Présidentielle 2018: Khalifa Sall, le champion électoral à éviter

CONTRIBUTION – L’homme avance doucement mais surement. Connu pour ses belles prouesses électorales, il s’est forgé du caractère dans la classe politique sénégalaise. Après avoir écarté l’ancienne première ministre, Mimi Toure sur l’échiquier politique à Grand-Yoff par la voie des urnes aux élections locales de 2014, le maire de la capitale sénégalaise avait également infligé une gifle électorale aux responsables ‘’aperistes’’ de Dakar. Abdoulaye Diouf Sarr, Seydou Gueye et Yakham Mbaye ont tous été laminés.
Ainsi, le projet d’arracher la mairie de Dakar aux mains du patron de « l’aile dissidente » du Parti socialiste (PS) tombe à l’eau. La messe est dite. Dakar préfère surfer sur les vagues de l’enfant de Grand-Yoff que de se laisser emporter par le navire républicain. Mais les caciques de la politique jusqu’au-boutiste ne lâchent pas le morceau. La machine judiciaire sera aussitôt mise en branle. La Brigade des affaires générales (Bag) entre en jeu le 21 février 2017.
Le maire de Dakar est convoqué devant les enquêteurs. Il est placé sous mandat de dépôt le 7 mars 2017, avec sept de ses anciens collaborateurs (Yaya Bodian, chef de bureau à la division comptable, Mbaye Touré, directeur administratif et financier, Fatou Traoré, trésorière du Gie Tabbar et assistante de Mbaye Touré, Ibrahima dit Yatma Diaw, chef de la division financière et comptable, Amadou Mactar Diop, coordonnateur de l’Inspection des services municipaux, Ibrahima Touré et Mamadou Oumar Bocoum, les percepteurs au moment des faits incriminés), dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.
Le président de l’Association des maires francophones se dit victime d’une « cabale politique » tout comme ses proches, Bamba Fall et Cie. Tous auront droit à un séjour carcéral en raison de leur amitié avec l’homme politique à neutraliser. Toutefois, même s’il est évident que la mouvance présidentielle a réussi à le mettre en prison, il n’a pas réussi à l’arracher du cœur des Sénégalais qui vont lui renouvelé leur confiance en l’accordant le titre de député le 30 juillet 2017. L’opinion publique reste dubitative sur les motivations de l’ouverture et de l’accélération de ce dossier.
‘’Borom’’ «And takhawu Dakarou » a des ambitions présidentielles qui ne jamais laissent pas ses adversaires politiques pantois. La foi en soi de Khalifa a fini par changer son image auprès de l’opinion. Il est passé du candidat taxé de mollesse au politicien gentleman qui n’a pas peur de faire la prison pour défendre ses principes et convictions politiques.
Khalifa Sall, L’homme Politique À Liquider Avant 2019
« Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendrons noir ou blanc », disait l’écrivain et l’artiste Jean de la Fontaine (1621-1695). Autant ces propos paraissent être une vérité irréfutable si l’on se réfère au contexte politique actuel du Sénégal, autant il importe de souligner que la machine politique est sans états d’âme. Elle n’est mise en marche que pour veiller vaille que vaille à la protection des intérêts d’une personne ou d’un groupe bien déterminé.
Ainsi, éviter les subterfuges politiques masqués par des artifices juridiques pour préserver des acquis démocratiques est un argument mieux fondé mais inutile devant la promotion des ambitions débordantes et de la protection des intérêts personnels des grands politiques. La politique n’est pas un jeu d’enfant de cœur. Pour le philosophe Machiavel (1469-1527), ‘’En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal’’.
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À notre avis, on croit que Khalifa Sall, le tombeur de Pape Diop à la mairie de Dakar, sous le magistère d’Abdoulaye Wade en 2009 et qui a infligé une cinglante défaite à l’ancienne Première ministre Aminata Touré à Grand-Yoff aux élections locales de 2014, arrêté le 7mars 2017 dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar a peu de chance pour échapper à la volonté de l’Etat de se débarrasser d’une telle force dissidente. Politiquement Khalifa Sall pèse lourd et il semble être moralement bien outillé pour faire face à l’adversité politique par le refus catégorique qu’il oppose à la négociation de sa libération.
« Jamais je ne me suis dérobé. Jamais je n’ai eu à différer un combat ou à me réfugier derrière des artifices juridictionnels ou à utiliser les armes du pouvoir pour triompher de mes adversaires politiques », déclare-t-il à la fin de son procès, ouvert le 23 janvier à Dakar. L’Etat est conscient de l’enjeu de ce procès et des conséquences politiques désastreuses que cela engendrait pour le camp présidentiel, si le tribunal acquitte le maire de Dakar Khalifa Sall à quelques mois de l’élection présidentielle de 2019.
Pour dire vrai, c’est le scenario le moins probable qui puisse se produire dans l’affaire de la caisse d’avance qui n’est rien d’autre que des manœuvres politiques visant à mettre des bâtons sur les roues d’un potentiel adversaire politique. Si l’on se réfère au conseiller du président de la République Mbaye Ndiaye : « Le problème de Khalifa Sall pourrait être réglé s’il avait accepté d’être avec nous. Il a refusé de se ranger. Tous les maires de Dakar étaient dans le même parti que le président de la République. La caisse d’avance existe bien. Il y a aussi le problème du Parti socialiste qui est venu l’enfoncer dans le trou ».
Par quelque bout que l’on prenne, le témoignage de l’ancien ministre de l’Intérieure Mbaye Ndiaye est édifiant et ne souffre d’aucune ambiguïté : il ne croit pas au fondement juridique du procès de Khalifa Sall. Ainsi, il convient de noter que même s’il ne fait que conforter la position de l’opposition significative, le Parti démocratique sénégalais (PDS), Manko Taxawu Sénégal qui regroupe le Rewmi d’Idrissa Séck et l’aile dure du Parti socialiste (PS), son témoignage devant le tribunal a une portée symbolique dans la bataille de l’opinion publique du procès maire de Dakar Khalifa Sall qui a soufflé depuis le 5 mars dernier, sa première bougie dans le milieu carcéral.
Mais cela sera loin d’être suffisant pour empêcher à la majorité de la mouvance présidentielle d’applaudir avec les deux mains dès que le délibéré de la cour de la Cour d’appel, prévue le 30 août 2018, sera défavorable à Khalifa Sall.
Cependant, il convient de noter que la bataille des « Sall » semble être inéluctable face à la montée en puissance du choix des électeurs de Dakar, Khalifa Sall qui a ouvertement déclarer sa volonté d’aller briguer le suffrage des sénégalais à la prochaine élection présidentielle. Aujourd’hui, considéré comme un potentiel candidat à l’élection présidentielle, L’édile de la ville de Dakar tient tête au régime de Macky Sall.
C’est pourquoi après avoir remonté les bretelles aux poids lourds des lieutenants de Macky Sall, il est désormais avéré que khalifa Sall porte désormais le flambeau des socialistes qui sont convaincus que la vocation d’un parti politique est d’allé à la conquête du pouvoir.
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