (Rapport intĂ©gral)

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Le SĂ©nĂ©gal est une rĂ©publique dominĂ©e par un pouvoir exĂ©cutif fort. En fĂ©vrier 2019, les Ă©lecteurs ont réélu Macky Sall Ă  la prĂ©sidence pour un second mandat de cinq ans lors d’élections que les observateurs locaux et internationaux considĂ©raient gĂ©nĂ©ralement libres et Ă©quitables. La police et les gendarmes sont chargĂ©s du maintien de l’ordre public. L’armĂ©e partage cette responsabilitĂ© dans des cas exceptionnels, comme lors de l’état d’urgence. Le SĂ©nĂ©gal a Ă©tĂ© sous Ă©tat d’urgence du 23 mars au 30 juin. La police nationale fait partie du ministĂšre de l’IntĂ©rieur et opĂšre dans les grandes villes. La gendarmerie fait partie du ministĂšre de la DĂ©fense et opĂšre principalement en dehors des grandes villes. L’armĂ©e relĂšve Ă©galement du ministĂšre de la DĂ©fense. Les autoritĂ©s civiles ont gĂ©nĂ©ralement maintenu un contrĂŽle effectif sur les forces de sĂ©curitĂ©. Des membres des forces de sĂ©curitĂ© ont commis des exactions.

Parmi les questions importantes relatives aux droits de l’homme, mentionnons : les homicides illĂ©gaux ou arbitraires, y compris les exĂ©cutions extrajudiciaires commis par ou au nom du gouvernement; la torture et les cas de traitements ou de chĂątiments cruels, inhumains ou dĂ©gradants infligĂ©s par ou au nom du gouvernement; des conditions de dĂ©tention difficiles et potentiellement mortelles; arrestations ou dĂ©tentions arbitraires; graves problĂšmes d’indĂ©pendance du pouvoir judiciaire; de graves restrictions Ă  la libertĂ© d’expression, Ă  la presse et Ă  Internet, y compris les lois pĂ©nales sur la diffamation et la diffamation; des actes graves de corruption dans le pouvoir judiciaire, la police et le pouvoir exĂ©cutif; l’absence d’enquĂȘte et de responsabilisation Ă  l’égard de la violence Ă  l’égard des femmes; la traite des personnes; les crimes impliquant de la violence ou des menaces de violence contre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuĂ©es; l’existence ou l’utilisation de lois criminalisant les comportements sexuels consensuels entre personnes du mĂȘme sexe entre adultes; et l’existence des pires formes de travail des enfants.

Le gouvernement a pris des mesures pour identifier, enquĂȘter, poursuivre et punir les fonctionnaires qui ont commis des exactions, que ce soit dans les forces de sĂ©curitĂ© ou ailleurs au gouvernement, mais l’impunitĂ© pour les abus existait.

Dans le sud de la Casamance, situĂ©e entre la Gambie et la GuinĂ©e-Bissau, une insurrection de bas niveau entre les forces de sĂ©curitĂ© et les sĂ©paratistes armĂ©s s’est poursuivie. Des incidents sporadiques de violence se sont produits en Casamance impliquant des individus associĂ©s Ă  diverses factions du Mouvement sĂ©paratiste des forces dĂ©mocratiques de la Casamance. Il y a eu plusieurs escarmouches entre ces sĂ©paratistes et les forces militaires et policiĂšres. Les efforts de mĂ©diation se sont poursuivis Ă  la recherche d’une rĂ©solution nĂ©gociĂ©e du conflit, qui a dĂ©butĂ© en 1982. Il y a eu plusieurs incidents liĂ©s Ă  la rĂ©colte illĂ©gale de bois par le Mouvement des forces dĂ©mocratiques des sĂ©paratistes de Casamance, alors que les forces de sĂ©curitĂ© du gouvernement ont intensifiĂ© leurs efforts pour mettre fin au commerce illicite. Le gouvernement enquĂȘtait rĂ©guliĂšrement sur ces incidents et les poursuivait en justice.

Section 1. Le respect de l’intĂ©gritĂ© de la personne, y compris la libertĂ© de :

A. PRIVATION ARBITRAIRE DE VIE ET AUTRES HOMICIDES ILLÉGAUX OU MOTIVÉS PAR DES CONSIDÉRATIONS POLITIQUES

Au moins deux rapports ont été signalés selon que le gouvernement ou ses agents ont commis des homicides arbitraires ou illégaux.

Le 11 mars, les autoritĂ©s ont inculpĂ© trois policiers de la mort d’un motocycliste Ă  Fatick. L’homme aurait Ă©tĂ© porteur de drogues illicites lorsqu’il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la police. AprĂšs son arrestation, les policiers auraient emmenĂ© l’homme Ă  la plage oĂč ils l’auraient battu Ă  mort.

Le 2 mai, un dĂ©tenu de la prison de Diourbel a succombĂ© Ă  ses graves blessures. Trois policiers et un agent de sĂ©curitĂ© et de sensibilisation communautaire du poste de police de Mbacke l’auraient frappĂ©. Les autoritĂ©s ont inculpĂ© les auteurs prĂ©sumĂ©s de sa mort.

B. DISPARITION

Aucune disparition n’a Ă©tĂ© signalĂ©e par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.

C. TORTURE ET AUTRES TRAITEMENTS OU PEINES CRUELS, INHUMAINS OU DÉGRADANTS

La Constitution et la loi interdisent de telles pratiques. Les organisations de dĂ©fense des droits de l’homme ont relevĂ© des exemples de violences physiques commises par les autoritĂ©s, notamment un usage excessif de la force ainsi que des traitements cruels et dĂ©gradants dans les prisons et les centres de dĂ©tention. Ils ont notamment critiquĂ© les mĂ©thodes de fouille Ă  nu et d’interrogatoire. La police aurait forcĂ© des dĂ©tenus Ă  dormir Ă  pieds nus, leur aurait adressĂ© des lumiĂšres vives, les aurait frappĂ©s Ă  coups de matraque et les aurait gardĂ©s dans des cellules oĂč l’accĂšs Ă  l’air frais Ă©tait minimal. Toutefois, les enquĂȘtes Ă©taient souvent trop longues et se soldaient rarement par des accusations ou des actes d’accusation.

L’impunitĂ© pour de tels actes est un problĂšme important. Parmi les bureaux chargĂ©s d’enquĂȘter sur les abus figuraient le MinistĂšre de la justice et l’Observateur national des lieux de privation de libertĂ©.

Le 24 mars, au cours de la premiĂšre nuit d’un couvre-feu national liĂ© au COVID-19, des vidĂ©os montraient la police balançant des bĂątons de nuit sur des personnes en fuite. Dans un communiquĂ©, la police s’est excusĂ©e pour ses « interventions excessives » et a promis de punir les policiers impliquĂ©s.

Selon le portail en ligne Conduct in UN Field Missions, une allĂ©gation d’exploitation et d’abus sexuels par des casques bleus sĂ©nĂ©galais dĂ©ployĂ©s Ă  la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en HaĂŻti, impliquant apparemment une relation d’exploitation avec un adulte, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e. En septembre, le gouvernement sĂ©nĂ©galais et les Nations Unies enquĂȘtaient sur cette allĂ©gation.

CONDITIONS DES PRISONS ET DES CENTRES DE DÉTENTION

Certaines conditions de dĂ©tention Ă©taient difficiles et mettant leur vie en danger en raison de pĂ©nuries alimentaires, de surpopulation, d’installations sanitaires mĂ©diocres et de soins mĂ©dicaux inadĂ©quats.

Conditions physiques : Le surpeuplement Ă©tait endĂ©mique. Par exemple, le principal Ă©tablissement pĂ©nitentiaire de Dakar, Rebeuss, dĂ©tenait plus du double du nombre de dĂ©tenus pour lequel il a Ă©tĂ© conçu. Les dĂ©tenues avaient gĂ©nĂ©ralement de meilleures conditions que les dĂ©tenus de sexe masculin. Les dĂ©tenus avant le procĂšs n’étaient pas toujours sĂ©parĂ©s des prisonniers condamnĂ©s. Les mineurs dĂ©tenus Ă©taient souvent dĂ©tenus avec des hommes ou autorisĂ©s Ă  se dĂ©placer librement avec des hommes pendant la journĂ©e. Les filles Ă©taient dĂ©tenues avec des femmes. Les nourrissons et les nouveau-nĂ©s Ă©taient souvent maintenus en prison avec leur mĂšre jusqu’à l’ñge d’un an, sans cellules spĂ©ciales, sans provisions mĂ©dicales supplĂ©mentaires, ni rations alimentaires supplĂ©mentaires.

Outre la surpopulation, l’Organisation nationale des droits de l’homme, une organisation non gouvernementale (ONG), a identifiĂ© le manque d’assainissement adĂ©quat comme un problĂšme majeur. La nourriture pauvre et insuffisante, l’accĂšs limitĂ© aux soins mĂ©dicaux, la chaleur Ă©touffante, le mauvais drainage et les infestations d’insectes Ă©taient Ă©galement des problĂšmes dans l’ensemble du systĂšme carcĂ©ral. Le 20 fĂ©vrier, un dĂ©tenu est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  la prison de Mbour. Selon les rapports officiels, il a subi une crise d’asthme aiguĂ« en raison d’ĂȘtre dĂ©tenu dans une cellule surpeuplĂ©e tenant 87 autres dĂ©tenus.

Selon les derniĂšres statistiques gouvernementales disponibles, 31 dĂ©tenus sont morts dans les prisons et les centres de dĂ©tention en 2019, soit six de plus qu’en 2018. Les statistiques gouvernementales n’ont pas fourni la cause du dĂ©cĂšs. Bien que les auteurs, y compris le personnel pĂ©nitentiaire et d’autres prisonniers, aient pu faire l’objet de sanctions disciplinaires internes, aucune poursuite ou autre action publique n’a Ă©tĂ© engagĂ©e contre eux.

Administration : Les autoritĂ©s n’ont pas toujours mener d’enquĂȘtes crĂ©dibles sur les allĂ©gations de mauvais traitements. Des ombudsmans Ă©taient disponibles pour rĂ©pondre aux plaintes, mais les prisonniers ne savent pas comment y accĂ©der ou dĂ©poser des rapports. Les autoritĂ©s ont autorisĂ© les prisonniers et les dĂ©tenus Ă  dĂ©poser des plaintes auprĂšs des autoritĂ©s judiciaires sans censure et Ă  demander une enquĂȘte sur des allĂ©gations crĂ©dibles de conditions inhumaines, mais rien n’indique que les autoritĂ©s ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi.

Surveillance indĂ©pendante : Le gouvernement a autorisĂ© les visites en prison par des groupes locaux de dĂ©fense des droits humains, qui fonctionnaient tous de maniĂšre indĂ©pendante, et par des observateurs internationaux. L’Observateur national des centres de dĂ©tention avait un accĂšs complet et sans entrave Ă  toutes les prisons et centres de dĂ©tention civils, mais pas aux installations militaires et de renseignement. L’observateur national n’a pas Ă©tĂ© en mesure de surveiller les prisons dans tout le pays. Il avait dĂ©jĂ  publiĂ© un rapport annuel, mais les rapports pour 2015-2019 n’avaient pas Ă©tĂ© publiĂ©s Ă  la fin de l’annĂ©e.

Des membres du Comité international de la Croix-Rouge se sont rendus dans les prisons de Dakar et de la Casamance.

Améliorations : En avril, le Président Sall a gracié 2 036 détenus afin de contrÎler la propagation du COVID-19 dans le systÚme carcéral.

D. ARRESTATION OU DÉTENTION ARBITRAIRE

La Constitution et la loi interdisent les arrestations et la dĂ©tention arbitraires; toutefois, le gouvernement n’a pas toujours observĂ© ces interdictions. Les dĂ©tenu·e·s sont lĂ©galement autorisĂ©s Ă  contester devant les tribunaux le fondement juridique ou arbitraire de leur dĂ©tention et Ă  obtenir une libĂ©ration et une indemnisation rapides s’ils sont dĂ©tenus illĂ©galement; toutefois, cela s’est rarement produit en raison de l’absence d’un avocat adĂ©quat. Dans une directive politique de janvier 2019, le ministre de la Justice a demandĂ© aux procureurs de se rendre rĂ©guliĂšrement dans les centres de dĂ©tention afin d’identifier les dĂ©tenus ayant des dossiers criminels en instance afin de minimiser le recours Ă  la dĂ©tention Ă  des fins non officielles et extrajudiciales.

Le gouvernement ne avait pas de mĂ©canismes efficaces pour punir les abus et la corruption. Le DĂ©partement des enquĂȘtes criminelles (DIC) est chargĂ© d’enquĂȘter sur les abus de la police, mais n’a pas Ă©tĂ© en mesure de lutter contre l’impunitĂ© ou la corruption (voir l’article 4, Corruption). Une loi d’amnistie couvre la police et d’autres membres du personnel de sĂ©curitĂ© impliquĂ©s dans des « crimes politiques » commis entre 1983 et 2004, Ă  l’exception des meurtres de « sang froid ». Le Tribunal rĂ©gional de Dakar comprend un tribunal militaire compĂ©tent pour les crimes commis par des militaires. Un tribunal est composĂ© d’un juge civil, d’un procureur civil et de deux assistants militaires pour conseiller le juge, dont l’un doit ĂȘtre de rang Ă©gal Ă  celui de l’accusĂ©. Un tribunal ne peut juger des civils que s’ils Ă©taient impliquĂ©s dans des militaires qui ont violĂ© le droit militaire. Un tribunal militaire accorde les mĂȘmes droits qu’un tribunal pĂ©nal civil.

PROCÉDURES D’ARRESTATION ET TRAITEMENT DES DÉTENUS

À moins qu’un crime ne soit « flagrant » (qui vient d’ĂȘtre commis ou dĂ©couvert peu de temps aprĂšs avoir Ă©tĂ© commis), la police doit obtenir un mandat d’arrĂȘt ou de dĂ©tention d’un suspect. La police traite la plupart des cas comme des infractions « flagrantes » et procĂ©dĂ© Ă  des arrestations sans mandat, invoquant des pouvoirs de dĂ©tention provisoire. Le DIC peut retenir les personnes jusqu’à 24 heures avant de les relĂącher ou de les charger. Les autoritĂ©s n’ont pas rapidement informĂ© de nombreux dĂ©tenus des charges retenues contre eux. Les policiers, y compris les fonctionnaires du DIC, peuvent doubler la pĂ©riode de dĂ©tention de 24 Ă  48 heures sans inculpation s’ils dĂ©montrent des motifs substantiels d’un futur acte d’accusation et si un procureur l’autorise. Si une telle dĂ©tention prolongĂ©e est autorisĂ©e, le dĂ©tenu doit ĂȘtre traduit devant le procureur dans les 48 heures suivant sa dĂ©tention. Pour les infractions particuliĂšrement graves, les enquĂȘteurs peuvent demander Ă  un procureur de doubler cette pĂ©riode Ă  96 heures. Les autoritĂ©s ont le pouvoir de dĂ©tenir des suspects de terrorisme pendant 96 heures initiales, et avec des renouvellements pour un maximum de 12 jours. La pĂ©riode de dĂ©tention ne commence pas officiellement tant que les autoritĂ©s n’ont pas dĂ©clarĂ© officiellement qu’une personne Ă©tait dĂ©tenue, une pratique qui, selon Amnesty International, entraĂźne de longues dĂ©tentions.

La mise en libertĂ© sous caution Ă©tait rarement disponible, et les fonctionnaires n’ont gĂ©nĂ©ralement pas permis l’accĂšs Ă  la famille. Par la loi, les avocats de la dĂ©fense peuvent avoir accĂšs Ă  des suspects dĂšs le moment de l’arrestation et peuvent ĂȘtre prĂ©sents pendant l’interrogatoire; cette disposition n’a toutefois pas Ă©tĂ© observĂ©e rĂ©guliĂšrement. La loi prĂ©voit une reprĂ©sentation juridique aux frais du public dans les affaires criminelles Ă  tous les accusĂ©s criminels qui n’en ont pas les moyens aprĂšs la pĂ©riode initiale de dĂ©tention. Dans de nombreux cas, cependant, l’avocat dĂ©signĂ© se prĂ©sente rarement, surtout en dehors de Dakar. Les accusĂ©s indigents n’avaient pas toujours des avocats dans des affaires de dĂ©lit. Un certain nombre d’ONG ont fourni une assistance juridique ou des conseils aux personnes accusĂ©es de crimes. Le ministĂšre de la Justice a publiĂ© en 2018 une directive d’orientation exigeant l’avocat des accusĂ©s au dĂ©but de l’interrogatoire.

Arrestation arbitraire : Le 21 juin, la gendarmerie a arrĂȘtĂ© un ancien fonctionnaire aprĂšs avoir publiĂ© une lettre ouverte au prĂ©sident Sall dans la presse dĂ©nonçant la mauvaise gestion prĂ©sumĂ©e du pays par Sall. Les autoritĂ©s l’ont relĂąchĂ© le lendemain.

DĂ©tention provisoire : Selon les statistiques de l’ONU de 2018, 45 % de la population carcĂ©rale Ă©tait composĂ©e de dĂ©tenus avant le procĂšs. Fin 2019, les autoritĂ©s du pays ont indiquĂ© que ce pourcentage Ă©tait de 42 pour cent. La majoritĂ© des accusĂ©s en attente de jugement sont dĂ©tenus. La loi stipule qu’un accusĂ© ne peut pas ĂȘtre dĂ©tenu en dĂ©tention provisoire pendant plus de six mois pour des crimes mineurs; toutefois, les autoritĂ©s ont rĂ©guliĂšrement placĂ© des personnes en dĂ©tention jusqu’à ce qu’un tribunal ordonne leur libĂ©ration. Les arriĂ©rĂ©s judiciaires et l’absentĂ©isme des juges ont entraĂźnĂ© un dĂ©lai moyen de deux ans entre le dĂ©pĂŽt des accusations et le dĂ©but d’un procĂšs. Dans les affaires de meurtre, de menaces Ă  la sĂ©curitĂ© de l’État et de dĂ©tournement de fonds publics, la durĂ©e de la dĂ©tention provisoire n’était pas limite. Dans de nombreux cas, les dĂ©tenus avant le procĂšs ont Ă©tĂ© dĂ©tenus plus longtemps que la durĂ©e de la peine imposĂ©e par la suite.

Le 30 juin, l’AssemblĂ©e lĂ©gislative a adoptĂ© deux lois autorisant la surveillance Ă©lectronique (EM) comme solution de rechange Ă  l’incarcĂ©ration. Une fois opĂ©rationnel, le systĂšme de SE est conçu pour permettre aux tribunaux pĂ©naux de libĂ©rer certains accusĂ©s en attente de procĂšs et d’autres dĂ©linquants condamnĂ©s pour la premiĂšre fois pour des crimes Ă  faible risque en dĂ©tention Ă  domicile, oĂč des bracelets Ă©lectroniques surveilleraient leurs dĂ©placements. Le systĂšme des bracelets vise Ă  soulager les dĂ©pendances chroniques liĂ©es Ă  la dĂ©tention provisoire et ainsi Ă  rĂ©duire la population carcĂ©rale.

E. REFUS D’UN PROCÈS PUBLIC ÉQUITABLE

Bien que la constitution et la loi prĂ©voient un systĂšme judiciaire indĂ©pendant, le pouvoir judiciaire a fait l’objet de corruption et d’influence gouvernementale. Les magistrats ont notĂ© une charge de travail accablante, un manque d’espace et de bureaux adĂ©quats et un transport inadĂ©quat, et ils ont ouvertement remis en question l’engagement du gouvernement Ă  l’égard de l’indĂ©pendance judiciaire. Le pouvoir judiciaire est formellement indĂ©pendant, mais le prĂ©sident contrĂŽle les nominations au Conseil constitutionnel, Ă  la Cour d’appel et au Conseil d’État. Les juges sont enclins Ă  faire pression sur le gouvernement sur des affaires de corruption et d’autres affaires impliquant des hauts fonctionnaires.

