Sénégal : le FMI alerte sur l’ampleur inédite d’une « dette cachée »

« On n’a jamais vu une dette cachée de cette importance en Afrique », a lancé Edward Gemayel, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal. Une déclaration lourde de sens, prononcée à l’issue d’une mission de deux semaines, qui a ravivé les débats sur la transparence budgétaire et la soutenabilité de la dette publique sénégalaise.
Arrivé à Dakar avec son équipe pour discuter de la reprise d’un programme de prêt, le représentant du FMI a dressé un constat sans détour : la situation financière du Sénégal nécessite des discussions approfondies avant tout nouvel engagement. Selon lui, « l’ampleur et la complexité de cette dette cachée exigent un examen rigoureux pour en mesurer les implications économiques et budgétaires ».
Une dette sous le radar
Le terme de dette cachée désigne généralement des engagements financiers contractés par l’État, ses agences ou entreprises publiques, mais qui ne figurent pas clairement dans les statistiques officielles. Leur révélation tardive bouleverse souvent les équilibres macroéconomiques et la confiance des partenaires financiers.
Dans le cas du Sénégal, ces découvertes font suite à un audit lancé par les nouvelles autorités, qui cherchent à clarifier l’héritage budgétaire de la période 2019–2024. Les premières conclusions font état d’un volume d’engagements non comptabilisés bien supérieur aux attentes initiales.












