Depuis plusieurs jours, Fass Boye ne dort plus vraiment. Dans ce village de pêcheurs du département de Tivaouane, l’angoisse s’est installée comme une brume épaisse, envahissant les concessions, les ruelles sablonneuses et les regards. Une pirogue partie des côtes gambiennes le 5 décembre dernier, avec à son bord plusieurs fils du village, n’a plus donné signe de vie.
Ici, où presque tout le monde est parent ou allié, la douleur n’a pas besoin de nom pour être partagée. Chaque famille se sent concernée, directement ou indirectement, par le sort de cette embarcation lancée vers l’inconnu dans l’espoir d’atteindre l’Europe. L’attente est devenue un fardeau collectif, lourd à porter, d’autant plus qu’aucune information ne filtre sur le devenir des passagers.
Les journées s’étirent, semblables et éprouvantes. On scrute les téléphones, on tend l’oreille au moindre bruit, au moindre témoignage venu d’ailleurs. « La pirogue a quitté la Gambie le 5 décembre, et jusqu’à présent, nous sommes sans aucune nouvelle », confie Mamour Ba, la voix chargée d’inquiétude. Comme lui, de nombreux habitants disent vivre dans une tension permanente, partagés entre l’espoir et la peur.
Selon les informations recueillies sur place par le reporter de l’APS, des jeunes originaires d’autres villages de la commune de Darou Khoudoss — notamment Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye — font également partie de l’embarcation. Cette dimension élargit encore le cercle de l’angoisse, transformant l’attente en une épreuve communautaire à l’échelle de toute la zone.
Quand la foi devient refuge
À Fass Boye, l’émotion est à son comble autour du cas d’Aminata Boye, mère de cinq enfants — trois garçons et deux filles — dont un proche se trouvait à bord de la pirogue. Son chagrin, silencieux mais profond, est vécu comme un drame familial et communautaire. Dans ses larmes se reflètent celles de tout un village.
Face à l’impuissance, la foi s’impose comme dernier rempart. Les autorités religieuses et coutumières, conscientes de leur rôle, organisent régulièrement des séances de prières. Les invocations montent vers le ciel, portées par l’espoir d’un dénouement heureux. En parallèle, la solidarité se renforce : visites de soutien, paroles de réconfort, moments de recueillement collectif rythment désormais la vie du village.
Cette nouvelle alerte ravive aussi une blessure plus ancienne : celle de l’émigration irrégulière qui continue de frapper Fass Boye et ses environs. Malgré les campagnes de sensibilisation et les témoignages sur les dangers de la traversée maritime, de nombreux jeunes, parfois des pères et des mères de famille, persistent à tenter le voyage, au péril de leur vie.
Aujourd’hui, dans l’attente d’informations fiables, les habitants s’accrochent au moindre signe d’espoir. Mais à mesure que les jours passent sans nouvelles, l’angoisse grandit, sourde et oppressante, laissant tout un village suspendu entre la prière et la crainte du pire.
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