A plusieurs reprises, l’Union des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais s’est plainte de l’influence de l’exĂ©cutif sur le pouvoir judiciaire, en particulier de la prĂ©sence du prĂ©sident et du ministre de la Justice au Haut Conseil de la magistrature, qui gĂšre la carriĂšre des juges et des procureurs. Les membres du Haut Conseil de la magistrature avaient dĂ©jĂ  dĂ©missionnĂ© en signe de protestation, dĂ©clarant que le pouvoir exĂ©cutif ne devrait pas avoir la capacitĂ© de s’immiscer dans les affaires judiciaires. En aoĂ»t, les autoritĂ©s judiciaires ont sommairement rĂ©trogradĂ© un prĂ©sident de tribunal de district, ce qui a suscitĂ© des spĂ©culations selon laquelle il aurait Ă©tĂ© puni pour avoir dĂ©tenu un chef religieux dans une affaire criminelle. L’Union des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais a publiĂ© une lettre ouverte condamnant la rĂ©trogradation et a engagĂ© un avocat pour dĂ©fendre le juge en appel. Le 2 septembre, un quotidien de Dakar a publiĂ© une liste de 20 magistrats qui, selon lui, ont Ă©tĂ© rĂ©trogradĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie en reprĂ©sailles Ă  des dĂ©cisions de justice impopulaires. La rĂ©trogradation en aoĂ»t du prĂ©sident du tribunal de district a suscitĂ© de vives critiques Ă  l’égard du ministre de la Justice dans les mĂ©dias et les milieux juridiques et relancĂ© les appels Ă  la rĂ©forme de la justice, y compris la reconstitution du Haut Conseil des magistrats. Les autoritĂ©s ont respectĂ© et exĂ©cutĂ© les ordonnances des tribunaux.

PROCÉDURES D’ESSAI

La Constitution prĂ©voit que tous les accusĂ©s ont droit Ă  un procĂšs Ă©quitable et public, et Ă  un pouvoir judiciaire indĂ©pendant pour faire respecter ce droit. Les accusĂ©s jouissent d’une prĂ©somption d’innocence et ont le droit d’ĂȘtre informĂ©s rapidement et en dĂ©tail des accusations portĂ©es contre eux. Ils ont droit Ă  un procĂšs en temps opportun, d’ĂȘtre prĂ©sents devant les tribunaux pendant leur procĂšs et d’avoir un avocat aux frais du public si nĂ©cessaire dans les affaires criminelles (bien que les commentateurs juridiques notent que la fourniture d’avocats est incohĂ©rente) et ils ont le droit d’interjeter appel. Ils ont Ă©galement le droit d’avoir suffisamment de temps et d’installations pour prĂ©parer leur dĂ©fense, et de recevoir une interprĂ©tation gratuite au besoin Ă  partir du moment oĂč ils sont inculpĂ©s par tous les appels. Les dĂ©fendeurs jouissent du droit de confronter et de prĂ©senter des tĂ©moins et de prĂ©senter leurs propres tĂ©moins et tĂ©moignages.

Bien que les accusĂ©s ne soient pas obligĂ©s de tĂ©moigner contre eux-mĂȘmes ou d’avouer leur culpabilitĂ©, la pratique de longue date du pays est que les accusĂ©s fournissent des renseignements aux enquĂȘteurs et tĂ©moignent pendant les procĂšs. En outre, les arriĂ©rĂ©s de cas, le manque de conseillers juridiques (en particulier dans les rĂ©gions en dehors de Dakar), l’inefficacitĂ© judiciaire et la corruption, et la longue dĂ©tention provisoire ont portĂ© atteinte Ă  bon nombre des droits des accusĂ©s.

Les audiences de preuve peuvent ĂȘtre fermĂ©es au public et Ă  la presse. Bien qu’un dĂ©fendeur et un avocat puissent prĂ©senter des Ă©lĂ©ments de preuve devant un juge d’instruction qui dĂ©cide s’il y a lieu de renvoyer une affaire au procĂšs, la police ou les procureurs peuvent limiter leur accĂšs Ă  des Ă©lĂ©ments de preuve contre l’accusĂ© avant le procĂšs. Un panel de juges prĂ©side les tribunaux ordinaires dans les affaires civiles et pĂ©nales.

Le droit d’appel existe dans tous les tribunaux, Ă  l’exception de la Haute Cour de justice, la cour d’appel finale. Ces droits s’étendent Ă  tous les citoyens. Le 15 juin, le plus grand syndicat de greffiers du pays a dĂ©clarĂ© la grĂšve, provoquant d’importantes perturbations des procĂ©dures judiciaires, y compris des procĂšs retardĂ©s et des dĂ©cisions judiciaires inaccessibles et des formalitĂ©s administratives. Le 1er septembre, le syndicat a suspendu la grĂšve aprĂšs que le ministĂšre de la Justice a acceptĂ© de nĂ©gocier.

PRISONNIERS POLITIQUES ET DÉTENUS

Aucun prisonnier politique ou dĂ©tenu n’a Ă©tĂ© signalĂ©.

PROCÉDURES ET RECOURS JUDICIAIRES CIVILS

Les citoyens peuvent demander la cessation et la rĂ©paration des violations des droits de l’homme devant des tribunaux administratifs ou judiciaires ordinaires. Les citoyens peuvent Ă©galement demander des rĂ©parations administratives en dĂ©posant une plainte auprĂšs de l’ombudsman, une autoritĂ© indĂ©pendante. La corruption et le manque d’indĂ©pendance ont entravĂ© le traitement judiciaire et administratif de ces affaires. En ce qui concerne les droits de l’homme, les individus et les organisations peuvent interjeter appel de dĂ©cisions dĂ©favorables devant la Cour de justice de la CommunautĂ© Ă©conomique des États de l’Afrique de l’Ouest.

F. ATTEINTE ARBITRAIRE OU ILLÉGALE À LA VIE PRIVÉE, À LA FAMILLE, À LA MAISON OU À LA CORRESPONDANCE

La Constitution et la loi interdisent de telles actions, et il y a eu au moins un rapport que le gouvernement n’a pas respectĂ© ces interdictions.

Le 1er juin, la police a arrĂȘtĂ© la militante Assane Diouf aprĂšs avoir brisĂ© la porte de sa maison. Diouf a diffusĂ© en direct sur sa page Facebook une vidĂ©o dans laquelle il insulte les autoritĂ©s, dont le prĂ©sident Macky Sall, et dĂ©nonce une pĂ©nurie d’eau en cours dans la banlieue de Dakar. Diouf Ă©tait toujours en dĂ©tention provisoire Ă  la fin de l’annĂ©e.

G. ABUS DANS LES CONFLITS INTERNES

Le cessez-le-feu de facto en Casamance est en vigueur depuis 2012, et le prĂ©sident Sall a poursuivi ses efforts pour rĂ©soudre le conflit vieux de 38 ans entre sĂ©paratistes et forces de sĂ©curitĂ© gouvernementales. Le gouvernement et diverses factions du Mouvement des forces dĂ©mocratiques de la Casamance (MFDC) ont acceptĂ© les efforts de mĂ©diation menĂ©s par des partis neutres. Les progrĂšs vers une rĂ©solution politique du conflit sont restĂ©s progressifs. Le 30 juin, l’armĂ©e a lancĂ© une campagne pour bombarder les bases rebelles du MFDC dans la forĂȘt de Mbissine aprĂšs que des rebelles armĂ©s du MFDC 1 auraient attaquĂ© des villages de cette rĂ©gion. Deux soldats sont morts des mines terrestres au cours de la campagne d’un mois et plusieurs soldats ont Ă©tĂ© blessĂ©s. Depuis juillet, le conflit s’est dissipĂ© et aucune autre action militaire n’a eu lieu.

Meurtres : Aucun homicide n’a Ă©tĂ© signalĂ© par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.

EnlÚvements : Il y a eu plusieurs incidents liés à des actes de banditisme attribués aux rebelles du MFDC au cours duquel ils ont détenu ou blessé des civils.

Section 2. Respect des libertés civiles, y compris :

UN. LIBERTÉ D’EXPRESSION, Y COMPRIS POUR LA PRESSE

La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© d’expression, y compris pour la presse, mais le gouvernement limitait parfois ces libertĂ©s.

Liberté d’expression : Le 14 mai, le rappeur et militant Abdou Karim Gueye a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  trois mois de prison pour avoir insultĂ© le chef de l’Etat, provoquĂ© un rassemblement armĂ© et insultĂ© un officier. Le militant avait publiĂ© une vidĂ©o dĂ©nonçant la fermeture des mosquĂ©es en raison de la pandĂ©mie du COVID-19, et appelant tous les musulmans Ă  briser les restrictions Ă  l’état d’urgence pour prier dans les mosquĂ©es fermĂ©es. Le 8 juillet, aprĂšs des demandes rĂ©pĂ©tĂ©es de libĂ©ration, les autoritĂ©s l’ont libĂ©rĂ© provisoirement.

Liberté de la presse et des médias , y compris les médias en ligne : Des journalistes indépendants critiquaient réguliÚrement le gouvernement sans représailles. Des publications indépendantes privées et des médias affiliés au gouvernement étaient disponibles à Dakar, bien que leur distribution dans les zones rurales soit irréguliÚre.

La radio Ă©tait le moyen d’information de masse et la source d’information les plus importants en raison du taux Ă©levĂ© d’analphabĂ©tisme. Il y avait environ 200 stations de radio commerciales communautaires, publiques et privĂ©es. Bien qu’une loi administrative rĂ©glemente les affectations de radiofrĂ©quences, les opĂ©rateurs de radio communautaire ont affirmĂ© un manque de transparence dans le processus.

Bien que le gouvernement ait continuĂ© d’influencer l’information et l’opinion tĂ©lĂ©visĂ©es locales par l’intermĂ©diaire de Radio TĂ©lĂ©vision SĂ©nĂ©gal (RTS), plus de 10 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es diffusent indĂ©pendamment. En vertu de la loi, le gouvernement dĂ©tient une participation majoritaire dans RTS, et le prĂ©sident contrĂŽlait directement ou indirectement la sĂ©lection de tous les membres du personnel exĂ©cutif deLe SĂ©nĂ©gal est une rĂ©publique dominĂ©e par un pouvoir exĂ©cutif fort. En fĂ©vrier 2019, les Ă©lecteurs ont réélu Macky Sall Ă  la prĂ©sidence pour un second mandat de cinq ans lors d’élections que les observateurs locaux et internationaux considĂ©raient gĂ©nĂ©ralement libres et Ă©quitables.

La police et les gendarmes sont chargĂ©s du maintien de l’ordre public. L’armĂ©e partage cette responsabilitĂ© dans des cas exceptionnels, comme lors de l’état d’urgence. Le SĂ©nĂ©gal a Ă©tĂ© sous Ă©tat d’urgence du 23 mars au 30 juin. La police nationale fait partie du ministĂšre de l’IntĂ©rieur et opĂšre dans les grandes villes. La gendarmerie fait partie du ministĂšre de la DĂ©fense et opĂšre principalement en dehors des grandes villes. L’armĂ©e relĂšve Ă©galement du ministĂšre de la DĂ©fense. Les autoritĂ©s civiles ont gĂ©nĂ©ralement maintenu un contrĂŽle effectif sur les forces de sĂ©curitĂ©. Des membres des forces de sĂ©curitĂ© ont commis des exactions.

Parmi les questions importantes relatives aux droits de l’homme, mentionnons : les homicides illĂ©gaux ou arbitraires, y compris les exĂ©cutions extrajudiciaires commis par ou au nom du gouvernement; la torture et les cas de traitements ou de chĂątiments cruels, inhumains ou dĂ©gradants infligĂ©s par ou au nom du gouvernement; des conditions de dĂ©tention difficiles et potentiellement mortelles; arrestations ou dĂ©tentions arbitraires; graves problĂšmes d’indĂ©pendance du pouvoir judiciaire; de graves restrictions Ă  la libertĂ© d’expression, Ă  la presse et Ă  Internet, y compris les lois pĂ©nales sur la diffamation et la diffamation; des actes graves de corruption dans le pouvoir judiciaire, la police et le pouvoir exĂ©cutif; l’absence d’enquĂȘte et de responsabilisation Ă  l’égard de la violence Ă  l’égard des femmes; la traite des personnes; les crimes impliquant de la violence ou des menaces de violence contre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuĂ©es; l’existence ou l’utilisation de lois criminalisant les comportements sexuels consensuels entre personnes du mĂȘme sexe entre adultes; et l’existence des pires formes de travail des enfants.

Le gouvernement a pris des mesures pour identifier, enquĂȘter, poursuivre et punir les fonctionnaires qui ont commis des exactions, que ce soit dans les forces de sĂ©curitĂ© ou ailleurs au gouvernement, mais l’impunitĂ© pour les abus existait.

Dans le sud de la Casamance, situĂ©e entre la Gambie et la GuinĂ©e-Bissau, une insurrection de bas niveau entre les forces de sĂ©curitĂ© et les sĂ©paratistes armĂ©s s’est poursuivie. Des incidents sporadiques de violence se sont produits en Casamance impliquant des individus associĂ©s Ă  diverses factions du Mouvement sĂ©paratiste des forces dĂ©mocratiques de la Casamance. Il y a eu plusieurs escarmouches entre ces sĂ©paratistes et les forces militaires et policiĂšres. Les efforts de mĂ©diation se sont poursuivis Ă  la recherche d’une rĂ©solution nĂ©gociĂ©e du conflit, qui a dĂ©butĂ© en 1982. Il y a eu plusieurs incidents liĂ©s Ă  la rĂ©colte illĂ©gale de bois par le Mouvement des forces dĂ©mocratiques des sĂ©paratistes de Casamance, alors que les forces de sĂ©curitĂ© du gouvernement ont intensifiĂ© leurs efforts pour mettre fin au commerce illicite. Le gouvernement enquĂȘtait rĂ©guliĂšrement sur ces incidents et les poursuivait en justice.

Section 1. Le respect de l’intĂ©gritĂ© de la personne, y compris la libertĂ© de :

A. PRIVATION ARBITRAIRE DE VIE ET AUTRES HOMICIDES ILLÉGAUX OU MOTIVÉS PAR DES CONSIDÉRATIONS POLITIQUES

Au moins deux rapports ont été signalés selon que le gouvernement ou ses agents ont commis des homicides arbitraires ou illégaux.

Le 11 mars, les autoritĂ©s ont inculpĂ© trois policiers de la mort d’un motocycliste Ă  Fatick. L’homme aurait Ă©tĂ© porteur de drogues illicites lorsqu’il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la police. AprĂšs son arrestation, les policiers auraient emmenĂ© l’homme Ă  la plage oĂč ils l’auraient battu Ă  mort.

Le 2 mai, un dĂ©tenu de la prison de Diourbel a succombĂ© Ă  ses graves blessures. Trois policiers et un agent de sĂ©curitĂ© et de sensibilisation communautaire du poste de police de Mbacke l’auraient frappĂ©. Les autoritĂ©s ont inculpĂ© les auteurs prĂ©sumĂ©s de sa mort.

B. DISPARITION

Aucune disparition n’a Ă©tĂ© signalĂ©e par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.

C. TORTURE ET AUTRES TRAITEMENTS OU PEINES CRUELS, INHUMAINS OU DÉGRADANTS

La Constitution et la loi interdisent de telles pratiques. Les organisations de dĂ©fense des droits de l’homme ont relevĂ© des exemples de violences physiques commises par les autoritĂ©s, notamment un usage excessif de la force ainsi que des traitements cruels et dĂ©gradants dans les prisons et les centres de dĂ©tention. Ils ont notamment critiquĂ© les mĂ©thodes de fouille Ă  nu et d’interrogatoire. La police aurait forcĂ© des dĂ©tenus Ă  dormir Ă  pieds nus, leur aurait adressĂ© des lumiĂšres vives, les aurait frappĂ©s Ă  coups de matraque et les aurait gardĂ©s dans des cellules oĂč l’accĂšs Ă  l’air frais Ă©tait minimal. Toutefois, les enquĂȘtes Ă©taient souvent trop longues et se soldaient rarement par des accusations ou des actes d’accusation.

L’impunitĂ© pour de tels actes est un problĂšme important. Parmi les bureaux chargĂ©s d’enquĂȘter sur les abus figuraient le MinistĂšre de la justice et l’Observateur national des lieux de privation de libertĂ©.

Le 24 mars, au cours de la premiĂšre nuit d’un couvre-feu national liĂ© au COVID-19, des vidĂ©os montraient la police balançant des bĂątons de nuit sur des personnes en fuite. Dans un communiquĂ©, la police s’est excusĂ©e pour ses « interventions excessives » et a promis de punir les policiers impliquĂ©s.

Selon le portail en ligne Conduct in UN Field Missions, une allĂ©gation d’exploitation et d’abus sexuels par des casques bleus sĂ©nĂ©galais dĂ©ployĂ©s Ă  la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en HaĂŻti, impliquant apparemment une relation d’exploitation avec un adulte, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e. En septembre, le gouvernement sĂ©nĂ©galais et les Nations Unies enquĂȘtaient sur cette allĂ©gation.

CONDITIONS DES PRISONS ET DES CENTRES DE DÉTENTION

Certaines conditions de dĂ©tention Ă©taient difficiles et mettant leur vie en danger en raison de pĂ©nuries alimentaires, de surpopulation, d’installations sanitaires mĂ©diocres et de soins mĂ©dicaux inadĂ©quats.

Conditions physiques : Le surpeuplement Ă©tait endĂ©mique. Par exemple, le principal Ă©tablissement pĂ©nitentiaire de Dakar, Rebeuss, dĂ©tenait plus du double du nombre de dĂ©tenus pour lequel il a Ă©tĂ© conçu. Les dĂ©tenues avaient gĂ©nĂ©ralement de meilleures conditions que les dĂ©tenus de sexe masculin. Les dĂ©tenus avant le procĂšs n’étaient pas toujours sĂ©parĂ©s des prisonniers condamnĂ©s. Les mineurs dĂ©tenus Ă©taient souvent dĂ©tenus avec des hommes ou autorisĂ©s Ă  se dĂ©placer librement avec des hommes pendant la journĂ©e. Les filles Ă©taient dĂ©tenues avec des femmes. Les nourrissons et les nouveau-nĂ©s Ă©taient souvent maintenus en prison avec leur mĂšre jusqu’à l’ñge d’un an, sans cellules spĂ©ciales, sans provisions mĂ©dicales supplĂ©mentaires, ni rations alimentaires supplĂ©mentaires.

Outre la surpopulation, l’Organisation nationale des droits de l’homme, une organisation non gouvernementale (ONG), a identifiĂ© le manque d’assainissement adĂ©quat comme un problĂšme majeur. La nourriture pauvre et insuffisante, l’accĂšs limitĂ© aux soins mĂ©dicaux, la chaleur Ă©touffante, le mauvais drainage et les infestations d’insectes Ă©taient Ă©galement des problĂšmes dans l’ensemble du systĂšme carcĂ©ral. Le 20 fĂ©vrier, un dĂ©tenu est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  la prison de Mbour. Selon les rapports officiels, il a subi une crise d’asthme aiguĂ« en raison d’ĂȘtre dĂ©tenu dans une cellule surpeuplĂ©e tenant 87 autres dĂ©tenus.

Selon les derniĂšres statistiques gouvernementales disponibles, 31 dĂ©tenus sont morts dans les prisons et les centres de dĂ©tention en 2019, soit six de plus qu’en 2018. Les statistiques gouvernementales n’ont pas fourni la cause du dĂ©cĂšs. Bien que les auteurs, y compris le personnel pĂ©nitentiaire et d’autres prisonniers, aient pu faire l’objet de sanctions disciplinaires internes, aucune poursuite ou autre action publique n’a Ă©tĂ© engagĂ©e contre eux.

Administration : Les autoritĂ©s n’ont pas toujours mener d’enquĂȘtes crĂ©dibles sur les allĂ©gations de mauvais traitements. Des ombudsmans Ă©taient disponibles pour rĂ©pondre aux plaintes, mais les prisonniers ne savent pas comment y accĂ©der ou dĂ©poser des rapports. Les autoritĂ©s ont autorisĂ© les prisonniers et les dĂ©tenus Ă  dĂ©poser des plaintes auprĂšs des autoritĂ©s judiciaires sans censure et Ă  demander une enquĂȘte sur des allĂ©gations crĂ©dibles de conditions inhumaines, mais rien n’indique que les autoritĂ©s ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi.

