Infrastructures sportives et de jeunesse : l’État veut passer de l’investissement à la livraison effective des chantiers

La salle de réunion du ministère de la Jeunesse et des Sports a servi de cadre à une séance de travail stratégique entre le département dirigé par Khady Diène Gaye et celui des Infrastructures, conduit par Déthié Fall.
Au-delà d’une simple réunion de coordination, la rencontre marque une volonté affichée d’accélérer la finalisation des chantiers et de corriger les lenteurs constatées dans l’exécution de plusieurs projets structurants à travers le pays.
Un état des lieux sans complaisance
Dès l’entame, la ministre de la Jeunesse et des Sports a procédé à une présentation globale des projets en cours, afin de permettre à son homologue d’en avoir une lecture complète. Elle a été appuyée par l’ancien Directeur des Infrastructures, qui a détaillé, région par région, la situation des différents chantiers.
L’objectif était clair : disposer d’un diagnostic partagé pour mieux coordonner les interventions et éviter les décalages entre financements engagés et réalisations concrètes.
Dans son intervention, le ministre des Infrastructures n’a pas éludé les difficultés. Il a relevé un constat récurrent : des investissements financiers effectifs, mais des réalisations insuffisantes ou inachevées. Une situation qu’il dit avoir rencontrée dans plusieurs secteurs.
« Des corrections seront apportées pour finaliser tous les chantiers », a-t-il assuré, tout en rappelant que son département intervient essentiellement dans l’exécution technique des travaux. La vision politique, la planification stratégique, la budgétisation et l’utilisation des infrastructures relèvent, a-t-il précisé, du ministère de la Jeunesse et des Sports.
Des priorités clairement identifiées
Plusieurs dossiers jugés stratégiques ont été mis en avant par Mme Gaye. Parmi eux :
Les infrastructures sportives de Saint-Louis, Kédougou et Sédhiou, considérées comme prioritaires dans une logique d’équité territoriale ;
Les Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté, dont la phase 1 – financée sur fonds propres de l’État – prévoit huit unités, avec une seule réalisée à ce jour ;
La phase 2 du même programme, financée par la Banque islamique de développement, portant sur 38 maisons, qui ne rencontrerait pas de difficultés majeures ;
L’érection du CNEPS de Thiès en centre de haute performance avec l’appui de la coopération chinoise ;
La poursuite des travaux du stade de Cambérène.
Ces projets traduisent une double ambition : renforcer l’encadrement de la jeunesse et doter le pays d’infrastructures sportives capables de soutenir la performance de haut niveau.
Cap sur la CAN 2032
La dimension internationale n’a pas été en reste. Le Sénégal affiche son ambition de se positionner pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2032, avec un objectif de six stades conformes aux normes FIFA.
Le stade Stade Abdoulaye-Wade est déjà aux normes, tandis que le Stade Léopold-Sédar-Senghor est en cours de rénovation.
Sont également ciblés pour compléter le dispositif :
le Stade Aline-Sitoé-Diatta,
le Stade Lat-Dior,
le Stade Caroline-Faye,
et le Stade Lamine-Guèye.
L’enjeu dépasse la compétition elle-même : il s’agit de consolider l’image du Sénégal comme hub sportif régional et de stimuler l’économie locale à travers les retombées attendues.
Vers une nouvelle méthode de gouvernance des chantiers ?
La rencontre a également permis aux structures techniques – Delivery Unit, Direction de l’Administration générale et de l’Équipement, conseillers techniques – d’apporter des précisions sur la gestion et le suivi des projets.
Au-delà des annonces, c’est une nouvelle approche de gouvernance des infrastructures qui semble se dessiner : clarification des responsabilités, suivi rapproché des chantiers et exigence de résultats mesurables.
En réaffirmant sa disponibilité pour finaliser les travaux dans les délais, le ministre des Infrastructures envoie un signal de collaboration renforcée. Reste désormais à transformer cette coordination politique en réalisations concrètes sur le terrain.
L’enjeu est de taille : pour la jeunesse comme pour le sport sénégalais, la crédibilité des politiques publiques se jouera désormais sur la capacité de l’État à livrer des infrastructures fonctionnelles, durables et réellement utiles aux populations.












