Le Sénégal affiche en 2025 une trajectoire budgétaire en nette amélioration, marquée par un recul significatif de son déficit public. Selon le dernier rapport du ministère de l’Économie sur les développements économiques récents, la situation des finances publiques témoigne d’un effort de redressement important, dans un contexte de réajustement des dépenses et de mobilisation accrue des recettes.
Le déficit budgétaire est ainsi passé de 13,7 % à 6,2 % du PIB en l’espace d’un an. Cette correction notable s’explique principalement par une rationalisation des dépenses publiques, notamment la réduction des investissements et des transferts, mais aussi par une meilleure performance dans la collecte des recettes fiscales. L’amélioration de la pression fiscale apparaît comme l’un des leviers majeurs de ce rééquilibrage des comptes.
Face à des conditions de financement extérieur plus contraignantes, l’État a davantage sollicité le marché régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les émissions de titres publics ont ainsi atteint 2 225 milliards de FCFA, soit une hausse de 122 % sur un an. Cette stratégie traduit un recours accru à l’endettement régional pour couvrir les besoins de financement de l’économie.
Dans le même temps, la masse monétaire a progressé de 13,3 %, signe d’une circulation plus importante des liquidités dans l’économie, tirée notamment par l’augmentation des avoirs extérieurs. Cette dynamique monétaire accompagne les ajustements budgétaires en cours, dans un environnement marqué par des tensions sur les équilibres financiers.
Cependant, plusieurs défis structurels persistent. La hausse des charges d’intérêts liées à la dette publique continue de peser sur les marges budgétaires de l’État, tandis que le poids des subventions limite encore la capacité d’ajustement des finances publiques. Par ailleurs, malgré les performances enregistrées, l’économie reste fortement soutenue par le secteur extractif, notamment le gaz et le pétrole, alors que le secteur hors hydrocarbures peine toujours à véritablement décoller.
En définitive, si le Sénégal semble engagé dans une phase d’assainissement de ses finances publiques, la dépendance à l’endettement régional et aux revenus issus du sous-sol demeure forte. Le pays avance vers plus de rigueur budgétaire, mais le défi d’une croissance durable et inclusive reste encore à construire.