À Dakar, Malick Ndiaye appelle les Parlements africains à une réponse commune face aux crises mondiales et aux défis démocratiques

Le Sénégal accueille depuis lundi à Dakar la 32e assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des crises sécuritaires et des mutations politiques qui interrogent le rôle des institutions africaines. À l’ouverture des travaux, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a lancé un appel fort en faveur d’une réponse collective et concertée des Parlements africains face aux multiples défis qui secouent le continent et le reste du monde.
Durant trois jours, des délégations venues notamment de Côte d’Ivoire, du Maroc, du Togo, de la République démocratique du Congo et de la Mauritanie prennent part à cette rencontre qui se veut un espace de réflexion stratégique sur les enjeux de souveraineté, de gouvernance et de sécurité collective. Les discussions portent principalement sur les crises internationales et leur impact sur la souveraineté africaine, mais aussi sur les recompositions géopolitiques au Proche et au Moyen-Orient, avec une interrogation centrale : comment les Parlements africains peuvent-ils s’impliquer davantage dans la gouvernance stratégique et la consolidation de la paix ?
Dans son discours, Malick Ndiaye a insisté sur la nécessité pour les institutions parlementaires du continent de dépasser les approches isolées afin de construire des réponses coordonnées face aux turbulences actuelles. Selon lui, les Parlements doivent demeurer les gardiens de la légitimité démocratique tout en devenant des acteurs proactifs de la paix, de la stabilité et du développement durable. Une vision qui place les assemblées parlementaires au cœur des dynamiques de transformation politique et institutionnelle du continent.
Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a dressé un tableau préoccupant des grandes épreuves auxquelles l’Afrique est confrontée. Il a évoqué la montée des groupes armés, l’expansion des trafics illicites et les nouvelles menaces hybrides, notamment informationnelles, cybernétiques et criminelles, qui fragilisent plusieurs États africains. À cette crise sécuritaire s’ajoute, selon lui, une crise démocratique caractérisée par des recompositions politiques profondes et des transitions parfois incertaines.
Malick Ndiaye a également mis l’accent sur les déséquilibres économiques qui pénalisent le continent africain. Malgré ses ressources et son potentiel, l’Afrique demeure faiblement intégrée dans les chaînes de valeur mondiales et insuffisamment impliquée dans les grandes politiques énergétiques et financières internationales. Une situation qui alimente les frustrations et limite les perspectives de développement durable pour de nombreux pays africains.
Dans ce contexte, il a exhorté ses homologues parlementaires à engager des ruptures politiques profondes dans le respect du droit et des principes démocratiques. Il les a invités à échanger sans détour sur la consolidation de l’État de droit, la place de l’opposition dans le débat public ainsi que la qualité du dialogue entre les différents pouvoirs institutionnels. Pour lui, ces questions sont essentielles pour renforcer la crédibilité des institutions et restaurer la confiance des citoyens.
Le président de l’institution parlementaire sénégalaise n’a pas non plus éludé les questions liées aux ingérences extérieures, aux doubles standards et aux architectures financières qu’il juge inéquitables pour les pays africains. Dans un monde traversé par de profondes recompositions géopolitiques, il estime que les États africains doivent parler d’une voix plus forte et plus unie pour défendre leurs intérêts stratégiques et leur souveraineté.
À Dakar, cette rencontre de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie apparaît ainsi comme une tribune majeure pour repenser le rôle des Parlements africains dans un environnement mondial de plus en plus instable. Au-delà des discours, les travaux devraient permettre aux participants de dégager des pistes de coopération et de renforcer la diplomatie parlementaire africaine face aux grands défis contemporains.
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