Le Sénégal a décidé de reprendre la main sur l’un de ses permis offshore les plus anciens. Les autorités ont officiellement retiré la licence d’exploration du bloc de Cayar Shallow, détenue depuis 2008 par Atlas Oranto Petroleum, une société privée fondée par le milliardaire nigérian Arthur Eze. Derrière cette décision administrative se dessine un tournant politique clair : Dakar entend désormais mettre fin à la rétention prolongée de titres pétroliers sans activité réelle, au profit d’une exploitation plus dynamique et plus encadrée de ses ressources naturelles.
Situé au nord de la presqu’île de Dakar, le bloc de Cayar Shallow couvre une superficie d’environ 3 600 km² en eaux peu profondes. Les études géologiques menées au fil des années ont mis en évidence plusieurs structures jugées prometteuses en hydrocarbures, renforçant l’intérêt stratégique de cette zone. Pourtant, près de vingt ans après l’attribution du permis, aucun puits d’exploration n’a été foré. L’activité s’est essentiellement limitée à des levés sismiques, sans franchir l’étape décisive de la prospection directe.
Selon des informations relayées par la presse nigériane et confirmées par les autorités sénégalaises, cette situation résulte du non-respect d’obligations contractuelles jugées fondamentales. Atlas Oranto Petroleum n’aurait notamment pas fourni les garanties bancaires requises ni engagé les investissements opérationnels attendus. Malgré plusieurs prorogations accordées par l’État sénégalais au fil des années, les engagements pris n’ont jamais été traduits en actions concrètes sur le terrain, un immobilisme désormais considéré comme incompatible avec les priorités nationales.
La révocation du permis s’inscrit dans une nouvelle doctrine de gouvernance des ressources extractives impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye. Le chef de l’État a clairement affiché sa volonté de rompre avec une gestion jugée trop permissive des titres miniers et pétroliers, héritée des précédents cycles d’exploration. L’ambition est de faire des permis non plus de simples actifs spéculatifs, mais de véritables leviers d’investissement, capables de générer de la valeur ajoutée, de l’emploi et, à terme, des recettes durables pour le budget national.
En reprenant le contrôle du bloc de Cayar Shallow, Dakar adresse un signal fort à l’ensemble des opérateurs du secteur énergétique. Désormais, la détention d’une licence implique des obligations industrielles strictes, assorties de délais et de résultats mesurables. Les autorités sénégalaises entendent privilégier les acteurs disposés à engager rapidement des forages et à assumer les risques inhérents à l’exploration, plutôt que ceux qui choisissent d’attendre indéfiniment des conditions de marché plus favorables.
Au-delà du cas d’Atlas Oranto Petroleum, cette décision place le Sénégal dans le sillage de plusieurs pays africains qui réévaluent aujourd’hui les contrats conclus lors des précédentes vagues d’attribution de permis. Sous la pression de finances publiques contraintes et d’attentes sociales croissantes, la valorisation effective des ressources naturelles devient un impératif politique. Pour Dakar, le message est désormais sans équivoque : le temps des permis dormants touche à sa fin.
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