Il est toujours aisé de s’indigner depuis le confort d’un clavier, surtout lorsqu’on se pare des habits de “l’éternel indigné”. Mais l’indignation, pour être utile à la nation, doit s’accompagner d’un minimum de rigueur intellectuelle et d’honnêteté dans l’analyse.
Le texte de Pape Matar Diallo, pompeusement intitulé “Honte à ceux qui festoient pendant que le peuple souffre”, illustre malheureusement cette tendance à faire du pathos une arme politique, sans nuance ni compréhension des réalités de la gouvernance.
Oui, le chômage est une plaie nationale. Oui, la pauvreté frappe durement de nombreux foyers. Personne ne le nie, pas même les autorités qu’il accuse de “festoier”. Mais réduire la responsabilité publique à une succession d’émotions et d’invectives, c’est faire injure à la complexité de la situation du pays et au travail quotidien de ceux qui, loin des caméras, s’efforcent de reconstruire un État fragilisé par des décennies de gestion approximative.
Parler de “fonds politiques” ou de “véhicules de fonction” comme si leur suppression allait, par miracle, résoudre le chômage de masse, c’est un raccourci démagogique. Le Sénégal a besoin de réformes structurelles, pas de slogans moralisateurs. Le gouvernement actuel, arrivé depuis quelques mois à peine, s’attelle justement à assainir les finances publiques, rationaliser les dépenses et orienter les ressources vers les secteurs productifs. Cela ne se fait ni en un jour ni dans le vacarme des indignations médiatiques.
Quant aux “meetings”, que l’auteur juge indécents, faut-il lui rappeler que la politique, dans une démocratie, repose aussi sur la mobilisation, l’écoute et la pédagogie ? Expliquer une vision, dialoguer avec la base, rendre compte aux citoyens — ce n’est pas “festoyer”, c’est exercer la politique au sens noble du terme. La proximité avec le peuple ne se limite pas aux discours austères derrière un bureau.
Le vrai danger pour notre pays n’est pas que des responsables s’expriment devant la nation, c’est que certains intellectuels se complaisent dans une posture de surplomb, refusant toute nuance, transformant chaque action publique en scandale moral. Cette attitude nourrit le cynisme et la désespérance, au lieu de stimuler la réflexion collective et la construction nationale.
Il est temps de sortir du confort de la critique facile. Gouverner, c’est agir avec des contraintes, arbitrer, corriger, réformer — pas écrire des pamphlets en noir et blanc. Le peuple sénégalais mérite un débat adulte, lucide et responsable.
L’indignation, quand elle n’est pas éclairée par la raison, n’est qu’un bruit de fond. Et notre pays, lui, a besoin de solutions, pas de sermons.
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