Le Sénégal s’engage dans un tournant stratégique dans la gestion de ses ressources extractives. Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, mardi à Dakar, la volonté de l’État de reprendre en main la filière phosphatière nationale afin de bâtir une industrie capable de produire de l’engrais destiné d’abord au marché intérieur, puis à l’exportation vers la sous-région. Une orientation qui s’inscrit dans une logique de souveraineté économique et de transformation locale des matières premières.
S’exprimant lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale consacrée aux questions d’actualité, le chef du gouvernement a dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise gestion passée du secteur. Selon lui, le Sénégal aurait perdu plus de 700 milliards de francs CFA à la suite d’une privatisation qu’il qualifie de « mal faite ». Une situation qu’il juge préjudiciable aux intérêts nationaux, notamment dans un contexte où les producteurs agricoles peinent à accéder à des intrants de qualité en quantité suffisante.
Pour Ousmane Sonko, la priorité est claire : transformer sur place le phosphate sénégalais afin de produire de l’engrais pour les agriculteurs du pays. Il a rappelé que jusqu’ici, l’acide phosphorique extrait au Sénégal est principalement destiné à l’exportation, alors même que les paysans locaux font face à des difficultés d’approvisionnement. Cette dépendance extérieure, estime-t-il, freine les performances du secteur agricole.
Le Premier ministre a souligné que la quantité d’engrais utilisée à l’hectare au Sénégal reste largement en deçà de la moyenne mondiale, ce qui limite considérablement les rendements agricoles. Dans ces conditions, a-t-il fait remarquer, il est difficile d’espérer une hausse significative de la productivité et une amélioration durable des revenus des exploitants. La relance d’une industrie nationale de production d’engrais apparaît ainsi comme un levier majeur pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir la modernisation de l’agriculture.
Au-delà du phosphate, le chef du gouvernement a indiqué que la même approche de réappropriation stratégique sera appliquée au projet gazier Yaakaar Teranga. Selon lui, les bases juridiques et techniques existent pour faire revenir ce projet dans le giron sénégalais, au nom de la souveraineté sur les ressources naturelles.
Ousmane Sonko a par ailleurs annoncé la tenue prochaine d’un point de presse consacré au bilan des deux dernières années en matière de renégociation des contrats dans les secteurs extractifs. Une communication attendue, alors que les questions de gouvernance des ressources naturelles occupent une place centrale dans le débat public et dans les ambitions de transformation structurelle de l’économie sénégalaise.
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