La lutte contre l’insécurité routière entre dans une nouvelle phase. Face à la recrudescence des accidents de la circulation, le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, annonce un tournant : l’État veut désormais agir à la fois sur la vitesse des véhicules, le contrôle technique et le comportement des conducteurs.
Limiter la vitesse pour sauver des vies
En visite au Centre de contrôle technique de Hann (CCTVA), le ministre a dévoilé les grandes lignes d’un dispositif en cours de finalisation. Objectif : réduire drastiquement les excès de vitesse, identifiés comme l’une des principales causes d’accidents.
Parmi les mesures envisagées figurent le plombage des véhicules et l’installation de systèmes de géolocalisation permettant de suivre le comportement des conducteurs en temps réel. Selon le ministre, ces mesures ont reçu l’aval du Premier ministre, Ousmane Sonko.
« Il y a plusieurs techniques. Vous avez le plombage des véhicules mais également la géolocalisation. Nous sommes en train de travailler à les implémenter », a expliqué Yankhoba Diémé, précisant que le gouvernement pourrait agréer directement des sociétés spécialisées pour accélérer le processus.
6 800 minicars dans le viseur
Au cœur du dispositif : les 6 800 véhicules de transport en commun de type minicar (12 à 19 places) actuellement en circulation au Sénégal. Ces véhicules, communément appelés « Cheikhou Chérifou », feront l’objet d’un rappel exceptionnel à partir du 3 mars prochain, pour une durée de deux mois.
Cette opération, décidée en Conseil des ministres le 18 février, intervient sur instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte marqué par des accidents « presque quotidiens » endeuillant le pays.
Le contrôle technique sera renforcé et structuré autour de deux volets :
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un contrôle technique régulier,
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un contrôle spécifique renforcé, incluant la conformité du nombre de places, la disposition des sièges, ainsi que la conformité des bagages et des supports de bagages.
Le facteur humain en question
Si les défaillances mécaniques sont ciblées, le ministre insiste toutefois sur un autre problème majeur : l’indiscipline sur les routes.
« Les hommes ont agi sur ces véhicules, nous allons corriger l’action maladroite qu’ils ont posée, mais cela ne règle pas tout », a-t-il reconnu, soulignant que dans la majorité des cas, les accidents sont liés aux excès de vitesse.
Ainsi, au-delà des outils technologiques et des contrôles techniques, c’est une véritable réforme des comportements que le gouvernement semble vouloir impulser.
Vers une nouvelle culture de la sécurité routière ?
La stratégie annoncée traduit une volonté politique claire : passer d’une gestion réactive des accidents à une approche préventive et structurée. En combinant limitation technologique de la vitesse, surveillance accrue et contrôle technique renforcé, les autorités espèrent inverser la tendance.
Reste désormais à voir comment ces mesures seront accueillies par les transporteurs et les conducteurs, dans un secteur où les enjeux économiques sont importants.
Une chose est sûre : la sécurité routière s’impose désormais comme une priorité nationale, avec l’ambition affichée de sauver des vies et de restaurer la confiance sur les routes sénégalaises.