Décès d’Abdoulaye Ba : le procureur écarte la piste de violences policières
Le procureur de la République près le tribunal hors classe de Dakar, Ibrahima Ndoye, a livré mardi sa lecture des faits entourant le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Face à la presse réunie au Palais de justice, le chef du parquet a formellement écarté la thèse d’une brutalité policière, affirmant que la mort du jeune étudiant, survenue le 9 février, résulte d’une chute du quatrième étage du pavillon F, dans un contexte d’affrontements entre forces de l’ordre et étudiants.
Selon le magistrat, Abdoulaye Ba “est bel et bien l’étudiant qui a sauté du quatrième étage du pavillon F et qui malheureusement a atterri sur l’asphalte”, expliquant que les lésions constatées par le médecin légiste correspondent à un choc traumatique consécutif à cette chute. À ce stade de l’enquête, a-t-il insisté, “rien ne permet d’établir ou d’affirmer qu’il a été battu”, ni à travers les constats médicaux ni à travers les différents témoignages recueillis.
Une enquête fondée sur auditions et exploitation d’images
Les investigations menées par la Division d’investigation criminelle (DIC) et la Sûreté urbaine se sont appuyées sur les auditions des camarades de chambre du défunt, des agents de sécurité du Centre des œuvres universitaires (COUD), ainsi que des responsables policiers présents lors des événements. L’exploitation des images collectées sur les lieux a également été versée au dossier.
D’après le procureur, plusieurs camarades de chambre ont “formellement et solennellement” déclaré ne pas avoir été battus ni brutalisés par les forces de défense et de sécurité, qu’ils affirment ne pas avoir vues dans le couloir concerné. Il a évoqué un “écran de fumée” et un incendie déclaré dans la chambre 85 du pavillon F, rendant l’accès au couloir difficile, voire impossible. Dans ces conditions, les occupants de la chambre 83, où logeait Abdoulaye Ba, n’auraient eu d’autre issue que de passer par la fenêtre pour échapper à la fumée et au feu.
Certains étudiants auraient subi des entorses et des fractures en tentant de descendre, tandis que le défunt, selon les éléments avancés par le parquet, aurait raté une marche en sautant, tombant sur le côté gauche. Le procureur a ainsi insisté sur l’absence de contact physique entre Abdoulaye Ba et les forces de sécurité, estimant que “sa mort résulte (…) d’une chute du quatrième étage”.
Ces déclarations interviennent alors que, la semaine précédente, une autopsie relayée par une partie de la presse évoquait des violences policières comme cause possible du décès. Le parquet considère, pour sa part, que les éléments disponibles ne corroborent pas cette hypothèse et parle d’une thèse “irréfutable” fondée sur les constatations techniques et les témoignages recueillis.
L’enquête suit néanmoins son cours, dans un climat encore marqué par l’émotion au sein de la communauté universitaire, où la disparition d’Abdoulaye Ba continue de susciter interrogations et débats.










