À l’approche de la Coupe d’Afrique des nations 2028, la Confédération africaine de football se retrouve confrontée à une urgence organisationnelle inédite. Le changement de calendrier, marqué par le passage de la CAN à une périodicité quadriennale après l’édition 2027 co-organisée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, laisse peu de temps à l’instance continentale pour identifier un pays capable d’accueillir la compétition dans des conditions optimales. À ce jour, les options crédibles se font rares, voire inexistantes.
Dans ce contexte délicat, le Maroc apparaît comme le seul pays immédiatement opérationnel. Fort d’infrastructures modernes, d’une solide expérience dans l’organisation d’événements sportifs majeurs et d’un agenda déjà tourné vers la Coupe du monde 2030, le Royaume chérifien s’impose comme la solution de repli idéale pour la CAF. Une évidence qui place Rabat en position de force dans les discussions en cours.
Selon le journaliste Romain Molina, des négociations avancées seraient engagées pour confier au Maroc l’organisation de la CAN 2028. Mais cette disponibilité ne serait pas sans contrepartie. Le président de la Fédération marocaine de football aurait posé une condition claire : remporter la CAN 2025, organisée sur le sol marocain. Un succès sportif qui servirait de garantie politique et commerciale à la CAF, à un moment charnière de son histoire.
Derrière cette exigence se cache un enjeu bien plus large que le simple résultat d’un tournoi. Pour la CAF, il s’agit de sécuriser l’avenir immédiat de sa compétition phare et d’éviter une crise logistique majeure. Pour le Maroc, l’objectif est de consolider son statut de puissance centrale du football africain, capable d’influencer à la fois le jeu sur le terrain et les décisions dans les coulisses.
Si cette condition venait à se confirmer, elle ouvrirait un débat inédit sur la frontière entre performance sportive et gouvernance du football africain. Mais dans un contexte d’urgence et de manque d’alternatives, le pragmatisme semble l’emporter. Une chose est certaine : la CAN 2025 dépasse déjà le cadre du sport et pourrait bien redessiner l’avenir institutionnel du football africain.
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