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Boké Dialloubé : Des salles de classe du diéry à l’appel pour la reconnaissance

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Dans les plaines reculées du diéry, là où l’élevage demeure l’activité principale et où l’école semblait longtemps hors de portée, une initiative locale a changé le destin de centaines d’enfants. Depuis 2012-2013, des écoles communautaires ont vu le jour dans la commune de Boké Dialloubé, grâce à l’engagement du maire Abdoulaye Daouda Diallo et au dévouement d’enseignants recrutés et rémunérés par la commune.

Ces instituteurs, appelés enseignants communautaires, portent à bout de bras l’éducation des enfants du diéry. Malgré des conditions de vie et de travail précaires, ils ont ouvert la voie de la scolarisation là où il n’y avait auparavant que des routes de transhumance et des villages enclavés. Grâce à eux, de nombreux enfants savent aujourd’hui lire et écrire ; certains ont même franchi la porte du collège, preuve vivante que l’école peut briser l’isolement et offrir un avenir.

Pourtant, derrière cette réussite saluée par les populations, une profonde inquiétude demeure. Ces enseignants ne bénéficient d’aucune reconnaissance officielle au sein du système éducatif sénégalais. Sans statut, ils restent en marge, privés de perspectives de carrière, d’examens professionnels et d’avancements. Leur seul moteur reste l’amour du métier et la conviction que chaque enfant du diéry mérite les mêmes chances que ceux des villes.

« Nous voulons être intégrés dans le système éducatif sénégalais », plaident-ils. Non pas pour un confort personnel, mais pour renforcer leur mission, mieux servir les enfants et inscrire durablement leur action dans la politique nationale de l’éducation. Leur appel est une interpellation, une demande de justice sociale pour celles et ceux qui, depuis plus d’une décennie, tiennent l’école vivante dans l’ombre des zones les plus éloignées.

Dans le silence des salles de classe improvisées du diéry, résonne la voix de ces éducateurs oubliés. Leur combat est simple : transformer un engagement communautaire en une reconnaissance nationale. Car derrière chaque cahier ouvert, chaque alphabet appris, il y a leur sueur, leur patience et leur espoir.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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