Une odeur lourde, presque suffocante, flottait encore dans l’air lorsque les premiers agents ont franchi la porte de la petite bâtisse de Biafra. Ce 26 novembre 2025, le Commissariat d’Arrondissement de Diamaguène Sicap Mbao mettait un terme à des années d’activités clandestines, loin des normes les plus élémentaires d’hygiène, mais au cœur du quotidien alimentaire de nombreuses familles. Sept individus ont été interpellés, dont le propriétaire qui, depuis plusieurs années, produisait et vendait du pain en marge de toute réglementation, dans des conditions qui défient l’imagination.
Tout est parti d’un renseignement anodin, une alerte qui évoquait une boulangerie cachée dans le quartier. Mais la réalité dépassait largement la simple irrégularité administrative. Dans un espace exigu, deux fours chauffés au charbon crépitaient déjà, voisins de quinze sacs de farine posés à même le sol, tout près de déchets. Le sel et le sucre, entassés dans des sacs ouverts, laissaient passer l’air, la poussière et les insectes. Plus frappant encore, soixante plateaux de baguettes, dont cinquante-cinq déjà garnis, attendaient d’être livrés, recouverts de sacs inadaptés, envahis par des mouches et d’autres nuisibles. La scène ressemblait davantage à un laboratoire de risques qu’à un atelier de préparation alimentaire.
L’eau utilisée pour pétrir la pâte stagnait dans de vieux bidons, et la machine locale censée malaxer la farine n’obéissait à aucune norme, si ce n’est celle du bricolage de survie. Deux motos, prêtes à s’élancer dans les ruelles du quartier, attendaient leurs cargaisons de pain. À côté, des chats et même des vers de terre circulaient librement dans un espace qui, chaque jour, produisait ce que beaucoup consommaient sans se douter de rien.
Face aux agents, le propriétaire a avoué sans détour : il n’avait aucune autorisation et exerçait ainsi depuis des années. Ses six employés, pris dans ce système improvisé et dangereux, ont eux aussi été interpellés. Le matériel a été saisi, les lieux fermés, scellés, comme pour mettre fin à un chapitre où la survie économique passait avant la santé publique.
Cette opération rappelle avec force que derrière chaque baguette vendue à bas prix peut se cacher une réalité invisible, parfois inquiétante. Elle rappelle aussi la fragilité de certaines pratiques alimentaires quand elles échappent au contrôle, mettant en péril la santé de milliers de consommateurs. À Diamaguène Sicap Mbao, ce jour-là, les autorités ont non seulement arrêté sept personnes, mais surtout stoppé une chaîne de production où la vie humaine ne pesait plus assez face au profit et à l’ignorance des règles. Une intervention nécessaire, presque vitale, pour rappeler que nourrir une population est un acte de responsabilité, pas un marché souterrain.
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