Longtemps reléguée aux marges des manuels scolaires, l’histoire de la révolution du Fuuta-Tooro s’invite à nouveau au cœur du débat public. À l’initiative du Comité mémoriel de la révolution du Fuuta-Tooro (COMREF), chercheurs, artistes et acteurs culturels plaident pour une reconnaissance pleine et entière de cet épisode fondateur de l’histoire politique africaine. À leur tête, le président du comité de pilotage, Pape Faye, appelle à une refonte des contenus éducatifs afin que les générations actuelles et futures puissent enfin s’approprier cet héritage.
Au centre de cette démarche de réhabilitation figure Ceerno Sileymaani Baal, érudit, homme d’État et penseur visionnaire du XVIIIᵉ siècle, considéré comme l’architecte de la révolution dite « Toorodo ». Né en 1705 et mort en 1776, il incarne une rupture historique majeure, ayant posé les jalons d’un nouvel ordre politique fondé sur des principes de justice, de souveraineté populaire et de gouvernance éthique. Pour les membres du COMREF, il est temps que cette figure et celles qui l’ont accompagnée retrouvent la place qui leur revient dans l’enseignement, de la petite enfance à l’université.
Portée par l’enseignant-chercheur Mamadou Youri Sall, cette initiative se veut à la fois scientifique, pédagogique et citoyenne. Elle ambitionne de corriger ce que ses promoteurs considèrent comme une lacune mémorielle, tout en repositionnant l’histoire africaine dans sa capacité à produire des modèles politiques modernes, bien avant les influences extérieures. Le projet se nourrit également d’une volonté d’ouverture, appelant à la mobilisation du peuple sénégalais, de la diaspora et des pays de la sous-région, notamment le Mali, la Guinée et la Mauritanie, liés historiquement à l’espace du Fuuta-Tooro.
Le point d’orgue de cette dynamique sera le lancement officiel des activités commémoratives du 250ᵉ anniversaire de la révolution du Fuuta-Tooro, prévu le 24 février prochain à la Place du Souvenir africain, sous l’égide du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. La cérémonie inaugurale donnera lieu au dévoilement de stèles et de monuments dédiés aux grandes figures de la révolution, avec des inscriptions gravées sur pierre basaltique reprenant les recommandations attribuées à Ceerno Sileymaani Baal, ainsi que des textes dénonçant l’esclavage.
Au-delà de l’événement symbolique, les organisateurs promettent une année 2026 dense et mémorable. Des nuits culturelles dédiées à la révolution, des expositions, des spectacles, des colloques scientifiques et des activités pédagogiques rythmeront la commémoration. Chercheurs, étudiants, élèves et même enfants du préscolaire seront associés à cette entreprise de transmission, conçue comme un dialogue entre savoir académique et mémoire populaire.
Dans le prolongement de cette vision, Mamadou Youri Sall annonce également la création d’un hymne inspiré des recommandations de Sileymaani Baal, ainsi que l’institution de prix de bonne gouvernance et de science politique portant les noms des anciens almamys du Fuuta-Tooro. Autant de symboles destinés à inscrire durablement cette révolution dans la conscience collective, non comme un simple fait du passé, mais comme une source d’inspiration pour le présent et l’avenir.
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