Surveillance indĂ©pendante : Le gouvernement a autorisĂ© les visites en prison par des groupes locaux de dĂ©fense des droits humains, qui fonctionnaient tous de maniĂšre indĂ©pendante, et par des observateurs internationaux. L’Observateur national des centres de dĂ©tention avait un accĂšs complet et sans entrave Ă  toutes les prisons et centres de dĂ©tention civils, mais pas aux installations militaires et de renseignement. L’observateur national n’a pas Ă©tĂ© en mesure de surveiller les prisons dans tout le pays. Il avait dĂ©jĂ  publiĂ© un rapport annuel, mais les rapports pour 2015-2019 n’avaient pas Ă©tĂ© publiĂ©s Ă  la fin de l’annĂ©e.

Des membres du Comité international de la Croix-Rouge se sont rendus dans les prisons de Dakar et de la Casamance.

Améliorations : En avril, le Président Sall a gracié 2 036 détenus afin de contrÎler la propagation du COVID-19 dans le systÚme carcéral.

D. ARRESTATION OU DÉTENTION ARBITRAIRE

La Constitution et la loi interdisent les arrestations et la dĂ©tention arbitraires; toutefois, le gouvernement n’a pas toujours observĂ© ces interdictions. Les dĂ©tenu·e·s sont lĂ©galement autorisĂ©s Ă  contester devant les tribunaux le fondement juridique ou arbitraire de leur dĂ©tention et Ă  obtenir une libĂ©ration et une indemnisation rapides s’ils sont dĂ©tenus illĂ©galement; toutefois, cela s’est rarement produit en raison de l’absence d’un avocat adĂ©quat. Dans une directive politique de janvier 2019, le ministre de la Justice a demandĂ© aux procureurs de se rendre rĂ©guliĂšrement dans les centres de dĂ©tention afin d’identifier les dĂ©tenus ayant des dossiers criminels en instance afin de minimiser le recours Ă  la dĂ©tention Ă  des fins non officielles et extrajudiciales.

Le gouvernement ne avait pas de mĂ©canismes efficaces pour punir les abus et la corruption. Le DĂ©partement des enquĂȘtes criminelles (DIC) est chargĂ© d’enquĂȘter sur les abus de la police, mais n’a pas Ă©tĂ© en mesure de lutter contre l’impunitĂ© ou la corruption (voir l’article 4, Corruption). Une loi d’amnistie couvre la police et d’autres membres du personnel de sĂ©curitĂ© impliquĂ©s dans des « crimes politiques » commis entre 1983 et 2004, Ă  l’exception des meurtres de « sang froid ». Le Tribunal rĂ©gional de Dakar comprend un tribunal militaire compĂ©tent pour les crimes commis par des militaires. Un tribunal est composĂ© d’un juge civil, d’un procureur civil et de deux assistants militaires pour conseiller le juge, dont l’un doit ĂȘtre de rang Ă©gal Ă  celui de l’accusĂ©. Un tribunal ne peut juger des civils que s’ils Ă©taient impliquĂ©s dans des militaires qui ont violĂ© le droit militaire. Un tribunal militaire accorde les mĂȘmes droits qu’un tribunal pĂ©nal civil.

PROCÉDURES D’ARRESTATION ET TRAITEMENT DES DÉTENUS

À moins qu’un crime ne soit « flagrant » (qui vient d’ĂȘtre commis ou dĂ©couvert peu de temps aprĂšs avoir Ă©tĂ© commis), la police doit obtenir un mandat d’arrĂȘt ou de dĂ©tention d’un suspect. La police traite la plupart des cas comme des infractions « flagrantes » et procĂ©dĂ© Ă  des arrestations sans mandat, invoquant des pouvoirs de dĂ©tention provisoire. Le DIC peut retenir les personnes jusqu’à 24 heures avant de les relĂącher ou de les charger. Les autoritĂ©s n’ont pas rapidement informĂ© de nombreux dĂ©tenus des charges retenues contre eux. Les policiers, y compris les fonctionnaires du DIC, peuvent doubler la pĂ©riode de dĂ©tention de 24 Ă  48 heures sans inculpation s’ils dĂ©montrent des motifs substantiels d’un futur acte d’accusation et si un procureur l’autorise. Si une telle dĂ©tention prolongĂ©e est autorisĂ©e, le dĂ©tenu doit ĂȘtre traduit devant le procureur dans les 48 heures suivant sa dĂ©tention. Pour les infractions particuliĂšrement graves, les enquĂȘteurs peuvent demander Ă  un procureur de doubler cette pĂ©riode Ă  96 heures. Les autoritĂ©s ont le pouvoir de dĂ©tenir des suspects de terrorisme pendant 96 heures initiales, et avec des renouvellements pour un maximum de 12 jours. La pĂ©riode de dĂ©tention ne commence pas officiellement tant que les autoritĂ©s n’ont pas dĂ©clarĂ© officiellement qu’une personne Ă©tait dĂ©tenue, une pratique qui, selon Amnesty International, entraĂźne de longues dĂ©tentions.

La mise en libertĂ© sous caution Ă©tait rarement disponible, et les fonctionnaires n’ont gĂ©nĂ©ralement pas permis l’accĂšs Ă  la famille. Par la loi, les avocats de la dĂ©fense peuvent avoir accĂšs Ă  des suspects dĂšs le moment de l’arrestation et peuvent ĂȘtre prĂ©sents pendant l’interrogatoire; cette disposition n’a toutefois pas Ă©tĂ© observĂ©e rĂ©guliĂšrement. La loi prĂ©voit une reprĂ©sentation juridique aux frais du public dans les affaires criminelles Ă  tous les accusĂ©s criminels qui n’en ont pas les moyens aprĂšs la pĂ©riode initiale de dĂ©tention. Dans de nombreux cas, cependant, l’avocat dĂ©signĂ© se prĂ©sente rarement, surtout en dehors de Dakar. Les accusĂ©s indigents n’avaient pas toujours des avocats dans des affaires de dĂ©lit. Un certain nombre d’ONG ont fourni une assistance juridique ou des conseils aux personnes accusĂ©es de crimes. Le ministĂšre de la Justice a publiĂ© en 2018 une directive d’orientation exigeant l’avocat des accusĂ©s au dĂ©but de l’interrogatoire.

Arrestation arbitraire : Le 21 juin, la gendarmerie a arrĂȘtĂ© un ancien fonctionnaire aprĂšs avoir publiĂ© une lettre ouverte au prĂ©sident Sall dans la presse dĂ©nonçant la mauvaise gestion prĂ©sumĂ©e du pays par Sall. Les autoritĂ©s l’ont relĂąchĂ© le lendemain.

DĂ©tention provisoire : Selon les statistiques de l’ONU de 2018, 45 % de la population carcĂ©rale Ă©tait composĂ©e de dĂ©tenus avant le procĂšs. Fin 2019, les autoritĂ©s du pays ont indiquĂ© que ce pourcentage Ă©tait de 42 pour cent. La majoritĂ© des accusĂ©s en attente de jugement sont dĂ©tenus. La loi stipule qu’un accusĂ© ne peut pas ĂȘtre dĂ©tenu en dĂ©tention provisoire pendant plus de six mois pour des crimes mineurs; toutefois, les autoritĂ©s ont rĂ©guliĂšrement placĂ© des personnes en dĂ©tention jusqu’à ce qu’un tribunal ordonne leur libĂ©ration. Les arriĂ©rĂ©s judiciaires et l’absentĂ©isme des juges ont entraĂźnĂ© un dĂ©lai moyen de deux ans entre le dĂ©pĂŽt des accusations et le dĂ©but d’un procĂšs. Dans les affaires de meurtre, de menaces Ă  la sĂ©curitĂ© de l’État et de dĂ©tournement de fonds publics, la durĂ©e de la dĂ©tention provisoire n’était pas limite. Dans de nombreux cas, les dĂ©tenus avant le procĂšs ont Ă©tĂ© dĂ©tenus plus longtemps que la durĂ©e de la peine imposĂ©e par la suite.

Le 30 juin, l’AssemblĂ©e lĂ©gislative a adoptĂ© deux lois autorisant la surveillance Ă©lectronique (EM) comme solution de rechange Ă  l’incarcĂ©ration. Une fois opĂ©rationnel, le systĂšme de SE est conçu pour permettre aux tribunaux pĂ©naux de libĂ©rer certains accusĂ©s en attente de procĂšs et d’autres dĂ©linquants condamnĂ©s pour la premiĂšre fois pour des crimes Ă  faible risque en dĂ©tention Ă  domicile, oĂč des bracelets Ă©lectroniques surveilleraient leurs dĂ©placements. Le systĂšme des bracelets vise Ă  soulager les dĂ©pendances chroniques liĂ©es Ă  la dĂ©tention provisoire et ainsi Ă  rĂ©duire la population carcĂ©rale.

E. REFUS D’UN PROCÈS PUBLIC ÉQUITABLE

Bien que la constitution et la loi prĂ©voient un systĂšme judiciaire indĂ©pendant, le pouvoir judiciaire a fait l’objet de corruption et d’influence gouvernementale. Les magistrats ont notĂ© une charge de travail accablante, un manque d’espace et de bureaux adĂ©quats et un transport inadĂ©quat, et ils ont ouvertement remis en question l’engagement du gouvernement Ă  l’égard de l’indĂ©pendance judiciaire. Le pouvoir judiciaire est formellement indĂ©pendant, mais le prĂ©sident contrĂŽle les nominations au Conseil constitutionnel, Ă  la Cour d’appel et au Conseil d’État. Les juges sont enclins Ă  faire pression sur le gouvernement sur des affaires de corruption et d’autres affaires impliquant des hauts fonctionnaires.

A plusieurs reprises, l’Union des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais s’est plainte de l’influence de l’exĂ©cutif sur le pouvoir judiciaire, en particulier de la prĂ©sence du prĂ©sident et du ministre de la Justice au Haut Conseil de la magistrature, qui gĂšre la carriĂšre des juges et des procureurs. Les membres du Haut Conseil de la magistrature avaient dĂ©jĂ  dĂ©missionnĂ© en signe de protestation, dĂ©clarant que le pouvoir exĂ©cutif ne devrait pas avoir la capacitĂ© de s’immiscer dans les affaires judiciaires. En aoĂ»t, les autoritĂ©s judiciaires ont sommairement rĂ©trogradĂ© un prĂ©sident de tribunal de district, ce qui a suscitĂ© des spĂ©culations selon laquelle il aurait Ă©tĂ© puni pour avoir dĂ©tenu un chef religieux dans une affaire criminelle. L’Union des juges et procureurs sĂ©nĂ©galais a publiĂ© une lettre ouverte condamnant la rĂ©trogradation et a engagĂ© un avocat pour dĂ©fendre le juge en appel. Le 2 septembre, un quotidien de Dakar a publiĂ© une liste de 20 magistrats qui, selon lui, ont Ă©tĂ© rĂ©trogradĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie en reprĂ©sailles Ă  des dĂ©cisions de justice impopulaires. La rĂ©trogradation en aoĂ»t du prĂ©sident du tribunal de district a suscitĂ© de vives critiques Ă  l’égard du ministre de la Justice dans les mĂ©dias et les milieux juridiques et relancĂ© les appels Ă  la rĂ©forme de la justice, y compris la reconstitution du Haut Conseil des magistrats. Les autoritĂ©s ont respectĂ© et exĂ©cutĂ© les ordonnances des tribunaux.

PROCÉDURES D’ESSAI

La Constitution prĂ©voit que tous les accusĂ©s ont droit Ă  un procĂšs Ă©quitable et public, et Ă  un pouvoir judiciaire indĂ©pendant pour faire respecter ce droit. Les accusĂ©s jouissent d’une prĂ©somption d’innocence et ont le droit d’ĂȘtre informĂ©s rapidement et en dĂ©tail des accusations portĂ©es contre eux. Ils ont droit Ă  un procĂšs en temps opportun, d’ĂȘtre prĂ©sents devant les tribunaux pendant leur procĂšs et d’avoir un avocat aux frais du public si nĂ©cessaire dans les affaires criminelles (bien que les commentateurs juridiques notent que la fourniture d’avocats est incohĂ©rente) et ils ont le droit d’interjeter appel. Ils ont Ă©galement le droit d’avoir suffisamment de temps et d’installations pour prĂ©parer leur dĂ©fense, et de recevoir une interprĂ©tation gratuite au besoin Ă  partir du moment oĂč ils sont inculpĂ©s par tous les appels. Les dĂ©fendeurs jouissent du droit de confronter et de prĂ©senter des tĂ©moins et de prĂ©senter leurs propres tĂ©moins et tĂ©moignages.

Bien que les accusĂ©s ne soient pas obligĂ©s de tĂ©moigner contre eux-mĂȘmes ou d’avouer leur culpabilitĂ©, la pratique de longue date du pays est que les accusĂ©s fournissent des renseignements aux enquĂȘteurs et tĂ©moignent pendant les procĂšs. En outre, les arriĂ©rĂ©s de cas, le manque de conseillers juridiques (en particulier dans les rĂ©gions en dehors de Dakar), l’inefficacitĂ© judiciaire et la corruption, et la longue dĂ©tention provisoire ont portĂ© atteinte Ă  bon nombre des droits des accusĂ©s.

Les audiences de preuve peuvent ĂȘtre fermĂ©es au public et Ă  la presse. Bien qu’un dĂ©fendeur et un avocat puissent prĂ©senter des Ă©lĂ©ments de preuve devant un juge d’instruction qui dĂ©cide s’il y a lieu de renvoyer une affaire au procĂšs, la police ou les procureurs peuvent limiter leur accĂšs Ă  des Ă©lĂ©ments de preuve contre l’accusĂ© avant le procĂšs. Un panel de juges prĂ©side les tribunaux ordinaires dans les affaires civiles et pĂ©nales.

Le droit d’appel existe dans tous les tribunaux, Ă  l’exception de la Haute Cour de justice, la cour d’appel finale. Ces droits s’étendent Ă  tous les citoyens. Le 15 juin, le plus grand syndicat de greffiers du pays a dĂ©clarĂ© la grĂšve, provoquant d’importantes perturbations des procĂ©dures judiciaires, y compris des procĂšs retardĂ©s et des dĂ©cisions judiciaires inaccessibles et des formalitĂ©s administratives. Le 1er septembre, le syndicat a suspendu la grĂšve aprĂšs que le ministĂšre de la Justice a acceptĂ© de nĂ©gocier.

PRISONNIERS POLITIQUES ET DÉTENUS

Aucun prisonnier politique ou dĂ©tenu n’a Ă©tĂ© signalĂ©.

PROCÉDURES ET RECOURS JUDICIAIRES CIVILS

Les citoyens peuvent demander la cessation et la rĂ©paration des violations des droits de l’homme devant des tribunaux administratifs ou judiciaires ordinaires. Les citoyens peuvent Ă©galement demander des rĂ©parations administratives en dĂ©posant une plainte auprĂšs de l’ombudsman, une autoritĂ© indĂ©pendante. La corruption et le manque d’indĂ©pendance ont entravĂ© le traitement judiciaire et administratif de ces affaires. En ce qui concerne les droits de l’homme, les individus et les organisations peuvent interjeter appel de dĂ©cisions dĂ©favorables devant la Cour de justice de la CommunautĂ© Ă©conomique des États de l’Afrique de l’Ouest.

F. ATTEINTE ARBITRAIRE OU ILLÉGALE À LA VIE PRIVÉE, À LA FAMILLE, À LA MAISON OU À LA CORRESPONDANCE

La Constitution et la loi interdisent de telles actions, et il y a eu au moins un rapport que le gouvernement n’a pas respectĂ© ces interdictions.

Le 1er juin, la police a arrĂȘtĂ© la militante Assane Diouf aprĂšs avoir brisĂ© la porte de sa maison. Diouf a diffusĂ© en direct sur sa page Facebook une vidĂ©o dans laquelle il insulte les autoritĂ©s, dont le prĂ©sident Macky Sall, et dĂ©nonce une pĂ©nurie d’eau en cours dans la banlieue de Dakar. Diouf Ă©tait toujours en dĂ©tention provisoire Ă  la fin de l’annĂ©e.

G. ABUS DANS LES CONFLITS INTERNES

Le cessez-le-feu de facto en Casamance est en vigueur depuis 2012, et le prĂ©sident Sall a poursuivi ses efforts pour rĂ©soudre le conflit vieux de 38 ans entre sĂ©paratistes et forces de sĂ©curitĂ© gouvernementales. Le gouvernement et diverses factions du Mouvement des forces dĂ©mocratiques de la Casamance (MFDC) ont acceptĂ© les efforts de mĂ©diation menĂ©s par des partis neutres. Les progrĂšs vers une rĂ©solution politique du conflit sont restĂ©s progressifs. Le 30 juin, l’armĂ©e a lancĂ© une campagne pour bombarder les bases rebelles du MFDC dans la forĂȘt de Mbissine aprĂšs que des rebelles armĂ©s du MFDC 1 auraient attaquĂ© des villages de cette rĂ©gion. Deux soldats sont morts des mines terrestres au cours de la campagne d’un mois et plusieurs soldats ont Ă©tĂ© blessĂ©s. Depuis juillet, le conflit s’est dissipĂ© et aucune autre action militaire n’a eu lieu.

Meurtres : Aucun homicide n’a Ă©tĂ© signalĂ© par ou au nom des autoritĂ©s gouvernementales.

EnlÚvements : Il y a eu plusieurs incidents liés à des actes de banditisme attribués aux rebelles du MFDC au cours duquel ils ont détenu ou blessé des civils.

Section 2. Respect des libertés civiles, y compris :

UN. LIBERTÉ D’EXPRESSION, Y COMPRIS POUR LA PRESSE

La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© d’expression, y compris pour la presse, mais le gouvernement limitait parfois ces libertĂ©s.

Liberté d’expression : Le 14 mai, le rappeur et militant Abdou Karim Gueye a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  trois mois de prison pour avoir insultĂ© le chef de l’Etat, provoquĂ© un rassemblement armĂ© et insultĂ© un officier. Le militant avait publiĂ© une vidĂ©o dĂ©nonçant la fermeture des mosquĂ©es en raison de la pandĂ©mie du COVID-19, et appelant tous les musulmans Ă  briser les restrictions Ă  l’état d’urgence pour prier dans les mosquĂ©es fermĂ©es. Le 8 juillet, aprĂšs des demandes rĂ©pĂ©tĂ©es de libĂ©ration, les autoritĂ©s l’ont libĂ©rĂ© provisoirement.

Liberté de lapresse et des médias , y compris les médias en ligne : Des journalistes indépendants critiquaient réguliÚrement le gouvernement sans représailles. Des publications indépendantes privées et des médias affiliés au gouvernement étaient disponibles à Dakar, bien que leur distribution dans les zones rurales soit irréguliÚre.

La radio Ă©tait le moyen d’information de masse et la source d’information les plus importants en raison du taux Ă©levĂ© d’analphabĂ©tisme. Il y avait environ 200 stations de radio commerciales communautaires, publiques et privĂ©es. Bien qu’une loi administrative rĂ©glemente les affectations de radiofrĂ©quences, les opĂ©rateurs de radio communautaire ont affirmĂ© un manque de transparence dans le processus.

Bien que le gouvernement ait continuĂ© d’influencer l’information et l’opinion tĂ©lĂ©visĂ©es locales par l’intermĂ©diaire de Radio Television SĂ©nĂ©gal (RTS), plus de 10 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es diffusent indĂ©pendamment. En vertu de la loi, le gouvernement dĂ©tient une participation majoritaire dans RTS, et le prĂ©sident contrĂŽlait directement ou indirectement la sĂ©lection de tous les membres du personnel exĂ©cutif de rts. Au-delĂ  de la RTS, les membres du parti au pouvoir du prĂ©sident Sall, nommĂ©s par le prĂ©sident, contrĂŽlaient tous les autres mĂ©dias publics, y compris l’Agence de presse sĂ©nĂ©galaise et le quotidien Le Soleil; les rapports de ces points de vente portaient souvent un parti pris progouvernemental.

Censure ou restrictions de contenu : Les journalistes pratiquent occasionnellement l’autocensure, en particulier dans les mĂ©dias contrĂŽlĂ©s par le gouvernement. Le 8 juillet, les autoritĂ©s ont interdit Ă  la presse nationale de couvrir le procĂšs du militant Abdou Karim Gueye.

Lois sur la diffamation et la diffamation : Des lois sur le blasphÚme et la diffamation sont en place et ont parfois été appliquées.

