Secteur parapublic : le gouvernement annonce la suppression de 19 entités et projette 55 milliards FCFA d’économies en trois ans

Le gouvernement engage une vaste opération de rationalisation du secteur parapublic, avec en ligne de mire la suppression de 19 entités publiques ou parapubliques dont les missions seraient déjà assurées par d’autres structures. L’annonce a été faite à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 4 mars, à travers un communiqué présenté par la secrétaire d’État chargée des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Marie Rose Faye.
À l’origine de cette réforme, un groupe de travail spécialement mis en place pour passer au crible l’ensemble des structures concernées. Après analyse, ses conclusions sont sans appel : les 19 entités visées cumulent pour 2025 des dotations budgétaires de 28,051 milliards de francs CFA, une masse salariale annuelle estimée à 9,227 milliards, un effectif total de 982 agents et une dette globale arrêtée à 2,6 milliards de francs CFA au 31 décembre 2024. Des chiffres qui traduisent, selon les autorités, la nécessité d’une réorganisation en profondeur.
Au-delà des suppressions, le groupe de travail recommande également le repositionnement de 10 autres entités. Il s’agirait notamment de redéfinir leurs modèles d’intervention, de réaffirmer clairement leurs missions, de réviser ou d’actualiser leur cadre juridique ainsi que leur doctrine d’investissement. Dans certains secteurs, souligne le Premier ministre Ousmane Sonko, l’adoption préalable d’une politique viable constitue même un préalable indispensable à toute rationalisation.
L’exécutif table sur une économie budgétaire nette cumulée d’au moins 55 milliards de francs CFA sur les trois prochaines années. Cette réforme s’inscrit, selon le chef du gouvernement, dans une logique plus large de modernisation de l’administration publique, de réduction du train de vie de l’État et de meilleure maîtrise des dépenses.
Mais l’opération ne se limite pas à une approche comptable. Ousmane Sonko a également abordé la question sensible de la dévolution du patrimoine des entités appelées à disparaître, ainsi que les mesures d’accompagnement social. Le redéploiement des personnels, la gestion des contentieux et l’encadrement des transitions institutionnelles figurent parmi les priorités. Un comité interministériel, qui sera prochainement mis en place, sera chargé de piloter la mise en œuvre du plan.
Dans le prolongement de cette réforme, le gouvernement entend renforcer la gouvernance du secteur parapublic. La maîtrise des salaires et des effectifs, l’harmonisation des grilles de rémunération, l’utilisation optimale des crédits budgétaires et l’actualisation du classement des structures sont présentées comme des axes majeurs d’amélioration. Le respect strict des normes de création des entités, le renforcement des mécanismes de contrôle et d’évaluation ainsi que la capacitation des acteurs complètent ce dispositif.
Le Premier ministre a, par ailleurs, instruit le ministre des Finances et du Budget de veiller, en coordination avec le ministre secrétaire général du gouvernement, au respect des attributions de la Commission d’évaluation des agences d’exécution et du Comité de suivi du secteur parapublic. Il a également recommandé que ces organes soient dotés de ressources budgétaires appropriées afin d’assurer leur fonctionnement optimal.
À travers cette réforme d’ampleur, l’exécutif affiche sa volonté de rompre avec certaines pratiques du passé et de bâtir un secteur parapublic plus cohérent, plus transparent et plus performant, dans un contexte de fortes attentes citoyennes en matière de gouvernance et de gestion des deniers publics.












