Chelsea risque dâĂȘtre expulsĂ© de la Premier League â et lâheure tourne â alors que son rachat risque de devenir un conflit Poutine-Johnson⊠Voici pourquoi le prĂȘt de 1,6 milliard de livres sterling dâAbramovitch met le club sur le fil du rasoir.
Si Roman Abramovitch veut maintenant que son prĂȘt de 1,6 milliard de livres sterling soit remboursĂ© pour accepter la vente de Chelsea, le club est confrontĂ© Ă sa plus grande crise depuis la campagne âSave the Bridgeâ de 1987, lorsque Stamford Bridge Ă©tait menacĂ© dâĂȘtre transformĂ© en appartements de luxe par les promoteurs immobiliers Marler Estates.
Abramovich avait initialement dĂ©clarĂ© quâil allait amortir les 1,6 milliard de livres sterling quâil avait investis dans le club pour faciliter le processus de vente. Mais on dit maintenant quâil craint que cela ne soit pas possible en raison des sanctions du gouvernement britannique. Câest un point de vue intĂ©ressant, car le gouvernement britannique peut modifier les termes des sanctions comme et quand il le souhaite, puisquâil Ă©crit la loi sur ce sujet.
Il est donc parfaitement possible dâautoriser Abramovitch Ă amortir le prĂȘt et Ă dĂ©signer un compte ESCROW du gouvernement sur lequel lâargent de la vente du club peut ĂȘtre versĂ©. La meilleure explication ne serait-elle pas quâAbramovich ne souhaite pas vraiment amortir le prĂȘt ?
Disons-le ainsi : Les sanctions du gouvernement britannique montrent clairement quâAbramovich est effectivement lâhomme du prĂ©sident Poutine. Si vous croyez cela, alors, en substance, Chelsea est un actif de lâĂtat russe. Vladimir Poutine, qui brandit actuellement la menace dâune guerre nuclĂ©aire, va-t-il vraiment permettre que 2,5 milliards de livres sterling dâactifs russes disparaissent dans les mains du gouvernement britannique, qui les distribuera comme bon lui semble, une grande partie de cet argent finissant par soutenir lâUkraine ?
Les personnes proches du processus de vente ont toujours craint quâAbramovitch ne fasse capoter lâaccord Ă la derniĂšre minute. Et ces nouvelles conditions, qui ne sont apparues que la semaine derniĂšre, ressemblent fort Ă un Ă©norme obstacle.
Lâaccord suggĂ©rĂ© est que le prĂȘt, qui est dĂ» Ă une sociĂ©tĂ© holding appelĂ©e Fordstam (contrĂŽlĂ©e par Abramovich), devrait maintenant ĂȘtre payĂ© Ă Camberley International Investments, qui semble ĂȘtre liĂ© Ă Abramovich. Cela ne se produira pas si le gouvernement britannique tient sa parole. Il sâest engagĂ© Ă ce que pas une seule livre sterling provenant du processus de vente ne finisse dans la poche dâAbramovich.
Nous sommes donc dans une impasse et, pour ajouter un peu de tension, lâheure tourne. Chelsea ne fonctionne en tant que club que parce que le gouvernement britannique lâa libĂ©rĂ© des sanctions jusquâau 31 mai afin quâil puisse terminer la saison. Sans lâautorisation du gouvernement, ils ne peuvent pas fonctionner : ils ne peuvent pas vendre de billets, payer les joueurs ou en recruter. Ils ne peuvent mĂȘme pas organiser de matchs. Ils seraient essentiellement liquidĂ©s et incapables de jouer Ă quelque niveau que ce soit, jusquâĂ ce quâune sorte dâaccord puisse ĂȘtre trouvĂ©.
Peut-ĂȘtre que le gouvernement va simplement prolonger la licence spĂ©ciale ? Câest possible, mais le 8 juin, la Premier League tiendra son assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et constituera le championnat pour 2022-23. Si Chelsea nâa pas de licence dâici lĂ , il ne pourra pas prendre place dans la Premier League de la saison prochaine, ni ĂȘtre dĂ©signĂ© par la FA comme reprĂ©sentant de la Ligue des champions ou de la Ligue Europa. Et ils ne peuvent ĂȘtre licenciĂ©s quâavec lâautorisation du gouvernement, ce qui ne se produira que sâils sont vendus.
Ajoutez Ă cela le fait que le Financial Times rapporte que le prĂ©sident actuel Bruce Buck et la directrice gĂ©nĂ©rale Marina Granovskaia resteront au club si Todd Boehly le reprend. Julian Knight, dĂ©putĂ© conservateur et prĂ©sident du comitĂ© restreint du DCMS, qui est le dĂ©partement supervisant la vente, dĂ©clare que ce serait une âĂ©volution inquiĂ©tanteâ.
Et que lâoffre bizarre et de derniĂšre minute de Jim Ratcliffe, qui a fait lâobjet dâun grand battage mĂ©diatique mais qui ne fait pas techniquement partie du processus, semblait Ă©trangement conçue pour apaiser Abramovich.
LorsquâAbramovitch a dĂ©clarĂ© quâil allait vendre Chelsea, avant dâĂȘtre sanctionnĂ©, il a dit quâil voulait crĂ©er une fondation âau profit de toutes les victimes de la guerre en Ukraineâ. Lâexpression âvictimes de la guerreâ Ă©tait bien sĂ»r trĂšs vague et pouvait dĂ©signer la reconstruction de la rĂ©gion de Donbas, en Ukraine, contrĂŽlĂ©e par les Russes.
Lâoffre de Ratcliffe a imitĂ© le langage dâAbramovich, en disant quâil voulait que les recettes aillent Ă un âTrust caritatif pour soutenir les victimes de la guerreâ. Mais comme Ratcliffe et Abramovich le savent, ils ne choisissent pas oĂč va lâargent, il est donc inutile de promettre ce qui va lui arriver.
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