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Navétanes : Quand la passion vire au drame

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Encore un drame. Encore une vie fauchée. Encore une famille brisée. Hier, le Stade Alassane Djigo de Pikine, censé être un temple de la ferveur populaire, est devenu le théâtre du pire : un jeune supporter, Moustapha Dieng, a été tué dans une altercation d’une violence absurde.

Et maintenant ? Allons-nous encore feindre la surprise ? Déverser des larmes de crocodile sur les plateaux télé avant de passer à autre chose, jusqu’au prochain drame ? Parce que soyons honnêtes : cette tragédie n’est ni un accident, ni un cas isolé. Elle est le fruit pourri d’un système gangrené par une violence banalisée.

Quand le football de quartier devient une arène de guerre

Les Navétanes, jadis une fête du football, sont devenus une machine à fabriquer des martyrs inutiles. Ce qui devait être un moment de partage, un espace où les quartiers s’affrontent dans une saine rivalité, s’est transformé en champ de bataille où la victoire ne se mesure plus en buts, mais en coups de couteau et en jets de pierres.

La faute à qui ?

• Aux supporters fanatisés, qui confondent engagement et barbarie.

• Aux dirigeants irresponsables, qui soufflent sur les braises au lieu d’apaiser les tensions.

• Aux autorités laxistes, qui ferment les yeux jusqu’à ce que le sang coule.

Combien de Moustapha Dieng faudra-t-il encore avant qu’on comprenne que le football ne devrait pas tuer ?

L’hypocrisie collective face à la violence

Chaque saison, c’est le même scénario. Des bagarres éclatent, des blessés s’entassent dans les centres de santé, et parfois, comme aujourd’hui, un jeune part pour ne plus jamais revenir. On s’indigne, on condamne du bout des lèvres… puis on oublie.

La vérité, c’est que la violence dans les Navétanes n’est pas un dérapage, c’est un système. Un système où les rivalités de quartier dégénèrent en vendettas, où les matchs deviennent des prétextes pour régler des comptes, où l’impunité nourrit l’horreur.

Jusqu’à quand ?

Si rien ne change, nous écrirons encore d’autres chroniques funèbres, d’autres hommages à d’autres jeunes tombés pour un simple match de football.

Il est temps d’arrêter cette mascarade. De rendre à ce championnat populaire son essence : le jeu, la joie, la communion. Sinon, arrêtons tout. Parce qu’un football qui tue ne vaut pas d’être joué.

Que Moustapha Dieng soit le dernier nom sur cette liste macabre.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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