Drame à l’UCAD : l’explosion d’une moto électrique coûte la vie à un étudiant

Le jour s’était levé paisiblement sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ce jeudi matin. Le pavillon A, habituellement animé par les allées et venues des étudiants, allait pourtant devenir le théâtre d’une tragédie. Une explosion soudaine, violente, déchirant le calme habituel, a semé la panique dans les couloirs. En quelques secondes, la confusion, la peur et la désolation ont envahi les lieux.
Tout est parti d’une moto électrique branchée dans le hall du pavillon, non loin de l’entrée du restaurant central. Les étudiants présents parlent d’un bruit assourdissant, suivi d’un nuage de fumée et d’une odeur de brûlé. Dans la panique, E. M. Niang, étudiant en troisième année d’Arabe à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, a tenté de fuir précipitamment. Pris de peur, il a trébuché dans les escaliers et chuté du deuxième étage. Transporté en urgence vers l’hôpital Principal, il n’a pas survécu à ses blessures. Il avait 22 ans.
Autour du pavillon, c’est la stupeur. Certains étudiants pleurent, d’autres cherchent à comprendre. Deux de leurs camarades, craignant un effondrement du bâtiment, ont eux aussi sauté du premier étage. Blessés, ils ont été rapidement pris en charge au centre médical de l’UCAD. Le drame a laissé derrière lui un silence lourd, presque irréel, entrecoupé par les sirènes de la police et les murmures incrédules.
Les équipes du commissariat du Point E, dirigées par le commissaire Sow, ont investi les lieux, épaulées par la Police technique et scientifique. Dans le hall, deux motos électriques calcinées témoignent encore de la violence de l’explosion. Les enquêteurs découvrent que les engins, appartenant à deux autres étudiants, étaient branchés sur la même prise — une installation fragile, sans régulateur de tension. Une surcharge électrique, et tout a basculé.
Les propriétaires des motos, auditionnés, expliquent qu’ils avaient pris l’habitude de recharger leurs engins à cet endroit. Sur un campus où la mobilité reste un défi, ces “motos chinoises” sont devenues un moyen de transport prisé, économique et silencieux. Mais derrière cette commodité, se cachait un risque sous-estimé.
Le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) affirme avoir déjà mis en garde contre ces branchements improvisés. Des mesures avaient été prises, parfois jusqu’à confisquer des motos. Mais les avertissements, semble-t-il, n’ont pas suffi à prévenir le pire.
Avant 11 heures, les constatations étaient terminées. Le corps du jeune E. M. Niang a été transféré pour autopsie, tandis que le procureur de la République a été informé des faits.
Sur le campus, la vie semble avoir repris, mais chacun sait qu’elle ne sera plus tout à fait la même. Au pavillon A, il restera le souvenir d’un matin d’octobre où une simple recharge de batterie a coûté une vie — celle d’un étudiant, d’un ami, d’un fils, emporté dans l’élan d’une peur soudaine.












