Kédougou : Khossonto : deux enfants tués, une communauté bouleversée par un drame familial

La commune de Khossonto, dans le département de Saraya, peine encore à se remettre d’un drame familial qui a glacé les cœurs. Deux enfants, Mamady, âgé de trois ans, et Sadio, une dizaine d’années, ont perdu la vie dans des circonstances qui défient l’entendement. Leur père biologique, un orpailleur de 28 ans, est aujourd’hui accusé d’avoir mis fin à leurs jours avant de tenter d’effacer toute trace de son geste.
Tout avait pourtant commencé par une déclaration qui se voulait anodine. Le 5 février 2026, l’homme s’était présenté devant les enquêteurs pour signaler la disparition de ses enfants, affirmant qu’ils étaient sortis acheter des jouets au marché et n’étaient jamais rentrés. Une version qui a rapidement suscité des doutes au sein de la Brigade territoriale de Khossonto, tant les incohérences s’accumulaient.
Au fil des investigations, la vérité a fini par émerger, brutale et insoutenable. Confronté aux éléments réunis contre lui, le père a reconnu être l’auteur du double meurtre. Il a ensuite conduit les forces de sécurité vers un puits minier abandonné, symbole tragique d’une région marquée par l’orpaillage mais désormais associée à l’irréparable. Les corps des deux enfants y ont été retrouvés, mettant fin à tout espoir et plongeant la communauté dans une profonde stupeur.
Selon les aveux du mis en cause, ce geste s’inscrit dans un climat de tensions conjugales. Une dispute violente, nourrie par des soupçons de jalousie et le départ de son épouse du domicile familial, aurait fait basculer l’homme dans une spirale de violence aveugle. Mais aucune crise, aucune colère, aucune blessure d’orgueil ne saurait expliquer ni justifier l’assassinat de deux enfants innocents.
À Khossonto, la douleur est collective. Les habitants parlent d’une blessure profonde, d’un choc moral qui dépasse le cadre du fait divers. Comment un père peut-il devenir le bourreau de ses propres enfants ? Comment une société peut-elle prévenir de tels drames, souvent précédés de silences, de tensions ignorées, de détresses non prises en charge ?
Déféré devant le Tribunal de grande instance de Kédougou, le mis en cause devra désormais répondre de ses actes devant la justice. Mais au-delà de la procédure judiciaire, ce drame pose une fois de plus la question de la protection des enfants, de la prise en charge des conflits familiaux et des violences intrafamiliales, trop souvent traitées après coup.
À Khossonto, deux vies se sont éteintes trop tôt. Et derrière ce crime, c’est toute une conscience collective qui est interpellée.












