Lutte – Reug Reug lance un ultimatum au gladiateur Franc Ndiago : ‘’30 secondes, pas une de plus’’

Libre sous contrôle judiciaire, le lutteur d’Oumar Kane remet la lutte sénégalaise en ébullition. À quelques mois de son choc contre Franc Ndiago, il parle, il provoque et il promet.
Il y a des retours qui se font à pas feutrés. Celui de Reug Reug, lui, s’est fait à pleine voix.
Mercredi 14 octobre, quelques jours seulement après sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, Oumar Kane a rompu le silence. Le message est limpide : l’homme a la tête ailleurs, tournée vers janvier 2027 et vers l’arène, où l’attend Franc Ndiago.
Le verdict avant le combat
Pas de politesses d’avant-match, pas de langue de bois. Reug Reug ouvre le bal d’une phrase qui claque : « C’est un champion, mais il n’a pas les capacités pour me terrasser. »
Le respect du titre est là, la déférence beaucoup moins. Le lutteur, également connu comme comédien, rappelle qu’il a déjà pris le dessus sur son futur adversaire en lutte simple, et sans préparation particulière. Son raisonnement est mathématique : si le rapport de forces lui était déjà favorable à l’improviste, six mois d’entraînement ne feront qu’élargir le fossé.
« Un combat tactique »
Pourtant, Reug Reug refuse la caricature du simple duel de gabarits. « On se connaît, lui et moi. Ce sera un combat tactique, pas seulement une épreuve de force », prévient-il. Les deux hommes se sont déjà jaugés, et chacun connaît les failles de l’autre. Autant dire que les surprises seront rares et que le moindre détail pèsera lourd.
Le défi, lui, est lancé sur les deux terrains : « Je l’attends aussi bien sur la lutte que sur la bagarre. » Technique pure ou art de la frappe, Reug Reug s’affirme supérieur partout.
Le compte à rebours
Mais c’est une autre phrase qui fera le tour des conversations de quartier : « Cette fois-ci, je lui donne 30 secondes. Si je vois qu’il ne fait rien, je passe à l’attaque : je le frappe et je le terrasse. »
Trente secondes, c’est à peine le temps d’un échange de regards, d’un tour de chauffe, d’un souffle retenu par tout un stade. En fixant lui-même l’horloge, Reug Reug transforme l’attente en pression. Reste à savoir si Franc Ndiago acceptera de jouer la partition qu’on lui impose, ou s’il la réécrira à sa manière.
L’ombre au tableau, et la page qu’il veut tourner
Ce retour très commenté n’efface pas le contexte. Le lutteur a été cité dans l’affaire dite des « billets noirs », une procédure de contrefaçon de billets de banque portant sur un montant estimé à 830 millions de francs CFA. Il est aujourd’hui sous contrôle judiciaire, une mesure qui n’est pas une condamnation, et la procédure suit son cours.
Reug Reug, lui, a choisi son camp : tourner la page pour se consacrer « exclusivement » à l’arène. Dans un milieu où la préparation se joue autant dans la tête que dans les jambes, ce pari de concentration sera aussi scruté que ses prises.
Janvier 2027, rendez-vous pris
Six mois de travail, un adversaire à la hauteur et un défi lancé en public : tout est en place pour l’un des grands rendez-vous de la saison 2027. Reste une question, que seul le sable tranchera : les 30 secondes de Reug Reug seront-elles une prophétie ou un excès de confiance ?