LIBERTÉ D’INTERNET

La loi accorde Ă  l’AutoritĂ© sĂ©nĂ©galaise de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©communications et de la poste et aux fournisseurs d’accĂšs internet existants la possibilitĂ© de limiter ou de bloquer l’accĂšs Ă  certains sites en ligne et rĂ©seaux sociaux.

LIBERTÉ ACADÉMIQUE ET ÉVÉNEMENTS CULTURELS

Il n’y avait aucune restriction gouvernementale Ă  la libertĂ© acadĂ©mique ou aux Ă©vĂ©nements culturels.

B. LIBERTÉS DE RÉUNION ET D’ASSOCIATION PACIFIQUES

Le gouvernement limitait parfois la libertĂ© de rĂ©union pacifique, mais respectait gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© d’association, sauf en ce qui concerne les organisations lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuĂ©es (LGBTI). Le ministĂšre de l’IntĂ©rieur doit approuver les manifestations Ă  l’avance.

LIBERTÉ DE RÉUNION PACIFIQUE

Les autoritĂ©s ont refusĂ© d’autoriser plusieurs manifestations tout au long de l’annĂ©e. Certains groupes se sont Ă©galement plaints de retards indus en rĂ©ponse aux demandes d’autorisation de manifestations publiques. Les autoritĂ©s ont systĂ©matiquement invoquĂ© la loi interdisant les manifestations dans certaines parties du centre-ville de Dakar pour interdire les manifestations.

Le 18 janvier, la police a arrĂȘtĂ© 15 membres de No Lank No Ban qui menaient une campagne de sensibilisation concernant l’augmentation des prix de l’électricitĂ©. Les autoritĂ©s ont libĂ©rĂ© les personnes arrĂȘtĂ©es aprĂšs 48 heures de dĂ©tention.

Le 23 juin, les autoritĂ©s ont arrĂȘtĂ© des membres du mouvement de protestation gilets rouges pour avoir organisĂ© une manifestation non autorisĂ©e pour la libĂ©ration du militant Abdou Karim Gueye.

En novembre 2019, la police a arrĂȘtĂ© Guy Marius Sagna, membre du collectif d’opposition No Lank No Ban, pour avoir protestĂ© contre une hausse des prix de l’électricitĂ© devant la porte du palais prĂ©sidentiel, et l’a libĂ©rĂ© trois mois plus tard. Le 10 aoĂ»t, les autoritĂ©s l’ont de nouveau arrĂȘtĂ© devant le bureau de l’administrateur de Dakar aprĂšs qu’il a dĂ©posĂ© une demande de marche le 14 aoĂ»t, l’accusant d’avoir participĂ© Ă  un rassemblement illĂ©gal sur la voie publique et d’avoir Ă©tĂ© rassemblĂ© sans autorisation. Les autoritĂ©s l’ont remis en libertĂ© le mĂȘme jour.

LIBERTÉ D’ASSOCIATION

En novembre 2019, les autoritĂ©s ont fermĂ© un certain nombre d’organisations LGBTI aprĂšs la publication d’une liste de ces organisations par un groupe privĂ© (voir la section 6, Actes de violence, criminalisation et autres abus fondĂ©s sur l’orientation sexuelle et l’identitĂ© de genre).

C. LIBERTÉ DE RELIGION

Consultez le Rapport international sur la libertĂ© religieuse du DĂ©partement d’ÉtatĂ  www.state.gov/religiousfreedomreport/.

D. LIBERTÉ DE MOUVEMENT

La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© de mouvement interne, les voyages Ă  l’étranger, l’émigration et le rapatriement, et le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement respectĂ© ces droits. Le gouvernement a continuĂ© d’autoriser le rapatriement gĂ©nĂ©ralement non supervisĂ© et en grande partie informel des rĂ©fugiĂ©s de Casamance revenant de Gambie et de GuinĂ©e-Bissau.

Voyages Ă  l’étranger : La loi exige que certains fonctionnaires obtiennent l’approbation du gouvernement avant de quitter le pays. Seuls les militaires et les autoritĂ©s judiciaires ont toutefois appliquĂ© cette loi pour leurs employĂ©s.

E. STATUT ET TRAITEMENT DES PERSONNES DÉPLACÉES À L’INTÉRIEUR DU PAYS

Au cours des 38 annĂ©es de conflit en Casamance, jusqu’à 20 000 personnes ont quittĂ© les villages de la rĂ©gion en raison des combats, des enlĂšvements forcĂ©s et des mines terrestres, selon les estimations des agences internationales d’aide humanitaire. Les rĂ©fugiĂ©s et les personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays ont continuĂ© de retourner dans leurs villages.

F. PROTECTION DES RÉFUGIÉS

Le gouvernement a coopĂ©rĂ© avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) et d’autres organisations humanitaires pour fournir une protection et une assistance aux personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays, aux rĂ©fugiĂ©s, aux demandeurs d’asile, aux apatrides ou Ă  d’autres personnes prĂ©occupantes.

AccĂšs Ă  l’asile : La loi prĂ©voit l’octroi de l’asile ou du statut de rĂ©fugiĂ©, et le gouvernement a mis en place un systĂšme de protection des rĂ©fugiĂ©s. Puisque le prĂ©sident doit approuver chaque cas, les retards de plusieurs annĂ©es dans l’octroi du statut de rĂ©fugiĂ© sont restĂ©s un problĂšme. Les dĂ©fenseurs des rĂ©fugiĂ©s ont signalĂ© que le gouvernement accordait rarement le statut de rĂ©fugiĂ© ou l’asile. Toutefois, le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© les personnes en instance et certaines personnes ayant rejetĂ© leur demande d’asile Ă  rester dans le pays.

Le gouvernement n’a pas offert Ă  tous les demandeurs d’asile une procĂ©dure rĂ©guliĂšre ou la sĂ©curitĂ©, puisque le mĂȘme comitĂ© qui a examinĂ© les appels dĂ©posĂ©s par les demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s avait examinĂ© leurs cas originaux. La police n’a pas arrĂȘtĂ© les demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s pour avoir sĂ©journĂ© illĂ©galement dans le pays. La police a arrĂȘtĂ© des demandeurs d’asile s’ils commettent des crimes, mais les autoritĂ©s ont gĂ©nĂ©ralement contactĂ© le HCR dans de tels cas pour vĂ©rifier leur statut d’asile et Ă©viter d’expulser une personne ayant une demande en instance.

Solutions durables : Depuis 1989, le pays offre une protection aux rĂ©fugiĂ©s mauritaniens, qui ont Ă©tĂ© dispersĂ©s sur une grande zone de la vallĂ©e du fleuve SĂ©nĂ©gal le long de la frontiĂšre mauritanienne et qui jouissaient de la libre circulation Ă  l’intĂ©rieur du pays. Selon le HCR, la plupart des rĂ©fugiĂ©s mauritaniens restants ont manifestĂ© le dĂ©sir de rester dans le pays de façon permanente.

Protection temporaire : Le gouvernement n’a pas accordĂ© officiellement de protection temporaire, bien que le gouvernement ait gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© ceux qui avaient des demandes d’asile en instance et parfois refusĂ©es Ă  rester dans le pays.

Section 3. Liberté de participer au processus politique

La constitution et la loi permettent aux citoyens de choisir leur gouvernement lors d’élections pĂ©riodiques libres et Ă©quitables tenues au scrutin secret et fondĂ©es sur un suffrage universel et Ă©gal.

ÉLECTIONS ET PARTICIPATION POLITIQUE

Élections rĂ©centes : En fĂ©vrier 2019, le prĂ©sident Macky Sall a obtenu sa réélection, remportant 58 % des voix au premier tour de scrutin. Les observateurs Ă©lectoraux ont convenu que l’élection Ă©tait gĂ©nĂ©ralement libre et Ă©quitable, malgrĂ© des cas isolĂ©s oĂč les Ă©lecteurs n’étaient pas en mesure de voter.

Participation des femmes etdes membres des groupes Minorit y : Aucune loi ne limite la participation des femmes ou des membres de groupes minoritaires au processus politique, et elles y ont participĂ©. La loi exige que les listes de candidats des partis politiques contiennent un nombre Ă©gal d’hommes et de femmes pour des postes Ă©lus Ă  tous les niveaux, des conseils municipaux Ă  l’AssemblĂ©e nationale. Bien que le nombre de femmes Ă  des postes Ă©lus ait augmentĂ©, la loi n’a pas considĂ©rablement Ă©largi leur rĂŽle dans l’exercice de l’autoritĂ© politique puisqu’elle ne s’applique pas aux postes de direction des partis ou Ă  d’autres organes dĂ©cisionnels importants, comme le Cabinet et le pouvoir judiciaire. Certains observateurs croyaient que les facteurs traditionnels et culturels empĂȘchaient les femmes de participer au processus politique dans la mĂȘme mesure que les hommes. Les femmes Ă©lues au pouvoir font souvent face Ă  des pressions supplĂ©mentaires pour maintenir des rĂŽles traditionnels de genre asservissants, ce qui rend difficile la confrontation entre les dirigeants masculins et la domination dans la sphĂšre politique.

Section 4. Corruption et manque de transparence au sein du gouvernement

La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la corruption officielle, mais le gouvernement n’a souvent pas appliquĂ© la loi efficacement. Les fonctionnaires se livraient frĂ©quemment Ă  des pratiques de corruption en toute impunitĂ©. Au cours de l’annĂ©e, des informations ont fait Ă©tat de corruption gouvernementale.

Corruption : La Commission nationale anticorruption (OFNAC) a conclu en 2016 que la corruption, le dĂ©tournement, l’abus d’autoritĂ© et la fraude demeuraient rĂ©pandus au sein des institutions gouvernementales, en particulier dans les ministĂšres de la SantĂ© et de l’Éducation, des services postaux et du ministĂšre des Transports. En janvier, l’OFNAC a publiĂ© des rapports en retard sur ses activitĂ©s pour 2017 et 2018 et a prĂȘtĂ© serment devant six nouveaux cadres, ce qui a portĂ© son conseil d’administration Ă  un effectif complet pour la premiĂšre fois depuis plusieurs annĂ©es. Les rapports de corruption allaient de la recherche de loyers par des bureaucrates impliquĂ©s dans les approbations publiques, aux marchĂ©s publics opaques, Ă  la corruption dans le systĂšme judiciaire et la police. Certains hauts responsables de l’administration du prĂ©sident Sall auraient Ă©tĂ© impliquĂ©s dans des affaires de corruption. Le gouvernement a fait quelques progrĂšs dans ses efforts de lutte contre la corruption, en dĂšmessant les enquĂȘtes sur la corruption contre plusieurs fonctionnaires (principalement les rivaux politiques du prĂ©sident) et a obtenu plusieurs condamnations (voir l’article 1.d.).

Divulgation financiĂšre : La loi exige que le prĂ©sident, les ministres, le prĂ©sident et chef des finances de l’AssemblĂ©e nationale et les gestionnaires de fonds publics de plus d’un milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) divulguent leurs actifs Ă  l’OFNAC. Le dĂ©faut de se conformer peut entraĂźner une pĂ©nalitĂ© Ă©quivalant Ă  un quart du salaire mensuel d’une personne jusqu’à ce que les formulaires soient dĂ©posĂ©s. Le prĂ©sident peut licencier les personnes nommĂ©es qui ne se conforment pas. À l’exception des divulgations faites par le prĂ©sident, les divulgations faites en vertu de la loi sont confidentielles et la divulgation non autorisĂ©e de renseignements sur des biens est une infraction criminelle. Le 13 juillet, le prĂ©sident Macky Sall a lancĂ© un ultimatum d’un mois aux ministres du gouvernement pour qu’ils suivent les lignes directrices de l’OFNAC relatives Ă  la dĂ©claration de patrimoine. Tous sauf un se sont conformĂ©s Ă  la date limite.

Section 5. Attitude du gouvernement Ă  l’égard des enquĂȘtes internationales et non gouvernementales sur les violations prĂ©sumĂ©es des droits de l’homme

Une grande variĂ©tĂ© de groupes nationaux et internationaux de dĂ©fense des droits humains opĂ©raient gĂ©nĂ©ralement sans restriction gouvernementale, enquĂȘtant et publiant leurs conclusions sur les affaires de droits de l’homme. Les reprĂ©sentants du gouvernement ont Ă©tĂ© quelque peu coopĂ©ratifs, mais ont rarement pris des mesures pour rĂ©pondre Ă  leurs prĂ©occupations.

Organismes gouvernementaux des droits de l’homme : Le ComitĂ© national des droits de l’homme du gouvernement comprenait des reprĂ©sentants du gouvernement, des groupes de la sociĂ©tĂ© civile et des organisations indĂ©pendantes de dĂ©fense des droits humains. Le comitĂ© avait le pouvoir d’enquĂȘter sur les abus, mais il manquait de crĂ©dibilitĂ©, ne menait pas d’enquĂȘtes et a publiĂ© pour la derniĂšre fois un rapport annuel en 2001.

Section 6. Discrimination, abus sociétaux et traite des personnes

FEMMES

Viol et violence domestique : La loi interdit le viol, mais ne traite pas du sexe des victimes. La loi ne porte pas non plus sur le viol conjugal. Un amendement au code pĂ©nal adoptĂ© en dĂ©cembre 2019 a augmentĂ© les peines pour viol, maltraitance d’enfants et pĂ©dophilie. Elle a reçu un large soutien populaire de la part de groupes de femmes et de la sociĂ©tĂ© civile indignĂ©s par des viols flagrants. Les dĂ©linquants qui avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  des peines de cinq Ă  dix ans risquaient de 10 Ă  20 ans de prison, avec des peines d’emprisonnement Ă  perpĂ©tuitĂ© possibles dans des situations aggravĂ©es. Les experts ont notĂ© que le gouvernement devrait former davantage de gynĂ©cologues et de psychologues pour aider les victimes et sensibiliser les acteurs clĂ©s de la sociĂ©tĂ©, y compris la police, les juges, les chefs religieux et les mĂ©dias.

Le gouvernement n’a pas pleinement appliquĂ© les lois existantes, en particulier lorsque la violence s’est produite au sein des familles. Bien que la violence domestique qui cause des blessures durables soit passible d’une peine d’emprisonnement de 10 Ă  20 ans et d’une peine d’emprisonnement Ă  perpĂ©tuitĂ© pour meurtre, la police n’est gĂ©nĂ©ralement pas intervenue dans les conflits familiaux. Plusieurs groupes de femmes et le ComitĂ© de lutte contre la violence Ă  l’égard des femmes et des enfants (CLVF) ont signalĂ© une augmentation de la violence Ă  l’égard des femmes.

Les ONG, y compris le CLVF, ont notĂ© que certains juges n’appliquaient pas les lois sur la violence familiale, citant des cas dans lesquels les juges affirmaient que l’absence de preuves adĂ©quates Ă©tait une raison de rendre des peines clĂ©mentes. Les ONG ont Ă©galement notĂ© que le gouvernement n’avait pas permis aux associations d’apporter des poursuites au nom des victimes et l’absence de lois sur le bouclier pour le viol.

Le nombre d’incidents de violence familiale, que de nombreux citoyens considĂ©raient comme une partie normale de la vie, Ă©tait beaucoup plus Ă©levĂ© que le nombre de cas signalĂ©s. Le MinistĂšre de la justice est chargĂ© de lutter contre la violence domestique, mais il n’a entrepris aucun programme de lutte contre le viol et la violence domestique. Le Centre Ginddi, gĂ©rĂ© par le gouvernement Ă  Dakar, a fourni un abri aux femmes et aux filles qui ont survĂ©cu Ă  des viols ou Ă  des enfants, Ă  des mariages prĂ©coces et forcĂ©s ainsi qu’à des enfants des rues.

Le 20 fĂ©vrier, un juge a placĂ© un enseignant coranique en dĂ©tention pour le viol prĂ©sumĂ© de mineurs de moins de 13 ans, Ă  la suite d’accusations selon lesquelles il aurait abusĂ© d’un certain nombre de jeunes Ă©lĂšves frĂ©quentant son Ă©cole religieuse.

Mutilations gĂ©nitales fĂ©minines/excision (MGF/E) : La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la perpĂ©tration de MGF/E sur les femmes et les filles, mais les autoritĂ©s n’ont engagĂ© aucune poursuite. Les MGF/E ont Ă©tĂ© pratiquĂ©es dans le pays avec une prĂ©valence moyenne de 25 pour cent, avec des variations spectaculaires entre les rĂ©gions et les groupes ethniques, y compris des taux aussi Ă©levĂ©s que 80 pour cent dans certaines rĂ©gions, selon l’UNICEF et des enquĂȘtes locales.

HarcĂšlement sexuel : La loi prĂ©voit des peines d’emprisonnement de cinq mois Ă  trois ans et des amendes modestes Ă  substantielles pour harcĂšlement sexuel, mais le problĂšme Ă©tait gĂ©nĂ©ralisĂ©. Le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement la loi.

Coercition dans le contrĂŽle de la population : Il n’y a eu aucun rapport d’avortement forcĂ© ou de stĂ©rilisation involontaire de la part des autoritĂ©s gouvernementales.

Discrimination : La loi prĂ©voit le mĂȘme statut juridique et les mĂȘmes droits pour les femmes que pour les hommes, bien qu’il existe des restrictions lĂ©gales Ă  l’emploi des femmes, y compris des limitations des professions et des tĂąches, mais pas des heures de travail. NĂ©anmoins, les femmes sont confrontĂ©es Ă  une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, en particulier dans les zones rurales oĂč les coutumes traditionnelles et les rĂšgles discriminatoires en matiĂšre d’hĂ©ritage sont les plus strictes.

La dĂ©finition des droits paternels par la loi demeurait Ă©galement un obstacle Ă  l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes. La loi considĂšre les hommes comme des chefs de famille, empĂȘchant les femmes d’assumer la responsabilitĂ© lĂ©gale de leurs enfants. De plus, toutes les prestations pour enfants sont versĂ©es au pĂšre. Les femmes ne peuvent devenir le chef lĂ©gal du mĂ©nage que si le mari renonce formellement Ă  son autoritĂ© devant les autoritĂ©s ou s’il n’est pas en mesure d’agir en tant que chef de famille.

Bien que les femmes aient lĂ©galement un accĂšs Ă©gal Ă  la terre, les pratiques traditionnelles rendent difficile l’achat de biens par les femmes dans les zones rurales. De nombreuses femmes n’avaient accĂšs Ă  la terre que par l’intermĂ©diaire de leur mari, et la sĂ©curitĂ© de leurs droits dĂ©pendait du maintien de leurs relations avec leur mari. Les lois et les politiques discriminatoires limitaient Ă©galement l’accĂšs et le contrĂŽle des femmes au capital.

Le MinistĂšre de la femme, des affaires familiales et du genre a une direction de l’égalitĂ© des sexes qui a mis en Ɠuvre des programmes de lutte contre la discrimination.

ENFANTS

Enregistrement des naissances : La citoyennetĂ© est acquise par naissance sur le territoire national ou par naturalisation. La loi prĂ©voit l’égalitĂ© des droits pour les mĂšres et les pĂšres de transmettre automatiquement la citoyennetĂ© Ă  leurs enfants. La loi ne rend pas obligatoire la dĂ©claration de naissance. L’enregistrement des naissances exigeait le paiement d’une petite taxe et le dĂ©placement vers un centre d’enregistrement, ce qui Ă©tait difficile pour de nombreux rĂ©sidents des zones rurales.

Éducation : La loi prĂ©voit une Ă©ducation gratuite et obligatoire pour les enfants ĂągĂ©s de 6 Ă  16 ans, bien qu’environ un tiers de ces enfants n’aient pas Ă©tĂ© scolarisĂ©s. Certains n’y ont pas assistĂ© pour des raisons religieuses. Alors que les enfants pouvaient gĂ©nĂ©ralement aller Ă  l’école primaire sans certificat de naissance, ils en avaient besoin pour passer des examens nationaux. Les Ă©lĂšves devaient souvent payer leurs propres livres, uniformes et autres fournitures scolaires.

