Ousmane Sonko affiche la fermeté du gouvernement sur l’application de la nouvelle loi contre les actes « contre-nature »

Le Sénégal assume désormais sans détour son choix de société. Devant les députés réunis en séance de questions d’actualité au gouvernement, le Premier ministre Ousmane Sonko a affiché une position de fermeté absolue concernant l’application de la nouvelle loi durcissant la répression des actes dits « contre-nature » dans le Code pénal sénégalais. Dans un ton direct et sans ambiguïté, le chef du gouvernement a affirmé que cette législation sera appliquée « de manière impartiale et sans faiblesse », quels que soient le rang, le statut social ou les responsabilités des personnes concernées. Députés, ministres, proches du pouvoir ou simples citoyens, nul ne pourra, selon lui, échapper à la rigueur de cette nouvelle disposition législative désormais entrée en vigueur.
Au cœur de son intervention, Ousmane Sonko a insisté sur le caractère impersonnel de la loi, rappelant qu’une fois adoptée par la représentation nationale, celle-ci s’impose à tous sans distinction. Pour le chef du gouvernement, le véritable enjeu ne réside plus dans les débats ayant précédé le vote du texte, mais dans son application effective sur l’ensemble du territoire national. Il a ainsi dénoncé certaines pratiques du passé où, selon ses propos, des pressions auraient parfois empêché l’aboutissement de procédures judiciaires liées à cette question sensible. Désormais, assure-t-il, aucune faiblesse ne sera tolérée.
Le Premier ministre sénégalais a également répondu avec vigueur aux critiques venues de l’étranger, notamment de certains milieux politiques et associatifs occidentaux opposés au durcissement de la législation sénégalaise. Face à ces réactions, Sénégal revendique pleinement sa souveraineté législative et culturelle. « Le peuple sénégalais est souverain », a martelé le chef du gouvernement, estimant que la grande majorité des Sénégalais rejette certaines pratiques et entend préserver les valeurs sociales et culturelles du pays. Pour lui, cette loi participe d’une volonté de protection de la société sénégalaise et s’inscrit également dans une logique de lutte contre certains phénomènes sanitaires et sociaux.
Promulguée par le président de la République à travers la loi n°2026-08 du 27 mars 2026 modifiant l’article 319 du Code pénal sénégalais, cette réforme marque une étape majeure dans le débat sociétal qui traverse le pays depuis plusieurs années. Le nouveau texte renforce considérablement les sanctions prévues contre les actes qualifiés de « contre nature » et élargit le champ des infractions concernées. La loi précise désormais que constitue un acte contre nature « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe », mais également les actes commis sur un animal ou sur un cadavre humain.
Les peines prévues connaissent un durcissement notable. Toute personne reconnue coupable d’un tel acte encourt désormais une peine d’emprisonnement allant de cinq à dix ans ainsi qu’une amende comprise entre deux et dix millions de francs CFA, sans préjudice des sanctions prévues en matière de viol ou de pédophilie. Le texte introduit également la notion d’« apologie des actes contre nature », considérée comme toute représentation publique, sous quelque forme que ce soit, visant à promouvoir l’homosexualité, la bisexualité, la transsexualité, la zoophilie, la nécrophilie ou toute autre pratique assimilée.
Cette réforme intervient dans un climat particulièrement tendu au Sénégal, marqué ces derniers mois par plusieurs arrestations de personnes accusées d’actes dits « contre nature », mais aussi de transmission volontaire du VIH/sida et d’autres infractions connexes. Dans ce contexte sensible, les autorités sénégalaises affichent une volonté claire de fermeté et de contrôle, tandis qu’une partie de la communauté internationale continue d’exprimer ses préoccupations concernant les droits humains et les libertés individuelles.
Pour les autorités sénégalaises, cependant, la ligne est désormais tracée. Aucun moratoire ne sera envisagé et aucune pression extérieure ne fera reculer l’État dans l’application de cette loi. À travers cette position assumée, le Sénégal affirme sa volonté de défendre ce qu’il considère comme ses valeurs fondamentales, au nom de la souveraineté nationale et du respect des choix exprimés par une large partie de sa population.
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