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Thiaroye 1944 : l’Armée promet une cérémonie exemplaire pour le 81ᵉ anniversaire

À quelques jours de la commémoration du massacre de Thiaroye, le directeur de l’information et des relations publiques des armées, le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, promet une cérémonie exemplaire pour honorer la mémoire des Tirailleurs sénégalais. Sous un soleil matinal qui baignait le camp militaire de Dakar, il a assuré que chaque détail du rituel a été minutieusement préparé afin d’offrir, le 1er décembre, une commémoration digne de l’histoire et du sacrifice de ces soldats africains tombés en 1944. « Nous tenons à ce que tout soit parfait », a-t-il confié, à l’issue d’une répétition générale orchestrée avec rigueur et solennité.

Les préparatifs ont réuni un large éventail d’acteurs militaires et civils. Le préfet de Pikine, Hamdy Mbengue, ainsi que le chef d’état-major général des armées, le général Mbaye Cissé, ont assisté aux différentes séquences, observant de près l’enchaînement des phases du protocole officiel. Sur le site, des tribunes de tailles variées ont été montées, tandis que des équipes techniques installaient et ajustaient des rangées de chaises destinées aux invités, aux officiels et aux nombreuses délégations attendues. Les techniciens militaires, eux, s’affairaient aux essais de sonorisation pour garantir la parfaite restitution des allocutions et des prestations artistiques prévues.

Les drapeaux de plusieurs pays africains, dont sont issus les tirailleurs, flottaient aux côtés du drapeau français, rappelant l’ampleur de ce pan partagé de l’histoire coloniale. Dans cette atmosphère de préparation, les Forces armées sénégalaises donnaient le rythme, leurs musiques accompagnant les simulations des différentes séquences, comme un avant-goût du cérémonial qui sera présenté dans son intégralité.

La journée du 1er décembre s’articulera autour de deux moments forts : un dépôt de gerbe au cimetière des Tirailleurs de Thiaroye, suivi d’une cérémonie officielle au camp militaire. Plusieurs chefs d’État africains sont annoncés, tout comme des ministres de la Culture présents à Dakar dans le cadre du Festival ouest africain des arts et de la culture (ECOFEST). Leur présence confère à l’événement une dimension régionale, au-delà de sa portée mémorielle nationale.

Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944, est l’un des épisodes les plus sombres et controversés de l’histoire coloniale française. Ces tirailleurs, revenus du front et réclamant le paiement de leurs soldes, avaient été violemment réprimés au camp de Thiaroye, un drame longtemps étouffé et jamais totalement élucidé. En instaurant une journée de commémoration, les autorités sénégalaises affirment une volonté de réappropriation historique, de reconnaissance et de transmission, pour que ces événements ne sombrent ni dans l’oubli ni dans le silence.

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Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.
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