Les filles ont eu plus de difficultĂ©s Ă  poursuivre leurs Ă©tudes au-delĂ  du niveau Ă©lĂ©mentaire. Le manque d’eau courante, le manque d’assainissement, les grossesses prĂ©coces, les longues distances parcourues et le harcĂšlement sexuel du personnel scolaire ont contribuĂ© Ă  ce que les filles quittent l’école. Lorsque les directeurs d’école Ă©taient au courant du harcĂšlement ou de l’exploitation sexuels, ils essayaient gĂ©nĂ©ralement de rĂ©soudre la situation par eux-mĂȘmes sans la signaler aux autoritĂ©s supĂ©rieures ou Ă  la police et stigmatisaient et prochaient souvent le comportement des filles plutĂŽt que de l’enseignant. Les filles n’étaient gĂ©nĂ©ralement pas sĂ»res de ce qui constituait le consentement et le harcĂšlement et ne savaient pas oĂč signaler l’exploitation. Si les filles tombaient enceintes, elles abandondaient l’école et Ă©taient souvent boudĂ©es par leur famille.

De nombreux parents ont choisi de garder leurs filles d’ñge moyen et secondaire Ă  la maison pour travailler ou se marier plutĂŽt que de les envoyer Ă  l’école. Ces derniĂšres annĂ©es, cependant, les disparitĂ©s entre les sexes au niveau des collĂšges et des lycĂ©es se sont considĂ©rablement attĂ©nuĂ©es.

Maltraitance des enfants : Les mauvais traitements infligĂ©s aux enfants demeuraient frĂ©quents, en particulier chez les garçons envoyĂ©s Ă  Dakar et dans d’autres villes pour mendier sous la menace d’une punition. Les parents ont envoyĂ© beaucoup de ces garçons Ă©tudier dans les daaras (Ă©coles religieuses coraniques). À certains daaras, les instructeurs coraniques exploitaient, maltraitaient physiquement et força les enfants Ă  mendier dans la rue. Selon Human Rights Watch en 2019, plus de 100 000 Ă©tudiants vivaient Ă  Daaras Ă  travers le pays.

Le 18 fĂ©vrier, un Ă©lĂšve coranique de 13 ans de Louga est mort aprĂšs avoir Ă©tĂ© rouĂ© de coups par son professeur coranique. Les autoritĂ©s n’ont pas enquĂȘtĂ© ni portĂ© plainte contre l’enseignant.

Mariage prĂ©coce et forcĂ© : en vertu de la loi, les femmes ont le droit de choisir quand et qui elles Ă©pousent, mais les pratiques traditionnelles limitaient souvent le choix d’une femme. La loi interdit le mariage des filles de moins de 16 ans, mais cette loi n’a gĂ©nĂ©ralement pas Ă©tĂ© appliquĂ©e dans la plupart des communautĂ©s oĂč des mariages ont Ă©tĂ© organisĂ©s. Sous certaines conditions, un juge peut accorder une dispense spĂ©ciale Ă  un homme pour Ă©pouser une fille de moins de l’ñge du consentement.

Selon les groupes de dĂ©fense des droits des femmes et les responsables du MinistĂšre de la femme, de la famille et du genre, les mariages prĂ©coces et forcĂ©s Ă©taient un problĂšme important, en particulier dans les zones plus rurales du sud, de l’est et du nord-est. Le ministĂšre a menĂ© des campagnes d’éducation pour s’attaquer au problĂšme. Selon les statistiques du Fonds des Nations Unies pour la population, 33 % des femmes Ă©taient mariĂ©es avant l’ñge de 18 ans et 12 % avant l’ñge de 15 ans.

Exploitation sexuelle des enfants : La loi interdit l’exploitation, la vente et l’offre sexuelles commerciales d’enfants Ă  des fins de prostitution et de pratiques liĂ©es Ă  la pornographie. Les agresseurs sexuels reconnus coupables de traite d’enfants sont condamnĂ©s Ă  des peines d’emprisonnement de cinq Ă  dix ans et Ă  une amende. Si le dĂ©linquant est un membre de la famille, le maximum est appliquĂ©. L’achat d’un mineur pour prostitution est passible d’une peine d’emprisonnement de deux Ă  cinq ans et d’amendes modestes Ă  substantielles. Si le crime implique une victime de moins de 13 ans, la peine maximale est appliquĂ©e. La loi n’a pas Ă©tĂ© appliquĂ©e efficacement, mais lorsque les cas ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s aux autoritĂ©s, ils ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi. L’ñge minimum des rapports sexuels consensuels est de 18 ans.

La pornographie impliquant des enfants de moins de 16 ans est considĂ©rĂ©e comme de la pĂ©dophilie et passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et d’une amende.

L’exploitation des femmes et des filles dans la prostitution et le trafic sexuel est un problĂšme, en particulier dans la rĂ©gion aurifĂšre de KĂ©dougou, dans le sud-est du pays. Bien qu’il n’y ait pas eu de rapports sur le tourisme sexuel des enfants, le pays a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une destination pour le tourisme sexuel des enfants pour les touristes de France, Belgique et Allemagne, entre autres pays.

Infanticide ou infanticide d’enfants handicapĂ©s : L’infanticide continuait d’ĂȘtre un problĂšme, gĂ©nĂ©ralement dĂ» Ă  la pauvretĂ© ou Ă  l’embarras. Dans certains cas, les familles des femmes leur ont fait honte en tuant leurs bĂ©bĂ©s. Les travailleuses domestiques et les femmes rurales travaillant dans les villes tuaient parfois leurs nouveau-nĂ©s s’ils ne pouvaient pas s’occuper d’eux. Selon l’AssemblĂ©e africaine pour la dĂ©fense des droits de l’homme, l’infanticide s’est Ă©galement produit lorsqu’une femme est tombĂ©e enceinte de l’enfant d’un homme d’une caste professionnelle interdite. Si la police dĂ©couvrait l’identitĂ© de la mĂšre, elle risquait d’ĂȘtre arrĂȘtĂ©e et poursuivie pour infanticide.

Enfants dĂ©placĂ©s : De nombreux enfants dĂ©placĂ©s par le conflit de Casamance vivaient avec des membres de leur famille Ă©largie, des voisins, dans des foyers pour enfants ou dans la rue. Selon les ONG de casamance, les enfants dĂ©placĂ©s souffraient des effets psychologiques des conflits, de la malnutrition et de la mauvaise santĂ©. En mai, le MinistĂšre de la femme, de la famille, du genre, de l’enfance et de la protection sociale a lancĂ© une troisiĂšme phase de son projet « ZĂ©ro enfant dans la rue ». Elle a cherchĂ© Ă  renvoyer 10 000 enfants des rues Ă  Dakar en les renvoyant dans leurs familles. Le programme d’un milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) visait Ă©galement Ă  supprimer 10 000 francs CFA supplĂ©mentaires d’autres rĂ©gions.

EnlĂšvements internationaux d’enfants : Le pays n’est pas partie Ă  la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de l’enlĂšvement international d’enfants. Voir le rapport annuel du DĂ©partement d’État sur l’enlĂšvement international d’enfants par les parents https://travel.state.gov/content/travel/en/International-Parental-Child-Abduction/for-providers/legal-reports-and-data.html.

ANTISÉMITISME

Il y avait environ 100 rĂ©sidents juifs dans le pays; aucun acte antisĂ©mite n’a Ă©tĂ© signalĂ©.

TRAITE DES PERSONNES

Voir le rapport du DĂ©partement d’État sur la traite des personnes à https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.

PERSONNES HANDICAPÉES

La loi interdit la discrimination Ă  l’égard des personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement n’a pas appliquĂ© adĂ©quatement ces dispositions. La loi impose Ă©galement l’accessibilitĂ© aux personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement la loi.

Le gouvernement a accordĂ© des subventions, gĂ©rĂ© la formation professionnelle dans les centres rĂ©gionaux et offert des fonds aux personnes handicapĂ©es pour crĂ©er des entreprises. En raison d’un manque de formation en Ă©ducation spĂ©ciale pour les enseignants et d’installations accessibles aux enfants handicapĂ©s, les autoritĂ©s n’ont inscrit que 40 pour cent de ces enfants Ă  l’école primaire. Le soutien aux personnes ayant une dĂ©ficience mentale n’était gĂ©nĂ©ralement pas disponible, et les incidents de violence Ă  l’égard des personnes ayant une dĂ©ficience mentale Ă©taient frĂ©quents.

Les personnes handicapĂ©es ont Ă©prouvĂ© de la difficultĂ© Ă  s’inscrire pour voter et Ă  accĂ©der aux bureaux de vote, en raison d’obstacles physiques comme les escaliers et de l’absence de dispositions telles que les bulletins de vote en braille ou les interprĂštes gestuels pour les personnes ayant une dĂ©ficience visuelle ou auditive ou incapables de parler. La loi rĂ©serve 15 pour cent des nouveaux postes de la fonction publique aux personnes handicapĂ©es, mais ce quota n’a jamais Ă©tĂ© appliquĂ©. Dans les rĂ©gions en dehors de Dakar, en particulier, les personnes handicapĂ©es Ă©taient encore effectivement exclues de l’accĂšs Ă  ces postes.

Le MinistĂšre de la santĂ© et de l’action sociale est chargĂ© de protĂ©ger les droits des personnes handicapĂ©es.

MEMBRES DE GROUPES NATIONAUX/RACIAUX/ETHNIQUES MINORITAIRES

Les groupes ethniques coexistaient généralement pacifiquement.

La discrimination Ă  l’égard des individus des castes infĂ©rieures s’est poursuivie, et les intellectuels ou les hommes d’affaires des castes infĂ©rieures ont souvent essayĂ© de dissimuler leur identitĂ© de caste.

ACTES DE VIOLENCE, CRIMINALISATION ET AUTRES ABUS FONDÉS SUR L’ORIENTATION SEXUELLE ET L’IDENTITÉ DE GENRE

L’activitĂ© sexuelle consensuelle entre adultes, qualifiĂ©e en droit d’« acte contre nature », est une infraction criminelle, et les peines vont de un Ă  cinq ans d’emprisonnement et d’amendes; toutefois, la loi Ă©tait rarement appliquĂ©e. Aucune loi n’empĂȘche la discrimination fondĂ©e sur l’orientation sexuelle ou l’identitĂ© de genre, et il n’existe pas non plus de lois sur les crimes haineux qui pourraient ĂȘtre utilisĂ©es pour poursuivre les crimes motivĂ©s par des prĂ©jugĂ©s Ă  l’encontre des personnes LGBTI.

Les personnes LGBTI Ă©taient confrontĂ©es Ă  une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, Ă  une intolĂ©rance sociale et Ă  des actes de violence. Les personnes LGBTI ont fait l’objet de menaces frĂ©quentes, d’attaques de la foule, de vols, d’expulsions, de chantage et de viols; les autoritĂ©s ont parfois tolĂ©rĂ© ou tolĂ©rĂ© ces abus. Des militants LGBTI se sont Ă©galement plaints de discrimination dans l’accĂšs aux services sociaux. Le gouvernement et les attitudes culturelles demeuraient fortement biaisĂ©s Ă  l’égard des personnes LGBTI.

En octobre 2019, les autoritĂ©s du cimetiĂšre de Touba ont refusĂ© d’autoriser l’inhumation d’un homme au cimetiĂšre de Bakhia sur la base d’un rapport sur le statut LGBTI du dĂ©funt.

En novembre 2019, une importante organisation anti-LGBTI a publiĂ© une liste d’associations LGBTI et de leurs dirigeants qui avaient reçu le statut d’organisation non gouvernementale de la part du gouvernement. La publication de la liste a suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions publiques contre ces organisations, ce qui a entraĂźnĂ© la fermeture des autoritĂ©s.

STIGMATISATION SOCIALE DU VIH ET DU SIDA

La loi interdit toute forme de discrimination Ă  l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, et le gouvernement et les ONG ont menĂ© des campagnes de sensibilisation au VIH/sida afin d’accroĂźtre l’acceptation sociale des personnes vivant avec le VIH ou le sida et d’accroĂźtre le dĂ©pistage du VIH et le counseling Ă  l’échelle nationale. NĂ©anmoins, des militants des droits humains ont signalĂ© que les personnes sĂ©ropositives et celles atteintes de maladies liĂ©es au sida souffraient de stigmatisation sociale en raison de la croyance rĂ©pandue qu’un tel statut indiquait l’homosexualitĂ©. Les hommes sĂ©ropositifs s’abstenaient parfois de prendre des mĂ©dicaments antirĂ©troviraux parce qu’ils craignaient que leur famille ne dĂ©couvre leur orientation sexuelle.

Section 7. Droits des travailleurs

UN. LA LIBERTÉ D’ASSOCIATION ET LE DROIT À LA NÉGOCIATION COLLECTIVE

La loi prĂ©voit le droit des travailleurs de former et d’adhĂ©rer Ă  des syndicats indĂ©pendants, Ă  l’exception des membres des forces de sĂ©curitĂ©, y compris les policiers et les gendarmes, les douaniers et les juges. Les syndicats ont le droit de nĂ©gocier collectivement et de faire grĂšve, avec certaines restrictions. La loi permet aux fonctionnaires de former et d’adhĂ©rer Ă  des syndicats. Avant qu’un syndicat puisse exister lĂ©galement, le code du travail nĂ©cessite l’autorisation du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Les syndicats n’ont aucun recours juridique si le ministre refuse l’enregistrement, bien que l’autorisation soit rarement refusĂ©e. En vertu de la loi, dans le cadre du processus de reconnaissance syndicale, le ministĂšre a le pouvoir de vĂ©rifier la moralitĂ© et l’aptitude des candidats Ă  des postes de fonctionnaires syndicaux. Toute modification aux rĂšglements administratifs d’un syndicat doit ĂȘtre signalĂ©e et examinĂ©e par l’inspecteur du travail et le procureur. En outre, la loi prĂ©voit que les mineurs (tant en tant que travailleurs qu’en tant qu’apprentis) ne peuvent adhĂ©rer Ă  un syndicat sans l’autorisation parentale. Le procureur de la RĂ©publique peut dissoudre et dissoudre les syndicats par ordonnance administrative si les administrateurs syndicaux ne suivent pas les rĂšglements gouvernementaux sur les obligations d’un syndicat Ă  ses membres.

La loi interdit la discrimination antisyndicale et permet aux syndicats de mener leurs activitĂ©s sans ingĂ©rence. Les Ă©trangers ne peuvent occuper des fonctions syndicales que s’ils vivent dans le pays depuis cinq ans et seulement si leur pays accorde le mĂȘme droit aux citoyens sĂ©nĂ©galais. Les conventions collectives couvraient environ 44 p. 100 des travailleurs de l’économie officielle. Les syndicats peuvent engager des poursuites judiciaires contre toute personne ou entitĂ© qui porte atteinte aux droits de nĂ©gociation collective des membres du syndicat, y compris la cessation d’emploi.

La loi prĂ©voit le droit de grĂšve; toutefois, certains rĂšglements restreignent ce droit. Selon les militants syndicaux, la Constitution porte atteinte au droit de grĂšve en stipulant qu’une grĂšve ne doit pas porter atteinte Ă  la libertĂ© de travailler ou mettre en pĂ©ril une entreprise. La loi stipule que les lieux de travail ne peuvent pas ĂȘtre occupĂ©s pendant une grĂšve et ne peuvent violer la libertĂ© de travail des non-clients ou entraver le droit de la direction d’entrer dans les locaux de l’entreprise. Cela signifie que les piquets de grĂšve, les ralentissements, le travail pour gouverner et les grĂšves de sit-down sont interdits. Les syndicats reprĂ©sentant les membres de la fonction publique doivent informer le gouvernement de leur intention de faire grĂšve au moins un mois Ă  l’avance; les syndicats du secteur privĂ© doivent aviser le gouvernement trois jours Ă  l’avance. Le gouvernement n’a aucune obligation lĂ©gale de s’engager avec des groupes qui prĂ©voient faire grĂšve, mais le gouvernement a parfois engagĂ© un dialogue avec ces groupes. Le gouvernement peut Ă©galement rĂ©quisitionner des travailleurs pour remplacer ceux qui sont en grĂšve dans tous les secteurs, y compris les secteurs des « services essentiels ». Un travailleur qui participe Ă  une grĂšve illĂ©gale peut ĂȘtre licenciĂ© sommairement. Le gouvernement a effectivement appliquĂ© les lois applicables sur le droit de grĂšve. Les peines pour non-conformitĂ© comprennent une amende, une peine d’emprisonnement ou les deux. Des sanctions Ă©taient suffisantes pour dissuader les violations. Le code du travail ne s’applique pas au secteur informel et exclut ainsi la majoritĂ© de la main-d’Ɠuvre, y compris les agriculteurs de subsistance, les travailleurs domestiques et ceux employĂ©s dans de nombreuses entreprises familiales. Le gouvernement a appliquĂ© les lois applicables. Les peines Ă©taient proportionnelles Ă  celles pour des infractions similaires.

Le gouvernement et les employeurs respectaient gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© d’association et le droit Ă  la nĂ©gociation collective avec restrictions. Les travailleurs exerçaient le droit de former ou d’adhĂ©rer Ă  des syndicats, mais le sentiment anti union au sein du gouvernement Ă©tait fort. Les syndicats s’organisent Ă  l’échelle de l’industrie, ce qui est trĂšs semblable Français systĂšme d’organisation syndicale. Aucun rapport de discrimination antisyndicale n’a Ă©tĂ© confirmĂ©.

B. INTERDICTION DU TRAVAIL FORCÉ OU OBLIGATOIRE

La loi interdit toute forme de travail forcĂ© ou obligatoire. Toutefois, de nombreuses dispositions de la loi imposent l’emprisonnement assorti d’un travail pĂ©nitentiaire obligatoire comme peine pour non-respect de certaines pratiques, telles que la participation Ă  des grĂšves dans des « services essentiels », l’occupation du lieu de travail ou de son environnement immĂ©diat pendant les grĂšves, ou la violation de la discipline du travail considĂ©rĂ©e comme mettant en danger les navires ou la vie ou la santĂ© des personnes Ă  bord. Les peines pour travail forcĂ© Ă©taient proportionnelles aux peines pour d’autres crimes graves.

Le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement les lois applicables contre le travail forcĂ©, et de telles pratiques ont continuĂ© de se produire dans les domaines de la servitude domestique, de la prostitution forcĂ©e, du travail agricole et de l’exploitation miniĂšre artisanale. Le travail forcĂ© des enfants s’est produit, y compris la mendicitĂ© forcĂ©e par les enfants dans certaines Ă©coles coraniques (voir la section 6). Certains enfants de ces Ă©coles Ă©taient maintenus dans des conditions de servitude; ont Ă©tĂ© forcĂ©s de travailler tous les jours, gĂ©nĂ©ralement dans la rue mendier; et devaient respecter un quota quotidien d’argent (ou parfois de sucre ou de riz) fixĂ© par leurs enseignants. Le Groupe de travail national sur la lutte contre le problĂšme et l’UnitĂ© spĂ©ciale pour la protection de l’enfance ont continuĂ© de s’attaquer Ă  ces questions dans l’ensemble du pays. Toutefois, lorsque les fonctionnaires ont identifiĂ© un cas potentiel de mendicitĂ© forcĂ©e, ils n’ont souvent pas engagĂ© de poursuites conformĂ©ment aux lignes directrices prĂ©cĂ©demment prescrites en matiĂšre de peine minimale.

Voir Ă©galement le rapport du DĂ©partement d’État sur la traite des personnes à https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.

C. INTERDICTION DU TRAVAIL DES ENFANTS ET ÂGE MINIMUM POUR L’EMPLOI

Les rĂšglements sur le travail des enfants fixent l’ñge minimum de travail Ă  15 ans, le travail Ă©tant considĂ©rĂ© comme « dangereux » interdit jusqu’à l’ñge de 18 ans. La loi interdit de nombreuses formes de travail dangereux des enfants, mais comprend des exceptions. Dans le secteur agricole, par exemple, les enfants dĂšs l’ñge de 12 ans sont autorisĂ©s Ă  travailler dans un environnement familial. La loi permet Ă©galement aux garçons de moins de 16 ans de travailler dans des mines souterraines et des carriĂšres faisant du « travail lĂ©ger ». En raison de la nature des dangers associĂ©s Ă  l’exploitation miniĂšre, les activitĂ©s de « travail lĂ©ger » n’empĂȘchent pas l’exposition aux dangers.

Les inspecteurs du ministĂšre du Travail sont chargĂ©s d’enquĂȘter et d’intenter des poursuites dans des affaires de travail des enfants. Les enquĂȘteurs du ministĂšre peuvent se rendre dans n’importe quelle institution pendant les heures de travail pour vĂ©rifier et enquĂȘter sur le respect du droit du travail et peuvent donner des conseils aux syndicats ou aux citoyens ordinaires. Les peines pour travail des enfants Ă©taient souvent non imposĂ©es et n’étaient pas proportionnelles aux peines pour d’autres crimes graves.

