Justice : Mamadou Yaya Dieng risque 7 ans de prison pour coups mortels sur son ami Mouctarou Baldé

Accusé d’avoir causé la mort de son ami Mouctarou Baldé lors d’une bagarre, Mamadou Yaya Dieng, chauffeur de profession, a comparu mardi 1er juillet devant le tribunal correctionnel de Dakar. Le parquet a requis contre lui sept ans de prison ferme pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Les faits remontent au 3 septembre 2017, dans un garage de la capitale, où une première altercation éclate entre les deux amis à la suite d’un différend autour d’une somme d’argent. Selon l’enquête, la victime aurait ensuite invité Mamadou Yaya Dieng à la plage du Bloc des Madeleines pour poursuivre la bagarre. C’est là que Mouctarou Baldé aurait trébuché d’une falaise avant de chuter sur la plage, où il sera retrouvé mort le lendemain par un ami commun, Cheikh Ndiaye.
Initialement inculpé pour meurtre, Mamadou Yaya Dieng a finalement été renvoyé devant le tribunal correctionnel, après requalification des faits par le juge d’instruction.
Lors de sa première audition en garde à vue, l’accusé avait reconnu que la victime avait trébuché à la suite des coups reçus. Mais devant la barre, il revient sur ses déclarations :
«Je n’étais pas au courant de sa mort. Ce sont des gens du garage qui m’ont informé de la découverte de son corps. Il m’avait bien invité à la plage, mais je ne m’y suis jamais rendu », a-t-il déclaré.
Pourtant, le certificat de genre de mort parle de fracture du rachis cervical et de blessures infligées par un objet contondant, semant le doute sur les causes exactes du décès.
Le ministère public a estimé que les éléments du dossier suffisent à établir la responsabilité pénale de l’accusé, et a requis 7 ans de réclusion ferme.
En défense, Me Bachir Lo a demandé au tribunal de produire un élément prouvant que son client s’était bien rendu sur la plage :
« Il n’existe aucun élément matériel ou témoignage crédible pour l’affirmer », a-t-il soutenu.
Son confrère Me Baba Diop a qualifié l’affaire de « regrettable entre deux amis », tout en demandant la disqualification des faits.
La requête de liberté provisoire formulée par la défense a été rejetée. Le tribunal rendra son verdict le 22 octobre 2025.











