GFM en ébullition : Youssou Ndour face à la fronde de ses propres troupes

Le vernis de l’un des “plus grands groupes de presse d’Afrique de l’Ouest” est en train de craquer. Au cœur du Groupe Futurs Médias (GFM), maison fondée par Youssou Ndour, l’ambiance n’a jamais été aussi électrique. La direction a sorti un plan de redressement au goût amer, où figure en bonne place un mot qui glace les salariés : licenciements.
Une décision imposée sans ménagement, jugée « unilatérale et méprisante » par le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS GFM). Résultat : le personnel a dit basta. Assemblée générale le 26 août, brassards rouges ce vendredi… Le message est clair : la famille GFM est en révolte contre son propre patron.
Pour un empire médiatique qui s’est bâti sur l’image d’un Youssou Ndour proche du peuple et chantre de l’unité, l’effet boomerang est cinglant. Comment prêcher la solidarité dans ses chansons et imposer l’austérité dans ses bureaux ? Comment parler d’« excellence » dans les médias quand ceux qui font tourner la machine se sentent trahis et sacrifiés ?
Le préavis de grève déposé par le SYNPICS est une bombe à retardement. Si les négociations n’aboutissent pas, les journaux pourraient cesser de paraître, les micros s’éteindre, et les écrans de TFM s’assombrir. Une humiliation pour un groupe qui se veut vitrine du professionnalisme au Sénégal.
Aujourd’hui, l’appel du syndicat est simple : rester solidaires, soudés et prêts à se battre pour arracher le respect et la dignité. De l’autre côté, la direction campe sur sa logique de réformes. Entre ces deux lignes de front, Youssou Ndour joue gros : son image, son empire, et sa crédibilité.
La crise du GFM n’est donc pas seulement sociale : elle est symbolique. Elle révèle un paradoxe gênant : celui d’un géant médiatique qui risque d’étouffer sous le poids de ses propres contradictions.












