La population du Sénégal dépasse 19 millions d’habitants en 2025, portée par une croissance démographique soutenue, selon l’ANSD

En l’espace de près d’un demi-siècle, le Sénégal a connu une transformation démographique profonde, révélatrice des mutations sociales, sanitaires et économiques qui traversent le pays. En 1976, la population s’élevait à 4 997 885 habitants selon le Recensement général de la Population (RGP). Près de cinquante ans plus tard, elle atteint 18 126 390 habitants en 2023, d’après les résultats du cinquième Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH-5). Les projections démographiques estiment qu’en 2025, le pays comptera 19 075 959 habitants, confirmant une croissance soutenue, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Cette progression rapide s’explique par une dynamique démographique longtemps caractérisée par un fort accroissement naturel. Entre 1976 et 1988, le taux d’accroissement moyen annuel était évalué à 2,7 %. Il a légèrement reculé à 2,5 % entre 1988 et 2002, avant de repartir à la hausse sur la période 2002-2013. Plus récemment, entre 2013 et 2023, ce taux s’est stabilisé à 2,9 %, traduisant une croissance toujours élevée malgré des évolutions contrastées. Derrière ces chiffres se dessine une réalité : la population sénégalaise continue d’augmenter à un rythme rapide, portée par la baisse de la mortalité et un niveau de fécondité encore relativement élevé.
Sur ce dernier point, les tendances montrent néanmoins un infléchissement progressif. L’Indice synthétique de fécondité (ISF), qui mesure le nombre moyen d’enfants par femme, a connu une baisse significative au fil des décennies. Il est passé de 6,4 enfants par femme en 1986 (EDS) à 5,1 en 2013 (RGPHAE), puis à 4,7 en 2019 (EDS-Continue), pour atteindre 4,2 enfants par femme en 2023 selon le RGPH, des données compilées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.
Parallèlement, les indicateurs de mortalité témoignent d’une amélioration des conditions de vie. Le dernier recensement fait état d’un taux brut de mortalité de 5,6 ‰. Dans le même temps, l’espérance de vie continue de progresser : un enfant né en 2023 peut espérer vivre en moyenne 68,9 ans, si les conditions de mortalité observées cette année-là demeurent inchangées, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Ces avancées reflètent les efforts réalisés en matière de santé publique, même si des défis subsistent.
Ainsi, entre croissance rapide et transition progressive, la trajectoire démographique du Sénégal illustre un pays en pleine mutation. Si la population continue d’augmenter à un rythme soutenu, les évolutions observées en matière de fécondité et de mortalité annoncent une transformation structurelle appelée à redéfinir, dans les années à venir, les équilibres sociaux et économiques du pays.
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