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Sénégal–Mauritanie : un accord inédit pour faciliter la circulation et l’établissement des citoyens

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DakarNouakchott. Dans une ère où les tensions migratoires agitent le monde, le Sénégal et la Mauritanie ont pris le contre-pied des dynamiques de fermeture. Les deux pays viennent de signer un accord bilatéral historique encadrant l’entrée, le séjour et l’établissement de leurs ressortissants et de leurs biens respectifs. Un cadre qui allie pragmatisme, fraternité et sécurité juridique, dans le respect des souverainetés nationales.

Une libre circulation assise sur des règles claires

Désormais, les citoyens sénégalais et mauritaniens pourront traverser les frontières officielles munis uniquement de leur carte nationale d’identité ou d’un passeport en cours de validité, sans avoir à s’acquitter de frais de subsistance ou de formalités excessives.

Ce principe de gratuité, couplé à la simplification des démarches administratives, vise à fluidifier les échanges humains et commerciaux entre les deux nations. Toutefois, une entrée en dehors des postes de contrôle frontaliers sera considérée comme illégale et soumise à la législation en vigueur.

Des titres de séjour accessibles et simplifiés

L’accord accorde aux ressortissants des deux pays la possibilité de s’installer de part et d’autre de la frontière avec un titre de séjour facilité :

En Sénégal, les Mauritaniens auront droit à une carte de séjour d’un an pour 5 000 FCFA, sans obligation de contrat de travail ou de justificatif de revenu pour la première demande. En Mauritanie, les Sénégalais bénéficieront d’un titre de séjour d’un an pour 300 MRU, selon les mêmes conditions d’assouplissement.

Le renouvellement de ces titres, au-delà d’un an, exigera toutefois un justificatif de revenu, preuve d’une intégration progressive dans l’espace d’accueil.

Reconnaissance mutuelle des droits et protection légale

Au-delà des aspects migratoires, l’accord va plus loin en garantissant à chaque citoyen résidant dans le pays voisin une pleine protection légale et judiciaire pour sa personne et ses biens.

Les ressortissants ne pourront être assujettis à des taxes ou redevances plus élevées que celles appliquées aux nationaux, respectant ainsi un principe d’égalité de traitement.

Une mobilité facilitée des véhicules et des biens

Les véhicules immatriculés dans l’un ou l’autre pays peuvent circuler jusqu’à 180 jours dans le pays voisin, à condition de présenter les pièces requises : permis valide, assurance, carte grise et vignette touristique. Une mesure attendue par les transporteurs, commerçants et voyageurs réguliers de la région.

Une intégration économique et sociale renforcée

Les deux pays s’accordent également à faciliter l’accès à l’emploi, dans le respect des lois nationales. L’idée est de renforcer la contribution des diasporas dans les économies locales, sans créer de discrimination sur le marché du travail.

Préserver la sécurité tout en respectant la dignité

L’accord prévoit des mesures d’expulsion possibles en cas de menace à l’ordre public, mais insiste sur la protection des droits fondamentaux des personnes concernées, y compris la sauvegarde de leurs biens.

Un engagement renouvelable tous les cinq ans

Signé pour une durée initiale de cinq ans, l’accord est renouvelable par tacite reconduction. Il prévoit également un mécanisme de suivi via la Grande Commission Mixte de Coopération, avec la possibilité de créer un comité ad hoc en cas de situation urgente.

Un modèle régional ?

À l’heure où les politiques migratoires africaines sont souvent dictées par les intérêts extérieurs, le partenariat sénégalo-mauritanien démontre qu’il est possible d’avancer vers une mobilité maîtrisée et solidaire, fondée sur des valeurs de réciprocité, de dignité et de fraternité.

Cet accord pourrait bien inspirer d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, en quête d’un équilibre entre ouverture et souveraineté, intégration et sécurité.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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