Le ministĂšre du Travail a envoyĂ© des enquĂȘteurs pour enquĂȘter sur les lieux de travail formels, mais ils n’ont pas Ă©tĂ© adĂ©quatement formĂ©s pour faire face aux problĂšmes de travail des enfants. La Division du travail des enfants du ministĂšre du Travail Ă©tait en sous-effectif. Les inspecteurs n’ont pas suivi adĂ©quatement le secteur informel, et aucun cas de travail des enfants n’a Ă©tĂ© identifiĂ© dans le secteur formel. En outre, de nombreuses zones oĂč les abus sont rĂ©pandus sont Ă©loignĂ©es, et les inspecteurs ne sont situĂ©s que dans les grandes villes. Il n’existe pas de systĂšme spĂ©cifique pour signaler les violations du travail des enfants, en grande partie en raison des efforts insuffisants de la Division du travail des enfants et du ministĂšre du Travail. Le ministĂšre s’est plutĂŽt appuyĂ© sur les syndicats pour signaler les contrevenants. Le gouvernement a organisĂ© des sĂ©minaires avec des responsables locaux, des ONG et la sociĂ©tĂ© civile pour sensibiliser le public aux dangers du travail des enfants, de la mendicitĂ© et de l’exploitation en ligne des enfants.

La plupart des cas de travail des enfants se sont produits dans l’économie informelle oĂč la rĂ©glementation du travail n’était pas appliquĂ©e. Les pressions Ă©conomiques et les possibilitĂ©s d’éducation inadĂ©quates ont souvent poussĂ© les familles rurales Ă  mettre l’accent sur le travail par rapport Ă  l’éducation de leurs enfants. Le travail des enfants Ă©tait particuliĂšrement frĂ©quent dans les rĂ©gions de Tambacounda, Louga et Fatick, oĂč jusqu’à 90 pour cent des enfants travaillaient. Le travail des enfants Ă©tait rĂ©pandu dans de nombreux secteurs informels et familiaux, tels que l’agriculture (millet, maĂŻs et arachides), la pĂȘche, l’extraction artisanale de l’or, les garages, les dĂ©charges, les abattoirs, la production de sel, les carriĂšres de roches et les ateliers de mĂ©tallurgie et de menuiserie. Dans le vaste secteur minier artisanal informel et non rĂ©glementĂ©, des familles entiĂšres, y compris des enfants, Ă©taient engagĂ©es dans des travaux miniers artisanaux. Les laveuses d’or pour enfants, ĂągĂ©es de 10 Ă  14 ans, travaillaient environ huit heures par jour Ă  l’aide d’agents toxiques comme le mercure sans formation ni Ă©quipement de protection. On a Ă©galement signalĂ© que des enfants travaillaient dans des fermes familiales ou Ă©levaient du bĂ©tail. Les enfants travaillaient Ă©galement comme domestiques, dans des ateliers de couture, dans des stands de fruits et lĂ©gumes et dans d’autres secteurs de l’économie informelle.

Selon l’Organisation internationale du Travail, 28 pour cent des enfants ont participĂ© Ă  la population active. Un type prĂ©dominant de travail forcĂ© des enfants Ă©tait la mendicitĂ© forcĂ©e des enfants envoyĂ©s vivre et Ă©tudier sous la supervision d’enseignants coraniques (voir les articles 6 et 7.b.).

Voir aussi les conclusions du département du Travail sur lespires formesdetravaildesenfants àwww.dol.gov/ilab/reports/child-labor/findings/  .

D. DISCRIMINATION À L’ÉGARD DE L’EMPLOI ET DE LA PROFESSION

Le droit du travail interdit la discrimination dans l’emploi et la profession fondĂ©e sur l’origine nationale, la race, le sexe, le handicap et la religion; les contrevenants sont officiellement soumis Ă  des amendes et Ă  des peines d’emprisonnement, mais ces lois n’ont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement, et les peines n’ont pas suffi Ă  dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. La loi n’interdit pas explicitement la discrimination fondĂ©e sur l’orientation sexuelle ou l’identitĂ© de genre. Le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement les dispositions antidiscrimination de la loi. La discrimination fondĂ©e sur le sexe dans l’emploi et la profession s’est produite et Ă©tait la forme de discrimination la plus rĂ©pandue. Les hommes et les femmes ont les mĂȘmes droits de postuler Ă  un emploi, bien que les femmes soient confrontĂ©es Ă  certaines restrictions sur les professions et les tĂąches. Les femmes ont Ă©tĂ© victimes de discrimination dans l’emploi et l’exploitation d’entreprises (voir la section 6).

E. CONDITIONS DE TRAVAIL ACCEPTABLES

Le salaire horaire minimum national Ă©tait supĂ©rieur au taux de revenu de pauvretĂ© estimĂ©. Le ministĂšre du Travail est responsable de l’application du salaire minimum. Les syndicats ont Ă©galement agi en tant que chiens de garde et ont contribuĂ© Ă  la mise en Ɠuvre effective du salaire minimum dans le secteur formel. Les dispositions relatives au salaire minimum s’appliquent Ă©galement aux travailleurs Ă©trangers et migrants.

Pour la plupart des professions du secteur formel, la loi prĂ©voit une semaine de travail normale de 40 Ă  48 heures, soit environ 2 100 heures par annĂ©e, avec au moins une pĂ©riode de repos de 24 heures par semaine, un mois par annĂ©e de congĂ© annuel, l’inscription aux rĂ©gimes gouvernementaux de sĂ©curitĂ© sociale et de retraite, les normes de sĂ©curitĂ© et d’autres mesures. Le travail de nuit est dĂ©fini comme une activitĂ© entre 22 .m et 5 .m. ; les travailleurs de nuit devraient recevoir un taux supplĂ©mentaire de 60 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es et de 100 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es pendant les vacances. La loi n’interdit pas les heures supplĂ©mentaires excessives ou obligatoires dans le secteur formel.

La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires n’est exigĂ©e que dans le secteur formel. Il existe des rĂšglements juridiques sur la sĂ©curitĂ© et la santĂ© au travail appropriĂ©s Ă  l’industrie, et le gouvernement Ă©tablit les normes. Les employĂ©s ou leurs reprĂ©sentants ont le droit de proposer tout ce qu’ils supposent pour assurer leur protection et leur sĂ©curitĂ© et de renvoyer les propositions Ă  l’autoritĂ© administrative compĂ©tente au cas oĂč les employeurs refuseraient.

Le ministĂšre du Travail, par l’intermĂ©diaire du Bureau d’inspection du travail, est responsable de l’application des normes du travail dans le secteur formel; ceux qui enfreignent les normes sont officiellement passibles d’amendes et d’emprisonnements, mais les normes du travail n’ont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement et insuffisantes pour dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. L’application de la norme de la semaine de travail Ă©tait irrĂ©guliĂšre. Les inspecteurs du travail avaient de mauvaises conditions de travail et n’avaient pas de transport pour mener Ă  bien leur mission. Le nombre d’inspecteurs du travail Ă©tait insuffisant pour faire respecter la loi. Les inspecteurs du travail avaient le pouvoir d’organiser des inspections inopinĂ©es et d’imposer des sanctions. Les violations des normes salariales, des heures supplĂ©mentaires et des normes de sĂ©curitĂ© et de santĂ© au travail Ă©taient courantes. En raison d’un chĂŽmage Ă©levĂ© et d’un systĂšme juridique lent, les travailleurs exerçaient rarement leur droit nominal de se soustraire Ă  des situations mettant en danger la santĂ© ou la sĂ©curitĂ©. Selon les statistiques du Conseil national du patronat, il y a eu 1 700 cas liĂ©s Ă  des accidents du travail en 2017 contre environ 1 900 en 2016 (dont la majoritĂ© Ă  Dakar); les militants syndicaux affirment que ce nombre Ă©tait faible puisque la statistique officielle ne tient pas compte du grand nombre d’accidents du travail dans le secteur informel.

ÉTIQUETTESBureau des affaires africainesBureau de la dĂ©mocratie, des droits de l’homme et du travailSĂ©nĂ©galAfghanistanAlbaniaAlgeriaAndorraAngolaAntigua and BarbudaArgentinaArmeniaAustraliaAustriaAzerbaijanBahamasBahrainBangladeshBarbadosBelarusBelgiumBelizeBeninBhutanBoliviaBosnia and HerzegovinaBotswanaBrazilBruneiBulgariaBurkina FasoBurmaBurundiCabo VerdeCambodiaCameroonCanadaCentral African RepublicChadChileChina (Includes Hong Kong, Macau, and Tibet)ColombiaComorosCosta RicaCĂŽte d’IvoireCroatiaCubaCyprusCzech RepublicDemocratic Republic of the CongoDenmarkDjiboutiDominicaDominican RepublicEcuadorEgyptEl SalvadorEquatorial GuineaEritreaEstoniaEswatiniEthiopiaFijiFinlandFranceGabonGambiaGeorgiaGermanyGhanaGreeceGrenadaGuatemalaGuineaGuinea-BissauGuyanaHaitiHondurasHungaryIcelandIndiaIndonesiaIranIraqIrelandIsrael, West Bank and GazaItalyJamaicaJapanJordanKazakhstanKenyaKiribatiKosovoKuwaitKyrgyzstanLaosLatviaLebanonLesothoLiberiaLibyaLiechtensteinLithuaniaLuxembourgMadagascarMalawiMalaysiaMaldivesMaliMaltaMarshall IslandsMauritaniaMauritiusMexicoMicronesiaMoldovaMonacoMongoliaMontenegroMoroccoMozambiqueNamibiaNauruNepalNetherlandsNew ZealandNicaraguaNigerNigeriaNorth KoreaNorth MacedoniaNorwayOmanPakistanPalauPanamaPapua New GuineaParaguayPeruPhilippinesPolandPortugalQatarRepublic of the CongoRomaniaRussiaRwandaSaint Kitts and NevisSaint LuciaSaint Vincent and the GrenadinesSamoaSan MarinoSĂŁo TomĂ© and PrĂ­ncipeSaudi ArabiaSenegalSerbiaSeychellesSierra LeoneSingaporeSlovakiaSloveniaSolomon IslandsSomaliaSouth AfricaSouth KoreaSouth SudanSpainSri LankaSudanSurinameSwedenSwitzerlandSyriaTaiwanTajikistanTanzaniaThailandTimor-LesteTogoTongaTrinidad and TobagoTunisiaTurkeyTurkmenistanTuvaluUgandaUkraineUnited Arab EmiratesUnited KingdomUruguayUzbekistanVanuatuVenezuelaVietnamYemenZambiaZimbabweSĂ©nĂ©gal

. Au-delĂ  de la RTS, les membres du parti au pouvoir du prĂ©sident Sall, nommĂ©s par le prĂ©sident, contrĂŽlaient tous les autres mĂ©dias publics, y compris l’Agence de presse sĂ©nĂ©galaise et le quotidien Le Soleil; les rapports de ces points de vente portaient souvent un parti pris progouvernemental.

Censure ou restrictions de contenu : Les journalistes pratiquent occasionnellement l’autocensure, en particulier dans les mĂ©dias contrĂŽlĂ©s par le gouvernement. Le 8 juillet, les autoritĂ©s ont interdit Ă  la presse nationale de couvrir le procĂšs du militant Abdou Karim Gueye.

Lois sur la diffamation et la diffamation : Des lois sur le blasphÚme et la diffamation sont en place et ont parfois été appliquées.

LIBERTÉ D’INTERNET

La loi accorde Ă  l’AutoritĂ© sĂ©nĂ©galaise de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©communications et de la poste et aux fournisseurs d’accĂšs internet existants la possibilitĂ© de limiter ou de bloquer l’accĂšs Ă  certains sites en ligne et rĂ©seaux sociaux.

LIBERTÉ ACADÉMIQUE ET ÉVÉNEMENTS CULTURELS

Il n’y avait aucune restriction gouvernementale Ă  la libertĂ© acadĂ©mique ou aux Ă©vĂ©nements culturels.

B. LIBERTÉS DE RÉUNION ET D’ASSOCIATION PACIFIQUES

Le gouvernement limitait parfois la libertĂ© de rĂ©union pacifique, mais respectait gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© d’association, sauf en ce qui concerne les organisations lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuĂ©es (LGBTI). Le ministĂšre de l’IntĂ©rieur doit approuver les manifestations Ă  l’avance.

LIBERTÉ DE RÉUNION PACIFIQUE

Les autoritĂ©s ont refusĂ© d’autoriser plusieurs manifestations tout au long de l’annĂ©e. Certains groupes se sont Ă©galement plaints de retards indus en rĂ©ponse aux demandes d’autorisation de manifestations publiques. Les autoritĂ©s ont systĂ©matiquement invoquĂ© la loi interdisant les manifestations dans certaines parties du centre-ville de Dakar pour interdire les manifestations.

Le 18 janvier, la police a arrĂȘtĂ© 15 membres de No Lank No Ban qui menaient une campagne de sensibilisation concernant l’augmentation des prix de l’électricitĂ©. Les autoritĂ©s ont libĂ©rĂ© les personnes arrĂȘtĂ©es aprĂšs 48 heures de dĂ©tention.

Le 23 juin, les autoritĂ©s ont arrĂȘtĂ© des membres du mouvement de protestation gilets rouges pour avoir organisĂ© une manifestation non autorisĂ©e pour la libĂ©ration du militant Abdou Karim Gueye.

En novembre 2019, la police a arrĂȘtĂ© Guy Marius Sagna, membre du collectif d’opposition No Lank No Ban, pour avoir protestĂ© contre une hausse des prix de l’électricitĂ© devant la porte du palais prĂ©sidentiel, et l’a libĂ©rĂ© trois mois plus tard. Le 10 aoĂ»t, les autoritĂ©s l’ont de nouveau arrĂȘtĂ© devant le bureau de l’administrateur de Dakar aprĂšs qu’il a dĂ©posĂ© une demande de marche le 14 aoĂ»t, l’accusant d’avoir participĂ© Ă  un rassemblement illĂ©gal sur la voie publique et d’avoir Ă©tĂ© rassemblĂ© sans autorisation. Les autoritĂ©s l’ont remis en libertĂ© le mĂȘme jour.

LIBERTÉ D’ASSOCIATION

En novembre 2019, les autoritĂ©s ont fermĂ© un certain nombre d’organisations LGBTI aprĂšs la publication d’une liste de ces organisations par un groupe privĂ© (voir la section 6, Actes de violence, criminalisation et autres abus fondĂ©s sur l’orientation sexuelle et l’identitĂ© de genre).

C. LIBERTÉ DE RELIGION

Consultez le Rapport international sur la libertĂ© religieuse du DĂ©partement d’ÉtatĂ  www.state.gov/religiousfreedomreport/.

D. LIBERTÉ DE MOUVEMENT

La constitution et la loi prĂ©voient la libertĂ© de mouvement interne, les voyages Ă  l’étranger, l’émigration et le rapatriement, et le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement respectĂ© ces droits. Le gouvernement a continuĂ© d’autoriser le rapatriement gĂ©nĂ©ralement non supervisĂ© et en grande partie informel des rĂ©fugiĂ©s de Casamance revenant de Gambie et de GuinĂ©e-Bissau.

Voyages Ă  l’étranger : La loi exige que certains fonctionnaires obtiennent l’approbation du gouvernement avant de quitter le pays. Seuls les militaires et les autoritĂ©s judiciaires ont toutefois appliquĂ© cette loi pour leurs employĂ©s.

E. STATUT ET TRAITEMENT DES PERSONNES DÉPLACÉES À L’INTÉRIEUR DU PAYS

Au cours des 38 annĂ©es de conflit en Casamance, jusqu’à 20 000 personnes ont quittĂ© les villages de la rĂ©gion en raison des combats, des enlĂšvements forcĂ©s et des mines terrestres, selon les estimations des agences internationales d’aide humanitaire. Les rĂ©fugiĂ©s et les personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays ont continuĂ© de retourner dans leurs villages.

F. PROTECTION DES RÉFUGIÉS

Le gouvernement a coopĂ©rĂ© avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) et d’autres organisations humanitaires pour fournir une protection et une assistance aux personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays, aux rĂ©fugiĂ©s, aux demandeurs d’asile, aux apatrides ou Ă  d’autres personnes prĂ©occupantes.

AccĂšs Ă  l’asile : La loi prĂ©voit l’octroi de l’asile ou du statut de rĂ©fugiĂ©, et le gouvernement a mis en place un systĂšme de protection des rĂ©fugiĂ©s. Puisque le prĂ©sident doit approuver chaque cas, les retards de plusieurs annĂ©es dans l’octroi du statut de rĂ©fugiĂ© sont restĂ©s un problĂšme. Les dĂ©fenseurs des rĂ©fugiĂ©s ont signalĂ© que le gouvernement accordait rarement le statut de rĂ©fugiĂ© ou l’asile. Toutefois, le gouvernement a gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© les personnes en instance et certaines personnes ayant rejetĂ© leur demande d’asile Ă  rester dans le pays.

Le gouvernement n’a pas offert Ă  tous les demandeurs d’asile une procĂ©dure rĂ©guliĂšre ou la sĂ©curitĂ©, puisque le mĂȘme comitĂ© qui a examinĂ© les appels dĂ©posĂ©s par les demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s avait examinĂ© leurs cas originaux. La police n’a pas arrĂȘtĂ© les demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s pour avoir sĂ©journĂ© illĂ©galement dans le pays. La police a arrĂȘtĂ© des demandeurs d’asile s’ils commettent des crimes, mais les autoritĂ©s ont gĂ©nĂ©ralement contactĂ© le HCR dans de tels cas pour vĂ©rifier leur statut d’asile et Ă©viter d’expulser une personne ayant une demande en instance.

Solutions durables : Depuis 1989, le pays offre une protection aux rĂ©fugiĂ©s mauritaniens, qui ont Ă©tĂ© dispersĂ©s sur une grande zone de la vallĂ©e du fleuve SĂ©nĂ©gal le long de la frontiĂšre mauritanienne et qui jouissaient de la libre circulation Ă  l’intĂ©rieur du pays. Selon le HCR, la plupart des rĂ©fugiĂ©s mauritaniens restants ont manifestĂ© le dĂ©sir de rester dans le pays de façon permanente.

Protection temporaire : Le gouvernement n’a pas accordĂ© officiellement de protection temporaire, bien que le gouvernement ait gĂ©nĂ©ralement autorisĂ© ceux qui avaient des demandes d’asile en instance et parfois refusĂ©es Ă  rester dans le pays.

Section 3. Liberté de participer au processus politique

La constitution et la loi permettent aux citoyens de choisir leur gouvernement lors d’élections pĂ©riodiques libres et Ă©quitables tenues au scrutin secret et fondĂ©es sur un suffrage universel et Ă©gal.

ÉLECTIONS ET PARTICIPATION POLITIQUE

Élections rĂ©centes : En fĂ©vrier 2019, le prĂ©sident Macky Sall a obtenu sa réélection, remportant 58 % des voix au premier tour de scrutin. Les observateurs Ă©lectoraux ont convenu que l’élection Ă©tait gĂ©nĂ©ralement libre et Ă©quitable, malgrĂ© des cas isolĂ©s oĂč les Ă©lecteurs n’étaient pas en mesure de voter.

Participation des femmes etdes membres des groupes Minorit y : Aucune loi ne limite la participation des femmes ou des membres de groupes minoritaires au processus politique, et elles y ont participĂ©. La loi exige que les listes de candidats des partis politiques contiennent un nombre Ă©gal d’hommes et de femmes pour des postes Ă©lus Ă  tous les niveaux, des conseils municipaux Ă  l’AssemblĂ©e nationale. Bien que le nombre de femmes Ă  des postes Ă©lus ait augmentĂ©, la loi n’a pas considĂ©rablement Ă©largi leur rĂŽle dans l’exercice de l’autoritĂ© politique puisqu’elle ne s’applique pas aux postes de direction des partis ou Ă  d’autres organes dĂ©cisionnels importants, comme le Cabinet et le pouvoir judiciaire. Certains observateurs croyaient que les facteurs traditionnels et culturels empĂȘchaient les femmes de participer au processus politique dans la mĂȘme mesure que les hommes. Les femmes Ă©lues au pouvoir font souvent face Ă  des pressions supplĂ©mentaires pour maintenir des rĂŽles traditionnels de genre asservissants, ce qui rend difficile la confrontation entre les dirigeants masculins et la domination dans la sphĂšre politique.

