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Mafia de l’état civil : les détails d’un scandale qui sent le soufre

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LES CENTRES PRINCIPAL ET SECONDAIRE DE THIAROYE-SUR-MER ÉCLABOUSSÉS

Mafia de l’état civil : les détails d’un scandale qui sent le soufre

Un réseau tentaculaire et bien implanté dans les rouages municipaux de Thiaroye-sur-Mer est aujourd’hui mis en lumière. Selon des documents transmis par la DAF et remis à la SU, Moustapha Dème (officier d’état civil du Centre principal de Thiaroye-sur-mer) et Ousmane Seck (officier d’état civil du Centre secondaire) seraient positionnés au sommet d’une organisation qui vendrait… la naissance elle-même.

Depuis 1995, écrivent les mêmes sources, des « registres parallèles » frauduleux auraient servi à produire, moyennant rémunération, des inscriptions de naissance fictives — une marchandise qui ouvre portes, papiers et droits à ceux qui peuvent payer.

Les noms sautent aux yeux et provoquent l’indignation : Niokhor Gana Diome (agent municipal à Mbao), Malick Dieng (agent municipal à la mairie de Thiaroye-sur-mer) et Mansour Diba (agent d’état civil du Centre principal) figurent parmi les personnes citées dans le dossier. Des agents publics dont la fonction est de protéger l’état civil seraient, selon la DAF, complices d’un trafic qui détruit la confiance publique.

Ce trafic ne se résume pas à une simple irrégularité administrative. Une personne enregistrée illégalement peut ensuite obtenir une carte d’identité, accéder à des services, voter, ou faire transiter des fonds — bref : tisser une fausse existence légale. Quand l’administration elle-même devient boutique, c’est tout l’édifice républicain qui vacille. Qui contrôle qui ? Qui profite ? Voilà les vraies questions que pose ce dossier.

Le portrait qui se dessine dans les documents transmis est celui d’un système où l’argent liquide brosse des registres parallèles, où des actes officiels se confondent avec des reçus. Et le plus choquant : l’ancienneté du procédé — près de trois décennies — laisse penser à une complicité structurée, pas à des ratés isolés. C’est une accusation lourde ; elle exige une réponse rapide et transparente des autorités compétentes.

Aux citoyens de Thiaroye-sur-Mer et à l’ensemble des Sénégalais : jusqu’à quand tolérerons-nous que naissances et identités soient marchandisées ? Les victimes de ces faux actes — enfants privés de filiation réelle, familles spoliées, institutions trompées — payent un lourd tribut. La réparation devra être à la hauteur du tort : audit des registres, retrait des documents frauduleux, poursuites contre les instigateurs et garanties que de telles failles ne se reproduiront pas.

La DAF a, selon les pièces, mis ces éléments à la disposition de la SU. Il incombe maintenant à la justice et à l’administration centrale d’ouvrir une enquête indépendante, publique et sans complaisance. La transparence est la seule hygiène républicaine acceptable dans une affaire où l’on joue avec l’existence légale des personnes.

La rédaction n’a pas été mise en position d’innocenter ou d’incriminer au-delà de ce que les pièces produites affirment ; nous publions ces éléments en les attribuant clairement aux documents transmis par la DAF. Les personnes citées dans ce texte méritent le droit à la parole : notre rédaction reste ouverte à leurs déclarations. Mais la gravité des allégations exige qu’on ne balaye pas le dossier d’un revers de main.

En conclusion : si les faits contenus dans ces registres parallèles sont confirmés, nous ne serons plus face à une simple négligence administrative, mais à une entreprise de déstabilisation des fondements mêmes de l’état civil. Il est temps que lumière soit faite, que les responsabilités soient établies, et que les mécanismes de contrôle soient renforcés — pour que l’acte le plus banal, la naissance d’un enfant, redevienne un droit inviolable et non une marchandise.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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