Le Sénégal a procédé au remboursement anticipé d’une partie de sa dette extérieure, pour un montant global estimé à 471 millions de dollars américains, soit environ 270 milliards de francs CFA, avant l’échéance fixée au vendredi 13 mars. Cette opération financière permet au pays d’éviter un éventuel défaut de paiement et de rassurer les marchés financiers internationaux dans un contexte marqué par des interrogations sur le niveau réel de son endettement.
Selon l’agence de presse américaine Bloomberg, spécialisée dans l’information économique et financière, les autorités sénégalaises ont réglé à temps les coupons et le principal de leurs obligations internationales arrivant à échéance. L’agence indique que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a transféré environ 380 millions d’euros, soit près de 250 milliards de francs CFA, aux détenteurs d’obligations libellées en euros et arrivant à maturité en 2028.
Dans le même temps, l’institution monétaire commune aux pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine a également versé 33 millions de dollars, soit près de 19 milliards de francs CFA, au titre d’obligations libellées en dollars arrivant à échéance en 2048, toujours selon Bloomberg. Ces paiements interviennent alors que le pays fait face à une surveillance accrue de sa situation financière par les partenaires techniques et financiers.
Contactée, une source proche du ministère sénégalais des Finances et du Budget a toutefois préféré ne pas commenter ces informations.
D’après le Fonds monétaire international, l’un des principaux partenaires financiers du pays, le niveau d’endettement du Sénégal atteindrait 132 % du produit intérieur brut. Cette situation fait suite à un audit réalisé en 2025 par les nouvelles autorités, qui a mis en évidence des données jugées erronées concernant le niveau réel de la dette publique.
Les dirigeants actuels imputent ces irrégularités aux précédentes autorités, les accusant d’avoir publié des déclarations inexactes sur l’endettement du pays. Des accusations rejetées par l’ancien président Macky Sall, qui conteste toute manipulation des chiffres relatifs à la dette publique.
Dans ce contexte de tensions autour de la transparence budgétaire, le Fonds monétaire international a décidé de geler un programme de financement destiné au Sénégal, dans l’attente de clarifications sur la situation exacte de la dette et sur les mesures envisagées par les autorités pour rétablir la confiance des partenaires financiers internationaux.