Le gouvernement sénégalais vient d’opérer un tournant majeur dans la gestion des carrières des agents publics. Trois décrets adoptés en Conseil des ministres le 19 novembre 2025 viennent enfin corriger des inégalités longtemps dénoncées dans les secteurs stratégiques de l’Enseignement et de la Santé.
Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a apporté des précisions essentielles sur la portée de ces nouvelles mesures qui mettent fin à plusieurs décennies de disparités entre fonctionnaires et non-fonctionnaires.
Mettre fin aux inégalités entre fonctionnaires et décisionnaires dans l’Éducation
Pendant des années, les agents non fonctionnaires des cadres de l’Enseignement n’avaient pas les mêmes droits en matière de reclassement et d’avancement que leurs homologues fonctionnaires. Cette distinction, héritée de textes anciens, pénalisait particulièrement les enseignants dits « décisionnaires », pourtant indispensables au fonctionnement des établissements scolaires.
Le décret modifiant le texte de 1974 vient uniformiser les règles. Désormais, les enseignants non fonctionnaires bénéficient :
des mêmes modalités de reclassement, lorsqu’ils obtiennent un diplôme professionnel leur permettant d’accéder à un nouveau corps de métier ;
des mêmes conditions d’avancement de grade ou de classe ;
d’un rappel d’ancienneté civile, applicable à titre transitoire, pour rattraper les années où ils étaient désavantagés.
Des exemples qui parlent d’eux-mêmes
1. Le reclassement après obtention d’un diplôme
Jusqu’ici, un professeur de collège fonctionnaire obtenant un diplôme d’enseignement secondaire était reclassé immédiatement, tout en conservant 30 % de son ancienneté.
Son collègue décisionnaire, lui, était reclassé plus tard et sans aucune reprise d’ancienneté.
Le nouveau décret met fin à cette injustice : les deux profils seront désormais traités exactement de la même manière.
2. L’avancement de grade
Autre disparité marquante :
60 % des fonctionnaires en compétition accédaient au grade supérieur, contre seulement 50 % des décisionnaires.
Le nouveau texte aligne les taux : les enseignants décisionnaires auront les mêmes chances d’avancement que les fonctionnaires.
Recrutement et reclassement : une nouvelle opportunité pour les contractuels de l’Enseignement
Le deuxième décret introduit une mesure très attendue :
Les maîtres contractuels, professeurs contractuels et contractuels chargés de cours disposant d’un diplôme professionnel requis — et âgés de 35 ans au plus à l’entrée en vigueur du texte — pourront demander leur nomination dans le corps des fonctionnaires.
Ils bénéficient pour cela d’un nouveau délai de deux ans.
Cette mesure ouvre la porte à une régularisation massive de carrières et permettra aussi :
le reversement de ces agents au Fonds national de retraite,
leur imputation budgétaire, gage de stabilité professionnelle.
Santé publique : un nouveau corps et une actualisation des diplômes
Le secteur de la santé n’est pas en reste. Le décret modifiant le statut particulier des fonctionnaires de la Santé publique introduit plusieurs innovations importantes.
Création d’un nouveau corps : les ingénieurs en biologie médicale
Un corps de niveau A2 voit le jour, destiné aux titulaires du diplôme d’État d’ingénieur en biologie médicale.
Cette avancée structure le métier, renforce l’expertise dans les laboratoires et répond aux besoins d’un système de santé modernisé.
Les agents déjà en poste, remplissant les conditions de diplôme, pourront y être reclassés.
Actualisation des filières de management sanitaire
Le décret actualise également les diplômes donnant accès aux corps :
des administrateurs des services de santé (A2), des administrateurs de soins (A2).
Les titulaires des diplômes d’État correspondants pourront être reclassés dans ces corps, clarifiant et modernisant une filière essentielle au pilotage des structures de santé.
Des mesures structurelles pour moderniser la Fonction publique
Par ces trois décrets, l’État corrige des injustices persistantes, modernise les statuts de deux secteurs prioritaires et ouvre de nouvelles perspectives de carrière à des milliers d’agents.
Cette réforme marque une volonté claire : réhabiliter, harmoniser et valoriser les parcours professionnels, afin de renforcer les services publics là où ils sont les plus essentiels : l’école et la santé.
À la faveur d’un échange téléphonique jugé « long et approfondi », le Premier ministre…
À 45 ans, Pape Bouna Thiaw n’a pas seulement gagné des trophées. Il a gagné…
La Confédération africaine de football (CAF) a dévoilé, mercredi, l’équipe type de la Coupe d’Afrique…
Après quinze mois de désinformation, de manipulation et de bataille judiciaire autour du dossier AEE…
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réservé un accueil exceptionnel aux Lions…
Le témoignage de Sadio Mané sur El Hadj Diouf a profondément touché le public sénégalais,…