Dans la vaste plaine du fleuve Sénégal, un vent de renouveau souffle sur les terres rizicoles. La Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED) vient d’annoncer un ambitieux programme d’aménagement et de réhabilitation de 9 000 hectares de terres irriguées répartis entre Saint-Louis, Dagana et Podor.
Financé à hauteur de 44 milliards de francs CFA par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et l’État du Sénégal, le Projet de production de riz irrigué (PPRI) s’inscrit dans une dynamique claire : renforcer la souveraineté alimentaire du pays et moderniser durablement la production rizicole dans cette région stratégique.
‘’Ce projet vise à redonner à la vallée son rôle de grenier à riz du Sénégal”, a déclaré le délégué local de la SAED, Djibril Sall, lors d’une audience publique tenue à Dagana, sous la présidence du préfet Ibrahima Ismaïl Ndiaye.
Une mise en œuvre progressive
Le programme se déploiera en trois phases, dont la première portera sur 2 500 hectares dans les départements de Dagana et Podor. Les appels d’offres sont déjà bouclés, et les entreprises retenues se préparent à démarrer les travaux dès janvier 2026.
Mais cette phase de transition ne sera pas sans conséquences pour les agriculteurs. Le lancement des travaux nécessitera une suspension temporaire des activités agricoles dans certaines zones, entraînant un manque à gagner pour les producteurs.
Pour atténuer l’impact, la SAED prévoit de prioriser l’embauche de la main-d’œuvre locale sur les chantiers, une mesure d’accompagnement qui permettra à de nombreux exploitants de rester actifs durant la période des travaux.
Modernisation et durabilité
Au-delà des aménagements hydrauliques, le PPRI ambitionne une transformation structurelle de la riziculture. Il prévoit le renforcement de la mécanisation, la construction de pistes de production, l’érection de magasins de stockage et la formation des producteurs aux nouvelles techniques culturales.
Autant d’initiatives qui devraient contribuer à accroître la productivité et à réduire la dépendance aux importations de riz, un enjeu majeur pour le Sénégal, dont la consommation annuelle dépasse largement la production nationale.
‘’Toutes les étapes réglementaires ont été respectées, notamment les études d’impact environnemental. Cette audience publique marque l’ultime étape avant le démarrage effectif des travaux”, a souligné M. Sall.
Un pari sur l’avenir
Avec ce programme, la SAED confirme son rôle central dans la mise en œuvre des politiques agricoles nationales. Si les défis demeurent nombreux — gestion de l’eau, adaptation au changement climatique, maintien de la rentabilité —, l’ambition est claire : faire de la vallée du fleuve Sénégal un modèle d’agriculture irriguée moderne et durable.
D’ici 2028, les 9 000 hectares réhabilités devraient produire plusieurs dizaines de milliers de tonnes de riz supplémentaires, contribuant ainsi à rapprocher le Sénégal de son objectif de souveraineté alimentaire.
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