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Dahra-Djoloff : Elhadj Malick Ndiaye veut faire de la course hippique un moteur de développement local

À Dahra-Djoloff, la poussière ocre soulevée par les sabots des chevaux n’était pas qu’un simple décor de fête : elle racontait une histoire, celle d’un territoire profondément enraciné dans ses traditions et résolument tourné vers l’avenir. Ce dimanche, à l’hippodrome Aly Saleh Diop Hippodrome, la 9ᵉ journée des courses hippiques a tenu toutes ses promesses, entre ferveur populaire, élégance des montures et ambitions affirmées pour le développement local.

Le cheval Moubarak Féminin, de l’écurie Mbeutt, propriété d’Assane Ndiouck, a remporté le Grand Prix couru sur une distance de 2.200 mètres, empochant une enveloppe de 3 millions de francs CFA.

Invité d’honneur de cet événement dédié à son grand prix, le président de l’Assemblée nationale, Elhadj Malick Ndiaye, a donné le ton avec une vision qui dépasse largement le cadre sportif. Dans une atmosphère rythmée par les applaudissements et les acclamations, il a rappelé que la course hippique, au Djoloff, est bien plus qu’un loisir : elle incarne une mémoire collective, un rapport intime à la terre et une culture de l’effort et du dépassement.

Face à une assemblée composée d’autorités administratives, d’élus locaux et de passionnés venus en nombre, il a plaidé pour une transformation en profondeur de ce secteur, appelant à en faire un véritable moteur de développement. Derrière le spectacle des courses se dessine ainsi une ambition économique et sociale : structurer la filière équine, améliorer la qualité des races, moderniser les infrastructures et surtout créer des opportunités pour une jeunesse en quête d’emploi et de perspectives.

Dans cette dynamique, le rôle du Centre de recherches zootechniques de Dahra s’impose comme stratégique. Véritable vivier d’expertise, son haras participe à l’amélioration des performances des chevaux et à la valorisation d’un savoir-faire local qui ne demande qu’à être davantage soutenu. Pour les acteurs du secteur, il s’agit là d’un levier essentiel pour faire de Dahra un pôle de référence en matière d’élevage équin.

Au-delà des enjeux économiques, la journée a aussi été marquée par une forte charge symbolique. L’hommage rendu à Aly Saleh Diop, dont l’hippodrome porte le nom, a rappelé combien les infrastructures d’aujourd’hui sont le fruit de visions passées. Un héritage que les autorités entendent préserver et faire fructifier.

Dans les gradins, l’émotion et la fierté étaient palpables. Pour le maire Samba Ndiobène Ka, cette manifestation dépasse le simple cadre festif. Elle incarne l’âme du Djoloff, faite de courage, de dignité et de solidarité, tout en contribuant au rayonnement de la commune sur la scène nationale. À ses yeux, le choix de Dahra pour accueillir cette édition est une marque de reconnaissance, mais aussi un appel à poursuivre les efforts de valorisation du patrimoine culturel local.

Au fil des courses, sous un soleil généreux, la communion entre les populations et leur tradition s’est exprimée avec intensité. Chaque foulée, chaque victoire, chaque encouragement participait à renforcer ce lien indéfectible entre le cheval et le Djoloff. Une relation presque identitaire, où sport, culture et développement s’entremêlent.

En refermant cette journée, une évidence s’impose : la course hippique à Dahra n’est pas figée dans le passé. Elle est vivante, porteuse d’espoir et de transformation. À condition de lui donner les moyens de ses ambitions, elle pourrait bien devenir l’un des moteurs les plus inattendus – mais aussi les plus authentiques – du développement local au Sénégal.

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Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.
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