À Saint-Louis, le Sénégal réaffirme son leadership mondial sur la gouvernance de l’eau

C’est à Saint-Louis, ville de confluence où le fleuve Sénégal rejoint l’océan Atlantique, que le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye, a ouvert la Conférence internationale consacrée au thème : « L’eau dans tous ses états dans un monde globalisé ». Un cadre chargé d’histoire, mais aussi un laboratoire naturel où se rencontrent défis environnementaux, innovation scientifique et enjeux socioculturels.
Dans son intervention, le ministre a rappelé que l’eau dépasse largement son statut de simple ressource. « Elle est un lien entre les territoires, les communautés, les imaginaires et les économies », a-t-il déclaré, soulignant qu’elle constitue désormais la matrice d’un véritable projet de société au cœur des transformations écologiques, sociales et géopolitiques du XXIᵉ siècle.

À Saint-Louis, symbole des mutations environnementales et des expérimentations en matière d’adaptation climatique, les échanges ont porté sur l’importance capitale de la science pour orienter les politiques publiques. Cheikh Tidiane Dieye a également mis en lumière le poids des croyances et des cultures dans la manière dont les populations vivent et protègent leur environnement, citant notamment la figure spirituelle de Mame Coumba Bang, gardienne légendaire du fleuve. Les discussions ont également abordé les nouveaux paradigmes de gouvernance, l’urgence d’une adaptation systémique au changement climatique et la portée stratégique des ressources en eau du fleuve Sénégal, du lac de Guiers et des espaces transfrontaliers pour bâtir une sécurité hydrique durable.
Le ministre a profité de ce rendez-vous scientifique pour réaffirmer l’ambition internationale du Sénégal dans le domaine de l’hydrodiplomatie. Le pays s’est engagé dans une stratégie articulée autour du triptyque « Eau, Paix, Sécurité », une doctrine de plus en plus citée sur la scène mondiale. Le Sénégal assure par ailleurs la présidence d’AMCOW pour la période 2025–2027 et a porté, en septembre dernier, la nouvelle Vision africaine de l’Eau. L’année 2026 consacrée « Année de l’Eau en Afrique » par l’Union africaine, la co-organisation avec les Émirats arabes unis de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026, ainsi que l’accueil à Dakar, en 2027, de la Réunion des Parties à la Convention sur l’Eau — une première sur le continent — viennent renforcer cette stature diplomatique.
Cheikh Tidiane Dieye a plaidé pour une approche décloisonnée, « dépassant les disciplines, les frontières et les silos », afin de bâtir une gouvernance inclusive et résiliente capable de répondre aux défis qui s’annoncent.
Le ministre a enfin salué le rôle majeur de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal, de l’Université Gaston Berger, de l’Institut d’Études Avancées de Saint-Louis, ainsi que des nombreux partenaires nationaux et internationaux mobilisés pour produire cette réflexion collective autour de l’eau.
« L’eau est le miroir de nos civilisations et le marqueur de notre avenir commun. » Dans cette ville où le fleuve embrasse l’océan, le Sénégal a réaffirmé son ambition : faire de l’eau un bien commun, un moteur de prospérité et un levier de transformation durable pour l’Afrique et le monde.












