Les collines brûlent, les vents hurlent, et l’État d’Israël, pris entre flammes et fiasco, raye un à un les feux d’artifice censés illuminer son Jour de l’Indépendance. Au lieu des traditionnelles célébrations patriotiques, c’est une cascade d’annulations qui tombe sur le pays, comme un symbole d’une nation en crise, incapable d’assurer à ses citoyens ne serait-ce qu’un instant de répit symbolique.
Beer-Sheva, Ashdod, Lod, Maale Adumim, la liste s’allonge comme un bulletin de guerre. Pas un coin du territoire qui ne soit touché par la décision de repli. La grand-messe de l’allumage des flambeaux sur le mont Herzl ? Éteinte avant même d’être allumée. Même la mobilisation des familles d’otages à Tel Aviv, pourtant symbole de résilience nationale, est tombée sous le couperet des précautions.
“Interdit”, décrète un expert en sécurité à Beer-Sheva. À Maale Adumim, ce sont des vents à 100 km/h qui ont raison de la fête. Partout, les mairies s’alignent, tétanisées, pendant que le feu, lui, avance sans cérémonie. Le tout sous le regard d’un gouvernement aux abonnés absents, plus prompt à dégainer des armes pour tuer des innocents en Palestine qu’à protéger ses terres.
Ironie cruelle : en ce jour supposé d’unité nationale, ce sont les sirènes d’urgence et les ordres d’évacuation qui prennent le relais des hymnes. Et pendant que le pays s’enferme chez lui, priant que la météo lui fasse grâce, l’indépendance elle-même semble bien fragile, vacillante sous les cendres.
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