Au Sénégal, la liberté d’expression demeure un principe cardinal, mais elle doit composer avec un cadre légal strict visant à protéger les institutions publiques. Fin novembre 2025, un nouvel épisode est venu rappeler cet équilibre délicat : le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a adressé une mise en garde officielle à Walf TV, après la diffusion de propos jugés « irrespectueux » envers le Président de la République.
Selon l’autorité de régulation, une intervention de Cheikh Bara Ndiaye, diffusée sur la chaîne privée, aurait dépassé les limites du débat public en adoptant un ton « d’une rare violence ». Le CNRA reproche à Walf TV d’avoir offert une tribune à des déclarations considérées comme attentatoires à la dignité et à la considération due aux institutions de la République.
Un rappel à l’ordre appuyé par les textes
Dans sa communication adressée au directeur général de la chaîne, Moustapha Diop, le Conseil rappelle les obligations qui encadrent les médias audiovisuels. L’article 56 du Code de la presse est clair : la liberté de la presse doit s’exercer dans le respect de l’éthique, de la déontologie et des lois en vigueur.
De plus, le cahier des charges applicable aux télévisions privées impose explicitement aux concessionnaires de veiller à ce que leurs programmes n’atteignent pas l’intégrité des institutions publiques. Une règle que le CNRA estime avoir été transgressée.
Une décision prise après délibération
Réuni en séance le 26 novembre 2025, le Conseil a décidé d’enjoindre fermement Walf TV à veiller à ce que des contenus de cette nature ne soient plus diffusés. Le régulateur demande à la chaîne de prendre les mesures nécessaires pour se conformer aux exigences légales.
Ce rappel à l’ordre n’est pas inédit : Walf TV a déjà fait l’objet, par le passé, de sanctions et avertissements portant sur des contenus jugés sensibles. Mais cet épisode intervient dans un contexte politique particulier, où les tensions verbales autour des institutions se sont multipliées dans l’espace médiatique.
Entre liberté d’expression et responsabilité médiatique
L’affaire relance le débat sur la place des médias dans le jeu démocratique. Entre la nécessité de garantir un espace critique ouvert et celle de préserver les symboles de l’État, la ligne demeure ténue.
Pour certains observateurs, cette intervention du CNRA s’inscrit dans une dynamique de préservation de la cohésion institutionnelle. Pour d’autres, elle soulève des interrogations sur la frontière entre régulation nécessaire et contrôle excessif.
Walf TV, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi, mais devra ajuster sa ligne éditoriale pour éviter une éventuelle escalade pouvant mener à des sanctions plus lourdes.
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