L’émotion était palpable au Grand Théâtre où Ousmane Sonko s’exprimait à l’occasion de la Journée dédiée aux martyrs du régime répressif de l’ancien président Macky Sall. Face aux victimes venues l’écouter, le Premier ministre a multiplié les gestes et les mots forts, rappelant une vision politique bâtie sur la solidarité, l’exigence morale et la responsabilité collective. Fidèle à son engagement, il a annoncé que le cumul de son salaire sera entièrement consacré à un fonds de financement des projets des victimes, dès que ce montant atteindra la barre symbolique des 100 millions de francs CFA. Une décision qui confirme sa volonté d’inscrire sa fonction dans une logique de service plutôt que de privilège.
Cette posture, Sonko la revendique depuis longtemps : « Je ne suis pas votre chef. Je suis votre mandataire. La main qui signe est votre main. La voix qui parle est votre voix collective. » Une manière de rappeler que son leadership ne se veut ni vertical ni distant, mais enraciné dans la légitimité populaire.
Dans un échange empreint de gravité, il rappelle : « Nous avons hérité d’un pays piégé… Il faut qu’on fasse le ménage. » Le message est clair : réforme, transparence et reconstruction doivent guider l’action politique. Pour lui, cela passe par une justice réhabilitée : « On a besoin d’une justice avec des magistrats sérieux. »
Sur le plan institutionnel, Sonko a précisé les orientations budgétaires en faveur des victimes. Les 5 milliards de francs CFA destinés à leur assistance seront inscrits dans le budget 2026, tandis que les 1,8 milliard déjà mobilisés proviennent d’un réaménagement du budget du ministère de la Famille et des Solidarités. Une clarification essentielle dans un contexte où la gestion publique est scrutée avec une attention accrue.
Dans son discours, le président du Pastef n’a pas manqué d’évoquer les défis de son parti. Le congrès annoncé pour le mois d’avril doit marquer une nouvelle étape dans la structuration du mouvement, avec un objectif ambitieux : atteindre 2 millions de militants actifs d’ici fin 2026. Une projection qui témoigne de son ambition de faire du Pastef une force politique de masse, disciplinée et cohérente.
Sa vision se résume en quelques phrases qui résonnent déjà comme des marqueurs politiques : « Nous construirons un Sénégal juste et prospère. Nous réussirons ou nous mourrons en essayant. » Ou encore : « Un pouvoir qui oublie sa base se perd et un parti qui oublie son éthique se perd. » Ces formules, qui rappellent les fondamentaux du parti, s’inscrivent dans une volonté de restaurer l’éthique et de placer l’action politique au service exclusif du peuple.
Dans une atmosphère chargée d’émotion, Sonko a laissé l’image d’un homme déterminé, fidèle à ses valeurs, mais surtout conscient de la taille des défis qui l’attendent. Entre austérité personnelle, rigueur institutionnelle et mobilisation populaire, il semble déjà tracer les contours d’un nouveau chapitre politique où la transparence, la justice et la solidarité deviennent les piliers d’un Sénégal en reconstruction.
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