Dans le vaste département de Bakel, aux confins nord-est du Sénégal, l’espoir d’un nouveau souffle de développement commence à prendre forme. Un programme d’intervention prioritaire d’un montant de plus de 20 milliards de francs CFA sera déployé sur la période 2026-2028 pour financer des infrastructures sociales de base et des actions de désenclavement. L’annonce a été faite par la coordonnatrice du Programme d’urgence et de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), Ndèye Marième Samb, en marge d’un comité régional de développement tenu dans la région de Tambacounda.
Face aux autorités administratives, aux élus territoriaux et aux services techniques, la responsable du PUMA a détaillé les grandes orientations de ce plan triennal centré sur Bakel. « Nous avons échangé avec les acteurs locaux sur nos projections au niveau du département de Bakel, sur lequel nous avons fait un focus pour l’année 2026-2028 en élaborant un programme d’intervention prioritaire estimé à plus de 20 milliards de francs CFA », a-t-elle indiqué, soulignant la volonté de bâtir un développement structurant et durable.
La rencontre, présidée par le gouverneur de la région de Tambacounda, Guedj Diouf, a également réuni préfets, sous-préfets et autorités locales des zones d’intervention du PUMA. Elle a permis d’identifier et de prioriser des projets appelés à s’inscrire dans la dynamique du Plan Diomaye pour le Sénégal oriental, récemment annoncé en Conseil des ministres par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Selon Ndèye Marième Samb, les échanges ont aussi porté sur les autres départements de la région, dans la perspective d’une articulation cohérente entre les projets locaux et cette nouvelle vision de développement territorial.
Au cœur du programme figure le désenclavement, considéré comme un levier essentiel pour stimuler l’activité économique et améliorer les conditions de vie des populations. Il s’agira à la fois d’un désenclavement physique, à travers la réalisation et la réhabilitation de pistes et d’axes stratégiques, et d’un désenclavement numérique. Le PUMA prévoit notamment l’installation d’antennes versatiles afin de renforcer la connectivité et la couverture téléphonique dans des zones encore faiblement desservies. L’ambition est claire : rapprocher ces territoires des grands centres urbains et des opportunités qu’offre le numérique.
Les infrastructures sociales ne seront pas en reste. Accès à la santé, à l’éducation, à l’électricité et à l’eau potable constituent des priorités affichées du programme. « Ce sont des enjeux extrêmement importants pour ces localités », a insisté la coordonnatrice, rappelant que le développement des territoires frontaliers passe nécessairement par l’amélioration concrète du quotidien des populations.
Le gouverneur Guedj Diouf a salué la tenue de ce comité régional de développement, qui a permis de faire le point sur les réalisations déjà accomplies par le PUMA et sur les actions en cours. Il s’est félicité des progrès enregistrés dans le désenclavement de certaines localités grâce à la construction de pistes, tout en annonçant la réhabilitation prochaine de l’axe Koussanar-Dawadji avant l’hivernage. Un tronçon jugé d’une importance capitale pour la mobilité des personnes et des biens dans cette partie du Sénégal oriental.
À travers ce programme de 20 milliards de francs CFA, Bakel et, plus largement, la région de Tambacounda semblent s’inscrire dans une nouvelle phase de transformation. Entre infrastructures, connectivité et services sociaux de base, le pari est celui d’un développement inclusif capable de réduire les disparités territoriales et d’ancrer durablement ces zones frontalières dans la dynamique nationale.