Le couperet est tombé. Constant Mutamba Tungunga, ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a écopé d’une lourde condamnation : trois ans de travaux forcés. Mais au-delà de la prison, ce sont surtout les peines complémentaires qui retiennent l’attention et qui donnent à ce verdict une coloration résolument politique.
Mutamba se voit en effet frappé d’une privation de droits civiques pendant cinq ans après la consommation de sa peine : plus de droit de vote, plus de possibilité de se présenter à une élection. Comme si cela ne suffisait pas, il lui est aussi interdit d’accéder à toute fonction publique, une sanction qui ferme définitivement les portes d’un retour sur la scène institutionnelle. À cela s’ajoute une mesure exceptionnelle : la privation du droit à la libération conditionnelle, signe manifeste d’une volonté d’acharnement.
Dans les couloirs de Kinshasa, ce verdict est perçu par beaucoup comme une manœuvre destinée à neutraliser un acteur politique encombrant. En frappant Mutamba au-delà de sa liberté, c’est son avenir politique qui est scellé.
Un procès judiciaire ? Peut-être. Mais pour l’opinion, c’est surtout un procès politique, dont l’objectif est clair : effacer Mutamba de l’échiquier national et envoyer un message fort à tous ceux qui oseraient défier le pouvoir.
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