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Le Sénégal projette la construction d’une deuxième raffinerie pour répondre à la demande nationale en carburant

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Le Sénégal avance à grands pas vers une nouvelle ère pétrolière. Après le traitement, en février 2025, de la toute première cargaison issue du champ offshore de Sangomar par la Société africaine de raffinage (SAR), le pays s’apprête à franchir une autre étape majeure : la construction d’une deuxième raffinerie. L’ambition affichée est claire — transformer davantage sur place le brut national pour mieux répondre à la demande intérieure et limiter la dépendance aux importations.

Le directeur général de la SAR, Mamadou Abib Diop, a confirmé que le projet est en phase préparatoire. Il nécessiterait un investissement estimé entre 2 et 5 milliards de dollars, avec des discussions déjà engagées avec plusieurs partenaires financiers, notamment en Chine, en Turquie et en Corée du Sud. Si le calendrier n’est pas encore fixé, la société évoque un possible démarrage des travaux autour de 2026 pour une mise en service envisagée à l’horizon 2029.

L’objectif est ambitieux : porter la capacité totale de raffinage du pays à environ 5,5 millions de tonnes par an, dont 4 millions pour la future installation et 1,5 million pour le site existant de Dakar, aujourd’hui limité à 30 000 barils par jour. Ce projet, structuré selon un modèle de partenariat public-privé encore en étude, s’inscrit dans une vision stratégique de souveraineté énergétique, portée par le gouvernement sénégalais.

L’exploitation du champ de Sangomar, opérée par la compagnie australienne Woodside Energy en partenariat avec Petrosen, la société nationale, a ouvert une nouvelle fenêtre d’opportunités économiques. Les autorités entendent désormais capitaliser sur cette production pour renforcer la valeur ajoutée locale. Raffiner une plus grande part du brut sur le sol national, c’est réduire une facture pétrolière qui pèse lourd sur l’économie : les produits pétroliers représentaient encore 22,2 % des importations totales du pays en 2024, selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.

Au-delà de la performance industrielle, cette orientation traduit une volonté politique forte : celle d’un Sénégal qui entend maîtriser toute la chaîne de valeur de son or noir, de l’extraction à la distribution, et inscrire cette ressource stratégique au cœur de son développement économique futur.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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