Liberté provisoire sous contrôle judiciaire pour Farba Ngom et Tahirou Sarr

La deuxième chambre pénale de la Cour suprême a accordé, lundi, la liberté provisoire assortie d’un placement sous contrôle judiciaire au député Mouhamadou Ngom, dit Farba, et à l’homme d’affaires Tahirou Sarr. L’information, relayée par plusieurs médias, a été confirmée par leur conseil, Me Baboucar Cissé, mettant ainsi un tournant judiciaire majeur dans des dossiers financiers parmi les plus sensibles du moment.
Le député-maire des Agnam, dans la région de Matam, était placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, à l’issue de sa deuxième comparution devant le collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Son incarcération faisait suite à la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée nationale, intervenue le 24 janvier de la même année, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires de grande ampleur.
Mouhamadou Ngom est poursuivi dans le cadre d’une enquête portant sur des activités suspectes de blanchiment de capitaux, dont le montant est provisoirement estimé à plus de 125 milliards de francs CFA. Des chiffres vertigineux qui ont fortement marqué l’opinion publique et ravivé le débat sur la lutte contre la criminalité financière et la gouvernance des deniers publics.
Dans le même temps, l’homme d’affaires Tahirou Sarr, placé sous mandat de dépôt depuis le 28 février, a lui aussi bénéficié d’une liberté provisoire. Il est mis en cause dans une affaire présumée de blanchiment de capitaux, de faux et usage de faux, ainsi que d’escroquerie portant sur des deniers publics estimés à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Les poursuites engagées contre lui font suite à une enquête menée par la Cellule nationale de traitement des informations financières, qui avait mis en lumière des flux financiers jugés suspects.
Si cette décision de la Cour suprême ne met pas un terme aux procédures en cours, elle marque néanmoins une étape importante dans le traitement judiciaire de ces dossiers emblématiques. Le placement sous contrôle judiciaire rappelle que les deux hommes restent à la disposition de la justice, dans un contexte où la transparence et la reddition des comptes demeurent au cœur des attentes citoyennes.












