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Cheikhou Kouyaté : le dernier match d’un Lion qui a choisi la vie

Il y a des carrières qui s’arrêtent sur une blessure, un transfert ou un dernier match sous les applaudissements. Celle de Cheikhou Kouyaté s’écrit autrement. À 36 ans, l’ancien capitaine des Lions de la Téranga vient de tourner une page majeure de sa vie, non pas parce que ses jambes ne répondent plus, mais parce que son cœur lui a imposé une limite.

Invité de Walf TV, le champion d’Afrique 2021 a annoncé la fin de sa carrière internationale et révélé les raisons médicales qui l’ont finalement poussé à dire stop au football. Depuis sa naissance, le milieu de terrain sénégalais vivait avec un problème cardiaque congénital. Une anomalie connue des médecins, surveillée régulièrement, mais avec laquelle il avait continué à jouer pendant de longues années au plus haut niveau.

De West Ham à Crystal Palace, en passant par Nottingham Forest, le Sénégalais a évolué au cœur de la très exigeante Premier League anglaise tout en étant soumis à un suivi médical régulier. Tous les six mois, les examens revenaient avec la même alerte. Mais Kouyaté, lui, continuait d’avancer.

« Je souffrais de ce problème de cœur depuis ma naissance. Je jouais avec ça », a-t-il expliqué, revenant sur une réalité longtemps restée dans l’ombre de ses performances sur les pelouses anglaises.

Pour poursuivre son rêve, le joueur avait accepté d’assumer les risques. Les médecins l’avaient alerté à plusieurs reprises et Kouyaté reconnaît avoir signé des documents attestant qu’il prenait personnellement la responsabilité des éventuelles conséquences.

C’est peut-être là que se trouve toute la singularité de son parcours : derrière le joueur infatigable, le capitaine et le guerrier surnommé pour sa combativité, il y avait un homme conscient de la fragilité de son propre corps. Chaque match, chaque duel, chaque course pouvait avoir une signification différente.

Puis est arrivée la Belgique. Après son expérience en Turquie, interrompue après seulement six mois en raison notamment de salaires impayés, Kouyaté était revenu au Sénégal. Il disposait encore de possibilités pour prolonger son aventure professionnelle. Anderlecht lui a alors ouvert une porte avec un projet particulièrement séduisant : continuer à jouer tout en commençant sa formation d’entraîneur.

Le scénario semblait écrit pour une nouvelle étape. Mais le football lui a cette fois présenté un adversaire impossible à dribbler : la médecine.

Lors de la visite médicale préalable à son arrivée à Anderlecht, le verdict est tombé. Le médecin lui a demandé d’arrêter définitivement le football.

« Anderlecht m’a appelé pour que je joue là-bas et que je commence aussi à me former comme entraîneur. Mais après la visite médicale, le médecin m’a demandé d’arrêter le football », a raconté l’ancien Lion.

Cette fois, Cheikhou Kouyaté a choisi d’écouter. Après avoir échangé avec ses proches et son entourage, il a accepté une décision qui n’était certainement pas facile pour un joueur qui avait consacré l’essentiel de sa vie au football.

Le football lui avait offert les grands stades, les soirées européennes, la Premier League, les combats avec les Lions et, surtout, un titre continental historique. En 2022, il avait soulevé la Coupe d’Afrique des nations avec le Sénégal, réalisant l’un des rêves les plus chers de toute une génération de footballeurs sénégalais.

Son histoire avec les Lions restera également associée à son tempérament. Milieu de terrain puissant, généreux dans l’effort et capable d’évoluer en défense centrale, Kouyaté a longtemps incarné cette génération de joueurs qui ont contribué à installer le Sénégal parmi les grandes nations du football africain.

Mais son dernier combat n’aura pas lieu sur un terrain.

À 36 ans, Cheikhou Kouyaté a choisi de préserver ce qui compte désormais davantage que n’importe quel trophée : sa vie et sa santé. Il quitte les pelouses avec les cicatrices d’une longue carrière, les souvenirs d’une génération et la fierté d’avoir porté le maillot national jusqu’au sommet de l’Afrique.

Le dernier coup de sifflet est peut-être venu plus tôt qu’il ne l’espérait. Mais cette fois, le véritable vainqueur n’est pas le footballeur.

C’est l’homme.

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Journaliste et Blogueur, Fondateur du Blog de la Jeunesse Consciente.
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