Coumba Diouck ou le refus de la fatalité!
Depuis novembre 2016, Coumba Diouck travaille Ă la pharmacie du Centre Talibou Dabo, une institution publique de Dakar dâĂ©ducation et de rĂ©adaptation pour enfants handicapĂ©s.
« Travailler dans cet endroit, me met face Ă dâautres types de handicap et me permet de mieux apprĂ©hender le mien ».
Car Coumba Diouck a perdu lâusage de ses jambes Ă lâĂąge de six ans. On venait de lui diagnostiquer une tumeur ovarienne et tissulaire. Mais lâintervention chirurgicale a mal tournĂ©. Les complications sâenchaĂźnent.
Entre une chimiothĂ©rapie et une radiothĂ©rapie, elle est souvent plongĂ©e dans un coma profond. Peu de gens osaient alors miser sur sa survie, mais câĂ©tait sans compter lâĂ©nergie et la rage de vivre de la native de Noflay, Petite localitĂ© du dĂ©partement de Rufisque. Pendant prĂšs de trois ans elle reste ainsi Ă lâhĂŽpital. Câest son pĂšre kinĂ©sithĂ©rapeute, qui sâemploie durant cette longue hospitalisation Ă faire quâelle soit alphabĂ©tisĂ©e comme les autres enfants de son Ăąge. De retour Ă la maison, la petite Coumba dĂ©cide dâaller Ă lâĂ©cole. Ses parents sây opposent, plus par besoin de la protĂ©ger cependant quâautre chose.
Câest finalement le rĂ©pĂ©titeur qui sâoccupait de ses sĆurs qui convainc ses parents de la laisser y aller.
M. Niang, câĂ©tait son nom, acceptait mĂȘme de lâencadrer gratuitement. Forte de ce soutien, elle intĂšgre lâĂ©cole Franco-Arabe Tafsir Djibril Diop de Rufisque en classe de CE2. Elle poursuit brillamment sa scolaritĂ© aux cĂŽtĂ©s de sa soeur. Ă lâobtention de son bac S2, elle dĂ©cide dâentamer des Ă©tudes de mĂ©decine. « Je voulais faire ce cursus pour comprendre comment une petite fille de 6 ans a pu avoir un Cancer de lâovaire, car jusquâĂ prĂ©sent, les mĂ©decins ne mâont pas encore donnĂ© dâexplications ». Pourtant, elle doit abandonner ce rĂȘve. RĂ©aliste, elle se rend compte que des Ă©tudes en mĂ©decine, en chaise roulante seraient trĂšs compliquĂ©es. Quâimporte, elle ira quand mĂȘme Ă la facultĂ© de mĂ©decine de lâUniversitĂ© Cheikh Anta Diop de Dakar, mais en Pharmacie.
ââTravailler en officine serait moins problĂ©matique dans ma situation ». Mais elle Ă©tait loin de sâimaginer que le chemin qui y mĂšnerait serait long et semĂ© dâembĂ»ches. Car Ă lâUCAD, rien nâest adaptĂ© aux personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite. Ni les amphithéùtres, ni les labos, encore moins les salles dâĂ©tudes. La situation Ă©tait pire Ă la citĂ© des jeunes filles Aline Sitoe Diatta ex-Claudel. « MĂȘme accĂ©der Ă ma chambre ou aux toilettes Ă©tait un vrai calvaire. Je ne pouvais pas non plus aller au resto »., se souvient elle encore Avec un rire de dĂ©rision.
Câest par la volontĂ© dâun de ses camarades de promotion, Ibrahima Diouf, quâelle dispose enfin dâune rampe dâaccĂšs de fortune Ă sa chambre. « Lorsquâil a vu que les autoritĂ©s du Centre des Ćuvres Universitaires de Dakar nâavaient pas lâintention de mâen construire une, il a recyclĂ© une vieille dalle de fosse septique qui traĂźnait et câest ça que jâutilisais. Cela a du rĂ©veiller quelque chose au niveau de lâadministration de la citĂ© qui a demandĂ© quâon fixe la dalle avec du ciment ».
Face Ă autant de difficultĂ©s, elle reprend sa premiĂšre annĂ©e de fac. Mais grĂące Ă son ami Ibrahima, qui venait la chercher tous les matins Ă Claudel et La ramenait, elle nâa pas lĂąchĂ©. Presque tous les Ă©tudiants de la fac de mĂ©decine sây sont Ă©galement mis. Pendant 8 ans, ils portaient son fauteuil roulant dâĂ©tage en Ă©tage pour lui permettre dâassister Ă plus de cours possibles. Et Coumba Diouck ne les a pas déçus.
En 2016, elle devient Dr en pharmacie. Sa thĂšse intitulĂ©e « Contribution pour une meilleure comprĂ©hension des prĂ©parations en milieu hospitalier » sĂ©duit les membres du jury qui lui dĂ©cerne la mention « TrĂšs honorable avec fĂ©licitations du jury ». « De plus en plus dâhĂŽpitaux abandonnent les prĂ©parations mĂ©dicamenteuses et se contentent dâacheter et de distribuer des mĂ©dicaments alors que lâidĂ©al aurait Ă©tĂ© dâadapter les mĂ©dicaments Ă chaque patient comme le permettent les prĂ©parations » nous dit elle.
Depuis fĂ©vrier 2017, elle a Ă©tĂ© recrutĂ©e dans la fonction publique mais attend toujours son ordre dâaffectation. En attendant, elle est prestataire au Centre Talibou Dabo. Mais cette passionnĂ©e de recherches rĂȘve de reprendre les Ă©tudes, cette fois-ci en France. « Je voudrais travailler sur la prise en charge des enfants handicapĂ©s ». Et pour rĂ©aliser ce rĂȘve, elle espĂšre que des bonnes volontĂ©s lâaideront Ă obtenir une bourse dâĂ©tudes.
Pour son courage, son optimisme Ă toute Ă©preuve et surtout pour avoir donnĂ© Ă un pays tout entier la preuve que Le handicap nâĂ©tait pas une fatalitĂ© qui confinait Ă la mendicitĂ©, Coumba Diouck est notre SUPER LADY de la semaine.
©Ndourette de Ladies Business â SĂ©nĂ©gal, 2018.
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