Ousmane Sonko salue la performance de l’Asecna et appelle à renforcer la souveraineté aérienne africaine

L’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) demeure l’une des preuves les plus éloquentes que la coopération inter-africaine peut être une réalité solide, mesurable et performante. C’est le constat qu’a dressé le Premier ministre Ousmane Sonko en ouvrant, vendredi à Dakar, la 76ᵉ réunion du comité des ministres de l’agence, un rendez-vous stratégique pour l’avenir de la navigation aérienne sur le continent. À l’heure où les technologies environnementales, sécuritaires et satellitaires évoluent à grande vitesse, Sonko défend l’idée que la planification stratégique n’est plus une simple exigence administrative : elle est devenue un acte politique majeur. Selon lui, c’est elle qui garantit la durabilité, la compétitivité et surtout la souveraineté des services publics régionaux africains.
Devant les ministres présents, le Premier ministre a rappelé que l’Asecna incarne depuis longtemps cette capacité rare des États africains à bâtir ensemble. Ses plans pluriannuels ne sont pas une juxtaposition de projets nationaux ; ils sont la démonstration d’une vision commune, d’un investissement solidaire et d’un progrès partagé. Grâce à la mutualisation des systèmes de communication, de surveillance et de validation, y compris satellites, l’agence montre qu’une souveraineté technologique africaine n’est pas un rêve lointain, mais une ambition accessible dès lors qu’elle s’appuie sur la coopération, la formation et une discipline collective rigoureuse.
Pour autant, Ousmane Sonko met en garde : les évolutions fulgurantes de l’aéronautique, de l’intelligence artificielle et des technologies spatiales imposent au continent de franchir un nouveau cap. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être seulement utilisatrice ; elle doit devenir productrice d’innovation. L’Asecna, forte de son expérience et de son ancrage continental, doit, selon lui, rester en première ligne pour garantir une navigation plus moderne, plus sûre et résolument souveraine.
Le Premier ministre a également insisté sur l’importance stratégique des délibérations du comité des ministres, notamment en matière de gouvernance. Transparence, performance et redevabilité doivent rester au cœur de l’action de l’agence, dans un contexte où la maîtrise des coûts et la qualité des services sont des priorités partagées par tous les États membres. Pour Ousmane Sonko, l’expérience de l’Asecna montre clairement que la maîtrise collective du ciel africain est le symbole même de la maîtrise du destin du continent.
Il a tenu à rendre un hommage appuyé aux contrôleurs aériens, ingénieurs, techniciens et experts qui travaillent souvent dans l’ombre pour assurer la sécurité et la fluidité des espaces aériens. Leur engagement quotidien est, selon lui, une condition essentielle de la fiabilité du système aéronautique africain. Le Sénégal, en tant que pays hôte, continuera d’être un partenaire loyal, engagé et déterminé à accompagner l’agence dans l’accomplissement de sa mission stratégique.
Dans une atmosphère marquée par la fierté, la vigilance et l’espoir, Ousmane Sonko a invité les experts africains à poursuivre leurs travaux avec la même exigence et la même confiance. Car derrière l’avenir de l’Asecna se dessine, plus largement, l’ambition d’un continent qui veut contrôler ses cieux pour mieux contrôler son destin.












