Mouhamadou Bamba Cissé : un ministre de l’Intérieur qui veut ressusciter l’ordre et le civisme

Le décor de la passation de service avait tout d’une cérémonie solennelle, mais les mots du nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, lui ont donné une résonance particulière. Avocat de profession, il arrive à la tête d’un département hautement stratégique dans un contexte régional marqué par les turbulences sécuritaires. Conscient de la lourde tâche qui l’attend, il a immédiatement décliné ses priorités : « assurer le bon ordre, la tranquillité et la sauvegarde des personnes et de leurs biens ».
D’entrée, le ton est donné. Pour Cissé, le Sénégal reste un « havre de paix » dans un environnement ouest-africain menacé par « des agressions violentes urbaines et en milieu rural ». Mais ce statut de pays stable, envié par beaucoup, n’est pas un acquis immuable. C’est pourquoi il appelle à « remettre en selle l’ordre, le civisme, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique », autant de piliers qu’il juge ébranlés et qu’il entend rebâtir avec force.
Sa vision est claire : gouverner le ministère de l’Intérieur avec gravité, discipline et amour du bien commun. « Ce sont des vertus qu’il nous faut ressusciter avec fracas », a-t-il lancé, comme pour rappeler à la fois l’urgence et la fermeté de son engagement. En juriste averti, il place également son action dans un cadre institutionnel rénové, estimant que le droit administratif n’est plus celui de la « puissance publique » mais celui du « service public », au bénéfice exclusif des citoyens.
Dans son discours, le ministre a aussi insisté sur l’importance du dialogue. Sa main est tendue à toutes les composantes de la société : acteurs politiques, société civile, guides religieux, simples citoyens. « La concertation, le dialogue dynamique et constructif avec de larges consensus seront les outils avec lesquels nous comptons mener notre action », a-t-il assuré, se présentant comme un homme d’ouverture prêt à écouter pour mieux agir.
Le général Jean Baptiste Tine, son prédécesseur, a, de son côté, salué la « disponibilité » de ses collaborateurs durant les 17 mois passés à la tête du ministère. Fier d’avoir organisé des élections législatives « sans contestation », il a promis à son successeur de rester disponible pour l’accompagner dans sa mission.
Avec sa verve d’avocat et sa conscience de la charge régalienne qui lui incombe, Mouhamadou Bamba Cissé prend les rênes d’un ministère où la sécurité publique se conjugue à la stabilité politique. Entre fermeté et ouverture, rigueur et dialogue, il promet une gouvernance placée sous le signe du civisme retrouvé et de la proximité avec les citoyens.