Section 4. Corruption et manque de transparence au sein du gouvernement

La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la corruption officielle, mais le gouvernement n’a souvent pas appliquĂ© la loi efficacement. Les fonctionnaires se livraient frĂ©quemment Ă  des pratiques de corruption en toute impunitĂ©. Au cours de l’annĂ©e, des informations ont fait Ă©tat de corruption gouvernementale.

Corruption : La Commission nationale anticorruption (OFNAC) a conclu en 2016 que la corruption, le dĂ©tournement, l’abus d’autoritĂ© et la fraude demeuraient rĂ©pandus au sein des institutions gouvernementales, en particulier dans les ministĂšres de la SantĂ© et de l’Éducation, des services postaux et du ministĂšre des Transports. En janvier, l’OFNAC a publiĂ© des rapports en retard sur ses activitĂ©s pour 2017 et 2018 et a prĂȘtĂ© serment devant six nouveaux cadres, ce qui a portĂ© son conseil d’administration Ă  un effectif complet pour la premiĂšre fois depuis plusieurs annĂ©es. Les rapports de corruption allaient de la recherche de loyers par des bureaucrates impliquĂ©s dans les approbations publiques, aux marchĂ©s publics opaques, Ă  la corruption dans le systĂšme judiciaire et la police. Certains hauts responsables de l’administration du prĂ©sident Sall auraient Ă©tĂ© impliquĂ©s dans des affaires de corruption. Le gouvernement a fait quelques progrĂšs dans ses efforts de lutte contre la corruption, en dĂšmessant les enquĂȘtes sur la corruption contre plusieurs fonctionnaires (principalement les rivaux politiques du prĂ©sident) et a obtenu plusieurs condamnations (voir l’article 1.d.).

Divulgation financiĂšre : La loi exige que le prĂ©sident, les ministres, le prĂ©sident et chef des finances de l’AssemblĂ©e nationale et les gestionnaires de fonds publics de plus d’un milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) divulguent leurs actifs Ă  l’OFNAC. Le dĂ©faut de se conformer peut entraĂźner une pĂ©nalitĂ© Ă©quivalant Ă  un quart du salaire mensuel d’une personne jusqu’à ce que les formulaires soient dĂ©posĂ©s. Le prĂ©sident peut licencier les personnes nommĂ©es qui ne se conforment pas. À l’exception des divulgations faites par le prĂ©sident, les divulgations faites en vertu de la loi sont confidentielles et la divulgation non autorisĂ©e de renseignements sur des biens est une infraction criminelle. Le 13 juillet, le prĂ©sident Macky Sall a lancĂ© un ultimatum d’un mois aux ministres du gouvernement pour qu’ils suivent les lignes directrices de l’OFNAC relatives Ă  la dĂ©claration de patrimoine. Tous sauf un se sont conformĂ©s Ă  la date limite.

Section 5. Attitude du gouvernement Ă  l’égard des enquĂȘtes internationales et non gouvernementales sur les violations prĂ©sumĂ©es des droits de l’homme

Une grande variĂ©tĂ© de groupes nationaux et internationaux de dĂ©fense des droits humains opĂ©raient gĂ©nĂ©ralement sans restriction gouvernementale, enquĂȘtant et publiant leurs conclusions sur les affaires de droits de l’homme. Les reprĂ©sentants du gouvernement ont Ă©tĂ© quelque peu coopĂ©ratifs, mais ont rarement pris des mesures pour rĂ©pondre Ă  leurs prĂ©occupations.

Organismes gouvernementaux des droits de l’homme : Le ComitĂ© national des droits de l’homme du gouvernement comprenait des reprĂ©sentants du gouvernement, des groupes de la sociĂ©tĂ© civile et des organisations indĂ©pendantes de dĂ©fense des droits humains. Le comitĂ© avait le pouvoir d’enquĂȘter sur les abus, mais il manquait de crĂ©dibilitĂ©, ne menait pas d’enquĂȘtes et a publiĂ© pour la derniĂšre fois un rapport annuel en 2001.

Section 6. Discrimination, abus sociétaux et traite des personnes

FEMMES

Viol et violence domestique : La loi interdit le viol, mais ne traite pas du sexe des victimes. La loi ne porte pas non plus sur le viol conjugal. Un amendement au code pĂ©nal adoptĂ© en dĂ©cembre 2019 a augmentĂ© les peines pour viol, maltraitance d’enfants et pĂ©dophilie. Elle a reçu un large soutien populaire de la part de groupes de femmes et de la sociĂ©tĂ© civile indignĂ©s par des viols flagrants. Les dĂ©linquants qui avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  des peines de cinq Ă  dix ans risquaient de 10 Ă  20 ans de prison, avec des peines d’emprisonnement Ă  perpĂ©tuitĂ© possibles dans des situations aggravĂ©es. Les experts ont notĂ© que le gouvernement devrait former davantage de gynĂ©cologues et de psychologues pour aider les victimes et sensibiliser les acteurs clĂ©s de la sociĂ©tĂ©, y compris la police, les juges, les chefs religieux et les mĂ©dias.

Le gouvernement n’a pas pleinement appliquĂ© les lois existantes, en particulier lorsque la violence s’est produite au sein des familles. Bien que la violence domestique qui cause des blessures durables soit passible d’une peine d’emprisonnement de 10 Ă  20 ans et d’une peine d’emprisonnement Ă  perpĂ©tuitĂ© pour meurtre, la police n’est gĂ©nĂ©ralement pas intervenue dans les conflits familiaux. Plusieurs groupes de femmes et le ComitĂ© de lutte contre la violence Ă  l’égard des femmes et des enfants (CLVF) ont signalĂ© une augmentation de la violence Ă  l’égard des femmes.

Les ONG, y compris le CLVF, ont notĂ© que certains juges n’appliquaient pas les lois sur la violence familiale, citant des cas dans lesquels les juges affirmaient que l’absence de preuves adĂ©quates Ă©tait une raison de rendre des peines clĂ©mentes. Les ONG ont Ă©galement notĂ© que le gouvernement n’avait pas permis aux associations d’apporter des poursuites au nom des victimes et l’absence de lois sur le bouclier pour le viol.

Le nombre d’incidents de violence familiale, que de nombreux citoyens considĂ©raient comme une partie normale de la vie, Ă©tait beaucoup plus Ă©levĂ© que le nombre de cas signalĂ©s. Le MinistĂšre de la justice est chargĂ© de lutter contre la violence domestique, mais il n’a entrepris aucun programme de lutte contre le viol et la violence domestique. Le Centre Ginddi, gĂ©rĂ© par le gouvernement Ă  Dakar, a fourni un abri aux femmes et aux filles qui ont survĂ©cu Ă  des viols ou Ă  des enfants, Ă  des mariages prĂ©coces et forcĂ©s ainsi qu’à des enfants des rues.

Le 20 fĂ©vrier, un juge a placĂ© un enseignant coranique en dĂ©tention pour le viol prĂ©sumĂ© de mineurs de moins de 13 ans, Ă  la suite d’accusations selon lesquelles il aurait abusĂ© d’un certain nombre de jeunes Ă©lĂšves frĂ©quentant son Ă©cole religieuse.

Mutilations gĂ©nitales fĂ©minines/excision (MGF/E) : La loi prĂ©voit des sanctions pĂ©nales pour la perpĂ©tration de MGF/E sur les femmes et les filles, mais les autoritĂ©s n’ont engagĂ© aucune poursuite. Les MGF/E ont Ă©tĂ© pratiquĂ©es dans le pays avec une prĂ©valence moyenne de 25 pour cent, avec des variations spectaculaires entre les rĂ©gions et les groupes ethniques, y compris des taux aussi Ă©levĂ©s que 80 pour cent dans certaines rĂ©gions, selon l’UNICEF et des enquĂȘtes locales.

HarcĂšlement sexuel : La loi prĂ©voit des peines d’emprisonnement de cinq mois Ă  trois ans et des amendes modestes Ă  substantielles pour harcĂšlement sexuel, mais le problĂšme Ă©tait gĂ©nĂ©ralisĂ©. Le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement la loi.

Coercition dans le contrĂŽle de la population : Il n’y a eu aucun rapport d’avortement forcĂ© ou de stĂ©rilisation involontaire de la part des autoritĂ©s gouvernementales.

Discrimination : La loi prĂ©voit le mĂȘme statut juridique et les mĂȘmes droits pour les femmes que pour les hommes, bien qu’il existe des restrictions lĂ©gales Ă  l’emploi des femmes, y compris des limitations des professions et des tĂąches, mais pas des heures de travail. NĂ©anmoins, les femmes sont confrontĂ©es Ă  une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, en particulier dans les zones rurales oĂč les coutumes traditionnelles et les rĂšgles discriminatoires en matiĂšre d’hĂ©ritage sont les plus strictes.

La dĂ©finition des droits paternels par la loi demeurait Ă©galement un obstacle Ă  l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes. La loi considĂšre les hommes comme des chefs de famille, empĂȘchant les femmes d’assumer la responsabilitĂ© lĂ©gale de leurs enfants. De plus, toutes les prestations pour enfants sont versĂ©es au pĂšre. Les femmes ne peuvent devenir le chef lĂ©gal du mĂ©nage que si le mari renonce formellement Ă  son autoritĂ© devant les autoritĂ©s ou s’il n’est pas en mesure d’agir en tant que chef de famille.

Bien que les femmes aient lĂ©galement un accĂšs Ă©gal Ă  la terre, les pratiques traditionnelles rendent difficile l’achat de biens par les femmes dans les zones rurales. De nombreuses femmes n’avaient accĂšs Ă  la terre que par l’intermĂ©diaire de leur mari, et la sĂ©curitĂ© de leurs droits dĂ©pendait du maintien de leurs relations avec leur mari. Les lois et les politiques discriminatoires limitaient Ă©galement l’accĂšs et le contrĂŽle des femmes au capital.

Le MinistĂšre de la femme, des affaires familiales et du genre a une direction de l’égalitĂ© des sexes qui a mis en Ɠuvre des programmes de lutte contre la discrimination.

ENFANTS

Enregistrement des naissances : La citoyennetĂ© est acquise par naissance sur le territoire national ou par naturalisation. La loi prĂ©voit l’égalitĂ© des droits pour les mĂšres et les pĂšres de transmettre automatiquement la citoyennetĂ© Ă  leurs enfants. La loi ne rend pas obligatoire la dĂ©claration de naissance. L’enregistrement des naissances exigeait le paiement d’une petite taxe et le dĂ©placement vers un centre d’enregistrement, ce qui Ă©tait difficile pour de nombreux rĂ©sidents des zones rurales.

Éducation : La loi prĂ©voit une Ă©ducation gratuite et obligatoire pour les enfants ĂągĂ©s de 6 Ă  16 ans, bien qu’environ un tiers de ces enfants n’aient pas Ă©tĂ© scolarisĂ©s. Certains n’y ont pas assistĂ© pour des raisons religieuses. Alors que les enfants pouvaient gĂ©nĂ©ralement aller Ă  l’école primaire sans certificat de naissance, ils en avaient besoin pour passer des examens nationaux. Les Ă©lĂšves devaient souvent payer leurs propres livres, uniformes et autres fournitures scolaires.

Les filles ont eu plus de difficultĂ©s Ă  poursuivre leurs Ă©tudes au-delĂ  du niveau Ă©lĂ©mentaire. Le manque d’eau courante, le manque d’assainissement, les grossesses prĂ©coces, les longues distances parcourues et le harcĂšlement sexuel du personnel scolaire ont contribuĂ© Ă  ce que les filles quittent l’école. Lorsque les directeurs d’école Ă©taient au courant du harcĂšlement ou de l’exploitation sexuels, ils essayaient gĂ©nĂ©ralement de rĂ©soudre la situation par eux-mĂȘmes sans la signaler aux autoritĂ©s supĂ©rieures ou Ă  la police et stigmatisaient et prochaient souvent le comportement des filles plutĂŽt que de l’enseignant. Les filles n’étaient gĂ©nĂ©ralement pas sĂ»res de ce qui constituait le consentement et le harcĂšlement et ne savaient pas oĂč signaler l’exploitation. Si les filles tombaient enceintes, elles abandondaient l’école et Ă©taient souvent boudĂ©es par leur famille.

De nombreux parents ont choisi de garder leurs filles d’ñge moyen et secondaire Ă  la maison pour travailler ou se marier plutĂŽt que de les envoyer Ă  l’école. Ces derniĂšres annĂ©es, cependant, les disparitĂ©s entre les sexes au niveau des collĂšges et des lycĂ©es se sont considĂ©rablement attĂ©nuĂ©es.

Maltraitance des enfants : Les mauvais traitements infligĂ©s aux enfants demeuraient frĂ©quents, en particulier chez les garçons envoyĂ©s Ă  Dakar et dans d’autres villes pour mendier sous la menace d’une punition. Les parents ont envoyĂ© beaucoup de ces garçons Ă©tudier dans les daaras (Ă©coles religieuses coraniques). À certains daaras, les instructeurs coraniques exploitaient, maltraitaient physiquement et força les enfants Ă  mendier dans la rue. Selon Human Rights Watch en 2019, plus de 100 000 Ă©tudiants vivaient Ă  Daaras Ă  travers le pays.

Le 18 fĂ©vrier, un Ă©lĂšve coranique de 13 ans de Louga est mort aprĂšs avoir Ă©tĂ© rouĂ© de coups par son professeur coranique. Les autoritĂ©s n’ont pas enquĂȘtĂ© ni portĂ© plainte contre l’enseignant.

Mariage prĂ©coce et forcĂ© : en vertu de la loi, les femmes ont le droit de choisir quand et qui elles Ă©pousent, mais les pratiques traditionnelles limitaient souvent le choix d’une femme. La loi interdit le mariage des filles de moins de 16 ans, mais cette loi n’a gĂ©nĂ©ralement pas Ă©tĂ© appliquĂ©e dans la plupart des communautĂ©s oĂč des mariages ont Ă©tĂ© organisĂ©s. Sous certaines conditions, un juge peut accorder une dispense spĂ©ciale Ă  un homme pour Ă©pouser une fille de moins de l’ñge du consentement.

Selon les groupes de dĂ©fense des droits des femmes et les responsables du MinistĂšre de la femme, de la famille et du genre, les mariages prĂ©coces et forcĂ©s Ă©taient un problĂšme important, en particulier dans les zones plus rurales du sud, de l’est et du nord-est. Le ministĂšre a menĂ© des campagnes d’éducation pour s’attaquer au problĂšme. Selon les statistiques du Fonds des Nations Unies pour la population, 33 % des femmes Ă©taient mariĂ©es avant l’ñge de 18 ans et 12 % avant l’ñge de 15 ans.

Exploitation sexuelle des enfants : La loi interdit l’exploitation, la vente et l’offre sexuelles commerciales d’enfants Ă  des fins de prostitution et de pratiques liĂ©es Ă  la pornographie. Les agresseurs sexuels reconnus coupables de traite d’enfants sont condamnĂ©s Ă  des peines d’emprisonnement de cinq Ă  dix ans et Ă  une amende. Si le dĂ©linquant est un membre de la famille, le maximum est appliquĂ©. L’achat d’un mineur pour prostitution est passible d’une peine d’emprisonnement de deux Ă  cinq ans et d’amendes modestes Ă  substantielles. Si le crime implique une victime de moins de 13 ans, la peine maximale est appliquĂ©e. La loi n’a pas Ă©tĂ© appliquĂ©e efficacement, mais lorsque les cas ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s aux autoritĂ©s, ils ont menĂ© des enquĂȘtes de suivi. L’ñge minimum des rapports sexuels consensuels est de 18 ans.

La pornographie impliquant des enfants de moins de 16 ans est considĂ©rĂ©e comme de la pĂ©dophilie et passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et d’une amende.

L’exploitation des femmes et des filles dans la prostitution et le trafic sexuel est un problĂšme, en particulier dans la rĂ©gion aurifĂšre de Kedougou, dans le sud-est du pays. Bien qu’il n’y ait pas eu de rapports sur le tourisme sexuel des enfants, le pays a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une destination pour le tourisme sexuel des enfants pour les touristes de France, belgique et Allemagne, entre autres pays.

Infanticide ou infanticide d’enfants handicapĂ©s : L’infanticide continuait d’ĂȘtre un problĂšme, gĂ©nĂ©ralement dĂ» Ă  la pauvretĂ© ou Ă  l’embarras. Dans certains cas, les familles des femmes leur ont fait honte en tuant leurs bĂ©bĂ©s. Les travailleuses domestiques et les femmes rurales travaillant dans les villes tuaient parfois leurs nouveau-nĂ©s s’ils ne pouvaient pas s’occuper d’eux. Selon l’AssemblĂ©e africaine pour la dĂ©fense des droits de l’homme, l’infanticide s’est Ă©galement produit lorsqu’une femme est tombĂ©e enceinte de l’enfant d’un homme d’une caste professionnelle interdite. Si la police dĂ©couvrait l’identitĂ© de la mĂšre, elle risquait d’ĂȘtre arrĂȘtĂ©e et poursuivie pour infanticide.

Enfants dĂ©placĂ©s : De nombreux enfants dĂ©placĂ©s par le conflit de Casamance vivaient avec des membres de leur famille Ă©largie, des voisins, dans des foyers pour enfants ou dans la rue. Selon les ONG de casamance, les enfants dĂ©placĂ©s souffraient des effets psychologiques des conflits, de la malnutrition et de la mauvaise santĂ©. En mai, le MinistĂšre de la femme, de la famille, du genre, de l’enfance et de la protection sociale a lancĂ© une troisiĂšme phase de son projet « ZĂ©ro enfant dans la rue ». Elle a cherchĂ© Ă  renvoyer 10 000 enfants des rues Ă  Dakar en les renvoyant dans leurs familles. Le programme d’un milliard de francs CFA (1,8 million de dollars) visait Ă©galement Ă  supprimer 10 000 francs CFA supplĂ©mentaires d’autres rĂ©gions.

EnlĂšvements internationaux d’enfants : Le pays n’est pas partie Ă  la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de l’enlĂšvement international d’enfants. Voir le rapport annuel du DĂ©partement d’État sur l’enlĂšvement international d’enfants par les parents https://travel.state.gov/content/travel/en/International-Parental-Child-Abduction/for-providers/legal-reports-and-data.html.

ANTISÉMITISME

Il y avait environ 100 rĂ©sidents juifs dans le pays; aucun acte antisĂ©mite n’a Ă©tĂ© signalĂ©.

TRAITE DES PERSONNES

Voir le rapport du DĂ©partement d’État sur la traite des personnes à https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.

PERSONNES HANDICAPÉES

La loi interdit la discrimination Ă  l’égard des personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement n’a pas appliquĂ© adĂ©quatement ces dispositions. La loi impose Ă©galement l’accessibilitĂ© aux personnes handicapĂ©es, mais le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement la loi.

Le gouvernement a accordĂ© des subventions, gĂ©rĂ© la formation professionnelle dans les centres rĂ©gionaux et offert des fonds aux personnes handicapĂ©es pour crĂ©er des entreprises. En raison d’un manque de formation en Ă©ducation spĂ©ciale pour les enseignants et d’installations accessibles aux enfants handicapĂ©s, les autoritĂ©s n’ont inscrit que 40 pour cent de ces enfants Ă  l’école primaire. Le soutien aux personnes ayant une dĂ©ficience mentale n’était gĂ©nĂ©ralement pas disponible, et les incidents de violence Ă  l’égard des personnes ayant une dĂ©ficience mentale Ă©taient frĂ©quents.

Les personnes handicapĂ©es ont Ă©prouvĂ© de la difficultĂ© Ă  s’inscrire pour voter et Ă  accĂ©der aux bureaux de vote, en raison d’obstacles physiques comme les escaliers et de l’absence de dispositions telles que les bulletins de vote en braille ou les interprĂštes gestuels pour les personnes ayant une dĂ©ficience visuelle ou auditive ou incapables de parler. La loi rĂ©serve 15 pour cent des nouveaux postes de la fonction publique aux personnes handicapĂ©es, mais ce quota n’a jamais Ă©tĂ© appliquĂ©. Dans les rĂ©gions en dehors de Dakar, en particulier, les personnes handicapĂ©es Ă©taient encore effectivement exclues de l’accĂšs Ă  ces postes.

