Pétrole du Sénégal : Le gisement de Sangomar, un tournant historique

Depuis juin 2024, le Sénégal s’est officiellement inscrit dans le cercle restreint des pays producteurs de pétrole, grâce au gisement offshore de Sangomar. Situé à 100 km au sud de Dakar, ce projet pétrolier promet des retombées économiques majeures pour le pays.
Sangomar en bref : une découverte stratégique
Le gisement de Sangomar, découvert en 2014, est exploité par la compagnie australienne Woodside Energy, qui détient 82 % des parts, en partenariat avec Petrosen, la société nationale sénégalaise (18 %). Ses réserves récupérables sont estimées à 630 millions de barils de pétrole, avec un développement prévu en plusieurs phases.
La première phase comprend le forage de 23 puits et a permis de lancer la production dès juin 2024. Une prouesse qui marque un moment clé dans l’histoire énergétique du Sénégal.
Une production supérieure aux attentes
Le rapport du ministère de l’Énergie pour novembre 2024 confirme des performances au-delà des prévisions :
• Production actuelle : 15 à 16 millions de barils en seulement six mois.
• Objectif initial : 11,7 millions de barils.
Cette augmentation de la production positionne Sangomar comme un pilier central du secteur énergétique sénégalais, avec un objectif à terme de 100 000 barils par jour, soit le double de la production actuelle.
Un impact économique majeur
Les perspectives économiques liées à Sangomar sont considérables :
• Revenus pour l’État : En 2025, les exportations pétrolières devraient rapporter 500 millions de dollars (environ 300 milliards de francs CFA).
• Création d’emplois : Plus de 4 400 postes seront générés directement et indirectement.
• Développement industriel : La raffinerie de Mbao commencera à utiliser du pétrole sénégalais dès début 2025.
Ces revenus permettront de renforcer les infrastructures, l’éducation et les programmes sociaux, consolidant la stratégie d’émergence du Sénégal.
Les autres gisements clés
Outre Sangomar, le Sénégal dispose d’importantes ressources gazières offshore :
• Grand Tortue Ahmeyim (GTA) : Situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, ce gisement exploité par BP renferme des réserves de 15 trillions de pieds cubes de gaz.
• Yakaar-Teranga : Découvert en 2017, ce gisement détenu par Kosmos Energy se distingue par ses réserves significatives en gaz naturel.
Vers une nouvelle ère énergétique
Grâce à l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz, le Sénégal s’attend à des retombées économiques de plus de 30 milliards de dollars sur plusieurs décennies (16 752 milliards de francs CFA). Ces projets placent le pays sur une trajectoire ambitieuse, combinant souveraineté énergétique et développement durable.
Cependant, des défis subsistent : assurer une gestion transparente des revenus, limiter les impacts environnementaux et veiller à ce que les bénéfices profitent à tous les Sénégalais.
En somme, Sangomar et les autres gisements ouvrent une nouvelle page dans l’histoire économique du Sénégal, qui pourrait devenir un modèle de gestion responsable des ressources naturelles en Afrique.












