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Touba : la virée nocturne de cinq présumés braqueurs s’achève dans la boue et les coupe-coupe

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Ils pensaient avoir trouvé la formule parfaite : une voiture discrète, une plaque d’immatriculation maquillée à l’ancienne avec un mélange de sable et d’eau, quelques armes blanches glissées sous les sièges et des rues plongées dans l’obscurité. À Ndamatou et dans les quartiers environnants, la petite entreprise du grand banditisme semblait rouler tranquillement de nuit, comme un service de livraison… sauf que les colis visés étaient les téléphones, sacs et économies des passants.

Dans la nuit du 12 au 13 mai 2026, le scénario bien huilé de cette bande de cinq individus a toutefois connu une panne brutale. Alors qu’ils patientaient dans leur Peugeot 307 bleue, soigneusement garée dans la pénombre du quartier Sékhawga, les présumés malfaiteurs étaient loin d’imaginer qu’ils attiraient davantage l’attention qu’ils ne se fondaient dans le décor. Car il faut reconnaître qu’une voiture stationnée à un carrefour stratégique, avec une plaque volontairement recouverte de boue artisanale et cinq hommes à bord en pleine nuit, ce n’est pas exactement la définition de la discrétion absolue.

Les éléments de la Brigade de Recherches du Commissariat d’arrondissement de Ndamatou, en mission de sécurisation nocturne, ont rapidement compris qu’il ne s’agissait probablement pas d’un club de poésie réuni pour admirer les étoiles. L’intervention a été immédiate. Fin de la balade pour les cinq occupants, neutralisés avant même d’avoir le temps de transformer leur véhicule en rampe de lancement pour une nouvelle agression.

La fouille du véhicule a confirmé que les suspects ne transportaient pas seulement de bonnes intentions. Sous les sièges arrière dormaient tranquillement deux coupe-coupe, tandis que deux joints de chanvre indien déjà entamés complétaient l’ambiance à bord. Une sorte de kit complet du parfait braqueur improvisé.

Interrogés sur leur présence nocturne et armée dans le secteur, les intéressés n’ont visiblement pas trouvé d’explication convaincante. Difficile, il faut l’avouer, de justifier une virée touristique à cinq avec des armes blanches dissimulées sous les sièges et une plaque d’immatriculation rendue illisible façon chantier routier.

Depuis plusieurs mois, les habitants de Ndamatou, Sékhawga, Nguiranène, Darou Marnane, Yonou Darou, Tally Boubess ou encore de la corniche Serigne Modou vivaient au rythme des récits d’agressions nocturnes. Le mode opératoire revenait presque mot pour mot dans les plaintes : une voiture surgit, cinq individus descendent brutalement, les victimes sont dépouillées avant que le commando ne disparaisse dans la nuit. Une organisation suffisamment répétitive pour finir par ressembler à une tournée programmée.

Les enquêteurs ont d’ailleurs découvert que l’équipe roulait auparavant à bord d’une Peugeot 406 grise. Mais sentant visiblement le vent tourner après plusieurs signalements, les suspects avaient changé de véhicule, pensant sans doute qu’une nouvelle carrosserie suffirait à relancer discrètement leurs activités. Comme quoi, certains changent de voiture pour améliorer leur confort ; d’autres pour tenter d’échapper aux enquêtes policières.

Le plus embarrassant pour les mis en cause est venu ensuite. Plusieurs victimes convoquées au commissariat ont reconnu sans hésitation le véhicule saisi. Lors des séances de présentation, le conducteur, décrit notamment par son teint clair, ainsi que ses compagnons, ont également été formellement identifiés. Une reconnaissance presque digne d’une séance d’autographes, mais dans une ambiance nettement moins festive.

La suite du dossier n’a fait qu’alourdir leur situation. Les vérifications au fichier central ont révélé que les cinq hommes étaient loin d’être des novices. Tous seraient des récidivistes déjà connus des services de police et déjà déférés par le passé pour des faits similaires. En résumé, une équipe expérimentée… mais manifestement pas assez pour éviter une nouvelle arrestation.

Placés en garde à vue, les suspects voient ainsi leur carrière nocturne subir un sérieux coup d’arrêt. Quant aux habitants des quartiers ciblés, ils espèrent surtout retrouver des nuits un peu moins mouvementées et des rues où une Peugeot stationnée dans l’ombre ne rime plus automatiquement avec mauvaise rencontre.

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Djiby SENE

Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.

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