Le MinistĂšre de la santĂ© et de l’action sociale est chargĂ© de protĂ©ger les droits des personnes handicapĂ©es.

MEMBRES DE GROUPES NATIONAUX/RACIAUX/ETHNIQUES MINORITAIRES

Les groupes ethniques coexistaient généralement pacifiquement.

La discrimination Ă  l’égard des individus des castes infĂ©rieures s’est poursuivie, et les intellectuels ou les hommes d’affaires des castes infĂ©rieures ont souvent essayĂ© de dissimuler leur identitĂ© de caste.

ACTES DE VIOLENCE, CRIMINALISATION ET AUTRES ABUS FONDÉS SUR L’ORIENTATION SEXUELLE ET L’IDENTITÉ DE GENRE

L’activitĂ© sexuelle consensuelle entre adultes, qualifiĂ©e en droit d’« acte contre nature », est une infraction criminelle, et les peines vont de un Ă  cinq ans d’emprisonnement et d’amendes; toutefois, la loi Ă©tait rarement appliquĂ©e. Aucune loi n’empĂȘche la discrimination fondĂ©e sur l’orientation sexuelle ou l’identitĂ© de genre, et il n’existe pas non plus de lois sur les crimes haineux qui pourraient ĂȘtre utilisĂ©es pour poursuivre les crimes motivĂ©s par des prĂ©jugĂ©s Ă  l’encontre des personnes LGBTI.

Les personnes LGBTI Ă©taient confrontĂ©es Ă  une discrimination gĂ©nĂ©ralisĂ©e, Ă  une intolĂ©rance sociale et Ă  des actes de violence. Les personnes LGBTI ont fait l’objet de menaces frĂ©quentes, d’attaques de la foule, de vols, d’expulsions, de chantage et de viols; les autoritĂ©s ont parfois tolĂ©rĂ© ou tolĂ©rĂ© ces abus. Des militants LGBTI se sont Ă©galement plaints de discrimination dans l’accĂšs aux services sociaux. Le gouvernement et les attitudes culturelles demeuraient fortement biaisĂ©s Ă  l’égard des personnes LGBTI.

En octobre 2019, les autoritĂ©s du cimetiĂšre de Touba ont refusĂ© d’autoriser l’inhumation d’un homme au cimetiĂšre de Bakhia sur la base d’un rapport sur le statut LGBTI du dĂ©funt.

En novembre 2019, une importante organisation anti-LGBTI a publiĂ© une liste d’associations LGBTI et de leurs dirigeants qui avaient reçu le statut d’organisation non gouvernementale de la part du gouvernement. La publication de la liste a suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions publiques contre ces organisations, ce qui a entraĂźnĂ© la fermeture des autoritĂ©s.

STIGMATISATION SOCIALE DU VIH ET DU SIDA

La loi interdit toute forme de discrimination Ă  l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, et le gouvernement et les ONG ont menĂ© des campagnes de sensibilisation au VIH/sida afin d’accroĂźtre l’acceptation sociale des personnes vivant avec le VIH ou le sida et d’accroĂźtre le dĂ©pistage du VIH et le counseling Ă  l’échelle nationale. NĂ©anmoins, des militants des droits humains ont signalĂ© que les personnes sĂ©ropositives et celles atteintes de maladies liĂ©es au sida souffraient de stigmatisation sociale en raison de la croyance rĂ©pandue qu’un tel statut indiquait l’homosexualitĂ©. Les hommes sĂ©ropositifs s’abstenaient parfois de prendre des mĂ©dicaments antirĂ©troviraux parce qu’ils craignaient que leur famille ne dĂ©couvre leur orientation sexuelle.

Section 7. Droits des travailleurs

UN. LA LIBERTÉ D’ASSOCIATION ET LE DROIT À LA NÉGOCIATION COLLECTIVE

La loi prĂ©voit le droit des travailleurs de former et d’adhĂ©rer Ă  des syndicats indĂ©pendants, Ă  l’exception des membres des forces de sĂ©curitĂ©, y compris les policiers et les gendarmes, les douaniers et les juges. Les syndicats ont le droit de nĂ©gocier collectivement et de faire grĂšve, avec certaines restrictions. La loi permet aux fonctionnaires de former et d’adhĂ©rer Ă  des syndicats. Avant qu’un syndicat puisse exister lĂ©galement, le code du travail nĂ©cessite l’autorisation du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Les syndicats n’ont aucun recours juridique si le ministre refuse l’enregistrement, bien que l’autorisation soit rarement refusĂ©e. En vertu de la loi, dans le cadre du processus de reconnaissance syndicale, le ministĂšre a le pouvoir de vĂ©rifier la moralitĂ© et l’aptitude des candidats Ă  des postes de fonctionnaires syndicaux. Toute modification aux rĂšglements administratifs d’un syndicat doit ĂȘtre signalĂ©e et examinĂ©e par l’inspecteur du travail et le procureur. En outre, la loi prĂ©voit que les mineurs (tant en tant que travailleurs qu’en tant qu’apprentis) ne peuvent adhĂ©rer Ă  un syndicat sans l’autorisation parentale. Le procureur de la RĂ©publique peut dissoudre et dissoudre les syndicats par ordonnance administrative si les administrateurs syndicaux ne suivent pas les rĂšglements gouvernementaux sur les obligations d’un syndicat Ă  ses membres.

La loi interdit la discrimination antisyndicale et permet aux syndicats de mener leurs activitĂ©s sans ingĂ©rence. Les Ă©trangers ne peuvent occuper des fonctions syndicales que s’ils vivent dans le pays depuis cinq ans et seulement si leur pays accorde le mĂȘme droit aux citoyens sĂ©nĂ©galais. Les conventions collectives couvraient environ 44 p. 100 des travailleurs de l’économie officielle. Les syndicats peuvent engager des poursuites judiciaires contre toute personne ou entitĂ© qui porte atteinte aux droits de nĂ©gociation collective des membres du syndicat, y compris la cessation d’emploi.

La loi prĂ©voit le droit de grĂšve; toutefois, certains rĂšglements restreignent ce droit. Selon les militants syndicaux, la Constitution porte atteinte au droit de grĂšve en stipulant qu’une grĂšve ne doit pas porter atteinte Ă  la libertĂ© de travailler ou mettre en pĂ©ril une entreprise. La loi stipule que les lieux de travail ne peuvent pas ĂȘtre occupĂ©s pendant une grĂšve et ne peuvent violer la libertĂ© de travail des non-clients ou entraver le droit de la direction d’entrer dans les locaux de l’entreprise. Cela signifie que les piquets de grĂšve, les ralentissements, le travail pour gouverner et les grĂšves de sit-down sont interdits. Les syndicats reprĂ©sentant les membres de la fonction publique doivent informer le gouvernement de leur intention de faire grĂšve au moins un mois Ă  l’avance; les syndicats du secteur privĂ© doivent aviser le gouvernement trois jours Ă  l’avance. Le gouvernement n’a aucune obligation lĂ©gale de s’engager avec des groupes qui prĂ©voient faire grĂšve, mais le gouvernement a parfois engagĂ© un dialogue avec ces groupes. Le gouvernement peut Ă©galement rĂ©quisitionner des travailleurs pour remplacer ceux qui sont en grĂšve dans tous les secteurs, y compris les secteurs des « services essentiels ». Un travailleur qui participe Ă  une grĂšve illĂ©gale peut ĂȘtre licenciĂ© sommairement. Le gouvernement a effectivement appliquĂ© les lois applicables sur le droit de grĂšve. Les peines pour non-conformitĂ© comprennent une amende, une peine d’emprisonnement ou les deux. Des sanctions Ă©taient suffisantes pour dissuader les violations. Le code du travail ne s’applique pas au secteur informel et exclut ainsi la majoritĂ© de la main-d’Ɠuvre, y compris les agriculteurs de subsistance, les travailleurs domestiques et ceux employĂ©s dans de nombreuses entreprises familiales. Le gouvernement a appliquĂ© les lois applicables. Les peines Ă©taient proportionnelles Ă  celles pour des infractions similaires.

Le gouvernement et les employeurs respectaient gĂ©nĂ©ralement la libertĂ© d’association et le droit Ă  la nĂ©gociation collective avec restrictions. Les travailleurs exerçaient le droit de former ou d’adhĂ©rer Ă  des syndicats, mais le sentiment antisunion au sein du gouvernement Ă©tait fort. Les syndicats s’organisent Ă  l’échelle de l’industrie, ce qui est trĂšs semblable Français systĂšme d’organisation syndicale. Aucun rapport de discrimination antisyndicale n’a Ă©tĂ© confirmĂ©.

B. INTERDICTION DU TRAVAIL FORCÉ OU OBLIGATOIRE

La loi interdit toute forme de travail forcĂ© ou obligatoire. Toutefois, de nombreuses dispositions de la loi imposent l’emprisonnement assorti d’un travail pĂ©nitentiaire obligatoire comme peine pour non-respect de certaines pratiques, telles que la participation Ă  des grĂšves dans des « services essentiels », l’occupation du lieu de travail ou de son environnement immĂ©diat pendant les grĂšves, ou la violation de la discipline du travail considĂ©rĂ©e comme mettant en danger les navires ou la vie ou la santĂ© des personnes Ă  bord. Les peines pour travail forcĂ© Ă©taient proportionnelles aux peines pour d’autres crimes graves.

Le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement les lois applicables contre le travail forcĂ©, et de telles pratiques ont continuĂ© de se produire dans les domaines de la servitude domestique, de la prostitution forcĂ©e, du travail agricole et de l’exploitation miniĂšre artisanale. Le travail forcĂ© des enfants s’est produit, y compris la mendicitĂ© forcĂ©e par les enfants dans certaines Ă©coles coraniques (voir la section 6). Certains enfants de ces Ă©coles Ă©taient maintenus dans des conditions de servitude; ont Ă©tĂ© forcĂ©s de travailler tous les jours, gĂ©nĂ©ralement dans la rue mendier; et devaient respecter un quota quotidien d’argent (ou parfois de sucre ou de riz) fixĂ© par leurs enseignants. Le Groupe de travail national sur la lutte contre le problĂšme et l’UnitĂ© spĂ©ciale pour la protection de l’enfance ont continuĂ© de s’attaquer Ă  ces questions dans l’ensemble du pays. Toutefois, lorsque les fonctionnaires ont identifiĂ© un cas potentiel de mendicitĂ© forcĂ©e, ils n’ont souvent pas engagĂ© de poursuites conformĂ©ment aux lignes directrices prĂ©cĂ©demment prescrites en matiĂšre de peine minimale.

Voir Ă©galement le rapport du DĂ©partement d’État sur la traite des personnes à https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/.

C. INTERDICTION DU TRAVAIL DES ENFANTS ET ÂGE MINIMUM POUR L’EMPLOI

Les rĂšglements sur le travail des enfants fixent l’ñge minimum de travail Ă  15 ans, le travail Ă©tant considĂ©rĂ© comme « dangereux » interdit jusqu’à l’ñge de 18 ans. La loi interdit de nombreuses formes de travail dangereux des enfants, mais comprend des exceptions. Dans le secteur agricole, par exemple, les enfants dĂšs l’ñge de 12 ans sont autorisĂ©s Ă  travailler dans un environnement familial. La loi permet Ă©galement aux garçons de moins de 16 ans de travailler dans des mines souterraines et des carriĂšres faisant du « travail lĂ©ger ». En raison de la nature des dangers associĂ©s Ă  l’exploitation miniĂšre, les activitĂ©s de « travail lĂ©ger » n’empĂȘchent pas l’exposition aux dangers.

Les inspecteurs du ministĂšre du Travail sont chargĂ©s d’enquĂȘter et d’intenter des poursuites dans des affaires de travail des enfants. Les enquĂȘteurs du ministĂšre peuvent se rendre dans n’importe quelle institution pendant les heures de travail pour vĂ©rifier et enquĂȘter sur le respect du droit du travail et peuvent donner des conseils aux syndicats ou aux citoyens ordinaires. Les peines pour travail des enfants Ă©taient souvent non imposĂ©es et n’étaient pas proportionnelles aux peines pour d’autres crimes graves.

Le ministĂšre du Travail a envoyĂ© des enquĂȘteurs pour enquĂȘter sur les lieux de travail formels, mais ils n’ont pas Ă©tĂ© adĂ©quatement formĂ©s pour faire face aux problĂšmes de travail des enfants. La Division du travail des enfants du ministĂšre du Travail Ă©tait en sous-effectif. Les inspecteurs n’ont pas suivi adĂ©quatement le secteur informel, et aucun cas de travail des enfants n’a Ă©tĂ© identifiĂ© dans le secteur formel. En outre, de nombreuses zones oĂč les abus sont rĂ©pandus sont Ă©loignĂ©es, et les inspecteurs ne sont situĂ©s que dans les grandes villes. Il n’existe pas de systĂšme spĂ©cifique pour signaler les violations du travail des enfants, en grande partie en raison des efforts insuffisants de la Division du travail des enfants et du ministĂšre du Travail. Le ministĂšre s’est plutĂŽt appuyĂ© sur les syndicats pour signaler les contrevenants. Le gouvernement a organisĂ© des sĂ©minaires avec des responsables locaux, des ONG et la sociĂ©tĂ© civile pour sensibiliser le public aux dangers du travail des enfants, de la mendicitĂ© et de l’exploitation en ligne des enfants.

La plupart des cas de travail des enfants se sont produits dans l’économie informelle oĂč la rĂ©glementation du travail n’était pas appliquĂ©e. Les pressions Ă©conomiques et les possibilitĂ©s d’éducation inadĂ©quates ont souvent poussĂ© les familles rurales Ă  mettre l’accent sur le travail par rapport Ă  l’éducation de leurs enfants. Le travail des enfants Ă©tait particuliĂšrement frĂ©quent dans les rĂ©gions de Tambacounda, Louga et Fatick, oĂč jusqu’à 90 pour cent des enfants travaillaient. Le travail des enfants Ă©tait rĂ©pandu dans de nombreux secteurs informels et familiaux, tels que l’agriculture (millet, maĂŻs et arachides), la pĂȘche, l’extraction artisanale de l’or, les garages, les dĂ©charges, les abattoirs, la production de sel, les carriĂšres de roches et les ateliers de mĂ©tallurgie et de menuiserie. Dans le vaste secteur minier artisanal informel et non rĂ©glementĂ©, des familles entiĂšres, y compris des enfants, Ă©taient engagĂ©es dans des travaux miniers artisanaux. Les laveuses d’or pour enfants, ĂągĂ©es de 10 Ă  14 ans, travaillaient environ huit heures par jour Ă  l’aide d’agents toxiques comme le mercure sans formation ni Ă©quipement de protection. On a Ă©galement signalĂ© que des enfants travaillaient dans des fermes familiales ou Ă©levaient du bĂ©tail. Les enfants travaillaient Ă©galement comme domestiques, dans des ateliers de couture, dans des stands de fruits et lĂ©gumes et dans d’autres secteurs de l’économie informelle.

Selon l’Organisation internationale du Travail, 28 pour cent des enfants ont participĂ© Ă  la population active. Un type prĂ©dominant de travail forcĂ© des enfants Ă©tait la mendicitĂ© forcĂ©e des enfants envoyĂ©s vivre et Ă©tudier sous la supervision d’enseignants coraniques (voir les articles 6 et 7.b.).

Voir aussi les conclusions du département du Travail sur lespires formesdetravaildesenfants àwww.dol.gov/ilab/reports/child-labor/findings/  .

D. DISCRIMINATION À L’ÉGARD DE L’EMPLOI ET DE LA PROFESSION

Le droit du travail interdit la discrimination dans l’emploi et la profession fondĂ©e sur l’origine nationale, la race, le sexe, le handicap et la religion; les contrevenants sont officiellement soumis Ă  des amendes et Ă  des peines d’emprisonnement, mais ces lois n’ont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement, et les peines n’ont pas suffi Ă  dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. La loi n’interdit pas explicitement la discrimination fondĂ©e sur l’orientation sexuelle ou l’identitĂ© de genre. Le gouvernement n’a pas appliquĂ© efficacement les dispositions anti-discrimination de la loi. La discrimination fondĂ©e sur le sexe dans l’emploi et la profession s’est produite et Ă©tait la forme de discrimination la plus rĂ©pandue. Les hommes et les femmes ont les mĂȘmes droits de postuler Ă  un emploi, bien que les femmes soient confrontĂ©es Ă  certaines restrictions sur les professions et les tĂąches. Les femmes ont Ă©tĂ© victimes de discrimination dans l’emploi et l’exploitation d’entreprises (voir la section 6).

E. CONDITIONS DE TRAVAIL ACCEPTABLES

Le salaire horaire minimum national Ă©tait supĂ©rieur au taux de revenu de pauvretĂ© estimĂ©. Le ministĂšre du Travail est responsable de l’application du salaire minimum. Les syndicats ont Ă©galement agi en tant que chiens de garde et ont contribuĂ© Ă  la mise en Ɠuvre effective du salaire minimum dans le secteur formel. Les dispositions relatives au salaire minimum s’appliquent Ă©galement aux travailleurs Ă©trangers et migrants.

Pour la plupart des professions du secteur formel, la loi prĂ©voit une semaine de travail normale de 40 Ă  48 heures, soit environ 2 100 heures par annĂ©e, avec au moins une pĂ©riode de repos de 24 heures par semaine, un mois par annĂ©e de congĂ© annuel, l’inscription aux rĂ©gimes gouvernementaux de sĂ©curitĂ© sociale et de retraite, les normes de sĂ©curitĂ© et d’autres mesures. Le travail de nuit est dĂ©fini comme une activitĂ© entre 22 .m et 5 .m. ; les travailleurs de nuit devraient recevoir un taux supplĂ©mentaire de 60 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es et de 100 pour cent pour toutes les heures de nuit travaillĂ©es pendant les vacances. La loi n’interdit pas les heures supplĂ©mentaires excessives ou obligatoires dans le secteur formel.

La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires n’est exigĂ©e que dans le secteur formel. Il existe des rĂšglements juridiques sur la sĂ©curitĂ© et la santĂ© au travail appropriĂ©s Ă  l’industrie, et le gouvernement Ă©tablit les normes. Les employĂ©s ou leurs reprĂ©sentants ont le droit de proposer tout ce qu’ils supposent pour assurer leur protection et leur sĂ©curitĂ© et de renvoyer les propositions Ă  l’autoritĂ© administrative compĂ©tente au cas oĂč les employeurs refuseraient.

Le ministĂšre du Travail, par l’intermĂ©diaire du Bureau d’inspection du travail, est responsable de l’application des normes du travail dans le secteur formel; ceux qui enfreignent les normes sont officiellement passibles d’amendes et d’emprisonnements, mais les normes du travail n’ont pas Ă©tĂ© appliquĂ©es rĂ©guliĂšrement et insuffisantes pour dissuader les violations. Les sanctions Ă©taient proportionnelles aux sanctions pour des infractions comparables. L’application de la norme de la semaine de travail Ă©tait irrĂ©guliĂšre. Les inspecteurs du travail avaient de mauvaises conditions de travail et n’avaient pas de transport pour mener Ă  bien leur mission. Le nombre d’inspecteurs du travail Ă©tait insuffisant pour faire respecter la loi. Les inspecteurs du travail avaient le pouvoir d’organiser des inspections inopinĂ©es et d’imposer des sanctions. Les violations des normes salariales, des heures supplĂ©mentaires et des normes de sĂ©curitĂ© et de santĂ© au travail Ă©taient courantes. En raison d’un chĂŽmage Ă©levĂ© et d’un systĂšme juridique lent, les travailleurs exerçaient rarement leur droit nominal de se soustriser Ă  des situations mettant en danger la santĂ© ou la sĂ©curitĂ©. Selon les statistiques du Conseil national du patronat, il y a eu 1 700 cas liĂ©s Ă  des accidents du travail en 2017 contre environ 1 900 en 2016 (dont la majoritĂ© Ă  Dakar); les militants syndicaux affirment que ce nombre Ă©tait faible puisque la statistique officielle ne tient pas compte du grand nombre d’accidents du travail dans le secteur informel.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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