Sénégal : le Ministère de l’Éducation nationale officialise la suppression du concours d’entrée en Sixième à partir de 2026

Le Ministère de l’Éducation nationale a acté la suppression du concours d’entrée en classe de Sixième, une réforme majeure qui prendra effet à partir de la session 2026. L’annonce, contenue dans une directive signée le 25 février 2026 par le secrétaire général Papa Malick Ndao et adressée aux inspecteurs d’académie (IA) ainsi qu’aux inspecteurs de l’éducation et de la formation (IEF), marque un tournant historique dans l’organisation du cycle élémentaire et du moyen au Sénégal.
Selon le communiqué du ministère, cette décision découle de la directive n°14 issue du Conseil interministériel consacré à la préparation des examens et concours de 2025. Elle porte non seulement sur la suppression du concours d’entrée en Sixième, mais également sur une nouvelle gestion du CFEE (Certificat de fin d’études élémentaires) dans les centres d’examen. Les autorités éducatives inscrivent cette mesure dans le cadre des réformes structurelles engagées par l’État du Sénégal pour bâtir un système éducatif « plus équitable, plus inclusif, plus démocratique et conforme aux exigences de la scolarité obligatoire ».
Dans cette perspective, les IA et les IEF sont appelés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir une mise en œuvre rigoureuse de la réforme dans leurs circonscriptions respectives. En attendant la note de cadrage officielle, le ministère les invite à développer des stratégies de communication et de sensibilisation à l’endroit des acteurs et partenaires de l’école, tout en procédant à un état des lieux des établissements et des besoins en personnel dans le cycle moyen afin d’anticiper l’accueil des futurs élèves de Sixième.
La suppression du concours d’entrée entraîne mécaniquement une réorganisation du CFEE, désormais recentré sur sa vocation certificative. Les services compétents sont ainsi invités à évaluer le nombre de candidats, la capacité d’accueil des centres et les effectifs d’enseignants mobilisables pour la surveillance, la correction et le secrétariat. Les ratios fixés prévoient deux surveillants par salle et un correcteur pour 80 copies, avec un plafond de 250 candidats par centre d’examen. Les inspecteurs devront également élaborer un schéma de déploiement du dispositif, partagé avec les acteurs internes, afin d’assurer une gestion maîtrisée des flux.
Par ailleurs, le ministère demande l’identification d’enseignants disposant de compétences en informatique susceptibles d’être nommés chefs de centre ou assistants de saisie, dans le cadre d’une modernisation du traitement des données. Les contraintes potentielles devront être recensées et des mesures de mitigation mises en place pour éviter tout dysfonctionnement.
Au-delà de l’aspect technique, cette réforme soulève un enjeu de fond : celui de la démocratisation de l’accès au collège dans un contexte de scolarité obligatoire. En supprimant le filtre du concours d’entrée en Sixième, l’État sénégalais opère un choix politique fort, qui devrait redessiner les trajectoires scolaires de milliers d’élèves dès 2026 et ouvrir une nouvelle étape dans l’évolution du système éducatif national.












