La route qui mène vers le village aurifère de Kharakhéna s’est encore transformée en théâtre de tragédie, jeudi soir, peu avant 20 heures. Dans l’obscurité profonde qui enveloppe cette partie du département de Saraya, deux hommes circulant à moto ont trouvé la mort dans un choc d’une violence inouïe. Leur moto, dépourvue de phare, tentait de dépasser un camion lorsqu’ils se sont retrouvés face à un autre véhicule en partance pour le Mali. La collision a été si brutale que le camion les a traînés sur une vingtaine de mètres. Les corps, méconnaissables, témoignaient de l’horreur du choc. Selon une source sécuritaire, seule une pièce d’identité burkinabè retrouvée sur l’un d’eux a permis d’apporter un premier élément d’identification. Sous le poids de la catastrophe, le chauffeur du camion a immédiatement rejoint le poste de gendarmerie, où une enquête a été ouverte pour reconstituer les circonstances exactes du drame.
Mais la douleur ne s’est pas limitée à ce seul événement. Moins de 24 heures plus tôt, la même localité avait déjà été endeuillée. À l’entrée du village de Kharakhéna, un motocycliste avait perdu la vie après avoir percuté un camion en panne. Le triangle de signalisation, placé trop discrètement dans la nuit, n’avait pas suffi à prévenir l’accident. Ébloui par les phares d’un véhicule venant en sens inverse, le conducteur n’avait aperçu l’obstacle qu’au dernier moment, trop tard pour l’éviter. Le chauffeur du camion immobilisé a été interpellé pour défaut de signalisation, une négligence qui a coûté une vie de plus.
En l’espace de vingt-quatre heures, trois personnes ont été fauchées sur cette même route, laissant derrière elles des familles meurtries, des communautés sous le choc et des interrogations qui se multiplient. Dans cette zone où la circulation des poids lourds, des motos et des véhicules transportant les travailleurs des sites aurifères se croise en continu, chaque trajet semble désormais chargé d’appréhension. Les habitants, eux, oscillent entre tristesse, colère et crainte, conscients que ces drames révèlent une fragilité persistante de la sécurité routière. Sur la route poussiéreuse de Kharakhéna, la vie continue de s’écouler, mais avec le poids lourd du deuil et la sensation douloureuse que ces accidents, pourtant évitables, auraient pu ne jamais survenir.
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