Ousmane Sonko : ‘’Le développement du Sénégal passe nécessairement par une bonne politique agricole’’

À Kaolack, au cœur du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé un diagnostic sans détour : le développement du Sénégal se joue d’abord dans les champs, pas dans les bureaux climatisés de Dakar. En rencontrant les acteurs agricoles de la région, il a rappelé que toute politique de développement qui échoue dans l’agriculture est vouée à l’échec, car c’est là que se trouve, selon lui, la véritable économie du pays, englobant aussi bien la production que l’élevage.
S’exprimant en wolof, Ousmane Sonko a insisté sur la cohérence globale de la politique agricole du régime actuel, structurée de la mise à disposition des intrants jusqu’à la commercialisation des récoltes. Il a revendiqué les résultats enregistrés lors de la première phase, notamment une forte production d’arachide, qu’il attribue aux efforts consentis par l’État en matière de semences, d’engrais, de matériel agricole et d’encadrement technique. Mais pour le chef du gouvernement, produire ne suffit pas. La réussite agricole ne se mesure réellement qu’à la capacité du producteur à vendre sa récolte dans des conditions justes et rentables.
C’est précisément cette deuxième phase, celle de la commercialisation, qui a motivé son déplacement à Kaolack. Informé de difficultés persistantes sur le terrain, le Premier ministre a préféré venir constater de visu la situation plutôt que de s’en remettre à de simples rapports administratifs. Une démarche qu’il assume pleinement, convaincu que les réalités rurales ne peuvent être comprises qu’au contact direct des producteurs. Pour lui, penser le développement à partir de Dakar est une erreur stratégique : la transformation du Sénégal doit partir des régions de l’intérieur et progresser vers la capitale.
Sur place, Ousmane Sonko a longuement écouté paysans, semenciers, opérateurs privés, banquiers, exportateurs et représentants de l’administration, recueillant leurs préoccupations et leurs attentes. Il a reconnu la légitimité des difficultés exprimées et promis des solutions rapides afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent. Cette séquence d’écoute s’inscrit dans une vision plus large où la transparence et la bonne gouvernance constituent, selon lui, les piliers indispensables de l’action publique.
Le Premier ministre n’a d’ailleurs pas éludé la question sensible des subventions agricoles. Il a révélé que l’État a mobilisé environ 130 milliards de francs CFA pour la production et près de 120 milliards pour la commercialisation, tout en admettant qu’une part importante de ces ressources n’atteint pas les véritables bénéficiaires. Une situation qu’il juge inacceptable et qu’il s’est engagé à corriger définitivement, dénonçant les détournements opérés par des intermédiaires au détriment des paysans.
Au-delà du cas de l’arachide, le message délivré à Kaolack est clair : l’agriculture est à la fois le moteur économique et le baromètre de la gouvernance. En appelant les Sénégalais au travail et les dirigeants à l’exemplarité, Ousmane Sonko inscrit son action dans une logique de rupture, où le développement ne se proclame pas, mais se construit à partir des réalités rurales, avec les producteurs comme acteurs centraux et non comme variables d’ajustement.












